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C. Muraille d'enceinte enterre

La porte de Bab Ir'li est l'objet d'un culte curieux. Bien qu'il n'y ait, semble-t-il, aucune raison historique de lui attribuer un caractère spécial de sainteté, elle est cependant vénérée à l'égal d'un sanctuaire ; les ruines au\((uellcs on attribue un caractère sacré uniquement parce que ce sonl des ruines et parce qu'on leur suppose un passé mystérieux, sont innombrables dans l'Afrique du Nord. On peut dire que toute ruine est pour les indigènes plus ou moins sacrée.

Gomme nous franchissions la porte de Bab Ir'li, le cavalier qui nous accompagnait mil pied à terre avant nous et

s" approchant respectueusement de la porte sous laquelle on ne passe plus, puisqu'elle est occupée par le gourbi, il ramassa un caillou, s'en frotta doucement le front et l'introduisit ensuite tlans l'un des interstices que laissent entre elles les pierres disjointes de la vieille porte.

Cette pratique de placer des pierres contre les monuments, les arbres, les objets même que l'on considère comme sacrés, nous était bien connue; c'est la même qui pousse nos indigènes de l'Afrique du Nord, comme nos paysans d'Europe et comme tous les primitifs du monde, à attacher des chiffons, des cordelettes, des cheveux aux branches de certains arbres, sur certains tas de cailloux, aux bras des statues de certains saints. Tout le monde peut, en allant par exemple faire une visite à l'église Saint-Ouen de Rouen, voir les cordons et les rubans qui pendent au cou et aux mains des saints, et se donner le même spectacle que nous donnait le Berbère du Goundâfi.

Nous faisons pourtant semblant d'ignorer ce rite et nous demandons à notre homme : « Pourquoi fais-tu cela? » Il ne nous répond pas directement, pas plus qu'aucun paysan d'aucun pays ne répondra sans détours sur une pareille question, mais il nous dit sentencieusement : <( Zour, tenoûr », c'est-à-dire: « Visite les sanctuaires et tu fleuriras (tu prospéreras). » S'ila frotté la pierre contre son front, c'est pour étabhrla communication entre sa personne et le foyer bienfaisant d'heureuse influence qu'est tout sanctuaire (1).

(t) Voy. Merràkcch, 1, p. 8i.

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