‹ En voyage: poésies. Récits et souvenirsChapitre 37 sur 65 · A MADAME MARIE FAVART · texte numérisé non relu

A MADAME MARIE FAVART

AU fond du parc, près de fétang.

Un petit être rose et blanc,

Dans rherbe joae; Couvant des yeux son séraphin, La mère de baisers sans fin

Rougit sa joue.

Depuis le matin, sans ennai, £ile est assise aaprës de lui.

Rêve et Tadmire ; L'étoaffe en riant sar son sein.

Ou rincline vers le bassin.

Pour qu'il s'y mire.

c Regarde, enfant, regarde encor.

Dans le miroir de Teaa qai dort,

Ce doux Tisage; Sais*ta quel est ce front charmant, Qui prête son rayonnement

An paysage ?

> Vois-tu paraître, en Rapprochant, Du clair azur se détachant,

La lôte blonde ?

Pour ternir ce portrait connu,

Il suffirait de ton pied nu Effleurant l'onde !

• N'est-ce point un frère jumeau Qui vient vers toi, du fond de Teau,

En sens contraire ?

Tiens, penche-toi sur son chemin.

Fais-lui signe, tends-lui la main, Au petit frère!

> Quand tu souris, ô mon mignon, Vois comme ton gai compagnon

Sourit de même!

Dis-lui qu'il est beau, qu'il est grand, Que son sourire est enivrant.

Et que je l'aime!

> Dis-lui que tu veux l'embrasser.

<58 LEAD QOI DORT.

Avec moi la peux le baisser,

cher timide!

< Aa reToir, frère! » H esl parti.

Contre ta lène as-tu senti

Sa lèvre hnmide?... >

Assez, mère, assez de ce jea!

Aimer ainsi,^ c'est tenter Diea!

Sois grave, et prie!

De ces petits il tient les joors :

Je crains pour eax, je crains toujoars

L'idolâtrie!

Où donc est-il, le bien-aimé?

Pour le repas accoutumé L'heure est venue;

Longeant les gazons écartés.

Elle le sent à ses côtés, Et continue...

Pour quel but s'est- il échappé?

Par quel mystère a-t-il trompé

Sa vigilance?

Il était là, dans le jardin, Jouant autour d*e11e, et soudain

Tout est silence?

Des mille noms que son amour Inventait pour lui, tour à tour

Elle rappelle; Chaque taillis est visité; De cet élan précipité

Où donc court-elle?

Dans le sentier connu, là-bas,

Elle a trouvé ses petits pas,

Saivi sa trace :

D*oii lai vient ce pressentiment Qai la traverse en un moment Et qui la glace?

Il a voulu revoir encor.

Dans le miroir de Teau qui dort,

Le petit frère; Sourire et lui tendre la main.

Le voir venir sur son chemin

En sens contraire;

Il a cherché son compagnon, Penché vers lui son front mignon, Sa tôle blonde;

Il veut lui dire des secrets, Plas près, plus près, toujours plus près, Dans Teau profonde;

Il approche, il va déposer

Sur sa lèvre un nouveau baiser.

De bouche à bouche :

Obi le froid baiser! c'est la mon Qui le lui donne : et Teau qui dort

Ferme sa couche !

Ils sont ensemble sous les eaux, Bercés parmi les verts roseaux,

Le corps et l'ombre; Et la mère, au bord du talus.

Reste assise, et ne quitte plus

La place sombre ;

Dans lo lac aux reflets d'argent,

Miroir insensible et changeant,

Son œil pénètre :

El Teffroyable fixité Cherche pour une éternité Le petit être!

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