‹ En son nom: Pierre Valdo et les "Pauvres de Lyon" (volume 3)Chapitre 19 sur 20 · CHAPITRE XIÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIÎ

TOUT» 1,'HISTOIRB

C'EST mon onde Adrien qui nous a rapporté de lyyon T histoire que vous venez de lire.

Il avait vu de ses yeux toutes les différentes scènes des événements qui s'y déroulent; il avait foulé de son pied chaque pouce du terrain où vous avez suivi Félicie dans ses courses vagabondes ; celui où Jean de lyUgio et Jean Valdo ont marché ; celui où vous avez vu le chanoine Guillaume traverser les ténèbres, son étrange flambeau à la main; il avait traversé le petit pont et le grand pont ; il avait vu l'emplacement des ateliers de Jean Valdo ; il avait grimpé la colline et visité T église de Saint-Thomas ; il y avait fait le signe de la croix et y avait remarqué les exvoto que venaient d'offrir les jeunes soldats guéris par Notre-Dame des blessures qu'ils avaient reçues pendant la guerre de Prusse ; et il avait porté ses regards au-delà de la vallée du Rhône pour admirer dans le lointain le Mont-Blanc, à une distance de près de trente lieues !,.,

Il avait parcouru les montagnes du Dauphiné et les collines escarpées qui s'élèvent au nord de ces montagnes; il avait descendu la vallée du Brevon et de T Alberine ; il avait longé le Rhône et l'avait passé et repassé deux fois comme fit Jean de lyUgio... Il ne prétendait pas avoir découvert la hutte de Mark de Seyssel le charbonnier, mais il nous assura qu'il était allé dans un endroit où cette hutte aurait fort bien pu se trouver...

Et puis, il avait passé une bonne et très agréable journée dans la tranquille et riante bibliothèque de I<yon, où personne ne songeait à Pierre Valdo, mais où tous se montrèrent aussi empressés à servir mon oncle que s'il avait été Henri V lui-même...

C'est là qu'il prit connaissance de l'important ouvrage de Claude-François Menestrier (*), pendant qu'il avait devant ses yeux le portrait en pied de cet excellent homme, lequel semblait lui sourire... Il lut aussi le livre de Montfalcon, manifique et d'une rare précision, intitulé : Les Manumenis de Lyon, Peut-être est-ce M. Montfalcon lui-même qui fut si courtois pour mon oncle.

(*} Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon.

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qui n'était cependant porteur d'aucune lettre d'introduction et parlait fort mal la langue des Français..,

Et après, il lut un grand nombre de brochures qui attaquaient violemment M. Montfalcon sur telle et telle question, qui n'intéresseraient pas les lecteurs de cette histoire; mais ces vives querelles lui firent penser que le feu allumé par Pierre Valdo, Jean de Lugio et les Pauvres de Lyon ne s'était pas consumé en un ou deux siècles, ni même en cinq siècles... Et quand, sorti de la bibliothèque, il apprit que le conseil municipal voulait interdire T hôtel de ville au préfet du gouvernement, il ne douta plus que la vieille flamme ne brûlât toujours...

Mon oncle avait rapporté plusieurs cartes pour nous y montrer les ruisseaux, les rivières, les fleuves et les montagnes du pays, et un nombre d'esquisses et de photographies que nous n'avons pas mises dans ce livre. Et il avait à dire bien des choses sur les hommes qui aimèrent et encouragèrent Jean de Lugio et Pierre Valdo... et il nous conta de longues histoires de mainte vallée ignorée et de mainte cave barricadée, où tel et tel des Pauvres de Lyon y ou bien l'un et l'autre de ces Vaudois qui défendirent la même foi pendant

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