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Les Résolutions et les considérants qui Les appuieut m'inspirent les sept paragraphes suivants,
lo.—L'après le Rapport du Comit du Nord - Ouest, l'Honorable M. MacKeuzie et ceux qui l'ont soutenu eu Chambre, comme ceux qui ont soutenu l'amendement à ses propositions. il appert qu'en 1870 le Représentant accr'dité du Gouvernement Canadien fu des p omesses d'Amnnislie à diverses personnes distinquées du Nord Ouest, avec AT de les Communiquer aux partis intéressés et que lu chose fut fuite ; il appert de pius que les assurances données de bonne for, au nom du Gouvernem:nt Impérial, pa L'Envoyé du Gouvernement Canadien, l'Archevéque Taché ne furent jamais désavouces par le dit Gouvernement Canadien ; il appert encore, que la convict on qu'un: Aniislie serait accr,dée fuciila Facquisition du Nord Ouest, par le Canada.
Je ne suis point étonné qu'un Comite qui * a tenu treute sept ‘* séances, examiné vingt-ut un témoins et conduit son enquête avec “toute la diligence possible” soit arrivé à un pareil résultat. Ce qui m'étonne C'est quil à fallu cixq ans pour faire une pareille découverte. C’est en 1870 que les promesses ont été faites, qu’elles ont été communiquées et accept'es, et que le resultat ayan:ageux, qu'elles assuraient au Gouvernement, a été obtenu. et ce n’est qu eu 1975 que tout cela appert au Gouvernement et au Parlement Cana dien. Pour ceux qui viennent d’acqnérir cétte conviction, ce devrait être un singulier passe temps que de hre on d'entendre ce qui s'est écrit et dit pendant ces cinq années, pour uier les promes ses d'Amuistié, leur authenticité, leur valeur et leur resultat, Que de fois le sourire à dû passer sur les lèvres de cerläins orateurs et écrivains, en peñsant à la bonhomie de leurs lecteurs ou ñes auditeurs qu'ils trompaient. Comme les injures, lancées contre eeux qui ont communiqué ces promesse , tombent à pat on m'eux retournent à cenx, qui les ont prodiguées ! Quelle ombre je‘ée sur le brillant résultat d’une expédition, qui ‘a fait fuir devant elle les “bandits,” lorsqu'il appert que c'est la conviction qu'on ferait hou neur à sa promesse et à sa parole, qui a influencé ceux. auxquels les négociations avaient inspiré cette conviction. Tout ce qu'il y a dans ce premier considérant, était vrai, il y a cinq ans comme il l'est aujourd'hui, on à donc eu tort de le combattre penilaut si lougtemps. Puisque toutes ces promesses onLélé faites en 1870, pourquoi attendre à 175 pour les reconnaitre. Sans être dans le secret des partis en lutte, leur jeu est trop apparent pour qu'on puisse ne pas l'apercevoir.
Si on avait laissé les gens de la Rivière-Rouge règler leurs af faires seuls avec les autorités légitimes. toute la difficulté se serait réduite à éconduire le Lieutenant Gouverneur qui se présentait trop tôt; à le renvoyer à Ottawa avertir ses Maïtres qu'il y avait
des Sujets Britauniques, dans cette petite Colouie de la Rivitre- Rouge ; que ces hommes de nationalité et de croyances religieuses dittérentes revendiquaient les priviléges, droits et immunites, que le régime constitutionnel anglais semble assurer à tous ceux, qui peuveni espérer jouir des avantages qu'il offre, tout en acceptant les inconvénients, qui en sont la conséquence. Le Gouvernement Canadien aurai! reconnu son erreur, quoique un peu tard. Des conditions faciles auraient été offertes ou demandées puis acceptées de part et d'autre. Ceux qui avaient été les premiers à manifester ostensibiement le mécontentement universel, auraient été aussi les plus zélés à manifester la Joie de tous et à aller chercher en triomphe le Lieutenant-Gouverneur, auquel eux mêmes avaient interdit l'entrée du territoire. Les ennemis de l’Honorable M. McDougall ont eu tort de dire que ces troublis avaient éclatés, parceque c'est lui qui avait éié nommé Lieutenant-Gouverneur ; tout comme les ennemis des Métis ont eu tort de les traiter de “ rebelles,” de ‘: fanatiques,” “ brigands,” etc., etc. Toute la question etait purement et simplement, une question d'immunités constitutionnelles, reclamèes par une population, qui croyait y avoir droit. Des étrangers à la population native de la Rivière Rouge, avec ou sans Caractère officiel, sont ceux qui ont aggravé la situation, et sont les premiers responsables des malheurs, qui sont arrivés apnps et du malaise qui règne depuis. Ce malaise ne se serait pas prolongé si, après les négociations conclus à Ottawa et approuvées en Angleterre, on avait accompli les promesses qu'on reconnait au jourd’hui avoir été faites alors. Hélas ! il n’en a pas été ainsi et pourquoi ? Tout simplement parceque les partis politiques ont fait de Mamtoba comme l'arène de leurs luttes et rivalités. Que les ignorants n’apprennent qu'aujourd'hui, qu'en 1870, il y a eu des promesses d'amnistie cela se comprend, mais ce ne sont pas les hommes instruits, qui avaient besoin du Comité du Nord-Ouest, pour apprendre une chose qui se disait si hautement dès le principe et que la nature même des négociations rendait si évidente. Ceux qui sont habitués à calculer sur l'efferviscence populaire se sont dit : l'occasion est belle pour agiter les passions et soulever les préjugés. Reprochons au Gouvernement d’avoir fait des promesses. Mettons le dans l'impossibilité de les remplir et nécessairement, nous l’affai-
blirons. Les organes du Gouvernement crurent qu'il fallait faire la .
lutte avec les mêmes armes ; les promesses d'Amuistie furent niées et pour faire croire ces négations, on épuisa contre la population française de la Rivière Rouge. tout ce que la haine peut inspirer de violence. Ces luttes de partis faussèrent l'opinion publique en *ertain lieux, au point de lui rendre la vérité inaccessible. A cette phase des difficultés encore, quelle différence, sion avait laissé Manitoba règler ses propres affaires avec les Autorités ! :
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20—Le Rapport du Comité établit: qu'en :1871 Le Lieute, nant-Gouverneur de Maniloba, au nom de Sa Très Gracieuse Mujesté la Reine, invita tous les habitants à la défense du l'erruoire, et demanda spécialement les services de Louis Riel et de A. D. Lépine. Quele dit Lieulenant-Gouverneur communiqua officiellement et par écrit à ce sujet avec les dits Louis Ricl ét A. D. Lépine qui, conjointement avec P. Paren: teau. lévèrent un corps considérable d'hommes ; que leurs services furent acceptés; que le Lieulenant-Gouverneur donna une poignée de main à Louis Riel ét & À. D. Lépine, el passa en revue le bataillon qu'ils commandaient.
Comme l'inspection des troupes ne se fait pas huis clos et que les procédés, qui ont aimene celte levée de Volontaires Métis, sont tous Consignes däus des documents officiels, il n’a pas fallu tant de temps pours'instruire, que daus le cas précédent et avec l'aide du Comité du Nord Ouest, ce travail s'est fait en 4rois ans quatre mois el quatre jours. Pour moi qui connaissais tous ces évènements, depuis qu'ils $e sont produits, qui en avais en main les preuves écrites, qui avais remis ces preuves à l'Honorable Ministre de la Justice, au mois de Névembre, 1873, je ne puis me déféndre de l'impression que, tout de même, c'est un peu long ; d'autant plus long que tous Ces faits et documents avaient été publiés sur les journaux. à
A la suite de cette tentative d’invasion Fénienne, nn pauvre idiot fut accusé de participation à ces procédés, qu'il ne com prénait certainement pas, et fut condumné à la potence ; quoique sa sentence ait été commuée depuis, il a lieu de s'étouuer que ceux, Œui se sont môntrés si prompts à punir, aient été si lents à gracier lorsque l’appel aux armes et l'acceptation du service militare sont corsidérés comme un engagement d'honneur, vis-à vis de ceux aux quels ou fait personnellement une pareille demande. et qui y répondent.
A l'occasion des événements de 1871, comme pour ceux de 1870, les journaux français furent mieux renseiguésque les autres, en tout ce qui était favorable à la cause des Metis; pour la raison toute simple que nos amis dans la Province de Québec recévaient et croyäient des informations, dont d'autres ne se serdient ‘+ Soucies. Ceux qui conservent la file des journaux français de Québec pourront se convaincre, que le Gomité du Nord- Ouest a prouvé que lés informations de ces journaux étaient plus exactes que celles fourmes à la presse anglaise, voir. mème à ceux des journaux anglais, Qui n'ont pas eu, sur la question du Norä- Oûest, lé dégré d'acrimonie, qui a caractérisé plusieurs de leurs confrères . Puissent ces révélations tardives faire comprendre qne ceux, qui fe savent qü'accuser, he sont pas toujours dans le vrai,
quand meéiné’ ils lé font avec ächarnement et persistance Au
contraire, la violence de l'attaque, en pareille malière. devrait suffire pour inspirer de la défiance. Quand des hommes, bien posés dans la société, affirment positivement des choses, qu'ils sont à même de connaitre, il est évident que ceux qui ne veulent pas mêine douter et qui n’en continuent pas moins à pousser à la colère et à la vengence ne sont pas mûs par un sentiment de justice, Puis les élections générales de 1872 approchaient, il fallait continuéer l'agitation commencée et on refusa aux Métis de la Rivière- Rouge, le cré lit auquel eux et leurs chefs avaient droit par l'atti tude, qu'ils avaient prise lors de l’invasion des Féniens.
30.—Il appert encore d’après le Rapport du Comité du Nord. Ouest que: Sir John A. MacDonald et Sir George E. Cartier, ainsi que. le Lieulenant-Gouverneur de Manitoba, trouvèrent à propos de faire prier Louis Riel et A. D. Lépine de s'expatrier pour un temps, ce à quoi ces dernuers consentirent et il leur fut fourni de l'argent à celle fin ; de plus, que durant les élections générales de 1872, à la suggestion du méme Lieutenant Gouverneur, Louis Riel fut prié de retirer su candidature dans le Comté de Provencher, en faveur de Sir Georye E. Cartier qui fut élu, recut les félicitations de Louis Riel et de À. D. Lépine et ies en remercia ! Bien peu clairvoyant qui ne décor vrirait pas pourquoi ce troisième considérant précède les Résolutions. Pour ê''e impartial, il aurait fallu ajouter à ce que l’on m'a demandé au commentcemeut de 1872, ce que l’on a tenté de me faire faire, au commence ment de 1874. Ces deux tentatives se touvent consignées dans le même document officiel et sony le fait des deux Honorables Messieurs, qui se sont succédés au ministère de la justice. L'idée est la même, et je n'ai pas le moindre doute que le même moyen de succès aurait été employé, si j'avais consenti, dans le dernier cas à répéter ce que j'avais fait, dans le premier. Les deux savants jurisconsultes, dont il est question. n'auraient pas pu et n'auraient pas voulu entrer en négociation d’une manière quelconque avec M. Riel et ses compagnons, s'ils les avaient cru criminels, comme on le dit. Deux Ministres de la Justice ne pouvaient pas demander à deux Lieutenant-Gouverneurs ni à un Archevêèque de leur servir d’intermédiaire, pour obtenir un résultat qui, en défimtive, soustra. yait à l’action de la justice, des hommes qui, dans l’opinions de ces Honorables Ministres auraient mérité le châtiment qu’on dit leur être dû ; encore moins leur était-il permis de fournir de l'argent ou d’être prêts à en fournir pour obtenir ce résultat. Avouons que M. Riel a été bien mal récompensé du désintéressement, qu'il a témoigné en payant de sa personne, comme il l’a fait, et sans compeusa tion aucune, pour assurer l'élection de Sir George E. Cartier, dans le comité de Provencher.
La campagne électorale de 1872 excita contre le chef des Métis la haîne implacable d'un homme, qui ne devait sa position qu'à la
promesse qu'il avait faile de le défendre. Les changements surveuus daus Manitoba, permirent à cette haiue de réaliser le projet, couçu alors, de faire mettre M. Riel hors de la loi. De là date un euchainement de faits honteux et de procédures, plus où moins itregulières, que le monde ignore, mais qu'un nouveau comité sur les affaires du N. Ouest révélerait, et qui, en attendant cette enquête, laisse dans kesprit des personnes bien disposées les plus peuibles impressions Assouvir des vengeances personnelles et poursuivre uu put politique, sous l'apparence d'une légalité mal sauvegardée, c'est toujours pour ceux qui le savent un juste sujet de regrets Quand uu parlement agit sur de pareilles dounées, il peutignorer la nature et le motif des actes qui le guident, mais cela n'en est ni moins pénible ni moins regrettable Je comprends la portée de ce que je vieus de dire, Geuf qui, comme moi, ne savent pas haïr, sentiront d'autant plus vivement l'injustice dont il est question, o'relle a été siyualee. mème par les ennenns de celui que.l'on poursuit.
4— D'après le rapport du Comité du Nord-Ouest, il appert encore qu'en 1873, Sù' John À. MacDonald, alors Premier Ministre el Miuistie de la Justice, ne donna, ainsi qu'à ses collègues de la Province de Qu'hec er d leurs amis, l'assurance qu'il avait point d'objections à ce que le Gouvernement de Sa Majesté donndt l'amnistie ; ce qui, pensait il, serail acceplé avce joie par le peuple canadien. La nature des engagements, pris.en cette circonstance, me persuade que cette fois ils auraient été accomplis
Les quatre considérants qui motivent les Résolutions, établissent donc, d’une mauière peremploire que si nous avons une amnistie même parlielle, cela n'est dû qu'à la conduite de Sir G. E. Cartier, de l'Honorabie Adams George Archibald, du Très- Honorable Sir John A. MeDonald. et de ses collègues de la Provinee de Quebec. Ilest evidentque l'Honorable A. MacKeuwzie et ceux qui ont vote pour ses Résolutions, ont afhrime solounellement que les promesses faites en 1870; Les services militaires demandés et acceptés en 1371; la prière de laisser le pays et d'éhre Sir George en 1872, ainsi que les assurances de Sir John A. McDouald à ses collègues et à leurs amis en 1273, sont les seuls motifs qui les out déterminés à demander une amuistie quelconque en 1875. Ce fait est assez patent pour qu'il ne soit pas besoin d'une enquête pour le constater.
9 —Les Résolutions vont ensuite à dire que. dans l'opinion de la Chambre, 1 n'est pas de l'intérét du Canarla, ni honorable pour ce pays, que la question d'Amnislie reste dans son élat actuel.
Cette assertion est très exacte, et ce paragraphe des Résolutions concourt parfaitement avec mou humble opinion. Il est évident que l'intérêt du Canada demande une solution à ces diff. cultes ; mais qu'on me permette de le dire, cette nécessité ne date
pas du 11 Février 1875.° Si l'intérêt du Canada demande aujourd'hui l’apaisement de tout le malaise, qui règne d'une extrémité âe la Puissance à l'autre, le même iutérèt aurait aussi demandé qu'on ne causât pas ce malaise, qu'on n'exertât pas les passions, pour faire du capital politique, qu'on ue mit pas à la solution de celle question des obstacles, qui après avoir fait naître le malaise. l'ont prolongé sans nécessité et sans avantage, L'interêt du Canada devait être aussi cher à des cœurs canadiens il v à un, deux, trois, quatre et cinq ans. qu'il l'est anjourd'hui. Pourquoi avair ci longtemps sacrifié ces intérêts ? Par crainte de perdre le pouroir, disent les uns; par espoir d'y arriver, disent les autres. Cela ne doit pas être possible, Je suis trop peu partisan du succès quand méme, pour croire que pendant des années qn peut sacrifier les intérêts de son pays, dans l'espoir d'en garder ou d'en obtenir le gouvernement,
Merci à l’autenr des Résolutions d'avoir dit qu’il n'est pas hono ble pour notre commune patrie de laisser Les choses dans le séatu quo. C'est toujours ce que j'ai pensé. Car voyez-vous, lecteurs. le mot honneur est un de ces vieux mots qui expriment une de ces vieilles choses, qui me semblent bien au-dessus du succès. Mon éducation domestique et celle qui l’a suivie m'ont toujours montré cette idee d'honneur comme un phare lumineux. qui doit guider les hommes et les nations. à travers les écueils qu’on peut rencontrer. Le silence et l'isolement de ma vie, dans les déserts du Nord-Ouest. m'ont laissé, à cet égard, mes convictions et peut-être aussi mes illusions. La crainte de ce qui n’est pas honorable me jette daus ce qu'on a appelé ‘ une monomanie ‘” qui, depuis cinq aus, se traduit par la demande d’une amuistie, dont le refus parait aujourd’hui peu honorable, même à quelques-uns de ceux, qui l'ont repoussée avec tant d'acharnement.
Oui, comme le disent les Résolutions, les: faits qu'établit ce témoignage ne peuvent pas étre ignorés du peuple ni du Parlement du Canada. C'est assez affirmer que nou seulement le peupie mais mème le parlement a ignoré ce que l'irtérêt et l'honneur du Cana. da demandaient à ce sujet, depuis ritsieurs années déjà. C'est aussi ce que j'ai toujours pensé. Le p:1ple Canadien est trop bon, trop honorable et aussi trop intéressé pour avoir laissé les choses comme elies étaient, s'il en avt connu la condition véritable. Son parlement est trop sage pour ne pas avoir trouvé plustôt une solution satisfaisante, si une foule de circonstances n’avait pas empêché la vérité d'arriver jusqu’à lui. Voici donc venir le dé. nouement ; l'honneur national va être debarrassé des liens qui l'enchainent et mdubitablement sa liberté sera complète.
G.—Dans l'opinion de la Chambre il conviendrait qu'une amnistie pleine et entière fut accordée à toutes les personnes, concernées dans les
troubles du Nord Oust, pour lous les actes Commis par elies durant les dits troubles.
C'est précisément ce qu'il fallut, parceque c'est précisément ce qui avail eté promis ; Us amrislie pleine et entière pour tous. Si les Résolutions s'étaient arrêtées à, on aurait eu parfaitement raisou de mentionner les motifs qui les appuient, car les conclusions suivraient natureliement des prémisses. Dans ce cas, bien sûr l'Archevèque Tache aurair lelégraphié au Gouvernement, pour le remercier de cette solution défimtive; et après quelques lignes, pour exprimer publiquement sa reconnaissance, il aurvit gardé le silence sur la quest'on d'amuistie, Bien d’autres, comme lui, auraient su gré aux hoinmes courageux, qui se seraient mis à la hauteur de la situation, et auraient attaché leurs noms au régleineut final de nos troubles La presse et Le peuple d'Outario e des Provinces maritimes auraient pris sur ce sujet, à peu près l'attitude, que leur out inspirée les Résolutions. Le peuple et la presse de Québec, ainsi que les Métis de Manitoba et leurs amis auraient pensé et dit bien différemment de ce qu'ils pensent et disent.
7—-Uue amanistie pleine et entière.…..excepté seulement Louis Riel, A. D. Lépine et W. B, O'Donaghue : qu'une pareille amnistie soit accordée à Louis Riel et à A. D. Lépine, à la condilion toutefois d'ur bannissement de cinq années des lossessions de Sa Majesté.
Je dois avouer qu'une pareille restriction me désappointe autant qu'elle m'étonne. On affirme qu'il faut uue amuistie, parce qu'en 1370, des prounesses ont elé faiies à plusieurs personnes distinguées ie Mamtoba, parce que l'Archvèque Taché, de bonne foi, fit Les mêmes promesses au nom du Gouvernement Impérial; que ces promesses n'’out point éte désavouées; et que lac‘eptation de ces promesses à facilté l'icquusition du territoire du Nord Ouest; et, chose étrange, on exclut du bénéfice d'une amaislie pure et simple ceux précisément qui en ont reçu l'assuran‘e d'une manière plus eæplicue, plus directe et plus parsonnellz ; ceux qui, se reposaut sur ces promesses, ont déterminé leurs compatriotes à les accepter, et par cela inême à cesser toute résistance.
On demande uue amnistie,.parcequ'en 1371 Messieurs Riel et Lépine ont personuellemeut été invités à preudre les armes, qu'ils l'ont fait ; que le Lieutenant Gouverneur a échangé avec eux des poignées de main el inspecté les trompes. sous leur commandement, et ce sont précisement ces deux Messieurs que l'on exelut seuls du benéfice de l'amnistie générale, que leur conduite a. dit-on méritée.
On demande une amnistie, parce qu’en 1872, MM. Riel et Lépine ont éte priés, au nom des autorités, de s'expatrier pour un temps: et que l'un d'eux à procuré un siége en Parlement à nu des Minis tres fédéraux; el.ce sont. précisément MM. Riel et Lépine que l’o: banuit.des Possessions Britanniques, et cela pour cinq aus, période
fixée évidemment pour que celui qui a fait élire Sie Gro:ge pocr le dernier Parlement, ne puisse ni prendre son siége daus le Parle nent actuel, ni se faire elir# pour le prochain Parlemens.
Où demanda l'amnistie, varce qu'en 1873, Sir J. A. McDonald, comprenant que l’amnishe partielle offerte alors par le Gouvernement impérial ne satisferait pas. donna des assurauces qu'il prendrait des moyens de travailler dans un sens, dont le résuitat serait une atuhistie sar 3 condition; et c'est précisément eu vertu de res assn rances que l'on fait des exceptions, que Sir John ne voulut même pas proposer, parce cuil savait qu’elles ne donneraient pas satisfaction.
L'intérêt du pays veut que l'on termine la Gifficulté, et on ia laisse sans une solution complèt:: l'honneur du pays veut que les promesses faites soient accomplies, et on déclere qu'on ies sacrifie en partie. Puis. ..........Je ne sais qui, suppose un télégramme de Monseigneur Taché, qui approuve tout cela. Je suis extrêmement peiné de me trouver encor” uae fois en contradiction avec ceux qui sont au pouvoir; je sais que la liberté que je prends, en exprimant aiusi ma pensée, peut avoir des inconvénients, el que je puis avoir à en souffrir, néanmoins, je ne crois pas devoir me taire. J’ai trop peu d'expérience dans l’art des expédients, pour en accepter un qui ie parait ni honorable ni juste
En autant que je suis concerné personnellement, je comprends que ma parole est dégagée, puisqu'on reconnaît la realité des pro: messes, qui nous ont été faites ; la bonne foi avec laquelle nousles avons transmises ; le résultat avantageux qu'elles ont eu ; et l’appro bation qu’on lui a dounée, en ne ies désavouant pas. Si je ne songeais qu'à moi, je me tairais, ce qui serait et plus facile et plus agréab'e ; plus agréable pour moi même d'abord, et aussi, peut être, pour d'autres, Car j'ai la certitude qu'à défaut de mon approbation, on aimerait mieux mon silence. Ce silence a été rendu impossible par la mauvaise foi insigne, avec laquelle on a fait ou supposé un télégramme, par lequel on affirmait une approbation, que je n'ai jamais donnée. Mieux vaut peut-être que j'aie été forcé de parler de suite, sans cela je n'aurais probablement pas écrit, et il est indubitable que mon silence aurait été considéré comme un assentiment. Je re puis pas asquiescer à une demande de bunnissement, lorsque c’est le pardon qui a été promis.
Pour faire accepter ce qui vient d'être résolu, on dit avoir travaillé à rencontrer les vues du Gouvernement de Sa Majesté. Evid'mnment, ce n'est pas ce qui a déterminé la position, qui vient d'être prise, et qui n'est pas autre chose qu'une transaction ordinaire, do ut des. Comme on ne voulait pas perdre de vue un but commun, ceux qui étaient conduits ont dû parcourir à reculons la distance, que les guides ne voulaient pas franchir, en venant de l'avant, Cette
idée de reculade, que ur'inspire le vote sur les Résolutions, est con firniée par l'atulude des feuilles publiques et orateurs, qui, amis de la veille, sont devenus les ennemis du lendemäin, au point de commencer immédiatement après le vote à imsulier les Métis que, jusque là, ils avaieut prétendu défendre avec conrage et sincérile, Queile humiliation. si, pendant les cinq années qui vont suivre, certains journaux, soi-disant amis, allaient s'efforcer de justifier l'attitude prise, pendant les cinq années passées, par certains autres journaux trop évideminent hostiles!
On prétend que Lord Caënarvon n'aurait jamais consenti à accoi der lamnistie pleine et simple pour tous. Qui le sait? puisque déjà le télégraphe annonce que le noble Lord a donné sou assenti mentaux Resoiuiions de l'Honorable M. A. MacKenzie, qui pourtant sont loin d'être en harmonie avec le dernier paragraphe de sa dépêche, Des honnnes aussi distingués que Sa Seigneurie ne sont pas obstinés, la preuve en est évidente dans la réponse faite à la dépêche du Tres-Aonoruble Comte Dufferin. Ce dernier wa eu qu'à exprimer son opinion pour la faire approuver sur tous les
points par le Ministre des Colonies. Si le Gouvernement Canadien”
avait pris la responsabilité de demander l'ammistie pure et simple, il l'aurait nbtenu, comme il a obtenu une amuistie partielle. Le Gouvernement de Sa Majesté n'aurait pas refuse le Gouvernement Ju Canada, puisque Lord Carnarvon lni-même dit que *‘ cette ques # tion ne neut être parfaitement comprise, dans toute sa portée. qua par ceux qui résident sur les lieux et en connaissent familière- ‘“ ment tous les détails ” Son Exrellence le Gouverneur Général, en parlant de l'opinion ar moi émise ‘ que les Gouvernements Impérial et Colonia! sont és par les promesses d’Amnistie que j'ai faites,” * ditque ” l'Admi uistration Canadienne actuelle, est de ceux qui ont refusé de recoanaitre la valeur d'une pareille obligation.” La Dépêche semble donc indiquer que le 10 Décembre 1874. le Cabinet Canadien, inalgré le Rapport du Comité dn Nord-Ouest, n'avait pas encore reconnu ce que les Résolutions du 11/Février 1875, prouve qu'il a reconnu depuis. El faut que, pendant ces deux mois, il soit sur venu quelque chose qui a eu encore plus d'effet que le Rapport pour influencer l'opinion di Cabinet d'Ottawa. Ge quelque chose pouvait bien être indiqué au Très Honorasle Secrétaire d'Etat pour les Colouies, et aurait eu indubitablement sur le Gouvernemert Eupérial l'influence. qu'il a eu sur le Gouvernement Canadien. L'Honorable Ministre de la Justice a dit, le 12 Février. ‘ que “les détails de l'exécution de Scott qu expliquent le ton sévère des “ dépéches, vinrent raviver les difficuliés el en susciter de nouvel- “ les.” Tout le monde sait en effet. que la série de lettr:s publiées par le “Manitoba Gazette” sous la signature de John Bruce a eu
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l'effet prévu, dans un but de vengeance, par relui qui avait acheté le nom de John Bruce pour l’attacher à des détails, qu il savait n'être pas véridiques, mais de nature à empêcher l'esprit public de se caimer et de considérer les choses à leur juste point de vue. Johu Bruce mis sous serment a nié avoir jainais dit les choses, telles qu’elles out sté écrites et a, de plus, dfirmé aussi sous seïment, Wovoir jamais eu aucune counaissance personnelle de ve qui a ete publie en sou nom, et pourtant on nous informe que mème les dépèches officielles recoivent leur ton de ces faits süpposes. Voilà les tmstes resultats des fansses informations, publiées par les jour. naux. Ce résultat est si naturel que les hommes les plus integres et les plus intelligents, en subissent plus ou moins la pénible influence. Toutes les négations, quelque vraies qu'elles soient, ne ueuträliserout jamais tout le mal produit par une assertion méchan te, quelque fausse qu’elle puisse être.
Ces fausses informations ont produit leur effet dans un autre endroit, où il semble encore plus extraordinaire de le constater
La societe accomplit un acte bien grave et bieir solennel, lors ‘que ‘evètue d’un pouvoir, qui ne peut venir que de Dieu, «ile décrète qu'uu de ses membres doit être retranché de son sein, aussi elle a le droit et mème l'obligation ‘exiger qe celui qu’elle choisit. pour exprimer la responsabilite qu'elle assume, s'élève, par La plus stricte impartialité, audessus de l'arène où s’agitent les passions et les intérèts, que de plus il évite-toute exagération de langage et toute inexactitude de faits. Exagérations et inexactitudes qui ne peuvent manquer de produire un dangereux résultat. La justice chez les Chrétiens doit au moins réaliser l'enblème, sous lequel les paiens la réprésentaient, afin de commander le respect, la soumission ei la confiance.
Cette réflexion m'est inspirée par l’impressioz produite par la manière dont les procès politiques ont été conduits à Manitoba, et par des assertions comme la suivante, qui se lit dans la sentence de mort portée contre M Lépine: * Cherchez dans les annales des tri- “ bus barbares qui rôdent depuis des siecles dans les vastes prairies ‘“ du Nord Ouest, et vous ne trouverez rien de comparable à votre ‘* sauvage atrocité !”” Cette phrase a dû être préparée longtempsà l'avance, car dans les témignages contre M. Lépine il n'y avait rien qui pût la justifier. Si celui qui a prononcé ces paroles avait ignoré ce qui s’est dit dans le milieu où 1l a vécu. avant de venir à Manitoba ; si ses i'ées sur les troubles du Nord Ouest ne s'étaient for mées qu'à la Cour du Banc de la Reine de Winipeg, il n'aurait pas tenu ce langage. Un excès conduit à ün autre, comme on le wait dans la phrase suivante, prononcée dans la mème circonstance : Pas un seul individu n’a jamais osé dire ou écrire une seule * phrase, je ne dis pas pour justifier, mais même pour pallier, atté-
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“nuer; excuser ou expliquer son atrocité.” S'il était possible, en octobte deruier, d'ignurer qu'il se fût dit ou écrit quelque chose en ce sens, On à pu l’apprendre depuis. Ainsi va le monde! Les parleëments, les gouvernements et mème les tribunaux subisseat des influences, comme celles que fout naître les lettres de l’infortuné John Bruce et autres données qui n'ont pas plus de valeur réelle, Je n'ai pas besoin de dire que la mort de Scott me peine ét n'aflige, elle m'a causé des regrets plus vifs et plus sincères qu'au plus grand nombre de ceux qui en ont parlé avec violence. Malgre toute la douleur que j'en éprouve, et au risque de m'attirer de nouvelles injures, je n'hésite pas à dire, que Je suis convaincu que lexecution ne s'est faite que parce que ceux qui lont ordonnce croyaient avoir droit de le faire, pour éviter de plus grauds mnalheurs; et, si elle s'est mal faite, ve west précisémeut que parce que ceux qui en ont été chargés n'avaient ni expérience en ces sortes de chises, ni la cruauté, qui supplée à l'habitude de la plus ignoble des professions. Mais il y a loin de là à la barbarie et à toutes les atrorites, que l'imagination et la haîne ont inventées. Les Métis de la Rivière Rouge sont très-éloignés des sentiments barbares et cruels qu’on leus a supposés. [ls ont beau coup inoins de tout cela que ceux qui, dans le calme et la réflexion, ont travaiilé à excilec contre eux les hâines et les passions les plus injustes.
Uue accusation d’un autre genre, mais aussi pleire de fausseté et de malice, vient d'être formulée devant le Parlement, On n'a pas craint d'y dire que si M. Riel est déclaré hors la loi, cela est “ dû à MM. Royüul, Girard et Dubuc.” Si cette accusation venait d'ailleurs, elle pourrait être accompagnée d'u certain degré de bonne foi; mais celui qui l’a proférée en sait trop pour croire luimême? ce qu'il a affirmé. Au nom de la justice, du bon sens et de l'intérèL de notre population, je repousse cette basse calomnie. Les nrscédés pour décréter la mise hors la loi, ant éte conduits d’une :auïtière si iusolite (pour ne pas dire davantage), que le Greffier de ‘. our du Banc de la Reine de Winipeg a cru devoir dégager sa +" asabilité. en écrivant aux journaux, qu'il n'avait eu aucune j-." -cipation à ce qui vient d'être fait. Evidemment 11 y a mani gance. G'est à ceux qui ont commandé ou exécuté celte manœuvre à expliquer comment la chose s’est faite. Pourquoi accuser MM. Royal, Girard et Dubne, qu. loin d'être pour quelque chose dans ces procédés aussi extraordinaires dans leur nature que dans leur récipitation, les ont combattus de toute leur force. M. Royal, Fevosat aussi zélé que désintéressé de ceux ‘contre lesquels on à intenté des poursuites! M. Dubuc qui n’a accepté la position de Procureur Général. qu'à la condition qu’ilne prendrait aucune part dans l'action contre M. Riel et ses amis ; et qui © uis n’a accepté
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d'être Avocat de la Couronne, qu'à la condition encore qu'il pour
‘ait conduire la defense de M. Nault! M. Girârdi qui, dans le Gouvernement el ailleurs, s’est louçjours aontre l'ami et le défenseur des Metis et de leurs chefs! Ou choisit ds noms lovalement idenufies à la cause de Manitoba parte qu'on à besoin de donner violemmeut le change à l'opinion publique et la distraire des procédés iniques sur lesquels on s'appuie, mais dans lesquels bien certainemeut les honorables Messieurs Royal, Girard et Dubuc n'auraient jamais consenti à prendre une part quelconque. Sans vouloir relever Loutes les injustices commises, sous le pretexte de nos diffisultés, jme crois tenu de dire quelque chose, dans le cas actuel, parce que les trois honorabies Messieurs que l'on accus» si faussement, sont des premiers Canadiens Français qui sont venus se fixer à Ma n'toba après uos troubles, qu'ils nous y ont rendu des servites signalés, et que l'inje ‘ie qu on leur fait est préjudiciable à notre population.
J'ajou'erai un moten ar d'un autre ami de Mauitobr, accusé fui aussi bien à tort, el precisément parce qu'il nous sert avec plus de genérosite. Je demande à M. EL. R. Masson la permission d'affirmer ici le sentihneut de reconnaissance que nous inspire à moi et à notre population, le zèle désintéressé avec lequelil revendique les droits de ses compatriotes de Manitoba. Je sais que M. Masson s'occupait du Nord-Ouest, avant de s'occuper de politique Heritier de l’importante correspondance que F'Hon« able Roderick McKenzic a eutretenué, pendant de longues années, avec un grand nombre de membres de Pancienne Compagnie du Nord Ouest. M. Masson, cn etudiant et coordonnant ces nrécieux documents inédits, à acquis sur le Nord Ouest une fonle de connaissances que bien peu de per. sonres possédent. Naturellement, de pareilles écudes et linterèt qu'elles inspirent, ont conduit M. Masson à s'occuper d'une manière séciale de La population de la Rivière Rouge.
Dans ces dernières années, mes relations persounelles avec si fauniile, Le respect affectueux et la reconnaissance que je nourris pour sa vénérable mere, m'ont mis en contact avec lui d’une ma nière toute spéciale : il a, par consequent, pu apprendre une foule de détails, que bien d'aut tres ignorent, et qui ont augmeuté Fintérèt déjà si vif qu'il nous portait, Dans ces relations qui m'ont été si agréables, j'ai eu tout le loisir de me convaincre qu'à des con: naissances nombreuses et étendues sur le Nord Ouest, se joint chez M. Masson le désir sincère de le servir Je connais les sacrifices nombreux, que FHonorable Membre pour Terrebonne s'est in posé en notre faveur, et puisqu'on l'attaque et que même on s'insulte à notre oecasion, qu'il ous soit an moins permis de dire qu'il ne tra: vaille point pour des ingrats : et que si jamais l'histoire de Manito: ba s'écrit par une main impartiale, son nom y sera consigné en
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