LE FRANÇAIS TEL QU'ON LE PRONONCE
Les étrangers tiennent le français pour une langue difficile ; il faut bien que cela soit, puisqu'à nous, qui le savons de naissance, il donne déjà tant de peine, Son orthographe capricieuse dresse aux écoliers des embüûches que la plupart ne surmontent jamais; sa syntaxe a des détours subtils où les plus fins s'égarent et lorsqu'on a appris à peu près à l'écrire, il reste à le parler,
L'accent varie d'une province à l’autre, au point que le français le plus correct, sur les lèvres agiles d’un Gascon ou d’un Languedocien, est d’abord incompréhensible pour l'oreille lente d'un homme du Nord. Chaque région, naturellement, trouve sa voisine ridicule et se croit seule dans le vrai; Paris se flatte d’un langage modèle, sans se douter que l’un des pires accents est l’accent parigot.
Un des effets de la guerre aura été de nous apprendre un peu de géographie. Tel qui ne s'était jamais demandé où pose Salonique en décrit la banlieue comme il ferait d'Asnières et