LE LAC BLEU
Saisit Therbe plus rare en ces tristes chemins.
Il monte fatigué, haletant ; il voyage
Du glacier au glacier, du nuage au nuage :
Il arrive. -— Aussitôt, sur ce plateau neigeux,
Au delà de ces bois, de ces pics orageux
Où la nue, en courant, s'accroche et se déchire;
De ces déserts maudits où toute vie expire.
De ces torrents fougueux de débris surchargés,
De ces rocs calcinés que la foudre a forgés ;
Près de Dieu, loin de Thomme,— ô talileau magnifiquel —
Il aperçoit d'un lac le miroir pacifique,
Étincelant, profond, calme, silencieux, Qui se cache à la terre, et reflète les cieux.