‹ En Sahara à travers le pays des Maures nomadesChapitre 6 sur 57 · En berber : Sables · texte numérisé non relu

En berber : Sables

2. Les dattes molles sont vendues aux Touareg; les autres sont consommées sur place.

le maïs, le colon, le henné, le tabac, le chanvre, le figuier, le kif, etc., etc.

Les centres de marché les plus importants sont : Timmimoun, Adrahr et Tamentit '.

« A Tamentit autrefois, ainsi c|ue dans les autres oasis du Touat, la population était juive. Elle fut convertie, et, par mélange avec les nègres, elle est devenue de couleur foncée comme tous les habitants. Le commerce, différents métiers: armuriers, serruriers, tailleurs, cordonniers, sont pratiqués par les indigènes.

« Tamentit possède 6.000 habitants F'Kra ; Facjuir de Mouley Thaïb d'Ouezzan y a deux intendants ainsi c{ue les maraijouts de Karzas. En suite des refus de réception de la mission Colonieu et Burin, les naturels se sont rendus tributaires du Maroc par l'envoi de 3.000 milkals (environ 5.000 francs) ». (J. Forest.)

La population, ainsi cju'il a été dit plus haut, comprend 400.000 habitants (120.000 pour le seul Touat).

Cette population se compose de Harratin, d'Arabes, de nègres, de Cheurfa et de Zenata.

Les Harratin ou Berbères noirs furent, sans aucun doute, les premiers possesseurs du sol, dont ils devaient du reste bientôt être chassés par les invasions musulmanes.

Gens paisibles, ces Harratin, demi-esclaves, — tous cultivateurs ou exerçant des métiers manuels. Ils émigrent en grand nombre au Maroc, en Algérie, voire chez les Touareg".

Les Araljes, gros propriétaires du sol, forment le groupe des chérifs, aristocratie religieuse toute-puissante en Sahara.

Les Zenata ou Berbères l^lancs sont liés aux Arabes. Presque tous commerçants ou tolba^, ils jouissent d'une grande considération.

Mais ils sont trop, — et ne peuvent s'entendre.

La République touatienne n'a pas — n'a jamais eu d'unité politique. Ni pouvoir central, ni pouvoir local.

1. Parmi les villes principales, citons encore .\l)enkour, Taniest, Sali, Reggan et Timadinin. (Commandant Déporter, d'après des renseignements arabes.)

2. Les esclaves noirs se font de plus en plus rares. Ils venaient aulrefois de Tombouctou ; la conijiuHe française a mis fin «i ce commerce.

S. Lettrés.

L'autorité varie d'un ksar à l'autre. Chez les Berliores, c'est la municipalité démocratique ; chez les Arabes, c'est rhéritagc gardé encore intact des familles nobles et religieuses ; chez les Harratin, c'est la presque féodalité.

Que conclure? Sur qui s'appuyer?

Les Senoûssya et les Tedjadjna ' achèvent de diviser CCS enfants terribles du Désert, — cependant que les Çoff^ Sefian et Imahed revivent les vieilles luttes des Guelfes et des Gibelins.

Ces luttes perdront le Touat. iVjoutez à ces nombreux signes de désagrégation sociale, l'insécurité économique... Les neuf dixièmes des habitants des grandes oasis vivent de la culture des dattiers. Mais de quelle façon ! Régulièrement pressurés et volés par leurs chérifs unis parfois aux nomades voisins, les malheureux ne cessent de crier : « A l'aide... protégez-nous! »

Sera-ce la France qui répondra à leur appel ?

Elle le devrait.

Souvenons-nous des paroles de Gérard Rohlfs : « Avant tout, les Français auront à transporter leurs frontières jusqu'à l'oued Messaoura, pour s'emparer de cette rivière et de ses affluents, opération qui entraînerait la prise de possession du Touat. Tant qu'ils n'occuperont pas ces frontières naturelles, il n'y aura aucun calme durable dans le sud de la province d'Oran ».

Et point ne sera besoin, pour arriver à ce résultat, de mobiliser, comme d'aucuns l'ont prétendu ', une armée de 4.000 hommes avec 15.000 chameaux !

Il y a dix ans oui — au moment où Bou-Amema, quoique vaincu, avait encore 40.000 guerriers, — mais maiîitenant?

Maintenant le terrain est préparé. Nous avons une secte religieuse * à peu près favorable à notre influence, — celle des Tedjadjna; nous avons un parti politique composé de tous les

Page 1