‹ En temps de guerre; recueil d'extraits de journaux, de documents diplomatiques, etcChapitre 33 sur 68 · LE GÉNÉRAL CADORNA À PARIS · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL CADORNA À PARIS

A la gare de Lyon

Le général Cadorna, commandant en chef' de l'armée italienne, est arrivé ce matin à Paris à 8 h. 45.

Dès 7 h. 50, une foule nombreuse avait envahi la rue de Lyon, le grand hall d'arrivée et l'intérieur de la gare. De nombreuses notabilités françaises et italiennes, non prévenues du retard du train — 45 minutes — sont arrivées à 8 heures moins cinq.

Parmi elles : S. Exe. M. Tittoni, ambassadeur d'Italie ; le général Joffre, accompagné d'un officier d'ordonnance ; le général Bailloud, MM. Albert Thomas, sous-secrétaire d'Etat aux munitions ; Laurent, préfet de police ; Chanot, directeur de la police municipale; le colonel di Breganze, attaché militaire italien; le capitaine de corvette Leone, attaché naval ; de nombreux officiers italiens ; le général Graziani.

MM. Margot, ingénieur en chef de l'exploitation de la Compagnie P.-L.-M. ; Hadet, ingénieur adjoint ; Dreyfus,

inspecteur du mouvement ; Richard, directeur de la Sûretë générale au ministère de l'intérieur; Boquet et Rivet, fondateur et président du Cc)mité franco-italien, ainsi que de inbreux membres de ce Comité ; une délégation de Trente 1 1 Trieste de Paris avec drapeau, etc.

A huit heures et quart, le général Roques, ministre de la guerre, arrive à son tour.

Enfin, à 8 heures 45 exactement, le train entre en gare. Le général Cadorna, qui est en petite tenue, n'attend pas l'arrêt; il saute alertement à terre et serre amicalement la main au général Joffre, ainsi qu'aux notabilités présentes.

Dans le grand hall de la gare, des acclamations se font entendre : "Vive Cadorna ! Vive l'Italie ! Vive la France ! "

Après s'être entretenu quelques instants, dans le salon des sous-chefs de gare, avec les personnages officiels, le général Cadorna, accompagné du général Joffre, gagne la voiture du généralissime, à l'avant de laquelle flotte le guidon cravaté du igénëral en chef des armées françaises.

L'enthousiasme devient alors indescriptible, le service l'ordre est rompu, la foule se précipite vers l'automobile des fnéraux et les acclame chaleureusement. Le général Cadorna lue militairement et sourit.

Ce n'est qu'à grand'peine que la voiture réussit à gagner la de Lyon ; néanmoins les vivats ne cessent pus jusqu'à ^tel Meurice, où le généralissime italien est descendu.

Le général Cadorna est accompagné du colonel Bencivenga du capitn-'^" iWr-.yV^ officiers d'ordonnance.

lie généralissime Cadorna s'est rendu à onze heures à l'ambassade d'Italie, où il a eu un entretien d'une demi-heure avec l'ambassadeur, M. Tittoni.

Un grand dîner sera donné demain soir à l'ambassade, en l'honneur du général Cadorna.

Par le même train qui a amené, ce matin à Paris, le généralissime Cadorna, sont également arrivés six officiers supérieurs de l'armée serbe, dont deux commandants d'armée, qui viennent en France pour visiter les troupes du front.

—-Journal des Débats^ 21 mars, 1916.

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