LA FÊTE NATIONALE BELGE
Le 21 juillet^ est, pour les Belges, la date de la fête nationale. L'an dernier, ils la célébraient dans l'inquiétude de la menace qui pesait sur l'Europe ; aujourd'hui, c'est dans l'atmosphère des batailles, sur la terre d'exil, ou sous le joug de l'envahissear, qu'ils salueront la date qui leur rappelait officiellement hi 'ori'piéte de leur indépendance nationale. Elle ne leur en n»vifnfira que plus sacrée par tout ce qui s'y rattachera désormais de sacrifices, de douleurs partagées, de souvenirs héroïques et d'espérances exaltantes. Le drame sanglant qui déroule ses péripéties a donné à la Belgique une conscience plus ferme encore de son identité nationale et, dans le creuset des souffrances communes, son unité a été rendue indissoluble. Tous les particularismes s'y sont fondus ; il n'y a plus des catholiques et des libéraux, des conservateurs et des socialistes, des Flamands et des Wallons : il n'y a plus que des Belges sous l'égide des
'C'est le 21 juillet, 18.31, que Lëopold I", premier roi des Belgei, a commencé à régner.
trois couleurs et dans l'admiration d'un grand roi. L'ëpopée glorieuse et cruelle de 1914-1915 aura, selon l'expression de M. Dumont-Wilden " confirmé, sinon créé l'âme belge." Et l'on souscrit ardemment à ses paroles quand il ajoute que cette guerre a aussi créé l'âme franco belge. La date du 21 juillet nous deviendra désormais également chère ; elle nous rappellera une héroïque fraternité d'armes. Et lorsque les sujets du roi Albert la célébreront, cette fois dans l'enthousiasme d'une grande tâche achevée et de l'indépendance reconquise, nos drapeaux s'enorgueilliront de mêler leurs plis à ceux des étendards de la Belgique fière, libre et victorieuse. — R. N.
— Jùiimal des Débats, 22 juillet, 1915.