‹ En veillant avec les petits de chez nous [microforme]Chapitre 17 sur 35 · LA DISPERSION ACADIENNE · texte numérisé non relu

LA DISPERSION ACADIENNE

histoire ‘nationale, il est un chapitre encore plus triste que tout cela. Ce chapitre c’est celui qui raconte le martyre du petit peuple acadien.

En 1755, il s’est passé là-bas, du côté de la mer, vers le soleil levant, des choses comme le monde n’en a jamais vues, ni chez les sauvages, ni chez les peuples civilisés.

Les Acadiens, descendants de Bretons, vivaient paisiblement, aussi paisiblement que possible dans un temps de guerres continuelles, sur cette terre qui comprend aujourd’hui la Nouvelle-Écosse et une partie du Nouveau-Brunswick. Modestes

Er

PE

ils allaient au devant des besoins de leurs pauvres; la misère profonde et véritable leur était inconnue. On ne voyait pas non plus chez les Acadiens des temps héroïques, de ces longues et interminables fréquentations de jeunes garçons et de jeunes filles, de ces fréquentations qui préparent fort mal le plus souvent au mariage chrétien. On se mariait de bonne heure en Acadie. Aussi dans l’année 1755, dit l’abbé Ferland, malgré les malheurs qui, de temps en temps, avaient assailli les Acadiens, la population s'élevait déjà à dix-huit mille âmes.

En 1755, il y avait déjà quarante-deux ans que les Acadiens étaient sous la domination anglaise. Lors du traité d’Utrecht, en 1713, l’Acadie avait été cédée par la France à l’Angleterre, et, entre autres choses, on garantissait aux Acadiens le libre exercice de la religion catholique. Oui, le libre exercice de la religion catholique était garanti, et cependant « sur une vingtaine de missionnaires qu’eurent les Acadiens, de 1713 à 1755, huit furent bannis et plusieurs autres jetés en prison. » (1)

Mais ce n’est pas tout. Par le fameux traité d’Utrecht, les Acadiens avaient reçu la permission de quitter la province dans l’espace d’un an. Savez-vous ce que firent les Anglais de ce côté-là

COURS Sens ee

DES es

nm

Page 1