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à Plaisance, Terre-Neuve; puis à Montréal et aux Trois-Rivières.
« Le Frère Didace arriva aux Trois-Rivières vers la fin de 1696, pas avant, ou au commencement de 1697.» Les Récollets installés aux Trois- Rivières depuis 1670 Y exerçaient un apostolat très étendu et très fécond. Ils s'étaient même, très probablement, constitués maîtres d'école.
Notre saint canadien ne devait pas vivre bien longtemps aux Trois-Rivières, mais il y donna les exemples de toutes les vertus chrétiennes et religieuses. Là, comme dans les autres missions, son
obéissance est « parfaite dans les petites choses
comme dans les plus grandes »; sa pauvreté est
(extrême » ; extrême était aussi son observance
stricte de la qu'il s’estim
stingua toujours par son grand respect pour le prêtre et sa grande dévotion envers la Sainte-Vierge. « I] portait un si grand respect aux prêtres, dit son biographe, et à tout ce
qui pouvait les regarder qu’il voulait céder le pas même aux novices clercs. Saint François d'Assise
ne disait-il pas : « Pour moi, si je rencontrais en même temps un saint descendu du ciel et un pauvre prêtre, ce serait le prêtre dont j'irais d’abord baiser les mains. » Et puis, comme le Frère Didace aima la Sainte-Vierge! « Il lui rendait continuellement des tributs comme un esclave à sa Maîtresse », dit le Père Joseph. Il se confiait à cette bonne Mère aussi dans tous ses besoins. Et n’allez pas croire que le Frère Didace n’eut qu’à déployer ses voiles pour diriger sa barque vers le port du salut. Il dut lutter comme la plupart des hommes contre les tempêtes. Écoutez encore son directeur, le Père Joseph : « Il a conservé toute sa vie non seulement la première ferveur de son noviciat, mais encore la première grâce de son baptême; m’ayant fait deux confessions générales, je n’y ai pas remarqué qu'il ait offensé Dieu mortellement, par conséquent toute sa vie vierge, quoique au milieu des assauts du diable et de la chair. » Vous voyez que cette âme de saint connut les « assauts du diable et de la chair ». Que cet exemple soit pour vous un encouragement toujours.
Savez-vous, mes petits amis, que jeudi dernier nous étions au deux-cent-dix neuvième anniversaire de la mort du Frère Didace. C'est le 21 février 1699 que mourut, à l’Hôtel-Dieu des Ursulines des Trois-Rivières, le bon Frère Didace. Il mourut un samedi, comme il l'avait toujours
demandé à la Sainte-Vierge, muni des sacrements de l’Églisé, en répondant lui-même aux prières des agonisants. Parmi les témoins de cette sainte mort était un vieillard à cheveux blancs, qui devait finir lui aussi ses jours chez les Récollets. Ce vieillard, c'était le père lui-même du Frère Didace, M. Georges Pelletier. (1) |
Le corps du Frère Didace fut inhumé dans l’église du couvent des Récollets des Trois-Rivières.
Saviez-vous, chers enfants, que l'église et le couvent des Récollets des Trois-Rivières sont passés aux nains des Anglicans depuis les premières années de la domination anglaise au Canada ?
C’est en 1762, je crois, qu’il plut à Sa Majesté britannique de s'emparer, en vertu du droit du plus fort, de l’église et du couvent des Récollets. De 1790 jusque vers 1820 ces édifices servirent de prison et de palais de justice, par décision de nos bienveillants vainqueurs. Aujourd’hui l’ancienne église es Récollets sert au culte protestant. Le Frère Didace repose toujours dans la même terre, parce qu’il plaît aux Anglicans de ne pas livrer ses restes aux catholiques qui les réclament.
Je voulais pourtant, mes chefs enfants, vous raconter quelques uns des miracles opérés par l’in-
(1) La mère du Frère Didace était morte depuis plusieurs années, ÿ
tercession du Frère Didace, mais je vois bien que je n’en aurii pas le temp+ Ils furent nombreux ces miracles et vous les trouverez, en grande partie, dans l'Histoire des Ursulines des Trois-Rivières, aussi dans l’histoire du Frère Didace Pelletier, par le R. P. Odoric-M. Jouve, O. F. M.
En attendant, vous allez bien travailler, n'est-ce pas, à devenir des saints, et vous allez demander à la sainte Vierge qu’elle nous obtienne a Canonisation du bon, du saint Frère Didace.
23 février 1918.
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