‹ En visite chez l'oncle Sam;Chapitre 2 sur 14 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

en revanche, je connaissais assez bien les hommes et les institutions. Or les premiers me semblaient tellement supérieurs aux secondes, que je me demandais toujours comment des hommes d'une valeur aussi rée lie pouvaient s'accommoder d'un gouvernement aussi parfaitement méprisable, et quelles seraient à la longue les conséquences d'un état de choses aussi bizarre. Les hommes viendraient-ils à bout d'améliorer leur gouvernement? ou serait-ce le gouvernement qui finirait par détériorer les hommes?

Les pages que l'on va lire n'ont, bien entendu, nullement la prétention de donner la clef de ce gros problème que le grand historien américain Prescott posait déjà, il y a bien des années, dans la préface d'un de ses admirables livres. — Ce sont de simples notes écrites chaque soir, au courant de la plume, pour résumer les impressions de la journée. Elles n'ont donc pas, et ne pouvaient avoir des visées aussi hautes. Raconter ce qu'il a vu : voilà la seule prétention que puisse avoir un voyageur qui n'a passé que trois mois dans un pays. Mais quand l'esprit est préoccupé, il envisage volontiers les moindres faits au point de vue de son idée dominante. C'est ce qui m'est arrivé. Je m'en rends fort bien compte, en relisant ces articles parus dans le Cor-

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