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UN BERBÈRE

jamais qu'à balles et ne connaît pas le plomb. Quand nous nous arrêtons, notre chasseur berbère, sans se détourner, s'arrête lui-même aussitôt; puis il nous attend, sa taille élancée toute droite, avec son fusil qu'il porte en travers de son cou (pi. X, lii;-. 20) et que ses mains, élevées à la hauteur des épaules, retiennent en arrière.

Nous voici maintenant dans le lit même de la rivière, parmi les tamarins déjà défleuris, mais dont la verdure un peu cendrée repose la vue. Toute la flore est déjà fanée et les seules fleurs qui restent autour de nous sur les rives mêmes de l'oued sont celles d'un petit ciste blanc et de cette grande linaire jaune que nous voyons depuis notre départ de Marrakech.

Notre désir était de rapporter des échantillons de i)lantes du Goundâfi et depuis (juelques jours nous avions cueilli une trentaine d'espèces qui nous paraissaient caractéristiques. Elles ont été perdues par la négligence de nos muletiers qui, malgré notre recommandation, les ont écrasées au milieu de nosbagages, car il a été impossible de leur faire comprendre que nous les destinions à un autre usage qu'à la fabrication de tisanes ou de philtres magiques !

Nous avons bien essayé au Goundâfi même de faire recueillir des plantes par les indigènes, mais là encore il nous a été impossible d'obtenir ce (juc nous désirions : l'un d'entre eux nous a ramené d'un air satisfait un j)anicr de llcurs décapitées sans queues; un autre, (pii nous avait promis une belle récolte, nous a apporté en souriant un énorme boucpict de roses! Il faudrait quelques jours pour faire leur éducation

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botanique. Mais les recherches archéologiques ne nous laissent pas de loisirs et d'ailleurs la saison des herborisations est à peu près finie.

Nous passons devant un grand rucher qui appartient au caïd et qui contient plus de trois cents à qualre cents ruches. Les ruches que nous voyons ici sont construites comme en Algérie et placées sur des sortes d'étagères ; le miel vaut une demi-peseta le ret'el heqqali de Marrakech. Voici de nombreux bouquets d'amandiers ; ils constituent la plus grande richesse du pays : le caïd passe tous les ans de gros marchés d'amandes avec les commerçants exportateurs de la côte.

Ce sont maintenant des montées, des descentes, des sentiers horriblement caillouteux rongés sur les bords, bref, le chemin indigène des pays de montagnes de l'Afrique du Nord; puis nous traversons l'oued lui-même au milieu des lauriers-roses. On a semé de petits carrés d'orge jusqu'auprès de l'eau, dans tous les endroits où il y a un peu de limon.

Nous voici sur la rive gauche, sur une sorte de plateau coupé de ravins couverts de pierres et adossé à la montagne qui ne consiste ici qu'eu énormes l'oches d'un rouge brun. Celte terrasse est semée de gros galets et absolument stérile : il n'y pousse que du thuya et du jujubier ; çà et là le h'armel forme des tapis de veixlure glau(pic (ju'il constelle de ses grandes tleurs blanches. Partout ailleurs il n'y a (jue le roc lui qui rougeoie dans sa désolation.

Nous arrivons au cimetière de Tîn Mêl ; on y enterre encore de temps en temps quelques morts, principalement

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