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nomme Jes hauteurs qui bornent ce camp retranché aussi familièrement que le Mont Valérien, Nous avons appris
2 cnen surtout à connaître la France ; nous savons tous les noms des villages du front ou de l'arrière, mc.s, chose bizarre, personne
n’a la curiosité de savoir ni la chance de deviner comment ils se prononcent,
Non seulement les civils, qui les ont lus cent fois dans les Communiqués, continuent de les épeler de façon incorrecte, mais des militaires même qui ont vécu longuement dans ces localités n’ons Pas la moindre idée de leur véritable nom, Des centaines de mille hommes o Menehould ; ils ont dû causer avec ]
it, n’est pas de celles qu'on découvre ; ] utiers l'a rendue dès longtemps célèbre ; le pied à j: Saint -Menou figurait avec honneur sur toutes les tables de nos pères ; Brillat-Savarin, &ourmet de bon langage autant que de bonne Cuisine, ne l'aurait Pu sentir à la Sainte- Ménehoulte, On dira que l'usage du pays est exceptionnel ; on parlera de Provincialisme et de patois local. Pas le moins du monde, Dans Je vieux et vrai français, la Prononciation des Consonnes finales était extrêmement rare ; On ne faisait siMler ni les 8 ni les ?5 On se gardait de marteler le d et le t; pour nous en tenir aux mots qui riment avec Sainte-Menchoulq, On & toujours dit À "0%, Sans tenir plus de compte des deux dernières lettres que du £ dans l'indicatif de résoudre, du d dans celui de coudre et dans le nom de Saint- Cloud. i
Tout le monde dit: RaHon-l'Etape, On pourrait pressentir qu'il faut dire : Ran-l'Etape Par analogie avec Laon. Ce outume de la région nord-est ; tous Prononcent de même : Paon, faon, exception à Ja règle que les noms
Propres qui viennent du urec: Lycaon, Phaon, Pharaon, Tout le monde prononce Crallomne ; les habitants disent Crannr, se conformant en cela au parler ordinaire où l'on dit:
Une panne et non uno pallonne. 1 Craonne n’est qu'une CREER Es == ——
111 s'agit ici de Ja Paunne, femelle du Puon,
bourgade, mais l’histoire la connaît ; avant d’être témoin des luttes d'aujourd'hui, elle a vu l’une des dernières victoires des armées de Napoléon.
À mesure que l'instruction s'étend, que la lecture et le voyage sont permis à chacun, le peuple, qui apprenait le français par l'oreille, apprend aujourd'hui par les yeux ; il lit les noms des villes dans les journaux et sur les murs des gares ; il les épèle comme l'enfant en prononçant toutes les lettres. Dans nos vieux manuels de géographie, des notes avertissaient l'élève: ‘“ Prononcez Sainte-Menou, Bry, Longhouy.” 1 Pourquoi ne le fait-on plus? Toute tradition qui se perd change le caractère et le visage du pays.—Z.
—Journal des Débats, 4 mars, 1916.