Encore l'amnistie [microforme]
à la publicité. Des résolutions, que l’on dit être la suite de ces dépêches, ont été présentées par le Gouvernement d'Ottawa à la Chambre des Cominunes, qui les a volées à une grande mojorilé. Quoique l’on puisse dire, avec raison, que ce, qui fait l’objet de ces dépêches et de ces résolutions n’a été déjà que lrop répété, néanmoins, puisque l'Amnistie est pour moi une question d'honneur et de justice, je me crois teuu d'en parler encore. Il a fallu cinq années pour acquérir, même superficiellement, la connaissance des faits qui servent de base à la solution de nos difficultés, et le vote de la majorité des Communes affirme qu'il faut cinq années de plus, pour amener définitivement cette solutior.
Poussé par les événements et les hommes à prendre une position éminente, dans l’apaisement des troubles du Nord-Ouest, je me trouve dans l'obligation de parler de l’Amnistie, tant qu'ellesne sera
pas donnée pleine et entière, comme je l'ai comprise.
Au reste, les documents font je viens, de parler me mettent up directement en cause pour qu'il soit possible de me taire cette fois. Ceux qui ont inséré mon nom daus ces documents et qui
ensuite les ont livrés à la publicité ne peuveut pas trouver mauvais que je m'occupe de ce qu'eux-mêmes m'attribuent, Je veux faire quelques réflexions :
Premiérement,—sur les dépêches échangées entre les Comtes Dufférin et Carnarvon, au sujet de l'Am:sue ;
Secondement,—sur les résolutions de l’on A. McKenzie, relatives au même sujet.
$ [—RÉFLEXIONS SUR LES DÉPÊCHES DE LORD DUFFERIN, EN DATE DU 10 DÉCEMBRE 1874, ET SUR LA RÉPONSE DU COMTE CARNARVON, EN DATE DU 7 JANVIER 1875.
J'avoue qu’il me répugne extrêmement de traiter la question que j'aborde, aw point de vue qui m'est imposé ; il me répugne surtout de venir publiquement faire la critique d’une pièce officielle, écrite par Son Excellence le Gouverneur-Général. Par goût, comme par conviction, non seulement je respecte l'autorité, mais même je respecte ceux qui en sont revêtus, et ce n’est qu'avec un regret bien vivemen: senti que je me vois forcé de contredire le Représentant de notre bien-aimée Scuveraine. J'ai pourtant la confians que si le ‘*rès Honorable Comte Dufferin veut bien porter la condescendance jusqu’à lire attentivement les pages suivantes, il se convaincra que j'ai droit de réclamer contre la manière injuste, avec laquelle je suis traité. J’ai une trop haute idée des sentiments élevés, qui distinguent Son Excellence, pour ne pas croire qu’Ellemême trouvera légitime la défense provoquée par l'attaque. Ces attaques, j'aime a le croire, ne sont pas celles de la malveillance à mon égard, mais elles viennent de trop haut pour que je puisse permettre que l’histoire les enrégistre, sans un effort de ma part pour les repousser.
Il est sans doute infiniment regrettable que l'excitation des esprits, l’éloignemert des lieux, l'ignorance des personnes et la multiplicité de ses importantes obligations n’aient pas permis à Son Excellence d'acquérir une connaissance plus exacte de certains faits, par Elle mentionnés, dans sa dépêche du 10 décembre dernier. Je me garderai bien néanmoins de signaler autre chose que ce qui me concerne directement et personnellement, ou qui a été affirmé par moi. Pour le reste, je ne m’imposerai pas la pénible tâche de contredire Son Excellence. En réfutant le Gouverneur-Général, je n’entretiens pas le moindre doute qu’il ne s’est fait historien officiel qu'avec la conviction intime qu’il était historien véridique.
DU
Le paragraphe dixième de la dépiche contient une erreur grave, puisqu'il affirme que daus ma lettre à l'Har orable M. Howe, je l'ai informé que j'avais promis l’'Amnistie au) 10m du Gouvernement Impérial. Si Son Excellence avait eu le temps de lire les pages 32. 33 et 34 du Rapport du Comiié au sujet de lAmnistie, Elle se serait convaincue que dans la lettre précitée il est nullement question du Gouvernement Pnpérial, mais simplement du Gouvernement Canadien, et ce, pour dissiper la crainte, qu'inspirait la nouvelle que des milices canadiennes étaient en route. On ignorait alors que l'expédition dite ‘ de paix et de civilisation ” reufermait un contin gent de troupes régulières et était sous le commandement d'un officier impérial. L'argument tiré de la réponse de l'Honorable M. Howe à ma lettre du 9 juin porte à faux. puisque cette lettre ne parle même pas de ce que l’on veut prouver, et que M. Howe, en me laissant la responsabilité de ma promesse, au rom du Gouverne ment Canadien, insinue plutôt qu'il ne le combat là propos de la promesse faite au nom du Gouvernement Impérial.
Au regret que j'éprouve en voyant une de mes lettres travestie, comme je viens de l'indiquer, se joint celui de me convaincre que Son Excellence Lord Dutferin, en parlant de mes corresponddnces officielles avec M. Howe, ait omis de mentioarer cellesqui militent en faveur de mathèse. Pourquoi par exemole ne rien dire de ce que j'écrivais en date du 7 mai, (Rapport du Comité. page 28) :
& [’Angleterre n'approuvera pas des vues aussi injustes et aussi “étroites, mais elle s'empressera de remplir celles qu'ont exprimées ‘t Son Excellence le Gouverneur du Canada et son Conseil Privé, “Je n'ai pas manqué une occasion de faire connaitre ces sentiments de consiliation, de paix et de pardon, privément et publiquement, de continue de déclarer au peuple que les intentivns du Gouver. nement ne sont point changées... Presque lont ce c ue nnus avous à déplorer a eu lieu avant mon arrivée, et des évèiements beau coup plus fâcheux eussent pu survenir si on n'eut yas compté sur la “ bienveillinte iniention des Gouvernements Impérial et Canadien. Pleinement convaincu que telles étaient les dispositions des “ antorités, j'en ai toujours fait le point de départ de mes explications. “ Pas n’est besoin de dire combien il me serait pénible de croire qur € j'ai élé trompé ou que je puisse étre soupconné d'avoir tenté d'en ‘tromper d’autres.” (*)
(‘) Je mentionne i‘iles G uvernemen's Impérial et Canadien, parce qu'on m'avait dit. tant de vive voix que par écrit, qu'ils agis aient conjointement. Sir Lohn Yourg n'avait ras iseu Sa Proclamation comme Gouverneur-Général du Canada, mais d'anrè 'e désir exprès de la Reine. Ce document était néanmoins
contre s gue par FH noreble H. L. Langevin, comme Ministre Canadien. La
même P. clamation qui m'était mentionnce dans la lettre autographe de Sir John
Ces expressions assez claires d’elles-mômes, me semblaient devoir l’ètre davantage pour ceux à qui elles éluent adressées, vu les conversations que j'avais eues avec eux.
La reponse à la lettre que je viens de citer contient ce qui suit, (Rapport du Comité, page 30):
“ Monseigneur, j'ai eu l'honneur de recevoir les lettres de Votre Grandeur en date du 3 et 7 Mai ex j'ai instruction de Son ‘ Excellence le Gouverneur-Général de vous dire qu'il prend part à + toutes vos anxviélés, et qu'il reconnait hautement les forts que vous avez faits dans l'intérét de la paix et de la modération” Cette lettre était la premnière que je recevais depuis mou arrivée à Fort Garry, et comme elle était une réponse officielle à celle, dans laqc sile j'affirmais que je conlinuais à promettre le pardon, il faudrait, ce me semble, une grande perspicacité pour y découvrir, que les évènements aceomplis, pendant mon voyage d'Ottawa à Fort Garry auraient dû m'empêcher de suivre i: ligne de conduite qu’on m'avait tracé, dans la capitale canadienne et à Rideau Hall.
Comment expliquer que ces lettres, dans iesquelles il est fait mention de pardon, paree que l’on: compte sur la bienveillance du Gouvernement Impérid, ne sont pas citées par Son Excellence ?
La réponse à cette question se trouve peut ètre dans le fait que le 15 d'Avril, 1874, le Gouvernement Canadien a fait reméëttre à la Chambre des Communes des documents relatifs aux troubles du Nord Ouest. Ma lettre à M. Howe en date du 7 Juin et la réponse de l’'Honorable Secrétaire d'Etat pour les Provinces, en date du 4 Juillet, 1870, s'y trouvaient tandis que notre correspondance antérieure ne s’y trouvait pas. Pourquoi cete différence ? Pourquoi conserver et rroduire les papiers dont on s'attend à tirer un argument contre moi, puis délruire ou refuser de produire les documents ds même valeur et de même authenticité qui prouvent en ma faveur? Les membres du Comité du Nord-Ouest se sont étonnés comme moi de cette lacune, ils l’ont comblée, en insérant dans leur rapport quelques unes de mes lettres à M. Howe, dont j'avais copié et une réponse de M. Howe, que j'ai produite dans sa forme onginale. Ces lettres se lisent aux pages, 21, 22, 23, 27, 28, 29, 30 et 31 du rapport du comité.
Il me serait difficile de dire combien j'ai trouvé pémble et injuste le treizième paragraphe de la Dépêche. Si Lord Dufferin n'avait pas subi l'influence des exagérations et même des faussetés,
Young, me futremise officiellement par l'Honorable Secrétaire d’Ftat pour les Provinces du Canada. Le pardon devait venir de la Couronne, et les Ministres Ca’ adiens affirmaient qu'ils désiraient son octroi, ct le Gouvernement Canadien n'a répudié que la promesse qui semblait lui supposer le pouvoir d'amnistier par une action directe de sa part.
multipliées dans la presse et à la tribune, il n'attrait certainement as pu se tromper si Complètement sur la nature du rôle que j'ai joué dans la question d'Amnistie; il aurait évité les accusations injustes qu’il formule dans ce treiziñme paragraphe de sa dépêche ; .\ aurait eq à Lord Carnarvon les erreursque ce dernier com met dans le septième paragraphe de sa réponse, et ni l’un m l’autre n'aurait eu le regret qu'ils ont dû éprouver en me supposant des prétentions aussi ridicules, que celles que Leurs Seigneuries m'at trnbuent.
Je n'ai jamais demandé l’Amnistie, en faisant valoir que je me suis renru à la Riviere Rouge comme plémipotentiaire. Je n'ai jamais cru que ma mission ou mes pouvoirs avaient une nature ou une étendue autres, que ceux confiés uux messieurs, qui m'avaient précédés. Je n'ai jamais prétendu que de moi mème je pouvais promulquer un pardon au nom de la Reine. Encore moins ai je cru que je pouvais effacer proprio motu une condition essentielle dans la Proclamation Rcyale. J'ose prier Lord Dufferin, et si ma voix pouvait arriver jusqu à Lord Carnarvon, je le prierais aussi de vouloir bien apprendre de moi méme ce que j'ai toujours pensé et dit de la nature de la mission,
ue j'ai accomplie à la Rivière Rouge. Si Leurs Seigueuries me out l’honneur et la justice de lire les lignes suivantes, Elles se convaincront, j'en suis certain, que mes pensées à cet égard sont bien différentes de celies qu’on me suppose. Loin de me croire un ‘ plénipotentiaire,” je ne me suis jamais regardé que comme un bumble sujet de Sa Majesté, à qui un officier impérial avait confié le soin de porter un message de paix et de conciliation à une popu lation, qui avait confiance en moi. Loin de penser à retrancher quoique ce fut à ce message, je savais que j'avais si peu d’autorit* que je le livrai à ceux qu'il concernait, sans même tenir compte de ce qui s'était passé, avant mon arrivée au milieu d'eux. Ce message, on me l'avait confié sans mentionner de limitation m1 de restriction. Je ne crus pas pouvoir en mettre moi-même. MJ’avais ordre de voir les chefs, je les vis ; je devais les assurer des intentions généreuses et libérales du Gouvernement Impérial et Canañien. je le fis; me servant, autant que ma mémoirre me le permett: ., des expressions mêmes de ceux, qui m'avaient envoyé. Je n'ai 1.en fait ui rien dit qu’on ne m’ait dit de faire ou de dire. Si je m'étais cru un “ plénipotentiaire,” j'aurais peut-être pris sur moi de modifier quelque chose par suite des événements. Je ne le fis pas, parce que Je savais que je n'avais pas d'autorité. Je devais conférer avec MM. Thi- A de Salaberry, Smith et McTavish. M. Smith quittait le pays; je ne pouvais je retenir; les trois autres y restèrent plus ou moins longtemps. Je conférai souvent avec eux; tout ce que j'ai fait, ils l'ont appronvé ; et pour me rendre au désir de Son Excellence, tel qu’exprimé par M. Howe, “ je coopérait avec eux dans
Gr op eut “M 5 out
DES rod »
& Jeurs effurts intelligents pour assurer une solution paisible anx diffi- & cullés du Nord-Ouest,” et cette solution pacifique a été abtenue. Mais on ignorait à Ott:wa la mort de Scott! Il est vrai. On ignorait aussi le 6 aecembre que soixante sujeis britanniques seraient plus tard arrêtés et tenus Captifs au Fort Garry. Get incident, quelque grave qu'il fût, étail connu PEN le 16 février, lorsqu'on me donna des instruc*ions, mais il ne changea rien aux intentions paci fiyues. qu'on m'expr.ma, et il est évideut qu'il u’inspira’ aucune restriction nouvelle à cette Proclamation Gu 6 décembre, non plus qu'au commentaire qu’on m'en fit. Les points que l'on m'indiquait comme essentiels étaient l'allégeance à la Couronne d'Angleterre et l'acceptation, à des conditions équitables, du transfert du pays à la Puissance du Canada, si tel était «e bou plaisir de Sa Majesté. Il est vrai que la Dépêche semble ne vouloir tenir aucun compte des couversations. J’avouerai ingénuement que j'étais trop peu homme d'Etat pour croi.e que la parole des hommes d'Etat nesignifie rien, quand elle n’est point sur le papier. d’ignorais qu'après m'en avoir dit assez pour que Lord Lisg.r pût m'éerire le 16 février: ‘ Vous “êtes pleinement au courant des vues de mon gouvernement.” Je ne devais tenir aucan compte de toutes ces instructions et explications données de vive voix, et que tout ce qui n’était pas écrit ne devait uécessairement avoir aucun poids. Mais dans ce cas, pourquoi donner à des 1estrictions, qui n'étaient ni écrites, ni mentionnées de vive voix, une valeur que l’on refuse à des asseruons, qui, elles au moins, étaient affirmées dans des conversations.
Il me répugne trop de croire que l’on a profité de ma bonne foi et de mon inexpérisuce en diplomatie pour me tromper, pour faire de moi un instrument dont l’action serait acceptée ou répudiée suivant les exigences de la politique. On n'informa des instruc ions particulières que le Gouverneur Général avait reçues directement d'Angleterre pour lui permettre d'agir von-seulement comme Gouverneur Constitutioiüasel du Canada, mais bien comme Représentant spécial du Gouvernement de Sa Majesté; sutre le telégramme du Comte Granville, qui avail inspiré la Proclamatiou cu 6 décembre, on me fit connaître nne dépêche dun Très-Honorable Secrétaire, en date du 8 janvier 18%0, où on lit: “ Je remarque ayec ‘ heaucoup de satisfaction le v'f désir, manifesté par le Gouverne: “ ment Canadien d'éviter toute collision avec les insurgés de la “ Rivière Rouge, ct d’épuiser tous les moyens d'explicatios et de conci- & Jiation, avant d'en venir d la foree.”
En arrivant à Fort Garry, je fis connaître ce que l’on m'avait communiqué à Ottawa, el j'écrivis tont de suile à Ottawa ce que je irouvai à Fort Garry en y arrivant. Siles autorités ne m'avaient donné la direction r:çue, que parcequ'elles ignoraiént ce qui s'était nassé à là Rivière Rouge, pourquoi en apprenant le déplorable
évènement de la mort de l’infortuué Scott, ont elles évité systéma. tiquement de me dire un seul mot, qui pût modifiér l'impression, qu'on savait avoir été sroduite sur moi à Ottawa 2 Si j'avais eu tort de dire qu'en m'avait chargé de donner l'assurarice du pardon, pourquoi, je le répète, lorsque le 7 Mai je priais officiellement M. Howe d'informer Son Excellence en Conseil que je continuais de déclarer en public et en particulier, que les intentions des autorités n’élait puint changées a l'article du pardon. pourquoi ces autorités ne m'avertissaient-elles pas que je m'étais trompé ; que les circons tances étaiènt changées ; que la mort de Scott excluait du pardon ceux qui y avaient participé ? Loin d'accomplir ce simple acte de justice à inon égard, on me laisse sous la même impression et, comme pour m'encourager à continuer les mêmes promesses, l’'Honorable Secrétaire d'Etat pour la Province m'écrit ofliciellement le 27 Mai. ‘ Son Excellence le Gouverneur-Général reconnait ‘“ hautement les efforts, que vous avez faits dans lintérét de la jaix “et de la conciliation.” Puis le 4 juillet il dit encore :. ‘ je n'ai pas besoin de vous assurer que vos efforts aussi zélés que pr''cieus ont ète dûment appréciés..….…..de comte ‘que............…...vous ne vous sentirez pas disposé à ralentir vos efforts ”
Si ce qui précède ne signifie rien, dans le sens de l’Amnistie,l signifie certainemeat qu'on à pas eu à mon égard le dégré de bonne foi que j'aieu, moi, dans toute cette affaire, et qu'on s’est joué de moi indignement. On savait le 27 Mai que Scott étai mort, on savait que j'avais assuré les Métis de la Rivière Rouge el leurs chefs que, dans ma pensé le pardon promis par le Gouverneur- Géneral agissant au nom de Sa Majesté, serait accordé ; on savait que cette promesse Contribuait à la pacitication du pays ; on saviut qu’une deception à cet égard serait d'autant pins cruelle qu'elle serait plus iongtemps différée ; tout cela on le savait ; je l'avais écrit et mes lettres avaient été reçues. Quel abus les autorites n'ont elles pas fait de ma confiance, en me félicitant de la hgne de conduite, que j'avais adoptée, si en réalité elles la blomaient ?
M. Howe a bien su m'avertir tout de suite, lorsque je l'informai que j'avais fait des proraesses spéciales, au nor du Gouvernement du Canadu, pourquoi ne in’avertissait il pas que j'avais aussi iual interprète les intentions des Autorilés Impériales ?
Pourquoi mes lettres officielles du mois de Mai ainsi que celles qui les ont précédées, n’ont elles pas été conserves où enrégistrées, aw Département du Secrétaire d'Etat pour les Provinces ? Pourquoi ne sott-elles pas mencionnées, lorsqu'on parle de mes prétentions à une Amnistie? La haute dignité des illustres per sonnages, qui ont les secrets de l'Etat les met à l'abri des sonpeons, mais il n'en est pas moins pénible pour moi, après cinq années d'attente, de m'enténdre dire que j'ai assumé ds pouvoirs de
‘ Plénipotentiaire,” lorsque, en réalité, je n'ai fait que transmettre un message tel qu'il m'avait été confié, et de telle manière, que je reçus les felicitations de ceux mêmes qui me l'avait remis. Volontiers j'accepterais le reproche de ne pas avoir fait les cnoses en contor nité aux règles et aux usages reconnus par les diplomates ; et dans ce cat, je me permettrai d'ajouter que s'l s'agissait d'un touraoi en diplomatie ce n’est pas à un Missionnaire, qui avait passé sa vie dans les déserts du Nord-Ouest, qu’on aurait dû s'adresser. D'’ailleurs, l'habilité de ceux qui ont conduit toute cette atfaire du Nord- Ouest, n’esi pas telle qu’on ait le droit aujourd’hui de faire tomber sur moi seul la responsabilité, de ce qui reste à résoudre, dans ces difficultés. Si j'avais pris sur moi de ne pas remplir la mission que javais acceptée, j'aurais certainement empêché la concihation ; j'aurais indubitablement attiré d’affreux malhears sur le pays. Je suis convaincu aujourd'hui comme alcrs que j'aurais trahi la confance qu’on m'’avaii témoignée. Au lieu de la paix, nous aurions eu la guerre; au lieu de la soumission, la révolte ; au lieu de l'acquisition tranquille du pays, une lutte, dont il étaii difficile de prévoir la durée et les conséquences. Je sais que mes craintes peuveut paraître chimériques, à ceux qui igncrent la véritable situation de la Riviëre Rouge, au mois de Mars, 1870. Certains hommes de guerre traitent mes idées à cet égard tout comme cer tains hommes d’état traitaient mes vues sur la politique du Nord- Ouest, avant que des difficultes y éclatassent. (Cinq années d'inquiétude et de troubles, accompagnés d’un maiaise immense, «ans toute l'étendue de la Confédération Canadienne, ne disent que trop aue la connaissance des lieux et des choses supplée quelquefois à la science politique. Sile message que Jj'apportais à la Rivière Fouge, au mois de mars 1870, n’avait pas été transmis tel que je l'avais reçu, on aurait eu quelque chose de bien plus pénible que la question d’Amnistie à régler.
Son Exceller. :e a raison de dire que je n'avais pas plus de pouvoir que Messieurs Thibeault, Smith et de Salabe:ry ; mais elle fait erreur en croyant que j'ai assumé une plus grande autorité que ces Messieurs. Sans prétendre à autant de pouvoir que celui qui était commissaire officiel, par lettres patentes sous le grand sceau, je suis convaincu que je n'aurais pas rencontré les vues de Son Excellence Lord Lisgar si, au lieu de faire ce que j'ai fait, en arrivant à Fort Garry, je m'étais dit à moi-même et avais dit aux autres : ‘J'avais un message de paix et de conciliation, j'avais l'assurance du par- “ don, mais la situation est changée, je ne puis donc pas faire con- “naître ce que je devais dire ; je m'en retourne en toute hâte à “: Ottawa, afin d’avertir le Gouverneur-Général et Ses Ministres, “qu'ils n’ont pas pensé ou n’ont pas voulu écrire ce qu’ils m'ont « dit, et que ce qu’ils ont écrit n’est pas identique à la situation
‘actuelle. Je me lave les mains de toute cette affaire ; tant pis * pour eux si, à mon arrivée, ils sont obligés de répéter la dépêche ‘“ télégraphiée par Sir John Young au Comte Granville, le 4 avril «1870: N.… est arrivé ici du Fort Garry apportant de mauvaises ‘’ nouvelles... Il est Lien clair que Riel ne cèdera qu’à la force. ‘ Les choses ont, selon moi un bien mauvais aspecl.”?
Je comprends facilement que Son Excellence attache une grande importance à la condition d’'Aruistie, exprimée par Sir John À. MacDonald, dans la lettre qu'il m'’écrivit le 16 février: ‘Si la ‘“ question s'élevait relativement à la consommation des magasins “ ou effets appartenant à la Compagnie de la Baie d'Hudson par les ‘“ insurgés, vous êtes autorisé à informer les chefs que, si le Gou- ‘“ vernement de la Compagnie est rétabli, non seulement une amnis- ‘ tie générale sera accordée, mais que, dans le cas où la Compagnie reclamérait le paiement de ces magasins, le Gouvernement ‘ Canadien s’interposera entre les insurgés et tout dommage.”
Si l'explication de cette phrase m'avait été donnée alors, comme elle a été fournie par son auteur, devant le Comité du Nord-Ouest, (Rép., page 101), il me semble que je l'aurais comprise alors comme aujourd'hui, et cependant j'ai compris bien différemment.
Le Premier Ministre d'Ottawa commença par me p'omettre l’Amuistie de vive voix et sans condition ; puis, quand je lui parlai d'indemnités pour les pertes subies, il exprima, comme &'autres de ses collègues me lavaient fait avant, le doute de ia complicité de l'honorable Compagnie de la Raie d'Hudson, dans toute la difficulté du Nord-Ouest et la nécessité de ne promettre d’inûemnité pécu niaire qu'à une condition, qui la forcerait au rétablissement de sa propre autorité, comme moyen d'effectuer paisiblement le transfert de son terrioire au Gouvernement du Canada. La lettre fut écrite et remise après ces explications, qui peuvent ne signifier rien pour ceux qui ne les ont pas entendues, mais qui, pour moi, signifiaient nécessairement quelque chose; c'est-à-dire que la condition exprimée dans la lettre avait irait à l'indemnité pécuniaire et non pas à l'Amnistie, laquelle était promise, elle, sans condition, et qu'en définitive l’une et l’autre seraient sauvegardées, pourvu que le transfert s’effectuât sans résistance ; ce qui, aux yeux des Ministres Canadiens, semblait le point essentiel.
‘Avant mon arrivée à Fort Garry, le Gouvernement de la Comagnie de la Baie d'Hudson avait cessé d'exister, le Gouvernement rovisoire avait été consolidé du consentement même de l'Houora.
ble William MacTavish. ex Gouverneur. Ce Gouverne nent Provisoire, qu'on le qualifie comm on voudra, était reconnu par tonte la population; le Commissaire officiel canadien, pour éviter de pins grands malheurs, avait travaillé à sa consolidation: les delégués officieux, Messieurs Thibeault et de Salaberry, pour les ruêmes
raisons, en asaient fait autant; pouvais je, mor, arrivé le dernier et sans aulorié me mettre en opposition à ceux qui m’avaient précédé, et à qui j'avais ordre de ‘prêter mon concours ?” Devais-je tra vailler à une nouvelle révolution ? Pouvius je consciencieusemient me reufermer dans une abstention. dont la stérililé aurait été eucore plis désastreuse que les tentatives violentes faites jus que-là7 Au risque de nouvelles complications-et contrairement à l'avis de ceux, qu'on m'avait dit de consulter, devais-je différer de faire connaitre les intentions des autorités, qui m'avaient ap{elé en loute hâte de Rome? Nous n'avions ni télégraphe, ni courrier régulier, ni possibilité d’avoir des nouvelles d'Ottawa avant six ou sept semaines ; le printemps approchait avec le danger d’une invasion de l'étranger. Mon arrivée etait attendue comme l’époque définitive des déterminations à prendre Si les nouvelles que j'apportais étaieut de nature à satisfaire ou à donner de légitimes espérances, les Délégués devaient partir et aller négocier les arrangements à conciure avec le Canada, si au contraire lés nouvelles 1l'étaient pas satisfaisautes, c’en était fait de tout arrangement avec le Gouvernement Canadien, et on prenait les moyens de lui résister énergiquement.
Toutes les propriétés de la Compagnie de la Baie d'Hudson, toutes £es fourrures, marchandises, armes et munitions étaient entre les mains du Gouvernement Provisoire ; la population entière pouvait être rançonnée et entraînée nolens volens dans une lutte criminelle, sans doute, mais par cela même plus regrettable. Les sauvages avaient une attitude menaçante. Des Féniens et des volon: taires américains solhcitaient la permission de venir prêter main. forte. Il n'y avait pas de temps à perdre. Messieurs Thibeault, MacTavish et de Salaberry pensaient comme moi, et bien d’autres pensaient comme nous; avec cela, on prétend que mti, simple messager d’une bonne nouvelle, simple envoyé pour ure mission de bienveillance, je devais me taire, je devais cacher le message qui seul pouvait nous sauver de la ruine! Moi, sans antorité, aurais-je pu prendre l'autorité de décider que, puisque le Gouver. nement de la Compagnie de la Baie d'Hudson ne pouvait pas être rétabli, tout ce qu’on m'avait dit à Ottawa tombait à néant et devait être tü par moi, qui avais accepté la responsabilité de venir le dire à la Rivière Rouge? Telle n’était pas certainement l'intention de ceux qui m’avaient envoyé.
Je ne crois pas qu'il me fût possible d'agir autrement que je ne l’ai fait. Ils sont nombreux ei variés les désagréments que cotte question d'Amnistie m'a attirés, néanmoins, après cinq années de réflexions, je suis plus que jamais convaincu que j'ai fait mon devoir, qu’au lieu d’abuser de la confiance que l’on m'avait témoignée, je suis au contraire entré entièrement dans les vues qu'on
m'avait dit ètre celles du Gouvernement Impérial, q'ri voulait faire + épuiser tous les moyens d'explication et de conciliation avant ‘ d’eu venir à la force.” Comment pouvais je penser que ces vues étaient changees et que les conditions dont on parle avaient pius de portée qu'on ne m'avait dit, lorsque le 22 mars, Sir F. Rogers écri vait ofhciellement : * Les troupes ne doivent pas être employées à. ii imposer la souveraineté du Canada à la population de la ‘ Rivière Rouge, si celte dernière refuse de l’admettre.”
En parlant du mouvement que les Féniens tentèrent au mois d'octobre 1851, le Lientenant-Gouverneur de Manitoba ne craint pas de dire: ‘ Si la. Confédération a maintenant uae* Province à + défendre, au heu d’avoir à la conquérir, cela est dù à la politique ‘“ de modération.” Qu'au lise le témoignege de l’Honorable M. Archibald, et lon pourra se convaincre facilement que la “ politique de modération” de son Gouvernement équivaut à l'Ammistie pratique.
Lord Dufferin, dans sa dépêche, hésite à répudier les avancés de l’ex Lieutenant Gouverneur de Manitoba, auiourd'hui Lieutenant-Gouverneur de la Nouvelle Ecosse, dont il falt un bel éloge. Je me range très-volontiers de l'avis dé Son Excellence, et je sus de ceux qui pensent que la modération de M. Archibald a été inspirée par sa sagesse, et que l’une et l’autre ont écarté de la Province de Maritoba de nouvelles complications, qu'il était de son devoir de prévenir. Au mois d'octobre 1871, les autorités avaient la paisi ble possession de Manitoba ; en trois jours, elles pouvaient mettre sur pied plus de mille hommes, dont plusieurs centaines éiaient ou avaient été soldats, et on pouvait les faire commander par des hommes expérimentés ; un avait des armes et des munitions en quantité ; l'artillerie du Fort Garry était aussi au service de ces mêmes autorités, et cependant le Lieutenant Gouverneur ne craint pas d'affirmer qu'ii lui a fallu faire des promesses et donner des assurances pour ‘“ conserver à la Confédération Canadienne la Pro ‘ vince qu'on avait confiée à son Gouvernemeut. Je pense qu'il n’est pas nécessaire d’argumenter longtemps pour prouver qu’au mois de mars 1870, la situation était incomparablement plus péril. leuse, au point de vue des intérêts impériaux et canadiens, et que puisqu'on ne pouvait écarter la guerre que par la transmission des
romesses qu’on m'avait confiées, j'aurais été grandemeut repré- Denaible en ne les transmettant pas. De jennes officiers de r’armée impériale ont compris mon action dans toute cette affaire ; ils m'en ont voulu et ont écriigontre moi, parce qu’ils croyaient que je leur avais fait perdre l’occasion de tremper la pointe de leur épée dans du sang métis et d’orrer leur boutonnière d’un ruban, aux couleurs du Nord Onest Je n'ai pas été tout-à fait insensible aux insultes, que «tte deccplion x inspiré à css officiers se faisant écrivains ; mais
cette fois encore, cédant arma togae, car ce que dit le Comte Dufférin est ce que j'ai lu de plus pénible pour moi sur cette question.
Au paragraphe 16 de sa dépêche, le Très-Honorable Comte Dufferin met en doute l’assertion que j'ai faite, savoir, que des négociations avec les Députés du Nord Ouest ont été le résultat de la promesse d'Amnistie. Pour seule preuve de sa négation, Son Excellence dit ‘ que le peuple du Nord-Ouest avait choisi ses délé- “ gués et avait consenti à traiter avec le Gouvernement du Canada, ‘© quelques semaines avant mon apparition sur la scène.” Une par tie de la vérité n’est pas toute la verité, et puisque Son Excellence ne connaît pas toute la vérité, qu’'Elle me permette de Lui apprendre ce qu'Elle ignore, et Elle regrettera, je n'en” doute pas, de m'avoir donné un démenti public.
Par une résolution passée à l’unanimité, la convention qui siégeait à Fort Garry accepta, le 10 Février, 1870, la proposition qui lui était faite d'envoyer une délégation en Canada, pour conférer avec le Gouvernement de ce pays, sur les affaires du Nord-Ouest.
Le Président du Gouvernement Provisoire ayant été élu. Jési-
gna à la conventicu les personnes qu’il choisissait pour être -“ Délégués du Nord-Ouest,” puis le Secrétaire d'Etat notifia officiellement à ces personnes, le choix, que le Président avait fait d'elles pour cette délégation, voici copie de la lettre adressée à ce sujet à l’un de ceux qui avaient été ainsi choisis, mais qui n'étaient point Délégués puisqu'ils n'avaient point encore accepté de l'être.
Fort Garry, 12 Février, 1870.
Revo. J. RiTcHor, St. Norbert, R. RS.
Révérend Monsieur,
J’ai ordre de vous informer que vous avez élé choisi parle Président des Territoires du Nord Unest, comme co-Commissaire avec John Black et Alfred Scott, Ecuyers, pour traiter avec le Gou:vernement de la Puissance du Canada des conditions d’entrée en confédération. ’
Je suis. Révérend Monsieur, Votre obéissant Servileur, (Signé,} THOMAS, BUNN, Secrétaire.
Il faut remarquer que M. Thomas Bunn n'était pas Secrétaire de lä convention, mais avait été élu par elle, comme Secrétaire
d'Etat du Gouvernement Provisoire. Que l’on qualifie comme l’on voudra ces procédés ; que l’on donne le nom que l'on voudra à ceux ainsi choisis, il en est pas moins vrai que ceux ainsi choisis et nommés x acceplèrent point alors leur mission et que rien ne se fit dans le sens des négociations, entre le jour de leur nomination et le jour de mqn arrivée à St. Boniface. Plus que cela, ‘le mouvement du Portage,” l'arrestation de nouveaux prisonniers et surtout l'exécution de Scott, rendirent plusque problématique la réalisation du projet, accepte par la Convention. Quant au départ des Délégués, je puis atlirmer que j'en sais plus long qus qui que ce soit, puisque ce sont mes instances réilérees dans des conversations particulière
avec eux, qui out déterminé deux des trois, à vaincre leurs répu
gnantes et à accepter la mission délicate qui leur avait été offerte plus d’un mois auparavant, et au sujet de laquelle rien encore n'élait conclu. Messieurs Ritchot et Black n'auraient certainement jamais accepté de partir pour Ottawa, si je n'avais pas pu leur dire.ce que je leur ai communiqué, si je ne leur avais pas montré la lettie, que Sir John MacDonald m'avait écrite, le 16 Février. C’est par mon entreuuse que les Délégués ont reçu l'argent nécessaire à leur voyage. Îl leur fallait des lettres pour les accréditer à Ottawa, des instructions pe ir y négocier. Ces lettres et ces instructious ne furent fournis aux Délégués que le 22 Mars et elles étaient signees par le mêmeSecrétaire d'Etat, Thomas Bunu. Rien de tout cela ne se serait fait; les Délégués n'auraient pas voulu ni r’auraient pu partir, si je n'avais donné présiahlement aux Chefs nu Gouverne ment Provisoire l'assurance d’une Amnistie complète et entière. Ou invoque contre moi le témoignague de M. Smith, qui ne dit rien de tout ceci et qui probablement n’en sait rien, el on répudie mes assertions quoi que je sois Le seul qui ait une connaissance personnelle de ce qui s’est passé. M. Smith, lui-même n’a pu quitier le pays, qu'avec une permission, qui lui aurait été refusée ; à lui, comme aux Délégués, si à man arrivée on r’avait pas été informé des dispositions des autorités, telles que j'avais été chargé de les transmettre.
Le télégramme dejà cité etadressée par SirJohn Young à Lord Granville, le 4 Avril, prouve évidemment que les choses étaient si peu reglées au départ de M. Smith du Fort Garry, qu'on ne s'atteu dait pas à la pacification, puisque le Gouverneur dit : ‘“ Smith est atrivé du Eort Garry.......fl est bien clair que Riel ne cèdera qu’à la force” Cette impression, inspirée par le Commissaire Canadien,
. se modifie bientôt dans l'esprit même de son auteur, par les nou-
velles qui lui arrivent de Fort Garry, après son arrivé à Ottawa, si bien qu’il peut écrire à la fin de son rapport officiel, commenté le 12 Avril, les lignes suivantes : ‘ Il est beauccup plus agréable de “ pouvoir dire, et je le fais avec beaucoup de confiance, qu'une
“ grande majorité du parti français n'entretient aucun douté, quant ‘“ à son union avec le Canada, de concert et sous la conduite de Sa ; Grandeur l’Evèque Taché et autres membres du clergé qui possè 4 ‘ dent sa confiante, ce parti se montrera très-prochainement fidèle ‘ soulisn de la Confédération et ferme dans son allégéance à l'Angleterre.” Ce contrsate outre ces paroles et l'impression donnée à l'urrivée de M. Smith, prouve qu'après le départ de ce dernier du FortGarry. il s’y faisait un travail dont le résultat ne tarda pas à se montrer, el c'est ce résultat même qui détermina le départ des Délégués. Puisque ce contraste s'établit par des dépèches officielles du Prédécesseur du Comte Dufferin et par le rapport de M. Smith, cité par le Noble Comte, il me semble que Son Excellence, avant de ine contredire aurait pu chercher dans ces documents la première de mon assertion, ét elle !’y aurait trouvé assez facilement.
Au paragraphe 27 de la Dépêche, Lord Dufferin dit: ‘ On a ‘voulu établir que ces Délégués étaient nommées par Riel et ‘“ devaient être considérés comme tenant leur commission de son ‘“ Gouvernement. Ceci cependant n'est pas le cas; ils ont été “ choisis et les conditions qu’ils furent charges de démander étaient ‘“ réglées, avant l’élection de Riel à ce qu'on appelle la Présidence.” Comme je suis un de ceux qui ont affirmé ce que la Dépêche nic et que Son Excellence le savait en l’écrivant, je ne l'étonnerai pas en maintenant ce que j'ai déjà dit eten répétant que, sur ce point. je suis mieux in ormé que mon Très Honorable Contradicteur. Les faits, teis que je viens de les relater, prouvent qu'il n'est pas du tout ; certain que les Délégués aient été choisis avant l'élection de M. à Riel à la Présidence. D'un autre côté, Il est vrai que la convention, À avant la dite élection, avait réglé les conditions. qui devaient être demandées au Canada ; mais là ne se borne pas toute la vérité sur cette question. Je prendrai la liberté de répéter que l’idée des al: négotiations telles qu’arrêtées par la convention, avait été abanhi: donnée avant mon arrivée à Fort Garry, qu'on était décidé, que {. dans le cas où on enverrait des Délégués à Ottawa, on leur donneil rait une autre liste dee droits comme base des arguments à conclure. D! Quand les assurances par moi données, eurent déterminé le 4 Gouvernement Provisoire à poursuivre l’idée des négotiations, il | maintient le choix qu'l disait avoir fait lui-même des Délégués. dl Quaud mes instances eurent déterminé les Délégués à accepter | l'invitation, qu'on leur fit de nouveau, d'aller négocier à Ottawa, dl. vint la question des lettres de créance et des instructions à suivre
| Ces lettres de créance, je l’ai dit, ne furent données que le 22 Mars, à part le nom des Délégués, elles étaient les mêmes pour chacun d'eux. Voici une copie de celle adressée à M l'Abbé Ritchot :
Sn het ne En ont bond ny en uen “un es
Monsieur,
Le Président du Gouvernemeut Provisoire d’Assiniboia, en Conseil, vous met par les présentes en autorité et delégation, vous le Révérend J, N. Ritchot, en compagnie de John Black, Ecuyer, et de l’'Honorable A. Scott, afin que vous vous dirigiez à Oltawa, en Canada, et que l’à vous placiez devant le Parlement Canadie la liste qui vous sera confiée avec les présentes ; liste qui contient les conditions et les propositions sous lesquelles le peuple d’Assiniboia consentirait à entrer en confédération avec les autres Province du Canada.
Signée ce vicgt-denxième jour de Mars. en l'an de Notre-Seigneur, mil huit cent soixante-dix.
Par Orüre, (Signé), THOMAS BUNN, Secrétaire d'Etat.
La liste des condiions et des propositions mentionnées dans cette lettre était bien différente de celle, qui avait été préparée par la Convention, comme il est facile de s'en convaincre, par l’examen mème le plus superficiel de ces deux piè es. Les Délégués recurent ces lettres de créance et les instructions qui les accampagnaïent, et promirent d'en farre la base de leurs négociations à Otiawa. Tous ces détails me sont minutieusement connus. quoique l'on ait eu tort de dire que c’est moi-même qui avais préparé cette nouvelle © liste des droits” C’est. le Gouvernement Provisoire seul qui en est l’auteur. J'en ai eu néanmoins convaissance, car les Délégués l'ont discutée Gevant moi. À tort ou a raison, tous les articles de ce document ue rencontraient pas mes idees ; par exemple, la création immédiate d'une Province me paraissait alors prématurée En Février, la convention en avait jugé comme moi et avait repoussé l'idée de M Riel à ce sujet. On ne parlait alors que d’un Territoire et M. Black, lui-même, membre de la Conveutiou, y avait ridiculisé l'idée de demander une Province, avec tout un régime constitntionuel et un gouver:ement responsable, et cependant le même M. Black, comme les autres Délegués, accepta la demande d’une Province et les autres ‘articles de cette nouvelle ‘ liste des droits”? comme la base des néyotiations, qu’il allait s’efforcer de conduire à bonne tin à Ottawa. C'est avec ces documens officiels et nul autre que les Délégués se présentèrent à la capitale Canadienne. C’est en vertu de cette dernière commission qu'ils demandèrent à négocier. Je suis bien certain que M. Ritchot et M. Scott auraient refusé de traiter avec les Ministres Fédéraux, si on ne leur avait pas fait une recep-
tion officielle, dans le sens de leur délégation ; tout en évitant, sur ce sujet, un éclat qui aurait pu compiomettre leur mission ; ils me l'ont trop dit eux-mêmes et d'autres aussi pour que je puisse avoir un doute à cet égard. Je n'ai jamais su par M. Black, qui n'est pas revenu ici, qu’elle attitude il avait prise, mais je n'ai pas le moindre doute que lui aussi a été fidèle aux engagements, qu’il avait con
tractés avant de partir. et ces engagements le liaient certainetnent à l’action, que lui avait dictée le Gouvernement Provisoire.
Come preuve du refus d'Amnistie Lord Dufferin cite la lettre de Sir Clinton Murdock à Sir Frederick Rogers.(Rapport, page 193) : Je m'étonne que Son Excellence n'ait pas vu dans cettwæ lettre que les ‘ stipulations proposées par les Délégués de la Rivière ‘“ Rouge comme conditions d'annexion au Canada sont bien diffé- ‘ rentes de celles dont parle Son Excellence Elle-même.” (Ces nouvelles stipulations, proposées par les Délégués ont été envoyées à Lord Granville par le Gouverneur-Général, elles n'étaient done pas inconnues en hauts lieux, Sir Clinton Murdoch inentionne en substance les points 1, 10, 11 et 19, qu'il regarde comme inadmissibles tout en avouant que les autres n’ont point le même caractère.
Si la lettre de Sir CG Murdoch prouve que l'Amnistie demandée par la 1Jeme clause de cette nouvelle ‘: liste des droits” a été refusée, il est évident que la mème lettre prouve que cette mêine clause a aussi été demandée, et comme cette clause ne se trouve nulle part ailleurs que dans ‘“ la liste des droits,” fournie par le Gouvernement Provisoire, il s’en suit aussi évidemment que cette ‘: liste des droits” elle-même a été prise en considération, par ceux qui négociaient avec les Délégués.
Ce quia donné lieu à bien des erreurs commises à ce sujet c'est que le même nom a été donné à des documents différents.
Outre plusieurs essais inédits. mais quelquefois mentionnés je connais trois ‘listes des droits” (Bill of Rights), rédigées pendant les troubles de la Rivière Rouge.
Premièrement —La première rédigée au mois de novembre 1869, et transmse à l'Honorable William McDougall par le Colonel Dennis, le 2 Décembre. Cette liste se trouve dans ‘ les documents de la session de 1870,” (page 79).
Secondement—La seconde liste fut préparée par la Convention, en Janvier et Février 1870, télégraphiée en substance, par moi, de St. Paul, et fournie ensuite in extenso au Gouvernement d'Ottawa. Elle se trouve comme appendice annexée au Rapport de l'Honora: ble Donald A. Smith dans les ‘documents de la Session 4870 (page 12*10). Cette liste n’a point été remise aux délégués ni présentée par eux aux Ministres Canadiens. M. Ritchot qui n'avait
as été menbre de la Convention, ne connaissait pas cette seconde iste.
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Troisièment.—La troisième ‘Liste des droits,” est exclusivement l'œuvre de l'Exeuiif du Gouvernement Provisoire.
C'est précisément celle qui à été remise aux Délégués le 22 Mars et acceptée par eux, comme base des négociations dont ils sé chargaient. Gette liste est la seule que les Délégués ont présentée à Ottawa, la seule dont ils aient pressé l'acceptation. Dans ses notes écrites à la suite de chaque séance avec les Ministres Cana diens, M. Ritchot montre la relation qu'il y a entre les divers points de cette liste etles concessions correspondantes obtenues. Après tout cele, il n’est impossible d'admettre que les Délégués n'étaient pas commissionnés par le Gouvernement Provisoire et que les conditions, qu'ils devaient demander, élaient réglées avant l'élection de Ruel à la Présidence Je ne m'étonne pas qu’on hésite à accep ter ces faits, car leurs conséquences logiques ont une portée toute ditférerte, de ce qu'on admet facilement sur ce sujet.
Dans sa lettre du 16 Février, Sir John Young reconnait qu: ce que j'ai fait était dans le but de rendre service au Gouvernement de “Sa Majesté et que dès le début Lord Granville était très désireux de & profiter de (Mon) concours si utile” Ces lignes étaient écrites sous l'empire des craintes, qu'inspiraient les troubles de la Rivière Rouge ; aujourd'hui que ces craintes sont dissipées, mon action n'apparait plus au même point de vue. D'après la Depêche, mon patriotisme, dont pourtant on veut bien faire l’éloge, n'a bénificié qu'à mes compatriotes de la Rivière Rouge. Il suffit sans doute à ma conscience d’avoir fait mon devoir ; il peut suffire à mon cœur d'avoir travaillé pour mes compatriotes ; mais il ne devrait pas suffire au sentiment de justice qui distingue Lord Dnfferin pour, en parlant de l’amnistie, atténuer la portée de l’ensemble de ma Mission, afin d'en nier ensuite plus facilement le détail. Un lecteur superficiel peut voir un éloge à mon adresse dans ce 16ième paragraphe de la Dépêche du Gouverneur Général, pour moi, j'y vois autre chose. Tous les mots de cette Dépêche ont certainement été pesés par l’homme éminent, qui l’a écrite, toute la portée. en a été calculée et ce n’est pas à Lord Dufferin qu'il est nécessaire de dire qu'elle différence il y a pour l'oreille, l'esprit et le cœur d’un homme. d'Etat anglais entre la proposi ion suivante :
&“ Le patriolssme désintéressé d'un Evéque Catholique l'a porté à & s'imposer des sacrifices, des privations ct des faliques, pour ses compapatriotes de la Rivière Rouge.
Et cette autre qui est également vraie :
4 Le méme évéque a fait la même chose, pour rendre service au jou: wernement de Sa Majesté, suivant les désirs du Ministre des Colonies.”
Je prie: le: lecteur de vouloir bien croire que je ne parlé pas ainsi pour méndier l'éloge de ma conduite, mais simplement pour réclamer justice, en faveur de ceux qui ont ajouté foi à ma parole.
repense
== — DE ns dirt et TZ
DR DR pe
Le 17e paragraphe de la : dépèche ” parle d'une lettre rrivée de Sir G. E. Cartier En thèse générale, il est évident que Sou Excellence a raison, Cependant, Ja force de son argument diminue, quand on se souvient que Sir G, E. Cartier avail été choisi officiellement par ses collègues. pour négocier les affaires du Nord- Ouest, conjointement .avec Sir John A. MacDonald; que depuis la maladie de ce dernier, Sir George était le loeum tenens du premier Ministre et le seul, avec lequel il était devenu possible d'entrer en pour-parler sur ce sujet, puisque p#mdant l'été de 1870, le Gouverneur-Genéral et sus Ministres nous référaient à Sir George comme personnellement chargé de cette affaire. Quant à l'interprétation de la lettre elle-même, il est évident pour moique, si Son Excellence avait entendu le commentaire qui m'en était fait par l'auteur, même avant que J'eusse reçu la lettre, Elle trouverait que cette lettre comporte l'interprétation, que je lui ai éonnée. 11 m'est impossible de me croire assez obtus pour avoir tout entendu et tout jugé, d'une manière s1 diamétrale opposée à ce que l’on voulaitdire, à ce que les actes signifiaient,
Si dans ces circonstances, les conversations, les lettres privées et confidentielles d’un ou de plusieurs ministres de la Couronne n'ont aucune portée, pourquoi le Comité du Nord Ouest m'atil forcé, au non du Parlement, à divulguer ces conversations et ces lettres privées ?
La chose qui m'a été la plus pémble, en rendant mon témoignage devant le Comité du Nord-Ouest, ça été de revéler des secrets et des confidences, ça été de paraitre manquer ainsi à la confiance, qu'on avait reposée en moi. Si l'opinion de Son Excellence sur la non-valeur des conversations et des lettres privées m'avait été connue, il est probable que le Sergent d'armes de la Chambre des Communes aurait eu le trouble de me prendre sous sa garde. D'un côté on me force à des révélations, qui répugnent à toutes mes nolions de délicatesse et de relations sociales. et d’un autre côté, on affirme que toutes ces révélations, quelles qu'elles soient, n'ont aucune portée ou valeur réelle.
Le paragraphe 24e de la Dépêche fait allusion à mon entrevue avec Lord Lisgar à Niagara le 23 juillet, J'aurais aimé à n'être plus forcé à parler d'un incident, si pénible pour moi et s1 humiliant pour d’autres. Sir George E. Cartier m'assura à Montréal le 15 Juillet que javais eu raison. d'agir et de parler comme j'avais fait à Fort Garry ; que le Gouverneur Général m'en était reconnaissant : puis, il insista pour que je fisse avec lui et M. Archibald, le voyage de Niagara, afin de voir Son Excellence qui me répéterait les assurances déjà données et serait bien aise d’avoir de moi personnellement les détails sur la solution pacifique des troubles de la Rivière Rouge. Je refusai d'abord péremptoi-
rement de me rendre à cette invitation ; de pressantes sollicitations déterminèrent ensuile mon assentiment, Je partis de Montréal le handi, 18 Juillet ; le 20, après midi, le bateau sur lequel nous étions, toucha à Kingston. Sir George y fut informé qu’on lui préparait une démonsiration hostile à son asrivée à Toronto, parcequ'il voyageait avec le ‘‘traitor Bishop 'Taché" On peut. facilement soupçon ner quelle impression me fit une nouvelle de ce genre. Suns redouter pour moi personnellement des insultes. qui m'inspiratent un si profond mépris, je ne voulais pas être pour mes compagnons de voyage une cause de désagrément, J'offris tort de suite de retour: ner à Montréal : Sir George ne voulut pas y consentir. Il futconveuu que Je débarquerais à Oswego, que j'irais jusqu’à Buffalo pour venir rejoindre Sir George à Niagara. le samedi 238, et là voir Son Excellence. Ce programme fut suivi à la lettre, malgré l'immense humiliation que j'éprouvais à la pensée que moi, sujet anglais, Canadien de naissanse et de cœur, que moi, qui venais de remplir consciencieusement une mission, que m'avait confiée le Réprésentant de ma Souveraine, j'étais obligé de débarquer sur a lerre élrangère, parce que ma compagnie exposait un mimstre de la Couronnne à recevoir les insultes d’une populace, excitée pur des hommes, que la société met à sa tête. Oui. je fus si profondément humilié, que, si j'avais suivi mou inclination, j'aurais télégraphié : Toronto et m'y serais rendu de suite pour donner aux auteurs de ces indignités A chance de réaliser leur projet A Buffalo, j'ens tout le loisir de lire ies articles de la Presse Américaine sur “lindignalion meeting” tenu à Toronto à mon occasion, les violents discou”s qui s’y prononcèrent, etc., etc., etc. Si j'avais fait connai. tre aux feuilles publiques de vos voisins, par quel coucours de circonstances je me trouvais à Buffalo, il est facile de comprendre combien la loyauté et la liberté, tant vantées des Sujets Anglais, eur auraient parues mal sauvegardées, dans la plus populeuse Province de la Confédération Canadienne. Je gardai le silence alors et je ne l'aurais jamais rompu, si je n’y avais pas été forcé. Le samedi. 23 juillet, j'arrivai à Clifton-House, Niagara, pour voir Son Excellence, et cela, qu’on le remarque bien, aux sollicitations réilérées de celui, qui alors tenait heu de Premier Ministre. dJ'ignore jusqu'aux premiers rudiments du Code des diplomates, mais si la 1éception, que. me ft tout d'abord Lord Lisgar, est ce que veut la diplomatie, je souhaite ne devenir jamais expert en cet art.
Dans un langage très peu flatteur pour le courage de Son Excellence, Sir G. E. Cartier me fit connaître la répugnance que le Gouverneur témoignait à me voir, après l'agitation manifestée à Toronto. Je voulus absolument me retirer, car cette “ senille pusil lanimité,” dans la personne du Représentant d:lautorité souveraine me parut encore À pe étonnante que les démonstrations hostiles du
peuple. Sir George était visibleinent affecté, Pour ne pas augmenter sa peine, je cor'sentis à voir le Gouverneur. Quand l'invitation m'en fut faite, :e me rendis aux appartements qu'occupait Sou Excellence, et qu -lle ne fut pas ma surprise de rencontrer le Go’:
verneur lui-même «u seuil de sa porte, les deux bras élevés, les deui mains en avant, en signe de répulsion, la voix émue et me disart: “Je suppose que vous n'êtes pas ici pou: parler politique, “Je ne puis point parler politique avec vous.” Jobservai respectueusement à Son Excellence que le voyage de Niagara ne s'était fait qu'à la suggestion de Sir Georg, qui naturellement devait l'avoir informé du but de ma démarche, et j'offris de me retirer. Invité, au contraire, à entrer et à m'asseoir, je lc fis, en proie au double sentiment du respect, que je devais au Représentant de ma Souveraiñe, et de la surprise que me causait une pareille réception dans dc pareilles circonstances Aujourd’hui, j'ose prendre læ liberté de combattre quelques-unes des assertions de Lord Dufferin, mais je le fais avec la conviction qu’il ne m'aurait pas traité, lui, comme l'a fait son prédécesseur. Car, enfin, c’est le Gouvernement de Lord Lisgar qui m'avait demandé de Rome, c'est une lettre autographe de Son Excellence qui, le 16 février, me remerciait de ce que je faisais pour le Gouvernement de Sa Majesté. J'apportais l'assurance que l'œuvre de pacification à laquelle on m'avait associé était com
complétée ; un Ministre de la Couronne m'avait comme forcé à un
voyage qui me répugnait; ce Ministre avait eté insullé à mon occasion ; j'avais été moi-même, par délicatesse pour mon compa-
gnon de voyage, forcé à chercher refuge sur la terre étrangère. Il me semble que dans des circonstances pareilles j'avais droit d’attendre une autre réception de Lord Lisgard. C'est dans cette entrevue que Son Excellence, sans me faire de-nouvelles promesses, me laissa dans la conviction que les ancieunes n'avaient, point été rétractées, puisque quand je lui parlai de l’Amnistie en favaur de ceux, à qui cn la refuse aujourd'hui, il me montra sa Froclamatiou, en ajontant: ‘ Z{ covers the whole sase” (elle obvie à vonte la difficuité,). puis insista pour que conférasse de nouveau avec Sir George, comm connaissant toute sa pensée ; et Sir George me répéta ensuite ce qu’il m'avait ‘1éjà dit que l’amnistue était certaine etqueij'avais bien fait de la promettre,
Si vraiment j'étais dans l'erreur, je, ne crains, pas. de répéter: qu'on était tenu en honneur et en justice de me .e dire. Sialors Son. Excellence ou Son Ministre m'avait averti: que je m'étais trompé, en promettant l'amnistie telle que je la leur indiquais, j'aurais été le premier à le reconnaître et à l'avuuer: franchement, anx intéres- sés; et si, ensuite, J'avais cru devo:r demander l’amnistie, au lieu * de la réclamer er vertu d’une promesse, j'aurais fait valoir d’autres moifs, et nous n’aurions pas eu toute l’agitation, que cette question. a soulevée.
Je ne quitta l'appartement de Lord Lisgar que pour faire place à l'Honorable Adams George Archibald, qui y fut immédiatement assermenté, comme Lieutenant Gouverneur de la nouvelle Province de Mauitcba. Je prie le lecteur de lire les pages 134 et 135 du Rap port du Comté du Nord Ouést, et de se dire ensuite s'il est vraisemblable, s'il est possible que, dans le cas où la promesse d’amnistie transmise par moi n’ourait pas été certaine, on aurait pu asserme:l ter le Lieutenant Gouverneur de Manitoba et le laisser dans l'iznorance où Son Honneur assure avoir êté laissé par le Gouverneur et son Gouvernement. Comment concilier les assertions suivantes de M. Archibald ?...…. ‘“ L'Evèque Taché m'a cit à Montréal qu'une amnistie avait ete promise... , à Niagara j'appns de Sir John Young que l'Fvèque lui en avait parlé... Je ne me suis pas enquis de l’exactitude de l’assertion de l'Evèque Taché au sujet de l’amnistie, et les membres du Gouvernement ne m'en ont rien dit.” N'estil pas étrange que le Gouverneur-Général assermente son Lieuienant, que tous deux sachentet se disent que j’affirme que l'amnistie a été promise, etque le subalterne n’apprenñe pas de son supérieur que cette assurance que je donne est inexacte, et cela pendant que les Previnces de Manitoba, d'Ontario et de Québec agitent cette question, dans la presse et les assemblées publiques? C'est dans Ontario qu’en y assermente l'Houorable M. Archibald et on l’asser mente comme Lieutenant Gouverneur de Manitoba ; le seul ministre présent est de Québec, on ne mentionns même pas la mort de Svott, on n'entre dans aucun détail sur les troubles da Nord-Ouest, et on ne donne aucune instruction sur l’amnistie dont il est parlé, au point que le Lientenant-Gouvernenr affirme ce qui suit dans sa déposition ; ‘J'ai aussi fait part à l'Evêque de mon impression que “ dans les circonstances, la conclusion logique à tirer semblait être “ qu'il fallait qu'il y eût une amnistie.” Ce témoignage de l’'Honorable Adams Gecrge Archibald peut faire comprendre facilement qu'il m'était bien difficile à moi, de voir une négation de là promes. se d'amnistie, dans ée qu'on m'a dit où refusé de me diré à Niagara. -
Ayant pris la liberté de combattre certaines assertions de Lord Dufférin, comme contraires à l'exactitude dés faits ei à lu situation véritable dans laquelle je me suis trouvé, je n'ai pas besoin d’ajouter que je on comine également inexactés et injustes les affirmutions de Lord Cernavon, telles qu’exprimées au 7mé paragra phe de sa réponse. Les suppositions du Très Honoïables Secrétaire por les Colonies son si manifestement opposées à tout cé que je pense, moi, que je ne puis taire l’étunnément qu’éllés me causent.
Lord Duffarin dit au paragraphe 38me : “ Une portion con- # sidérable de la population d'Ontario se révolte à l'idée qu’un “ Archévêque Catholique se soit arrogé le pouvoir de pardonner.”
Jecomprends celte ignorance du peuple d'Ontario, en face de la violence des discours et desécrits, qui malheureusement ont fausse l’oprnion publique dans cette province, où, comme on la dit..on a fait de la mort de l'infortuné Scott ‘un ballon politique.” Mais que le ‘Très Honorable Serrétaire pour les Colonies se fasse, de l'autre côté de l'Atlantique, l'écho de ce que l’on affirme faussemert de ce côté ci, voilà qui m'étonne et me peine extrèmement. Je ne saurais donc trop répéter que je n'ai jamais cru que la Cor rouue ou qui que ce soit m'avait délégué ‘ comme à un pléuipo tentiaire un pouvoir de pardonner des crimes quelque fut leur atrccité.”
De tout ce qui a été dit par ceux qui m'ont aitaqué dans Onta rio, il n’y a de vrai que le caractère sacré qu'ils me reconnaissent. Je suis un Aarchevéque Catholique. Al n'y a que trop de gens aux yeux de qui ce titre justifie les plus injustes attaques. Quelle humiliation, si ce phénomène pouvait se reprobuire jusque dans les hautes sphères sociales ! On savait que j'étais Evèque, lorsqu'on m'a prié de venir de Rome, je crois même qu’on ne m'a demandé qu'à cause dc cela. et c'est certainement dans une large proportion la raison du succès, que j'ai obtenu à la Rivière Rouge. Quelle injustice, si on allait aujourd’hui répudier mon:action parce que je suis un Archevêque Catholige. J'ai toutes les raisons du monde de croire que telles ne sont pas les idées de Lord Dufferin et pour tant, je re puis m'empêcher de regretter qu il ait présenté la chose sous celte forme au Très Honorable Secrétaire des Colonies.
Les Comtes Dafferin et Carzarvon sont certainement plus en mesure que moi de connailre ce qui neut constitutionnellement “engager la Couronne, mais j'ai droit à ce que leurs Seigneuries ne m'atiribuent pas, pour tirer les conclusions qui leur paraissent convenables, une attitude que je n'ai jainais prise, etdes prétentions que je n’ai jamais eues ; et ce, lors même que d’autres-commettent cette erreur.
Pendant plusieurs années, j'ai affirmé que j'avais été chargé de vcrcer l'assurance de l’amnistie, les assertions les plus positives et le: rlus explicites de ma part, n’ont jamais pu provoquer une négation de ce qui m'a été dit d moi méme personnellement. Après cinq ans, apres que ceux qui se sont servi de moi, ont disparu de la scèus politique, ou même de la scène du monde, d’autres viennent me présenter au, public, sous l’aspect ridicule. de quelqu'un qui s’est cru plénipotentiaire. avec mission de pardonner politiquement las crimes les plus odieux. |
Par dévouement à ma souveraine, dans l'intérêt de mon pays, j'ai accepté une mission, que les autorités reconnaissaient être importante et difficile. Gelte mission, je l'ai accomplie au meilleur de ma connaissance. Elle a réussi. Comme peuple. les Métis de
la Rivière Rouge ont été fideles à leurs engagements ; ils ont fait paeuve d’une modération si graude, qu'après le transfert on les a iusultés, on en a battus, tués, sans même provoquer uu acte répréhensible. Evidemment, si en Angleterre on connaissait la situation veritable, on ne répudierait pas comme vaines et inutiles les obligations, qu'on m'avait dit de contracter au nom des autorités.
L'histoire dira que j'ai fait tout en mon pouvoir pour prévenir les troubles de la Rivière Rouge ; que je ne me suis point épargné pou. procurer leur 4paisement; qu'après m'être lié eu honneur, je ie suis attiré mille désagrements plutôt que d'oublier les promesses, que J'avais faites. La même voix impartiale de l'histcire pourra aussi dire que l’on n’a pas même reçu avec courtoisie les suggestions, que j'ai faites pour prévenir les difficulles que je prévoyais ; qu'on s’est montré envers moi ohsgqueux et confiant, presque jus qu'à l'excès, au moment lu danger ; qu'on a été très-oublieux après la solution paisible, à laquelle l’on attachaït tant de prix. Pourquoi faut-.} que des documents importants et officiels ne m'offrent pour compensation que le ridicule, auquel ils semblent ne vouer!
Cette injustice à mon égard s’augmente de toute ceile, que l'on a commise envers Ceux qui pensent comme moi. Quand la populalation et aussi l’Episcopat de la Province de Québec et autres signeni des pétitions pour demander l’amnistie pleine et entière, il n’est pas besuin de dire que cette opinion commande, sinon l'assentiment, du moins le respect de ceux qui sont à la tête de l'administration, qui nous gouverne. Aussi ce n’est pas sans un profond sentiment de regret que j'ai appris par le quatorzaème paragraphe de la réponse de Lord Carnarvon, que le noble Comte affirme que tous les hommes bien pensants (all right-minded men) doivent avoir une opinion ditfférente de celle, qui est exprimée unanimement dans toutes nos péti tions. Il y a sur ces requêtes des noms trop respectables et en trop grand nombre, pour que le Très-Honorable Secrétaire d'Etat pour les Colouies ait le droit de les exclure du nombre de ceux, qui méritent la qualification d'hommes bien pensants.
Nore.— La dépêche de Lord Dufferin cite plusieurs fois le Rapport de l’Honorable Donald A. Smith. Ces citations me suggèrent la pensée de mettre en regard de ce Rapport la négation, que j'ai cru deyoir faire d’une des plus graves assertions qu'il contient. Le R. P. Lestanc est trop respectable et m'est trop cher pour qu'il m’eut été possible de ne point protester contre les accusations, que M. Smith a fa tes contre un-missionnsire dont le dévouement, le zèle, la piété et la douceur me sont si bien et si avantageusement connus Le 17 mai, j'écrivis officiellement à !’Honorable M. Howe, persuadé que cette lettre aurait la même publicité, que celle que le Gouvernement avait donnée aux accusationns injustes, qui la motivaient, Il n'en fut point ainsi. Cette lettre officielle mérita comme ses devancières d'être envoyée en Angleterre (ainsi que j'en ai été informé par écril), mais elle n'obtint pas la faveur d'être conservée dans lés Archive: canadiennes, et elle n'a ja 1 ais été pubiiée.
S IT.—RÉFLEXIONS SUR LES RÉSOLUTIONS, PROPOSÉES PAR L'HONONARLE M. A. MACKENZIE A LA CHAMBRE DES COMMUNES D'OTTAWA AU SUJET DE L'AMNISTIE, 11 FÉVRIER, 1875.
Il y a à peu près un an, je crus devoir écrire quelques pages
sur } Amuistie, il était inutile de tenter une impression favorable,
sur les hommes de ja violence. C:que je pouvais esperer c’étact d'attirer l'attention des hommes sérieux et raisonuables, et par cela mème modérés.
Une brochure sur l'Amnistie, par l’Archevèque Taché, ne pou: vait manquer de provoquer les attaques de ceux, qui ne savent qu'injurier, aussi ce genre d'agprobation ne me fit pas défaut, D’autres, qui étaient ou trop prévenus ou trop intéressés, pour se rendre à la vérité, s'empresserent, même avant de lire la brochure, dé dire qu'elle ne signifiait rien ou presque rien et que j'avais seulement prouvé que la cause d’Amuistie était insoutenable, D'un autre côté, des hommes, dont lappréciation ne peut m'être que trèsprécieuse, aecteillirent favorablement ce travail et en concluèrent
Voici l'extrait de cette lettre, qui a trait aux accusations du Commissaire Ca: adién. contre le R. P. Lestanc.
Sr. Boxirace, 17 Mat 1870 À L’HoxoraBLe Josepx HOWE, Secrétaire d'Etat pour les Provinces.
Honorablé Monsieur,
Hétiér desianes Le Rapport de M. Smith acccuse le R, P. Lestanc d'un fait qui entrainerait «ne bien grande resp nsabilité. de suis bien peine que les efforts, faits par le Père Léstanc pour sauver la vie à M. Smith, aient déterminé ce dernier à faire des accusations d'uno pareille gravité. Le désir de ne mettre aucun obstacle au règlement de nos difficultés, nous détermine à supporter en silence toutes ies injures, que l'on nous adresse même en public, nous réservant de venger
notre honneur, dans des circorstances plus tra quilles. Auss. si je prends la
liberté de mentionner nos noms maintenant, ce n'est qu'en m'adressant au Gouvernement et pour éviter les difficultés, que les accusations faites contre nous pourraient faire naitre de suite.
Le R. P. Lestanc n’a jamais eu aucune part dans la diré tion (leadership) mentionnée par M. Smith, excepté quand il s'agissait de sauver les vies ; il lui ést natu:ellement bien pénible de se voir accusé par quelqu'un, qui ne lui doit rièn moins que la conservation de sa propre existence.
. J'espère que M. Smith a agi de bonne foi, mais l'ignorance du pays et du peuple l'ont trompé.
dé suis, etc., elc., (Signé) + ALEX., ÉVÊQUE DE ST. BONIFACE.
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à la nécessilé de l'Amnistie, Sur ces entrefaites, un Comité fut nommé par la Chambre des Communes, pour s'enquérir des troublef du Nord-Ouest, en 1864 et 70. L’était un moyen d'arriver à la solution des difficultés, qu’on avait créées soi-même. Ce Comité était composé d'hommes qui presque tous avaient, dans un temps ou «ans un antre, repudié toute idée d'Amnistie, ce ne sont donc point leurs synspathies pour cette cause qui ont amené 14 résultat obtenu. Tout le monde à pu se convaincre, par le rapport da Corité, que mes assertious n'étaient pas tout à fait vaines et illu. soires, et il s'est écrit une page d'histoire inconnue de bien des gens et faussée par bien d'autres. A quelque nuances près, je savais tout ce qui s'est prouvé, devant ce Comité ; tont ce qui y a été ajouté aux preuvres Contenues dans ma brochure, je n'avais omis de le mentionner, que par un sentiment de délicatesse, J'avais lu tous les documents importants, qui ont été produits. Même parmi ceux qui me refusaient leur assentiment, cette enquête en a convaincu un grand nombre que j'ai quelque raison de me plaindre de la manière, dont j'ai été traité. Les témoignages fournis ne m'ont appris qu'une chose, à moi c’est, qu’à des qualités éminentes certains hommes ajoutent une élesticité prodigieuse de mémoire. J'ignorais certainement que cette faculté pût se contracter et se délater à un pareil degré. Quoiqu'il en soit, la Chambre des Communes vient d'affirmer, à une très forte majorité, qu'il u’est pas honorable pour le Canada que la question d'Amnistie reste dans son état actuel. Ce mot ÿ n'est pas honorable renferme à lui seul une partie de ma thèse, en ajoutant w n’est pas juste, on aurait donné les deux raisons, qui m'on fait altacher une si grande importance à la question d'Amuistie.
IL est extrémement regrettable qu'on ait fait des troubles du Nord Ouest, une question de religion ou de nationalité. Ges considérations n’ont eu absolumeut aucune influence sur l'attitude, prise d'abord. par les gens de la Rivière Rouge ; ceux qui ont soulevé les préjugés et les haines au moyen de ces mots sacrés, ont assumé une très grande responsabilité. Il est injuste, faux et dangereux de dire que l’infortuné Scott a été exécuté parce qu'il était protestant ou orangiste ; il est également contraire à la vérite de dire que j'ai plaidé en faveur de l’Amnistie parce que, ceux, aux quels on la refusait sont catholiques. J'affirme solennellement que telle wa pas été ma pensée, j'aurais agi comme j'ai fait, lors même que les rôles auraient été renversés. J'aurais demandé pour des Protestants ou des Orangistes, si on s'était servi de moi pour la leur promettre. ce que j'ai demandé pour des Catholiques. en faveur desquels on m'avait donné des assurances. Les regrets, que m'ont causés la mort de l’infortuné Scoir, me prouvent que tout homme a droit à l'affection, qu'on se doit entre semblables et que j'ai la consolation
d'entretenir pour tous, sans exception. Ceux vers lesquels où m'a envoyé ont eu ma parole d'honneur; je n'ai pas besoin de la sympathie, que je leur ai vouée, pour me croire lié, et d'autant plus lié que c'est la sympathie, qu'ils me connaissent, qui leur a fait accepter cette parole, avec une plus entière confiance. Ce que je fais pour racheter cette parole donnée n’a pas besoin d'autre mobile que la conviction où je suis que l’honneur engage, et qu'on le viote ainsi que la justice, quand on manque à des obligations contractées
Je vai pas demandé lPAmnistie parceque les Metis ont däns les veines une plus ou moins grande proportion de sang français. je l'aurais demandée également en faveur de peu importe quel groupe d'hommes, envers lesquels je ine serais lié de la même façon. Si l’on fait de toutes nos, difficultés une question de nationalité, Je ne crains pas d'affirmer que ce ne sont ni les Anglais ni les Ecossais, qui auraient le droit de me combattre, car les anciens coions de la Rivière Rouge, qui appartiennent à ces nationalité, n'étaient pas loin de ma pensée ni de mon cœur, quand. pour nous épargner les hor reurs de la guerre civile, je me suis empressé de venir de Rome, et que je reçus à Ottawa les assurances, qui me semblaient devoir nécessairement amener la pacification du pays. Ces assertions pourront paraître étranges à ceux qui n'ont pas craint de me gratifier des épithètes de ‘“traitre,”” “ brigand.” + scélérat,” ‘et autres appeltations, que certaines feuilles publiques ont le triste privilège d'offrir à leurs lecteurs. Ceux qui me connaissent me .croiront facilement et cela me suffit.
A l'occasion des Résolutions, proposées par M. MaicKenzie, on a encore mis mon nom de l'avant. pour, cette fois, comme tant d'autres, me faire jouer un rôle qui me répugne et que je répudie. J'ignore si l'on a agi de la sorte pour me forcer à parler, mais ce qui est certain c'es! qu’on m'en a imposé l’obhigation, et je veux le faire en toute franchise et liberté. Inutile de dire que je ne suis pas homme de parti politique. Il me peine trop d’en voir tant d'autres l'être, au point de tout sacrifier à de pareilles considéra tons. Placé en dehors de toute influence de ce genre, je puis dire ma pensée sans biais et sans détours. A ceux qui trouveraient mauvais que je traite une question, qui s'agite dans l'arène politique, je dirai tout simplement. que ne m'’a.t on laissé tranquille, 11 m'eût souri bien davantage de m'’abstenir. Je me perimettrai donc d'examiner les Résolutions, que l'on a dit publiquement que j’anprouvais. Puissent ces réflexions avoir aux veux de ceux, qui ont afirmé mon approbation, tout le poids qu’ils ont semblé attacher à mon opinion. Si à cause de ma position, une opinion, qu'on m'a supposée, leur a paru mériter quelque considération, j'osé me flatter qu'ils ne répudieront pas entièrement une opinion qui est b'en certainement la mienne.