‹ En veillant avec les petits de chez nous [microforme]Chapitre 1 sur 35 · En veillant avec les petits de chez nous [microforme] · texte numérisé non relu

En veillant avec les petits de chez nous [microforme]

C'est la deuxième série de causeries historiques que je mets en volume. Le bon accueil fait à la première par les « petites de chez nous » prépara les voies à celle qui suit.

Les deux séries furent publiées d’abord au Bien Public des Trois-Rivières, dans les colonnes du « Foyer ». C'est pourquoi nous causons le soir au « Foyer ».

Il y a des théâtres plus vastes et plus brillants que celui-là, mais je me sens heureux « en veillant avec les petits de chez nous ». Dans leurs âmes vierges il me semble voir fleurir, avec toutes les vertus, le patriotisme vrai.

Au cours de ces causeries faites le jeudi de chaque semaine, je me sers souvent des mêmes lournures, je redis aussi les mêmes choses. Avec les enfants est-ce qu’on ne doit pas se répéter ? En famille est-ce qu'on se soucie des exigences de la littérature ?

J'ai voulu me fat ? comprendre avant tout...

Tous me comprendront-ils ?... Les plus jeunes de-

Laertiere der rverr

PSE sogr he bbripemnr

ERP TT Perte re pee

eee

CET LOTS der ag ont

vront élre aidés parfois. Je compte sur le zèle des papas el des mamans, des maîtres et des maîtresses pour modifier, simplifier ces causeries au besoin, les adapter à l'âge et au développement intellectuel des enfants.

Les références indiquées au bas des pages seront utiles, je crois, aux parents, aux éducateurs désireux de trouver des renseignements supplémentaires.

Ah ! si tous savaient comme il importe, pour le salut national, de faire aimer la Patrie et l'Église aux enfants de chez nous !

C’est pour apporter mon humble part à cette œuvre essentielle de l'éducation patriotique et religieuse que j'ai publié mes deux séries de causeries. Daigne saint Joseph, notre patron, bénir mes efforts et tous les « petits de chez nous ».

Séminaire des Trois-Rivières, 19 mars 1919.

ste

le des I tresses

eSOin, JACQUES CARTIER lectuel

Vous vous êtes peut-être dit, mes chers betits amis, que vous aimeriez À vous asseoir au oyer, tout comme les « petites de chez nous », que des causeries pas trop longues sur notre histoire du Canada vous aideraient à passer les soirées sans ennui. Soyez assurés qu’au

seront ireux

our le e aux

œuvre temps de mes causeries avec ns les « petites de chez nous » je saint

n'avais pas l'intention de vous interdire l’entrée du Foyer. Oh! non, je sais, voyez-vous, que les beaux exemples laissés par nos héroïnes sont capables de ous porter au bien, de vous faire aimer le bon Dieu et la Patrie. Non, non, je ne voulais pas ous refuser une place au Foyer, je vous l’assure, omme aujourd’hui, en vous conviant à nos petites auseries, je désire que les « petites de chez nous » soient encore au poste. Voir passer dans les ombres mystérieuses du Foyer les silhouettes de nos héros fera battre plus fort les cœurs des hommes de de-

{ pe-

FL

main, et habituera les fillettes canadiennes-françaises à distinguer entre la vraie noblesse de l’âme et la galanterie fausse, vicieuse et parfumée.

Est-ce que vous m’avez bien compris ?...

Nous venons donc au Foyer pour causer de notre pays, de notre beau pays le Canada. Aimezvous bien notre cher Canada, l’aimez-vous bien ?... Ah! quand vous connaîtrez toute son histoire, quand vous saurez ce qu’il a coûté de sang et de larmes à nos pères, comme vous l’aimerez ! En attendant, sachez que notre pays est le plus beau pays du monde, celui que nous devons aimer le plus. |

Vous croyez, sans doute, que je vais vous parler d’abord de Jacques Cartier. C’est au moins ce que j'ai entendu murmurer tout à l’heure. Vous avez raison, car Jacques Cartier se place tout naturellement au commencement de notre histoire. Mais ce sera bien court, pour ne pas vous fatiguer.

. Vous avez entendu dire, mes petits amis, que Jacques Cartier naquit à Saint-Malo, en 1494, et on vous le dira souvent encore. Il vous est bien permis de le croire, et je le crois comme vous, mais si quelqu'un vous affirmait que le découvreur du Canada est né à Saint-Servan ou à Paramé ne vous fâchez pas, car les savants ne s'entendent pas toujours là-dessus.

Ex, Fe

Ce fut le 20 avril 1534 que Jacques Carticr, à la tête de deux navires chacun de soixante tonneaux et de trente hommes, traversa la mer pour la première fois.

Que d’obstacles il avait fallu surmonter pour aller à la découverte du Canada! L’ambition, la jalousie, l'indifférence qui découragent les meilleures énergies, tout se liguait contre l’apôtre. Mes chers petits amis, défions-nous de l’ambition et de la jalousie. Défions-nous aussi de cette paresse railleuse qui s’efforce de jeter du ridicule sur ceux qui se laissent attirer par l'idéal et rêvent de faire « quelque chose ». |

Une seconde fois le 16 mai 1535, jour de la Pentecôte, on vit Jacques Cartier partir pour le Nouveau-Monde. Mais avant le départ les explorateurs « du commandement du eapitaine et du bon plaisir de tous », se confessèrent, reçurent ensemble «leur créateur en léglise cathédrale de Saint-Malo ». Puis 110 hommes s’embarquèrent le mercredi suivant sur trois vaisseaux, la Grande-Hermine, la Petite-Hermine et l'Émérillon.

Vous avez remarqué que Jacques Cartier et son équipage font la sainte communion avant de partir pour le Canada. Plus tard vous verrez Dollard des Ormeaux et ses compagnons aller communier eux aussi avant le combat du Long-Saut.

rm ps none 0 ntm de

Nos pères savaient où se trouve la source de la sagesse, de la force, du courage.

Enfin le 23 mai 1540, cinq bateaux quittèrent Saint-Malo, commandés par Jacques Cartier, portant des gentilshommes, des soldats, des matelots, et suivis par un vice-roi, le sire de Roberval.

Il ne faut pas grand temps pour dire que Jacques Cartier fit trois voyages au Canada, mais qu’il en faudrait pour dire toutes les peines, les souffrances endurées par le découvreur de notre pays !

On peut à peine croire aujourd’hui, par exemple, que Jacques Cartier entreprit la traversée de l’océan avec de misérables vaisseaux de soixante tonneaux. Et ce n’était là qu’une des premières difficultés à vaincre pour le héros malouin. Au Canada il y avait des sauvages grossiers, fourbes, cruels, très cruels; il y avait le climat excessivement rude, surtout pour des Français qui ne connaissaient pas nos hivers; il y eut la maladie et la mort qui, à certains jours, abattirent presque tous les hommes de Cartier.

Qu'ils avaient donc du courage, nos pères !

Mais aussi comme ils étaient chrétiens ! Jacques Cartier plantait des croix sur son passage et racontait la Passion du Sauveur aux sauvages; il était apôtre à Gaspé, à Stadaconé, à Hochelaga, partout et toujours. Les dimanches et jours de fête son

de la

èrent rtier, mateerval.

que

mais s, les notre

par "ersée xante iières

Au rbes, ment naismort s les

ères !

ques 1conétait rtout > son

équipage assistait au saint sacrifice de la messe. On chantait des psaumes, des litanies, des invocations à la Vierge. !

Remercions le bon Dieu de nous avoir donné comme premier découvreur du Canada un pareil chrétien.

Quand Jacques Cartier eut terminé ses courses ur les mers, il continua en France sa vie de dévoucment et d’apostolat. En 1557, la peste éclata à

aint-Malo. Jacques Cartier se dépensa sans ompter au service des malades, et mourut le ler septembre, probablement victime de son dévouement.

Quand vous serez plus grands, étudiez bien ‘histoire de Jacques Cartier, mes chers petits amis.

20 septembre 1917.

Page 1