DES CARTE
échauffées dans cette fonrnaise ardente, prennent ensuite leur marche proFidentielle vers les côtes des Etats-Unis et de Terre-Neuve.
De nombreux faits ont mis hors de doute la régularité de ce mouvement circulaire dont les plus curieuses preuves sont certainement les observations fournies par l'arrivée sur les côtes des Antilles, des Etats -Unis et même d'Angleterre et de Norwége, des bouteilles cachetées abandonnées, dans l'Atlantique^ près des Canaries ou des côtes d'Afrique. Le savant amiral Beechey a surtout bien étudié la marche de ces témoins irrécusables des eoorants de la mer et a tracé des cartes remarquables d'après les données qu'il avait recueillies sur ce point.
L'existence d'agglomérations constantes de plantes marines, en certaines régions de l'Atlantique et spécialement dans le triangle compris entre les Açores, les Canaries et les îles du Gap-Yert ainsi qu'au nord-est des Antilles, vient également confirmer les résultats de l'expérience des marins, et ceux des recherches scientifiques et de la marche des épaves. On a pu déterminer que ces plantes dites Sargasses {fucus natans), occupaient précisément la partie centrale de l'ensemble du cours du Gulfstream et cette accumulation extraordinaire de varechs, six à sept fois grande comme la France, se trouve ainsi très naturellement due à un remous analogue à celui que chacun peut produire, dans un vase de grande dimension, en plaçant de petits corps légers à la surface d'un liquide et en produisant artificiellement un courant circulaire.
Tels sont les faits que notre carte a pour but de traduire aisément aux yeux. Il ne faudrait pas voir, néanmoins, dans ce qui précède une adhésion formelle à l'opinion qui tend à faire admettre par plusieurs savants que le Gulfstream n'a d'autre origine que l'accumulation des eaux poussées par les vents alises dans la mer Caraïbe et dans le golfe du Mexique. Cette hypothèse» combattue par Maury, ne peut donner, en effet, la raison d'être des phénomènes grandioses du grand fleuve océanique. L'action des vents se borne à la surface des couches de la mer et il suffirait d'observer que des courants aussi puissants que ce fleuve, celui du détroit de Davis, par exemple, ont une marche aussi régulière et aussi rapide, sous une masse aussi grande, sans l'intervention de vents alises^ pour prouver que l'action de ces brises ne peut être prépondérante.
EXPLICITIOK
La mime tliâorie soppose néneBMireiaent. Je pins, nue Ëlérilion coQsidârable dn niveaD de U mer dana le goire dn Heiiqiw puar cipliqner l'âcoDlement d'an aassi mODstreiu coaranl i d'auEBi grandes dislances, mais celte élëvalion a'esl rien moiag qne prourëe et ne pourrait s'nrcardnr d'ailleurs arec l'enalesH bien coDslatée delà maichc circulaire que nous avons décrite.
Des i n Tes liga lions patientes ol prolongâcB pourront seules, dani l'aTenir. lerer les roites qai tioDâ cachent encore les causes râellu de ces grands actes cosmiques. Pent-ètre les troniora-^t-oa lUni les lois qui doivent régir les relations et les rtiucliona qai s'éiablltsent entre les masses liquides difTéremoient ëchanSés et tiËs inégalement salées de l'Océan. Ces relations ont élé aéjk l'objet de 13 rcchcrcbes et c'est puur donner une idée de ces triTSU us avons anssi conservé sur noire carte le tableaQ dieasi par la commission hydrographique dis càios américaines sur Its i6nes alternativemcDl froides et chaudes qne l'on rencoalre dans le Guî/slrcam au nivcan des eaps do la Virginie et spéciilemenl du cap Henry.
La figure A donne, en etTet, le profil thermo métrique d'nat
section verticale faite dans le grand fleuve bleu cl perpendin-
laircioent ii son courant par la lutitude indiquée. Les diffétenlM
courbes N, 0, S, T, sont consirnites au moyen d'abscisses lepif-
Bentanties distances h partir <lu Cap-Uonry el d'ordonnées n-
présentaol les températures. De plus, chacune d'elles rëssil»
^^^ des moyennes d'un nombre de lempéralnres prises Ii des prorW'
^^^ denrs déterminées. Ainsi la conrbe Fi est conclue des moyeiuu
^^K des températures prises b 0, 5, 10, SJ et 30 brasses (0, 9, U;
^^B 37 et 65 maires). La courbe correspond aux profondeurs dé
^» 50, 70, 100 et 150 brasses (91, 113,183 el 274 mètres). Lacourbt
S aa\ profondeurs de 3ÛD, 300 et 400 brasses (3âB. 619 el 730
mètres). La conrbe T à celtes de 500 brasses (OU mètrcîl. U
Ihaut dos ondulations de chaque courbe correspond aui lia» cbandes. de mâme que les dépressions correspondent ou passtgi des zûnes froides el cette série d'élévations et de dépressiou traduit, sous une forme frappante, la remarqaablo SDcceisiDl de température accusée par 1c thermomètre à eau, lorsqu'in traTerse le majestueux courant de l'Atlantique.
DES CABTXS. 287
Les Services maritimes de la Compagnie générale
ransatlanlique.
Notre troisième carte est consacrée à rindication complète des , direrses lignes de steamers de la Compagnie transatlantique française. Nous arons cm qn'il pourait être utile aux Toyagenrs de la ligne de New-Tork à Brest et an Havre de connaître aussi le double sernce qui, partant de Saint-Nazaire, les 6 et 16 de chaque mois, dessert le Mexique, la MouTelle-Orléans, toutes les Antilles et les points les pins importants du Continent américain ; depuis Cayenne jusqu'aux Etats- Unis> sur les côtes orientales du NouTeau-Monde ; depuis Yalparaiso jusqu'à San-Francisoo^ sur les côtes occidentales.
Nous aurions joint à ces itinéraires des détails spéciaux sur les jours d'arrirée, de départ ou de relâche des packets dans chacun des ports de ce vaste parcours, mais nous y avons renoncé pour une double raison. La Compagnie générale transatlantique distribue largement les renseignements de ce genre. Il existe des Index tout-K-fait détaillés à bord de tous ses Packets et^ d'ailleurs, le lecteur consultera ayec plus de fruit le Paquebot, journal qui, né d'hier pour ainsi dire> a su conquérir et mériter la première place parmi les publications indispensables à tous ceux qui osent tenter la haute mer^ comme on disait aux siècles passés.
Noos n'en saisissons pas moins l'occasion qui nous est offerte d'exprimer nos remerciements à M. Goyetche^ directeur éclairé de la Compagnie générale transatlantique, pour l'empressement avec lequel il a bien voulu mettre à notre disposition la carte officielle qui complète notre œuvre.