‹ En veillant avec les petits de chez nous [microforme]Chapitre 25 sur 35 · GEORGES-ÉTIENNE CARTIER · texte numérisé non relu

GEORGES-ÉTIENNE CARTIER

Depuis quelques semaines nous avons vu sur la cheminée du Foyer : Union de 1840. C'est le nom du gouvernement inventé par les Anglais comme vous le savez, pour anéantir les Canadiens français. Vous savez aussi pourquoi les (Canadiens n’ont pas été anéantis...

Nous vivrons, c’est entendu, et peut-être plus longtemps que les fanatiques qui veulent nous détruire.

Nous possédons la Vérité, et aussi longtemps que

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nous conserverons intactes ct les traditions, la foi et la Îe M dacte langue de nos pères, il n’y (1814-1873)

aura pas assez d’égoïsme,

d’ambition, de barbarie sur la terre pour nous faire disparaître. Est-ce qu’un. jour on n’a pas dit que le peuple acadien était mort et enterré? Et cependant... Le peuple canadien et le peuple acadien professent la même foi, parlent la même langue : ils vivront tous les deux.

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faire t que Jt ceadien Igue :

L'Union de 1840 n’avait donc pas donné le résultat qu’en attendaient les Anglais. Aussi bien il vint un temps où les choses allèrent très mal, surtout parce que le Haut-Canada trouvait plus son compte dans ce gouvernement-là. De 1862 à 1864 il y eut, je crois, cinq administrations différentes. La machine ne pouvait plus fonctionner. Vous avez déjà vu une automobile qui ne veut plus marcher? Eh bien, à T’époque dont je vous parle, l’automobile du gouvernement ne marchait plus. Alors les hommes des différents partis politiques se demandèrent ce qu’il y avait à faire; ils eurent des conférences où fut discuté le projet d’une Confédération des provinces du Canada. En 1867; cette union politique et commerciale était accompli, et nous étions sous la Confédération, forme de gouvernement qui nous régit actuellement. Mais ce r’était plus l’union seulement de deux provinces, comme en 1840. Les provinces de Québec (Bas- Canada), Ontario (Haut-Canada), Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick firent d’abord partie de la Confédération de 1867. Plus tard, le Manitoba, en 1870; la Colombie anglaise, en 1871; l'Ile du Prince-Édouard, en 1873; l’Alberta et la Saskatchewan, en 1906, entrèrent dans la Confédération.

Vous savez donc que nous vivons actuellement sous le gouvernement de la Confédération, et vous

comprenez un peu, n’est-ce pas, ce que c’est que cette Confédération de plusieurs provinees qui s'unissent pour se protéger mutuellement ?

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Bien... Je vous ai donné ces renseignements, afin que vous soyez plus en état d’apprécier la carrière de Sir Georges-Étienne Cartier dont je me propose de vous parler ce soir. Cartier, mes petits amis, est un de nos plus illustres compatriotes, le digne continuateur de l’œuvre de Sir Louis- Hippolyte La Fontaine. Sans Cartier, la Confédération eût été impossible. Avec quel souci il veilla à ce que les droits de tous fussent sauvegardés, en particulier ceux de ses compatriotes !

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Georges-Étienne Cartier naquit le 6 septembre 1814 à Saint-Antoine, l’üne de ces belles campagnes qu’arrose le paisible Richelieu. De bonne heure il entra au collège des Sulpiciens, à Montréal. Tà, Georges-Étienne se mit au travail et ne Mmanqua pas d'arriver au succès. Vous savez, n'est-ce pas, que le travail et le désir de réussir importent plus dans les études que des talents brillants. En voulez-vous une preuve ? Georges-Étienne avait un de ses frères dans sa classe; ce frère était mieux doué que lui, mais ne possédait pas l'énergie, la tenacité du futur ministre, et à cause de cela Georges-Étienne devint un

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grand homme, tandis que son frère est resté dans l'obscurité. (1)

événements de 1837; puis quand les héros s’armèrent pour la défense de nos libertés, il se trouva à Saint-Denis et à Saint-Charles au milieu des soldats Canadiens-français. Cartier était alors encore bien jeune; rien d'étonnant que son impétuosité l'ait entratné jusque là. Comme Papineau, comme La Fontaine, comme Morin, il dut Pour un temps se dérober aux recherches anglaises. Plus tard, Cartier, à l'instar de bien d’autres, comprit, en face des tristes réalités que pour nous, dans ces sortes de crises, la patience inspirée par l'honneur et la foi l'emporte sur toutes les autres armes.

Mais nos chefs politiques de cette époque, mes petits amis, avaient appris à bien connaître les Anglais, et usant des procédés constitutionnels approuvés par les meilleurs légistes anglais euxmêmes, avec quelle vaillance, avec quelle supériorité ils ont réclamé une place au soleil pour les Canadiens français !

Entré en 1849 dans la politique, Cartier ne ressembla jamais à ces tristes et dangereuses nul-

(1) Centenaire de Cartier, chez Beauchemin.

Voir aussi : Cartier par De Celles: La Confédération canadienne, par l'abbé Groulx.

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lités qui croient que pour être bon législateur et bon gouvernant il suffit d’é re député. Celui qui avait été un élève studieux au collège de Montréal, fut un modèle de travail dans la vie publique. Quinze ou seize heures de travail par jour, c'était dans ses habitudes. Aussi je vous promets que Cartier n’entreprenait jamais de discuter une question en chambre sans s’y être préparé. Et une fois préparé il ne reculait devant rien et devant personne. (C’est relativement facile d’avoir de l’audace, quand à la suite de l’étude et de la réflexion on est maître de son affaire. Oui, Cartier eut de l’audace, et les Anglais reconnurent en lui bientôt ler supérieur. .:6 c’est à cause de cela qu’il força les plus fanatiques à baisser pavillon, à céder devant lui; c’est à cause de cela aussi qu’on vit une imposante phalange française se serrer autour de lui.

Et puis, ce qui ne contribua pas peu, j’en suis certain, à lui conquérir le respect des Anglais, au moins de ceux qui pouvaient apprécier la vraie grandeur d’âme, ce furent ses convictions religieuses étalées au grand jour. La Fontaine faisait un beau signe de croix à la table des gouverneurs anglais, Cartier, lui, disait en chambre : «Je suis catholique, et jamais cette chambre ni aucune autre Chambre, ni aucun pouvoir sur la terre, ne me feront renoncer à ma foi. Mes convictions ‘reli-

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gieuses sont inébranlables. » Quel bel exemple ! Il y a tant d’hommes, de nos jours, qui, au sortir de la maison, mettent en poche le drapeau de leurs troyances, et semblent demander pardon d’être nés catholiques !

Les Canadiens français ne devaient-ils pas

avoir confiance en ce chef qui disait en 1864 : « Je ne souffrirai jamais que res compatriotes, les Canadiens français, soient injustement traités parce qu’ils appartiennent à une race et à une religion différentes de celle du Haut-Canada. » Ah!

Puissions-nous avoir toujours des chefs animés du

même courage et du même patriotisme ! « Après

tout, disait un Anglais, vous êtes attaché aux

Canadiens français et qui sont-ils ? » — « Ce sont les descendants des Normands qui ont conquis l’Angleterre, » riposta Cartier.

Voulez-vous un autre exemple du sentiment de sa dignité devant les Anglais? En 1868, le gou- Vernement impérial accordait des décorations à Cartier et à J.-A. Macdonald, mais celle de Mac- : donald était supérieure à celle de Cartier. Savezvous ce que fit Cartier? Il refusa sa décoration, et cela parce qu'il ne voulait pas qu’il fût dit qu’un Canadien français ne valait pas un Anglais, qu’on pouvait placer la province de Québec au second rang. Et la conséquence ?... La conséquence fut que Cartier reçut à la fin une décoration supé-

rieure à celle de Macdonald. Est-ce que ce traitlà ne vous fait pas plaisir ?

Avec un homme comme celui-là pour protéger nos droits dans l’organisation de la Confédération, il y avait raison d’être tranquille pour les Canadiens français. Cependant, mes chers enfants, il faut bien que vous sachiez aujourd’hui que la Confédération n’a pas donné aux nôtres ce qu’elle leur promettait... Cartier, voyez-vous, était trop honnête pour prévoir tous les crimes dont peuvent se rendre coupables certains hommes qui se font gloire de déchirer les traités et d’ignorer la justice la plus élémentaire... Elle est si vraie cette parole : «Tant valent les hommes, tant valent les constitutions. » Depuis l’an de grâce 1867 il y a eu chez nous de prétendus défenseurs de la civilisation plus dangereux que les anciens Iroquois.

Mais je vois que l'aiguille de l'horloge court vers l’heure du sommeil. Pourtant il me resterait encore à vous dire bien des choses. Cartier s’est occupé de tout ce qui pouvait être profitable à la patrie, voyez-vous. Il le voulait si grand son cher Canada ! C’est lui qui disait dès 1835 : « Avant tout soyons Canadiens. »

Avez-vous déjà entendu chanter cette chanson composée par Cartier lui-même :

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Souvent de la Grande Bretagne

On vante et les mœurs et les lois;

Par leurs vins, la France et l'Espagne À nos éloges ont des droits.

Admirez le ciel d'Italie,

Louez l’Europe, c'est fort bien;

Moi, je préfère ma patrie :

Avant tout je suis Canadien.

Un jour, on disait à Cartier: « M...... est mort........,.libre Penseur. » — « Allons, répondit notre grand Canadien, il se trompait : un Canadien français doit être catholique. »

Catholique et Canadien toujours, Cartier mourut le 20 mai 1873, en bon chrétien.

Bonsoir, mes petits amis !

6 juin 1918.

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Nos Zouaves PONTIFICAUX

Non, vous n’avez pas oublié le combat du Long-Saut, non plus que la bataille de Châteauguay. Des petits Canadiens français qui savent un peu ce que nous sommes ne peuvent pas manquer de mémoire à ce point-là. Elles sont si belles les pages qui parlent de Dollard et de ses seize COMpagnons, de Salaberry et de ses trois cents braves Canadiens !

Ce soir, mes petits amis, je viens mettre devant Vos yeux une autre belle page, une page héroïque. Mais je vous entends... « Est-ce que toutes les pages de notre histoire ne sont pas belles ? » Vous avez raison, vous là-bas, de faire cette question : elles sont toutes belles, en effet, les pages de notre histoire. Cependant comme il y a dans le ciel des étoiles plus brillantes que leurs voisines, il y a de même dans l’histoire de la patrie canadiennefrançaise des pages plus belles les unes que les autres. Vous me comprenez ?

Bien ! Laissez-moi commencer, autrement je ne pourrais pas finir.

Cette page que j’étale devant vous, ce soir, elle a pour titre « Nos Zouaves ». Tout le monde voit bien, n’est-ce pas ?

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Ah! Ah! Encore plusieurs qui ont des choses à se dire à l'oreille. Je devine : vous prétendez avoir déjà vu des Zouaves? Ce sont peut-être des ZOUaves que vous avez vus, des zouaves qui aimeraient bien à se battre et À mourir Pour le Pape, mais qui n’ont jamais été à Rome. Il y a d’autres ZOuaves, plus vieux que les vôtres, et qui sont allés à Rome pour défendre le Pape Pie IX. Vous com- Prenez qu’il n’en reste Pas un grand nombre de ces derniers. Ça fait longtemps, voyez-vous, que les Canadiens sont allés défendre Pie IX. Ça fait cinquante ans. Ainsi ceux qui restent de ceux-là

de l’Église. Oui, les enfants de l’Église, les « soldats du Pape » se levèrent. et Coururent à la défense de leur Père. Le 18 septembre 1860, Lamoricière

le chemin des brigands et des usurpateurs; la bataille s’engagea à Castelfidardo. La Vaillance fut écrasée par le nombre, le droit par la force.

Lamoricière fut vaincu. Mais Castelfidardo, mes petits amis, Ça veut dire la jeunesse catholique, brave, magnifique dans la bravoure, ça veut dire le champ de bataille couvert du sang le plus pur de la France, de la Belgique, de l’Autriche et de l’Allemagne. Oh ! qu’ils étaient beaux ces jeunes gens tombés pour le Pape ! Qu'ils étaient beaux jusque dans la mort !

Oui, ils étaient beaux. Aussi bien quand le nom de Castelfidardo eut retenti dans nos églises et à nos foyers, quand les derniers malheurs du Saint-Père furent connus chez nous, le peuple canadien protesta vivement contre les violences de l’ambition et de l’orgueil; puis quelques années plus tard, au lendemain de la victoire de Mentana (1867), ce fut un cri, un beau cri parti du cœur de notre jeunesse : « Nous irons, Dieu le veut!» Le cri des Croisés de la Terre-Sainte venait d’éclater sur les bords du Saint-Laurent. Est-ce que d’ailleurs deux des nôtres n’avaient pas versé leur sang déjà à Mentana? Et cette gloire d’avoir versé son sang pour le Pape, en fallait-il davantage pour rendre jalouse toute la vaillante jeunesse de chez nous ?

Alfred La Rocque et Hugh Murray étaient tombés les premiers, tous voulaient les imiter.

Durant qu’on organise un premier détachement Prendergast, Désilets et Hainault, de peur de man-

pour le Pape, Oh ! les heureux

Cause de Rome, religion.

Comme Dollard et ses compagnons ils se préparent dans la prière et le recueillement, nos

ZOuaves Pontificaux; leur drapeau dit bien ce qu’ils sont, car il porte dans ses plis cette devise sortie du cœur d'un Zouave avec son Sang : « Aime Dieu et va ton chemin. » Ils Partent en souriant une dernière fois

Vive

Les poètes, les jour.

Le grand Veuillot écrit :

reconnaître des gens de e bien.» Et Victor de

nn sr nan es ramener

Eve

De nos jeunes croisés vous êtes deux fois frères, Marchez aux mêmes cris et dans les mêmes rangs, Faisant dire comme eux par vos œuvres guerrières : Quand Dieu frappe un grand coup, c’est par

[la main des Francs.

« Aux États-Unis, est-ce qu’on n’a pas fait de compliments à nos zouaves? » dit la petite Annette, là-bas. Cette question me plaît. Il y a de la bonne curiosité là-dedans. Oh ! oui, ils en ont reçu beaucoup, dans les villes américaines, des compliments, ma petite amie, nos zouaves. Mais savez-vous ce qui me fait le plus de plaisir en tout cela? Je vais vous le dire. Écoutez: A Springfield, un Américain respectable par sa mise et ses manières s’approcha d’un zouave et lui demanda ce qu’il était et où il allait.

— Je suis du Canada, répondit le zouave, et je m'en vais à Rome, avec cent trente-cinq autres de mes compatriotes, m'enrôler sous les étendards du Saint-Père.

— Sans doute, répondit l'Américain, la prime d'engagement doit être fort élevée pour vous déterminer ainsi à tout quitter pour faire un si long voyage. Quelle est votre solde ?

— Nous allons à Rome, répond le zouave, à nos propres frais; nous ne touchons aucune prime d'engagement; nous apportons même au Saint-

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Père de quoi subvenir À toutes nos dépenses. Nous allons combattre pour l’ordre et le salut du monde chrétien; qu ’avons-nous besoin de prime et de solde ?

— Braves jeunes gens, que Dieu vous bénisse,

reprit l'Américain, les Yeux tout mouillés de larmes. (r)

Pauvre Américain, il apprit alors ce que c’est qu’un soldat canadien. Le soldat canadien possède une âme éprise d’idéal, et quand il se bat pour sa patrie ou pour sa religion, il est capable de tous les héroïsmes : peu lui import :nt ensuite l'or et les honneurs. .

Mais j'allais oublier le petit incident de Mar-

seille, en France. Imaginez-vous, mes enfants, qu’un Italien, ennemi de la cause pontificale, se trouvant à Marscille au moment du passage de nos Zouaves, osa insulter leur drapeau. L'insulte lui coûta cher. Le commandant Taillefer, avocat de Montréal et de taille extraordinaire, connaissait ses droits et possédait tout ce qu’il fallait pour les faire respecter. Il vous empoigna l’Italien par le collet,

omme un vulgaire gibier et l’agenouilla simplement devant le drapeau des Zouaves,., Les témoins de cette scène comprirent bien que les soldats canadiens seraient de solides défenseurs

(1) Le Canada et Les Zouaves ponlificaur, par E* Lef. de Bellefeuille, p. 143.

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du Pape, et Taillefer passa pour un homme terrible, surtout auprès de la canaille.

Enfin nos zouaves arrivèrent à Rome. Je vous assure qu'ils furent bien reçus et que ls gens les trouvèrent de leur goût. Le Saint-Père en les voyant s'écria : «Le Canada est une terre privilégiée.» Le lieutenant-colonel de Charette répéta à plusieurs reprises : (Ce sont de beaux hommes.» Le cardinal Antonelli disait un jour à un évêque canadien auquel il donnait une audience : € Vous savez, Monseigneur, que ce qu’il y a de mieux drns l'armée du Sairt-Père c’est le régiment des zouaves, et dans le régiment des zouaves, les meilleurs sont les Canadiens.» (1) Pie IX les reçut com ae un père reçoit ses enfants, avec toute la familiarité, toute la tendresse possible. Aussi, après avoir vu le Pape, les Canadiens s’écriaient : « Qu'ils viennent maintenant les garibaldiens !» Les garibaldiens, c’étaient les ennemis du Pape, des brigands.

Etes-vous contents de ce que je viens de vous dire? Ça fait plaisir, n’est-ce pas, d’entendre louer les nôtres, et ça encourage dans le bien ?

(1) Les zouaves pontificaux nicolétains, par Mgr Gérin : chapitre de l'Histoire du collège de Nicolet, par Mgr Douville.

Voir aussi : la Revue canadienne de 1870, p. 289; Nos croisés, par l’abbé Moreau; Nos zouaves, par l'abbé Groulx, dans l'Action française de mars 1918.

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Ah ! nos Zouaves, ils furent vraiment admirables dans leur dévouement, dans leur esprit de sacrifice, Vous savez que nous avons fourni quatre détachements de Zouaves. Ce n'était pas une bien grosse armée, imais elle comptait, parce que nos soldats soupiraient après l'honneur de mourif pour le Saint-Père, Et les fatigues, les jeûnes forcés, la mort elle-même n'étaient rien pour nos gens; ils voulaient avant tout le triomphe de

” l'Église, Que de lettres touchantes, que de traits

édifiants dans cette histoire des Croisés du XIXe siècle ! Savez-vous, mes enfants, quel fut le plus grand sacrifice imposé à nos Zouaves durant les deux années qu'ils passèrent à Rome? Ce fut de ne pouvoir mourir en défendant le Pape. Avec quel bonheur ils seraient tous tombés les uns après les autres pour le Saint-Père ! Comme l'ennemi eût lutté longtemps avant de les vaincre &-s dignes frères de Dollard des Ormeaux et de tous les braves de chez nous !... En 1870, Rome est assiégée par les Piémontais. C'est le feu de la bataille, c’est peut-être l’heure du dévouement suprême. Qu'ils sont splendides alors nos Zouaves !... Mais le Saint-Père se rend compte que ses enfants vont mourir inutilement ; il envoie l’ordre de cesser le combat... Quelle épreuve pour nos zouaves !

{L'ordre venait du Saint-Père, disait l’un d'eux, il n'y avait pas À murmurer. Il est vrai que la

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mort nous eût paru plus douce que la reddition d nos armes, mais nous devions boire notre calice nous l’acceptâmes avec le plus de résignatio possible. »

Croyez-vous, mes petits amis et mes petite amies, qu’on peut avoir du cœur et de la tête san aimer l’Église et la Patrie canadienne-française Ak ! qu’elle est belle, qu’elle est grande notre race Qu'il est beau, qu’il est grand le Vicaire de Jésus Christ !

13 juin 1918.

lition de e calice; ignation

petites ête sans inçaise ?

re race !

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