‹ En veillant avec les petits de chez nous [microforme]Chapitre 32 sur 35 · RARES · texte numérisé non relu

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Mais les petits Canadiens français, des enfant comme vous autres, avisés par leurs parents, déc: dèrent que jamais on ne les empêcherait de parle français, pas plus qu'on ne les empêcherait de prie le Dieu de Jeanne d’Are, de Champlain et d Frontenac. Vaillants petits champions ils se levè rent et chantèrent tous ensemble : « Catholique et Français toûjours !» Ils chantérent d’autre choses aussi que je vous dirai dans un instant.

Des fanatiques essayèrent donc d'empêcher vo petits frères d’Ontario de parler français, et pou cela ils envoyèrent des inspecteurs anglo-protes tants avec la mission de voir comment les chose: se passaient dans les écoles catholiques et canadien: nes-françaises. Vos petits frères, afin de mieux faire comprendre aux inspecteurs qu’il convient de se mêler de ses affaires, vos petits frères décidèrent de quitter les classes à l’arrivée de l'inspecteur.

Au mois d'octobre 1912, les élèves des trois écoles de Casselman sont les premiers à retraiter devant l'inspecteur intrus. Ils ne seront pas les derniers. La besogne des inspecteurs se trouve par là considérablement modifiée. Des murs, des bancs, rien autre chose. Mais on rapporte que les inspecteurs du gouvernement préfèrent voir des élèves derrière les bancs et les tables. Les enfants de Saint-Eugène font comme ceux de Casselman; ceux de Rockland sont bien contrariés en constatant

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le soir que M. l'inspecteur a pris le train sans venir à l’école. A Clarence Creek, les petits ordinairement timides, en apercevant l’espion salarié qui veut entrer dans leur école, sortent bravement, le regard clair, la tête haute.

Et c'est partout la même chose. Les petits soldats de la langue française sont admirables de politesse et de sang-froid devant l'inspecteur anglo-protestant; ils se retirent, leur catéchisme et leur grammaire française à la main. En 1913, c’est comme en 1912. Nos petits soldats seront toujours les mêmes.

Parfois la lutte est plus difficile. A Sarsfield, les portes sont fermées. Les petits soldats ne pourront donc pas sortir par les portes quand l’inspecteur anglo-protestant viendra faire son inspection. Non, ils ne sortiront pas par les portes, mais ils sortiront par les fenêtres. Les plus âgés sortent les premiers et reçoivent les plus jeunes dans leurs bras. En moins de cinq minutes, tout est fini.

A Haileybury, on veut empêcher les enfants de s’enfuir par l'escalier, mais il reste les échelles de sauvetage que les enfants connaissent bien. Encore une fois M. l'inspecteur anglo-protestant pourra questionner les banes et les tables. Et durant qu’il fera sa besogne, les petits Canadiens français, eux s’en iront devant le palais de leur évêque catho-

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lique et patriote, et chanteront de leurs plus bell voix et de tout leur cœur.

« O Canada ! terre de nos dieux,

« Ton front est ceint de fleurons glorieux !

« Car ton bras sait porter l'épée,

€ Il sait porter la croix !

« Ton histoire est une épopée

« Des plus brillants exploits;

« Et ta valeur de foi trempée,

« Protégera nos foyers et nos droits. » (bis)

A Noëlville, c’est devant l'hôtellerie de M l’Inspecteur que les petits Canadiens chanten O Canada, puis se dispersent en criant : « Viven les Canadiens ! Hourra pour nous autres ! »

A North-Cobalt, les enfants viennent de sorti en voyant M. l'inspecteur. Celui-ci, de sa voi: la plus douce, les prie de bien vouloir rentrer « Nous sommes sortis », répond le plus audacieux «et nous ne rentrerons qu'après votre départ. )

À Paincourt, les enfants sont dehors, en récréation, à l’arrivée de M. l'inspecteur. Ces cher: enfants sont bien embarrassés. L'un d’eux court chez M. le curé pour demander ce qu’il faut faire. « Qu'est-ce que vos parents vous ont recommandé ?» dit M. le curé. — « De sortir, » dit l’enfant. — « Eh ! bien, sortez. » — « On est dehors .» — «Alors,

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restez-y, » — « Est-ce que ça va suffire pour protester? » — « Mais oui, mais oui.» L'enfant retourne au milieu de ses compagnors, et leur fait connaître la réponse de M. le curé.

Et tous ces champions de la langue française, -mes petits amis, ce sont vos petits frères. Demain, comme vous ils seront des hommes, et la patrie comptera sur eux comme elle comptera sur vous.

Oh ! aimez bien vos petits frères des provinces anglaises et des États-Unis; Vous ne savez pas assez ce qu’il leur en coûte parfois pour conserver intact le trésor de leur langue et de leur foi. Que leur esprit de sacrifice, leur héroïsme vous aident à mieux aimer l’Église et la Patrie.

11 juillet 1918.

À consulter : Le Bulletin du Parler français,

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