LES REMPARTS DE TIN MEL
des personnages marquants; c'est, nous dit-on, le cimetière qui date du temps de l'Imâm el Mabdi. La chose est vraisemblable car il est très étendu ; à un endroit on nous montre une tombe un peu plus grande que les autres. Cette tombe, nous dit-on, d'après la tradition, est celle d'un sultan des Almohades dont on ne connaît naturellement pas le nom ; mais il suffit que cette tombe qui se distingue au milieu des autres ne soit pas connue, pour qu'on en fasse celle d'un grand personnage.
Nous longeons le cimetière et nous passons près du tombeau d'une certaine Lâlla 'Aïclia,qui est un simple tas de pierres avec un bâton au sommet : cette lombe-là aussi est bien différente des autres ; et l'on a beau nous affirmer que c'est le tombeau d'une sainte de ce nom, nous avons trop étudié le culte des pierres et les monuments funéraires dans l'Afrique du Nord, pour que ce simple tas de cailloux n'évoque pas à notre esprit le souvenir des pratiques funéraires primitives (1 ).
Nous arrivons enfin aux remparts de la ville du Mahdi (pi. XII,fig.23) : il n'en reste plus que des débris, mais luiarc de la porte, par laquelle on les franchissait , est encore debout ; quoiqu'il soit bien misérablement bâti, il fait encore quelque figure dans ces gorges sauvages : peut-être n'est-ce (pie le prestigequi s'attache à toutes les très anciennes ruines, peutêtre aussirimaginalioa de l'historien s'échaulTe-t-elle un peu à la vue de ces derniers vestiges du boulevard des Almohades.
H) Voy. Merrdkech, l, p. U, fig. 67.
108 LA MOSQUÉE DU MAHDl
Les remparts sont précédés d'un ravin escarpé qui descend des montagnes latérales jusqu'à l'Oued Nefîs. L'emplacement de la ville était évidemment choisi à dessein pour en rendre l'attaque plus difficile et ce ravin faisait l'office d'un fossé. Les remparts qui longeaient son bord barraient entièrement la vallée (pi. XI, fig. 22) ; car, d'une part, ils s'appuyaient sur les formidables escarpements de la rive gauche, et de l'autre, ils descendaient jusqu'à la rivière qui, en certains endroits, serre de tout près la rive droite dont la pente est extrêmement raide.
Les murailles étaient en terre et en pierres ; elles sont aujourd'hui presque entièrement écroulées, mais néanmoins très reconnaissables. Du côté de la rive gauche, à l'endroit où elles escaladent les roches de la montagne jusqu'à une assez grande hauteur, elles n'étaient qu'un mur en pierres sèches, dont il ne reste aujourd'hui que des amoncellements confus de cailloux (pi. XIII, fig. 2o).
La porte, dont un arc est encore debout (pi. XII, fig. 24), n'élève plus sur ses piUers en briques qu'un seul arc en briques également; les piliers sont appuyés contre de grosses colonnes carrées massives construites en pierres du pays et qui forment en réalité le corps même de la porte. Comme toutes les portes des villes marocaines, celle-ci était coudée, mais le bâti en pierres était remplacé entre les deux portiques par des murailles en terre.
Le cro(|uis de la |)agc suivante donne une idée de cette porte que les indigènes appellent aujourd'hui '< Bab Ir'li » Sous l'arc de la porte, qui subsiste encore, est un gourbi en
W. Xli
k;. 23. — ... il ne reste plus que des débris des remparts de la ville du Mnhdi ip. 107).