‹ En temps de guerre [microforme]Chapitre 6 sur 66 · DEEP · texte numérisé non relu

DEEP

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Ê KLOBUKOWSKI.

— Documents diplomatiques.

LE BAISER Les Allemands ont fui, laissant quinze blessés, Lamentables, geignants, pêle-mêle entassés Dans une grange. Une heure après, voici les nôtres. “Ah! dit le caporal, vous êtes là, vous autres ?” Puis, voyant qu’ils ne sont rassur“- qu’à demi : “Tas de Boches,! fait-il, on n'est . sennemi Quand on est blessé. Toi, donne ta main, gros père. C'est bien. Mes compliments pour ta mine prospère Allons, tendez vos mains, les autres éclopés ! Bientôt notre major vous aura retapés ; On est des hommes, quoi ! pas des bêtes féroces. Plus tard, vous reverrez vos femmes et vos gosses.” Chacun de nos lignards, s’approchant des blessés Qui gisent dans le foin, sanglants et harassés, Serre la main à tous, avec un mot pour rire.

in Boches = Allemands,

A tous? Non. Un uhlan, au teint couleur de cire, À perdu le bras gauche et n'a plus que deux doigts

A la main droite. Il dit dans leur langue, à mi-voix : “ Ceux de chez nous n'auraient point fait chose pareille.” Alors, en se penchant un peu vers son oreille,

Le caporal lui dit: ‘“ Pas moyen, pauvre vieux,

De te serrer la main, à toi! C2 sera mieux :

Tiens je vais t’'embrasser.” Le bon soldat se baisse ; Sur un blême visage, où la barbe est épaisse,

Il pose le baiser de paix qu'il a promis:

Et tous, se regardant comme de vrais amis,

Sentent je ne sais quoi leur mouiller les paupières Hommes, l’heure viendra de vous retrouver frères.

Maurice Boucxor.!

LES MILLE Gênes, le 5 mai.—-À l'issue de la cérémonie d’inauguration du monument des Mille? a eu lieu un banquet offert par la municipal té. Au cours de ce banquet, M. Gustave Rivet, sénateur français, président de la ligue franco-italienne, à prononcé en italien l’allocution suivante :

Discours de M. Gustave Rivet Je suis encore tout vibrant de l'émotion que j'ai ressentie ce matin, à l’inoubliable manifestation que j'ai eue sous les yeux, à Quarto, et j'apporte à mon tour un hommage ému au grand patriote qui fut l’âme du Risorgimento.

Frères d'Italie, je suis un vieil ami de votre beau pays, et je m’honore d’être président de la Ligue franco-italienne.

1Maurice Bouchor, né en 1855; a publié plusieurs volumes de vers dont deux séries de Symboles en 1888 et en 1894.

?les Mille, ceux qui sont partis de Quarto (à quelques kilomètres de Gênes) le 5 mai, 1860, avec le grand Uaribaldi (1807-1882) pour la conquête de la Sicile,

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