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patriotes ? Ah ! c’est qu’ils sont nombreux. Vous comprenez qu’il est bien difficile de tenir une plume canadienne-française sans chanter au moins un peu la Patrie. Aussi bien je ne ferai passer devant vous que quelques silhouettes, et très rapidement.
Qui faire passer d’abord”?... ficoutez cette histoire. Il y avait à Québec, vers 1825, un jeune Canadien qui commençait sa cléricature chez le notaire Archibald Campbell.
C'était un garçon de grands talents qui n'avait pas fait d’études classiques, à cause de sa pauvreté. Il ne possédait pas les richesses de la terre, mais il avait le cœur bien placé, et il aimait son pays. Le bureau k de M. Campbell était fré- FE Qumsse
quenté par des jeunes clercs
anglais qui ne perdaient pas l’occasion d’humilier le jeune clere canadien-français, en méprisant sa race, en le traitant de fils de vaincu. Ils lui disaient du haut de leur grandeur que le peuple canadienfrançais était un peuple sans histoire. « Eh bien », répondit un jour notre compatriote, « notre histoire, je vais la raconter ! Et vous verrez comment
ilier t sa ient lienn »,
hisnent
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nos ancêtres ont été des vaincus ; et si une pareille défaite n’est pas aussi glorieuse qu’une victoire ! » Elle est belle cette réponse. Savez-vous qui la donna? Ce fut le grand historien national F.-X. Garneau. Ah! il fallut travailler beaucoup et longtemps pour remplir cette promesse; mais un jour les Canadiens français purent mettre sous les yeux des Anglais capables de lire et de comprendre, la preuve irréfutable que nous avons une histoire, une
belle histoire.
Un nom inséparable de celui de Garneau est celui de Ferland. Quel charmant homme que cet abbé Ferland! Si vous aviez vécu de son temps il vous
en aurait conté des choses intéressantes au sujet de notre histoire du Canada! Il la connaissait si bien notre histoire ! Mais si vous aviez vécu dans ce temps-là je n’aurais pas le plaisir de causer avec vous aujourd’hui... Ne regrettons rien. N’empêche que nous avons deux beaux volumes d'histoire du Canada dus à la plume de l'abbé Ferland. Et c’est simple, c’est intéressant. Dites bien à vos petites sœurs, puis souvenez-vous-
en, que c’est d’un bout plus intéressant que d romans... Vous ne lisez pas de romans, n'’est-. pas? Défiez-vous même, mes petits amis, de plupart de ces prétendus bons feuilletons publi danÿ les journaux.
Mais en parlant de journaux, ça me rappel un grand nom de che nous. Au moment où P:
pineau, La Fontaine € Morin bataillaient en fs veur de nos droits, Étienr Parent s'était, lui auss placé au premier rang d nos défenseurs avec sa plu me de journaliste dont :
Demos Pammer avait fait une arme puis
(1801-1874) sante. Patriote jusqu'a
fond de l’âme et cepen
dant modéré toujours, ne réclamant pour nou
que ce qui nous était garanti par la constitutior
anglaise et les traités, il n’en fut pas moins mis er
prison pendant l'hiver de 1837-38, avec d'autre:
Canadiens français. Comme vous le voyez, les
Anglais se sont toujours montrés bien généreux à l'égard de nos pères...
Il y a un instant, je vous mettais en garde con-
tre les romans, et je ne retire rien de ce que je vous
que des , n'est-ce is, de la s publiés
int des rappelle de chez t où Paaine et , en fa- Étienne i aussi, rang de : sa pludont il ne puisusqu’au
cepenir nous titution y mis en d’autres vez, les éreux à
de conje vous
ai dit. Les romans, mes enfants, le plus souvent tournent la tête et gâtent le cœur. Pourtant :: en est quelques-uns que vous pouvez lire avec profit. Parmi les romans canadiens, qui ne sont pas nombreux, je mettrais volontiers entre vos mains les Anciens Canadiens, de M. de Gaspé, et Jean Rivard, de Gérin- Lajoie. Imaginez-vous que M. de Gaspé avait soixantequatorze ans quand il écrivit son roman. Dans ce roman-là il y a de la fantaisie et de l’histoire du Canada, mais la fantaisie n’est qu’une peinture des mœurs de chez nous à l’é- De Gaspé poque de la conquête du (1786-1871) Pays par les Anglais. Jean Rivard a été écrit Pour faire aimer la terre, et vraiment Gérin-Lajoie n’a Pas manqué son but. Après avoir lu ces Pages si calmes, si reposantes, il est impossible, quand on a du cœur et une tête sur les épaules, de ne pas se sentir attiré vers la vie des champs, puis de ne Pas se sentir attaché davantage à la petite patrie. Le même Antoine
à la patrie absente.