A MADAME MARIE FAVART
AU fond du parc, près de fétang.
Un petit être rose et blanc,
Dans rherbe joae; Couvant des yeux son séraphin, La mère de baisers sans fin
Rougit sa joue.
Depuis le matin, sans ennai, £ile est assise aaprës de lui.
Rêve et Tadmire ; L'étoaffe en riant sar son sein.
Ou rincline vers le bassin.
Pour qu'il s'y mire.
c Regarde, enfant, regarde encor.
Dans le miroir de Teaa qai dort,
Ce doux Tisage; Sais*ta quel est ce front charmant, Qui prête son rayonnement
An paysage ?
> Vois-tu paraître, en Rapprochant, Du clair azur se détachant,
La lôte blonde ?
Pour ternir ce portrait connu,
Il suffirait de ton pied nu Effleurant l'onde !
• N'est-ce point un frère jumeau Qui vient vers toi, du fond de Teau,
En sens contraire ?
Tiens, penche-toi sur son chemin.
Fais-lui signe, tends-lui la main, Au petit frère!
> Quand tu souris, ô mon mignon, Vois comme ton gai compagnon
Sourit de même!
Dis-lui qu'il est beau, qu'il est grand, Que son sourire est enivrant.
Et que je l'aime!
> Dis-lui que tu veux l'embrasser.
<58 LEAD QOI DORT.
Avec moi la peux le baisser,
cher timide!
< Aa reToir, frère! » H esl parti.
Contre ta lène as-tu senti
Sa lèvre hnmide?... >
Assez, mère, assez de ce jea!
Aimer ainsi,^ c'est tenter Diea!
Sois grave, et prie!
De ces petits il tient les joors :
Je crains pour eax, je crains toujoars
L'idolâtrie!
Où donc est-il, le bien-aimé?
Pour le repas accoutumé L'heure est venue;
Longeant les gazons écartés.
Elle le sent à ses côtés, Et continue...
Pour quel but s'est- il échappé?
Par quel mystère a-t-il trompé
Sa vigilance?
Il était là, dans le jardin, Jouant autour d*e11e, et soudain
Tout est silence?
Des mille noms que son amour Inventait pour lui, tour à tour
Elle rappelle; Chaque taillis est visité; De cet élan précipité
Où donc court-elle?
Dans le sentier connu, là-bas,
Elle a trouvé ses petits pas,
Saivi sa trace :
D*oii lai vient ce pressentiment Qai la traverse en un moment Et qui la glace?
Il a voulu revoir encor.
Dans le miroir de Teau qui dort,
Le petit frère; Sourire et lui tendre la main.
Le voir venir sur son chemin
En sens contraire;
Il a cherché son compagnon, Penché vers lui son front mignon, Sa tôle blonde;
Il veut lui dire des secrets, Plas près, plus près, toujours plus près, Dans Teau profonde;
Il approche, il va déposer
Sur sa lèvre un nouveau baiser.
De bouche à bouche :
Obi le froid baiser! c'est la mon Qui le lui donne : et Teau qui dort
Ferme sa couche !
Ils sont ensemble sous les eaux, Bercés parmi les verts roseaux,
Le corps et l'ombre; Et la mère, au bord du talus.
Reste assise, et ne quitte plus
La place sombre ;
Dans lo lac aux reflets d'argent,
Miroir insensible et changeant,
Son œil pénètre :
El Teffroyable fixité Cherche pour une éternité Le petit être!