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Encore le P. de Bonnéchamps 1707-1790

[IV.— Encore le P. de Bonnécamps (1707-1790), Par M. L'ABBÉ AUGUSTE GOSSELIN, DOCTEUR ÈS LETTRES. (Lu le 22 juin 1897.)

Le Mémoire que j’eus l'honneur de présenter à la Société royale, il y a deux ans, sur le P. de Bonnécamps, dernier professeur d’hydrographie au collège de Québec avant la conquête,” à reçu du public un favorable accueil. De la France, surtout, me sont venues plusieurs lettres de bienveillante sympathie, me félicitant d’avoir mis en relief la figure de ce modeste savant, et donné quelque idée du mouvement littéraire et scientifique du Canada à l’époque où il vivait.

C’est nne histoire trop peu connue que celle de l’instruction publique au Canada sous le régime français. Je n’ai pas la prétention de lécrire : je tiens seulement à constater que l'on visait généralement, à cette époque, à donner à la jeunesse une instruction pratique, en rapport avec les besoins du temps. MF de Laval ne se contente pas de fonder un séminaire : il établit à Saint-Joachim une école des arts et métiers, dont l’intendant Champigny vante plus d’une fois les bienfaisants résultats. ? Au Séminaire même, on accoutume les élèves, durant les récréations, à des travaux utiles : et l’on peut voir encore aujourd’hui, dans une chapelle intérieure, des ouvrages de sculpture, travaillés par les élèves de MM. de Bernières et de Maizerets, que ne désavoueraient pas les hommes du métier. Quelques années plus tard, les frères Charon établissent aussi une école des arts et métiers à Montréal. Talon, écrivant à Coibert, n’a pas assez d’éloges pour M. de Queylus, qui déploie un grand zèle “ pour faire élever les garçons dans son séminaire, et les filles chez des personnes du même sexe qui forment à Montréal une espèce de congrégation pour enseigner à la jeunesse, avec les lettres et l'écriture, les petits ouvrages de main”.°

M. de Denonville se plaint de la mauvaise éducation—ne confondons pas l'éducation avec l’instruction—des enfants, et de “la grande liberté que de longue main les pères et mères ont donnée à la jeunesse, dans les familles de ceux qui sont gentilshommes, ou qui se sont mis sur le

1 Mémoires de la Société royale du Canada, seconde série, t. I, p. 25.

2 “ Le Séminaire (de Québec) a un établissement considérable au cap Tourmente (Saint-Joachim), sept lieues au-dessous de Québec, où l’on élève et instruit quantité de jeunes gens, fils d'habitants; et le tout se conduit avec beaucoup d'ordre et d'avantage pour la colonie...” (Archives du ministère des Colonies, Canada, Correspondance générale, vol. XVII, Lettre de Champigny au Ministre, Québec, 20 oct. 1699.) |

3 Jbid., vol. III, Mémoire de Talon à Colbert, Québec, 10 nov. 1670.

Sec. I, 1897, 7.

pied de le vouloir être, soit par fainéantise ou par vanité... N’étant pas accoutumés à tenir la charrue, la pioche et la hache, toute leur ressource n'étant que le fusil, il faut qu'ils passent leur vie dans les bois, où ils n'ont ni curés qui les gênent, ni pères ni gouverneurs qui les contraignent.” Le Ministre lui répond : ‘ J'écris à l’évêque (M® de Saint-Vallier) de choisir de bons prêtres, capables, et qui s'appliquent principalement à instruire la jeunesse, en observant de ne pas pousser trop loin les instructions pour l'état ecclésiastique, étant important de n’y admettre que ceux qui seront nécessaires pour le bien spirituel de la colonie, sans trop multiplier le nombre des prêtres. Sa Majesté approuve extrêmement qu'on apprenne des métiers aux enfants pour devenir avec le temps de bons artisans.'?

Ce que l'on paraît avoir à cœur au Canada sous le régime français, c'est de voir se former une élite de marins instruits et expérimentés, c’est de voir la jeunesse canadienne se livrer à l'étude des mathématiques et de l'astronomie, de manière à pouvoir se rendre utile dans les voyages d'explorations et de découvertes, prendre la hauteur des différents endroits parcourus, et en dresser des cartes.

Je lis dans un mémoire adressé à la cour en 1671: ‘“ Une Académie de Marine semblerait fort utile à Québec, afin d'instruire les enfants du pays qui ne sont pas de condition à se mettre en autre métier ; après quoi on les mettrait sur des barques pour qu’ils s’accoutumassent à la mer, et on leur ferait faire ensuite quelque chose de plus pour les rendre peu à peu. bons pilotes et propres à faire des découvertes. Cela vaudrait bien mieux pour eux et pour le pays que le latin qu'on leur fait apprendre...”

La même année, à la demande de Talon, Martin Boutet, ‘excellent mathématicien.” se charge de donner à Québec un cours d’hydrographie ; et désormais ce cours se continuera sans interruption jusqu'à la conquête Après Martin Boutet, vient Jean-Baptiste-Louis Franquelin, puis l'illustre découvreur du Mississipi, Jolliet. En 1687, je lis dans une lettre de MM. de Denonville et de Champigny au Ministre: ‘“$Si Monseigneur emploie le sieur Franquelin pour les cartes, nous jugeons qu'il ne saurait mieux faire que de charger les Pères Jésuites de l'instruction des enfants du pays à l'hydrographie. Ils nous promettent de faire une classe particulière

pour cela...

Ce n’est cependant qu'en 1708 que les jésuites sont chargés par la cour de France de la chaire officielle d'hydrographie, ou, comme on disait alors à Québec, de l'Ecole royale de Mathématiques. Dans cette chaire, on voit successivement installés des hommes du plus haut mérite, comme par exemple les PP. Le Brun et Lauson. Le P. Le Brun était professeur d'hydrographie en 1717, et c’est à son sujet que MM. de Vaudreuil et Begon NAN ARR RER Te NL LU" | SU UE MAN TER un de nr lee. 1 Arch. du min. des Col., Can., C. G., vol. VII, Lettre de Denonville au Ministre, Québec 13 novembre 1635; vol. VIII, Réponse du Ministre, 20 mai 1686. > Jbid., vol. IIL.

3 Jbid., vol. IX.

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écrivaient au Ministre !: ‘Le P. Le Brun, qui enseigne ici l’'hydrographie, sera payé, suivant les ordres du Conseil (de la Marine), comme les officiers, et nous tiendrons la main à ce que ses écoliers prennent ses certificats pour être reçus pilotes ou officiers sur les navires..…..? ”

Le P. de Bonnécamps occupa, comme nous l'avons vu, la chaire d'hydrographie au collège de Québec, de 1744 à 1759. On aimerait à connaître les noms des jeunes Canadiens qui suivirent son enseignement. Plusieurs d'entre eux, sans doute, devinrent officiers sur nos vaisseaux ou dans nos troupes, et prirent part aux différents engagements qui précédèrent la fin de la domination française dans notre pays.

Malheureusement, je n’ai rien sur ce sujet pour compléter mon premier Mémoire.

IT

En revanche, je tiens de la bienveillance d'un savant astronome de l’Observatoire de Paris, M. Bigourdan, trois lettres inédites du P. de Bonnécamps, que je suis heureux d'offrir aujourd’hui à la Société royale, Elles nous font connaître et apprécier davantage la nature de ses études, de ses travaux, de son caractère et de son talent,

Ces lettres sont adressées à Joseph-Nicolas Delisle, l’un des quatre frères—le cadet—qui brillèrent du plus vif éclat, au siècle dernier, dans le monde savant, Les trois autres étaient Guillaume, Simon-Claude, et Louis. L’aîné, Guillaume, est l’auteur d’une Carte des Environs du Mississipr, qui fut présentée au bureau de la Marine par M. d'Iberville, en 1701, et

1 Arch. du min. des Col., Can., C. G., vol. xxxviii,

? Le certificat du professeur d'hydrographie était aussi requis pour les arpenteurs. Le 12 janvier 1753, Bigot nomme arpenteur pour le gouvernement de Montréal, J.-Bte Perrot, sur le certificat ‘du P. Bonnecamp, jésuite et professeur de mathématiques, daté à Québec le 22 seprembre dernier, comme ledit Perrot est capable d’exercer le dit office d’arpenteur.” (Jugements et Ordonnances des Intendants, vol. XXXIX, Ordonnances de Bigot.)

3 Voici la description de cette carte, telle que je la trouve dans une brochure publiée à Paris en 1892, intitulée Quatrième Centenaire de la Découverte de LA mMmérique, Catalogue des Documents géographiques exposés à la Section des Cartes et Plans de la Bibliothèque Nationale, p. 50 :

‘ DELISLE (Guillaume).—Carte des environs du Mississipi, par G. de l'Isle, géogr. Donnée par M. d’Iberville en 1701.—MS., 1,02 sur 0,73. |

‘* (Belle carte donnant la route des Espagnols à la Baie St-Louis, celle de Cavelier, de la Baie St-Louis aux Arkansas, celle que les Anglais tiennent de la Caroline pour venir aux Chicassas. Les noms de villages et de villes sont accompagnés du nombre des feux. “Dans la ville de Mexique, il y a trois lieux de longueur et presque autant ‘‘ de largeur, et dont les maisons sont très belles ; il y a plus de 4,000 carosses, plus ‘* de cent églises, quantité de couvents de religieux et de religieuses ; il y à plus de ‘* 6,000 Espagnols et Espagnoles ; il y a plus de 200,000 Indiens et Indiennes, et plus ‘* de 100,000 esclaves noirs et blancs ; en tout plus de 400,000 habitants, sans compter ‘les enfants, et des richesses immenses.” Cette carte embrasse en latitude l’espace compris entre Checagou et Valladolid au Mexique.)

‘* Bibliothèque du Dépôt de la Marine. C, 4040,”

d’une autre intitulée Carte des Antilles françaises et des Iles voisines, dressée sur les Mémoires manuscrits de M. Petit, Ingénieur du Roi. Simon-Claude et Louis soccupèrent surtout de travaux historiques. Leur père, Claude Delisle, fut lui-même un des plus illustres savants de son temps.

Je ne sais comment n1 à quelle époque le P. de Bonnécamps se mit en rapport avec Joseph-Nicolas Delisle. Il est probable cependant que ce fut à la suite de son voyage à la Belle-Rivière, où il accompagna Céloron de Blainville, en 1749. La narration de ce voyage, et surtout la carte qu'il en dressa ?, le mirent en vue, à Paris, parmi ceux qui s’occupaient de géographie et de découvertes. En 1754 Delisle lui donna connaissance de ses propres travaux, et le P. de Bonnécamps lui répondit dans l’automne par la lettre suivante :

‘# Québec, ce 30 octobre 1754. Monsieur, Je ne saurais assez vous remercier de la bonté que vous avez eue de m'envoyer une copie de la carte de vos découvertes dans le nord de l'Amérique. Cette partie de la géographie isgnorée Jusqu'à présent commence enfin à se développer, et si quelqu'un de nos savants avait le courage de marcher sur vos traces, on ne tarderait pas à avoir léclaircissement d’un point très intéressant pour la religion : je veux dire la communication du nouveau avec l’ancien continent.

“ Quant au mémoire de lamiral de Fonte, c’est grand dommage qu'une pièce de cette conséquence soit perdue, ou du moins qu’elle ne se retrouve qu'entre des mains étrangères et dépourvue de cette authenticité qui écarte les soupçons et ramène la confiance dans les esprits.

‘ J'arrive d’un assez long voyage * qui m’a donné occasion de faire

1 “Carte des Antilles françaises et des îles voisines, dressée sur les Mémoires manuscrits de M. Petit, ingénieur du Roi, et sur quelques observations par Guillaume Delisle... Paris, l’auteur, juillet 1717.—0,37 sur 0,64.

‘‘ (Toute la partie depuis Sainte-Lucie, jusques et y compris La Grenade, est manuscrite et refaite par Ph. Buache, gendre de l’auteur.)

‘Bibl. Nat. Cartes Klaproth, 573.” (Quatrième Centenaire, p. 33.)

2 ‘ Carte d’un voyage fait dans la Belle-Rivière (Ohio) en la Nouvelle-France, 1743, par le R. P. Bonnecamps, jésuite mathématicien. —Ms. 0,30 sur 0,81.—Bibl. du Dépôt de la Marine. B. 4044.” (Zbid., p. 42).

3 Ce voyage est mentionné dans une Ordonnance de Bigot, en date du 18 juin 1754: ‘Etant nécessaire de nommer une personne capable de faire les fonctions d'Hydrographe du Roy, en l’absence du P. Bonnecamps, détaché pour le service, nous avons commis et établi le R. P. Floquet, jésuite, pour remplir la dite fonction pendant le temps de son absence seulement.”

L'année précédente, le P. de Bonnécamps avait fait un autre voyage : une ordonnance de Bigot, en date du 20 juillet 1753, nous apprend qu’il avait été ‘envoyé dans les pays d’en-haut” :—‘* Ayant été obligé, pour le service de Sa Majesté, d'envoyer dans les pays d’en-haut le Sieur Bonnecamps, jésuite, géographe du Roy, et étant informé de la capacité du R. P. Billard, aussi jésuite, nous l’avons commis et établi en la dite capacité de géographe du Roy pour en faire les fonctions en l’absence du dit P. Bonnecamps.” (Jugements et Ordonnances des Intendants, vol. XXXIX, Ordonnances de Bigot.)

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plusieurs observations géographiques. Je ne manquerai pas de vous les communiquer sitôt qu’elles seront en état de paraître. J'ai l'honneur, ete., DE BONNÉCAMPS.”

Delisle reçut cette lettre le 30 janvier 1755. Il fut heureux de voir le P. de Bonnécamps si résolument engagé dans la voie des observations scientifiques. Illui écrivit de nouveau pour le féliciter de ses travaux, et se permit de lui faire quelques remarques.

Le P. de Bonnécamps lui répondit dans l'automne de 1755. Sa lettre nous fait connaître au prix de quelles fatigues et de quels ennuis se faisaient alors ces excursions scientifiques, de quelle provision de patience il fallait être pourvu pour n’y pas succomber, et quel mérite on avait de se livrer à ces travaux tout en se rendant compte qu’on n'avait pas ce qu'il fallait pour opérer avec précision.

Du reste, les beaux jours des observations scientifiques sont désormais passés. La guerre de Sept Ans vient d’éclater en Europe, et lo mouvement des hostilités se propage à travers les forêts, les rivières et les lacs de la Nouvelle-France. L'année 1755 fut témoin des scènes lugubres et odieuses de la dispersion des Acadiens ; elle vit aussi la glorieuse bataille de la Monongahéla et la défaite du baron Dieskau. Pendant que nos intrépides bataillons s'élancent de côté et d'autre pour défendre le sol de la patrie, le P. de Bonnécamps, au collège de Québec, se livre à ses études favorites, recueille ses notes, complète ses travaux. Il écrit à Delisle :

« Québec, 23 octobre 1755. Monsieur, Dans la lettre que j'eus l’honneur de vous écrire l’année dernière, je vous avais promis de vous envoyer cette année la carte des lacs Ontario, Erié et Huron, avec celle de l'Ohio ou Belle-Rivière, corrigée ; mais n'ayant pu vérifier à Québec quelquesunes des hauteurs que j'ai prises dans mon voyage, j'ai été obligé d’interrompre mon ouvrage, et d'en remettre la continuation jusqu'à ce qu'un temps plus favorable me permette de reprendre les mêmes hauteurs, et de voir par la comparaison que j'en ferais avec la latitude de Québec si elles sont exactes, ou du moins de quelle quantité est l'erreur.

“Vous me paraissez approuver la méthode dont je me suis servi pour tixer les principaux points de la route que j'ai tenue. Cependant vous souhaiteriez avoir quelques longitudes déterminées par des observations astronomiques. Je conviens avec vous que rien ne serait plus propre à rectifier l'estime des distances, qui, malgré les plus grandes attentions, n’est jamais sans erreur. |

€ Mais quand vous saurez la façon dont on voyage dans ce pays, vous n'aurez pas de peine à avouer que la chose est presque impossible : on à pour voiture un canot d'écorce, qui peut à peine contenir les choses les plus nécessaires à la vie; d’ailleurs on part à une ou deux heures du matin, et l’on ne campe que longtemps après le coucher du soleil, Si l’on fait des stations, ce n’est que dans de mauvais temps, qui permettent aussi peu d'observer que de marcher. J'ai été même obligé, dans le lac Erié,

de me séparer tout à fait du convoi pour prendre hauteur aux environs de la baie de Sandouski. Pour avoir quelque chose de bien exact, il faudrait que le géographe fût maître de diriger sa route, et non pas obligé comme je l’ai été de suivre un détachement de troupes qui marchent au gré de l'officier qui les commande.

“ Je vous dirai pourtant que dans plusieurs de mes différences en latitudes estimées, la plus grande erreur que j'aie trouvée n’a pas passé 2’, ce aui n’en saurait donner une idée bien considérable dans l'estime du chemin, surtout quand on a couru sur des rumbs de vent un peu éloignés de l’est ou de l’ouest.

“ Sans rien ôter à M. Deshayes ? de ce qui est dû à son mérite, j'ose affirmer que la latitude de Québec qu’il a déterminée de 46° 55/ est trop forte de 7' ou 8". Cet excès vous surprend. Mais si vous aviez comme moi sous les yeux l'instrument dont il s’est servi, votre surprise cesserait bientôt : c’est une planchette de bois d’environ 82 pouces de diamètre, et garnie d’un limbe de cuivre divisé en 360°, qui ont tout au plus chacun 5 de ligne. Or, avec un tel instrument un observateur, quelqu’exercé qu'il soit, peut-il répondre de 7’ ou 8’?

‘ Pour ce qui est de la longitude de cette même ville, je crois qu'il la fait trop petite de près de 2’: du moins, après plusieurs observations, nous l’avons trouvée, M. de Lotbinière et moi, de 4 h. 50’ et quelque chose de plus. Ce surplus est encore indéterminé, attendu qu'il y a eu quelques variations dans le nombre des secondes ; maïs j'espère, avant un an, n'avoir plus de scrupules sur cette matière.

J'ai lu avec un véritable plaisir la dissertation que vous avez composée pour rendre au journal de l’amiral de Fonte ou Fuente le degré de probabilité que la prévention semblait lui avoir ôté. I] faut l’avouer, vos réponses sont satisfaisantes, et ne laissent aux contradicteursaucune bonne raison de douter. Cependant, permettez-moi de vous faire une objection que je suis étonné qu’on ne vous ait pas faite, Ilest rapporté dans ce journal (page 22) qu'ils avaient (l'amiral de Fonte et le capitaine Leonardo) avec eux deux jésuites, dont l’un accompagna le capitaine Leonardo dans sa découverte, lesquels s'étaient avancés jusqu'au 66° de latitude septentrionale dans leurs missions et avaient fait des observations fort curieuses. Or, c’est une chose constante qu'aucun jésuite du Canada n’a encore pénétré si avant dans le nord de l'Amérique, et que nous n'avons jamais eu d'établissement dans une ville appelée Conasset. Si l’on suppose que les Jésuites en question étaient Espagnols, il faut vérifier la supposition, ce qui est aisé : il ne s’agit que d'écrire en Espagne et de s’informer des Jésuites mêmes s'ils n’ont point eu connaissance de Conasset,

1 Auteur d’une carte, ainsi désignée dans la brochure Quatrième Centenaire, p. 8& ‘Cartes des côtes habitées du Canada, par paroisses et par seigneuries.—Ms sur calque vers 1686.—1,15 sur 0,30. (Avec les noms des seigneuries.) Archives, Dépôt des Cartes, Affaires Etrangères, Nouveau fonds.”

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ville indienne située dans l'Amérique septentrionale vers les 65° delatitude, comme vous l'avez placée dans votre première carte, où vers les 55°, comme on la voit dans la deuxième, et dans laquelle ils avaient des missionnaires en 1640. S'ils répondent affirmativement, Îles découvertes de l'amiral de Fonte pourront passer pour réelles. Cependant la rencontre du capitaine Shapely, Bostonnais, demanderait encore quelques éclaircissements. On pourrait les trouver, je pense, dans les registres de Pamirauté de Boston, car il n’est pas vraisemblable que Shapely soit parti du port de cette ville sans que quelqu'un en ait eu connaissance.

“ Quant à la mer d'ouest, je ne puis vous en dire autre chose, sinon que ceux que l’on à envoyés jusqu'à présent pour en faire la découverte, sont revenus, à la vérité, bien chargés de pelleteries, mais aussi peu instruits de ce qui concernait le principal objet de leur mission qu'ils l'étaient avant de partir.

« Permettez-moi, avant de finir cette lettre, de vous demander la continuation de votre amitié, et de vous assurer que personne n’est avec plus d’attachement et de respect que moi, monsieur, votre très humble, etc., DE BONNÉCAMPS."

Il s'agit dans les deux lettres que nous venons de citer, de Barthélemi du Fuentès. “ navigateur espagnol ou portugais, dont les voyages réels ou imaginaires, dit Michaux, ont occasionné de longues dissertations entre les savants, et dont l'existence même n'a pu être prouvée”. Vancouver écrit au sujet de ce navigateur légendaire : “Je ne prétends pas nier positivement les découvertes de Fuentès; il me suffit d’avoir prouvé linvraisemblance de sa narration.”

Delisle fit une dissertation sur le prétendu voyage de Fuentès, pour en prouver la réalité ; et il la présenta à l'Académie des Sciences en 1750. C’est cette dissertation que le P. de Bonnécamps venait de lire ‘avec un véritable plaisir”. Cependant, d'après l'ensemble de sa lettre, bien qu'il affirme par courtoisie que les réponses de Delisle ‘“ ne laissent aucune bonne raison de douter”, il est évident qu'il lui restait des doutes sur la réalité du voyage de Fuentès.

Il est plus que probable qu'il en est de ce voyage de Fuentès comme de la prétendue expédition de Jean Bourdon à la mer du Nord, en 1656, au sujet de laquelle notre excellent collègue, M. Roy, a clairement prouvé qu’elle n’a pu avoir lieu, et que tout ce qu'on en a dit et écrit n'est appuyé que sur ‘une pièce apocryphe, fabriquée après coup. [1 paraît, ajoutet-il, que les diplomates de cette lointaine époque, tant en Angieterre qu'en France, n'étaient pas fort scrupuleux sur l'emploi des pièces controversées.” ? L'Amérique du Nord était une proie qui excitait la convoitise des nations européennes : c'était à qui aurait un document àexhiber pour prouver priorité de prise de possession.

1 Bulletin des Recherches historiques, vol. II, ire livraison, p. 5.

L'année 1756 vit arriver à Québec plusieurs brillants officiers français, Montcalm, Lévis, Bourlamaque et Bougainville, ‘“ qui devint plus tard, dit Gauthier, une des grandes illustrations maritimes de la France”. Ces officiers distingués lièrent connaissance avec l'élite de la société canadienne de l’époque, avec le clergé séculier, avec les jésuites du collège ; et lorsque le P. de Bonnécamps passa en France dans l’automne de 1757, Bougainville, écrivant à son amie et protectrice, M"° Hérault, lui recommanda le savant jésuite :

‘ Québec, 8 novembre 1757... J'avais donné une lettre pour vous à cet infortuné La Rigaudière. Son aventure m'a tellement effrayé que j'ai impitoyablement refusé des lettres à tous ceux qui, en partant d'ici, m'en ont demandé. Que sais-je, moi, sl ne leur prendra pas la fantaisie de faire quelque grosse sottise ? J'ai cependant excepté le P. Bonnecamp,!

que mon frère vous présentera. C’est un jésuite, qui n’en a que la robe ;

vous trouverez seulement qu'il parle un peu vite.” ?

Voilà sur la personne du P. de Bonnécamps un détail intéressant que l'on n'aurait peut-être Jamais connu, sans cette confidence toute familière de Bougainville.

Notre jésuite passa en France le long hiver de 1757-58. Il eut occasion de visiter souvent, à Paris, son ami et correspondant Joseph-Nicolas Delisle, et fit connaissance avec sa famille. Puis il repassa au Canada, en même temps que le P. de Glapion, au printemps de 1758.

La domination française en Amérique est sur son déclin. Encore un peu de gloire, encore quelques actions d'éclat, comme par exemple la bataille de Carillon ; mais il est facile de voir que la partie n’est plus égale entre les gros bataillons anglais et les troupes intrépides mais numériquement trop faibles de l’armée canadienne, Le P. de Bonnécamps se rend bien compte de la situation ; et dans l'automne il écrit à Delisle, non plus cette fois pour lui parler d'observations scientifiques, mais pour lui raconter les principaux événements militaires de l'année, l'affaire de Carillon, la prise de Louisbourg, et surtout pour le prévenir du sort inévitable qui attend la colonie française : on remarquera, du reste, la sagesse des remarques qu'il fait à ce sujet :

“ Québec, 30 octobre 1758 Monsieur, Je ne saurais assez vous remercier de toutes les marques d'affection et de bienveillance que vous

1 Le fait que tout le monde écrivait sans accent aigu le nom de notre jésuite semble prouver qu’au moins ce nom se prononçait sans accent. D'un autre côté, il paraît que le père signait de Bonnécamps—nous avons donné un fac-simile de sa signature dans notre premier mémoire : nous continuons donc à écrire son nom comme il l’écrivait lui-même.

2 Les Français au Canada, la Jeunesse de Bouguinville et la Guerre de Sept Ans, par René de Kerallain. Paris, 1896, p. %.

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m'avez données pendant mon séjour à Paris, et je vous prie d’être bien persuadé que je ne laisserai échapper aucune occasion de vous en témoigner ma vive reconnaissance.

« Depuis mon arrivée à Québec, je n'ai pu faire aucune observation ; car à peine ai-je débarqué, qu'on m'a fait monter à Montréal pour des affaires de la mission. |

« Nous avons eu une assez heureuse traversée : elle a été même plus courte que je ne comptais ; nous n'avons mis que trente-quatre jours à nous rendre de l’île d'Aix à Saint-Barnabé : c’est l'endroit où tous les vaisseaux mouillent pour la première fois en arrivant de France. Ce mouillage est environ à soixante lieues de Québec.

« Nous avons eu quelques avantages sur l'Anglais, en ce pays: la bataille du 8 juillet, que nous avons gagnée, à quelque chose de surnaturel : les ennemis, au nombre de 15 à 16,000 hommes, dont près de la moitié étaient de vieilles troupes d'Angleterre, vinrent nous attaquer à Garillon. Nous avions à leur opposer que 2,900 hommes de troupes réglées et 400 miliciens. Le malheur voulut qu'il ne se trouva pas un seul sauvage à cette action”.

« Le combat commença vers midi et demi, et ne finit qu à sept heures du soir. Nos officiers français assurent qu'ils n’ont jamais vu un feu plus continuel et plus vif: c'est pour dire qu'il ne cessa pas un seul instant pendant sept heures. Nous devions être écrasés, car le seul avantage qu'avaient nos troupes sur celles de l'ennemi était un méchant retranchement fait la veille avec des arbres qu’on avait abattus à la hâte, et qu'on n'avait pas eu le temps de revêtir de terre. Les Anglais ont perdu dans cette action environ 4,000 hommes. Notre perte se monte à 250 hommes, tant tués que blessés.

« Cette victoire a été contrebalancée par la perte de Louisbourg, qui fut obligée de capituler le 27 juillet. On s'était flatté ici que les Anglais échoueraient devant cette place. 11 paraissait même par les lettres écrites de cette ville qu'il n’y avait rien à craindre pour elle: apparemment qu'on ne comptait pas que les Anglais dussent y venir avec une aussi formidable artillerie que celle qu'ils ont conduite. Elle consistait dans plus de cent trente bouches à feu, environ trente mortiers et cent canons du plus gros calibre.

“Une faute que l'on a faite, à mon avis, dans la défense de cette place, a été de n'avoir pas employé tout ce qu’on avait de forces pour empêcher la descente. C'était là le seul moyen de conserver cette place, qui n'avait d'autre défense que son enceinte, avec un fossé et un chemin couvert, sans aucun ouvrage extérieur qui défendît le corps de la place et pût faire acheter bien cher aux ennemis cette conquête.

1 Ceci fait voir comme on appréciait les services que les Sauvages, avec leur manière toute particulière de faire la guerre, rendaient à nos troupes, lorsqu'on savait se les attacher.

‘ Ajoutez à cela que les murs sont faits avec du mortier dont le sable est sulé : or il est constant par l'expérience que le sable marin ne s’amalgame point avec la chaux et fait de très mauvais mortier : aussi tous les printemps y avait-il quelques réparations à faire aux murailles,

‘ Environ 1,000 ou 1,200 Anglais se sont présentés au Fort Duquesne, et y ont été défaits ; mais ils doivent être suivis par 6,000 hommes, qu'il ne sera pas aussi aisé de défaire.

‘“ En un mot, pour vous dire les choses telles qu’elles sont, c’est qu’on ne devra point être surpris en France si le Canada tombe entre les mains des Anglais. Ils ont sur pied plus de 60,000 hommes, et à peine en avonsnous 12,000 à leur opposer.

‘* On se flatte ici que la paix se fera en Europe. Elle pourra se faire en Allemagne ; mais l’Anglais ne voudra peut-être pas la paix. Il ya longtemps qu'il a envie d’avoir le Canada. Jamais l’occasion n’a été si belle pour lui ; et par malheur pour nous, il le voit aussi bien que nous: ainsi je doute fort que si la paix se fait on veuille nous y comprendre.

“ Si la Hollande et l'Espagne entendaient leurs véritables intérêts, elles se joindraient à la France pour la défense du Canada; mais je ne sais quelle inimitié secrète et invétérée leur fait sacrifier leurs propres intérêts au plaisir malin de voir la France dépouillée de ses colonies. Au reste, si nous avons le malheur de perdre le Canada, les colonies espagnoles courent de grands risques : leur salut dépend du nôtre. Les Anglais disent ouvertement que sitôt qu'ils auront fini la guerre avec France, ils ne tarderont pas à la déclarer à l'Espagne. Leur projet est de s’emparer de l'Amérique ; et ce projet n’est point aussi chimérique qu'on pourrait le croire à Versailles ou à Madrid.

‘Si la France n’a pas pu défendre ses possessions en Amérique, comment Îes défendra l'Espagne ? Sa marine est fort inférieure à la nôtre, quelque faible qu'elle soit. D'ailleurs la France se joimdra-t-elle à elle pour l’aider à défendre ses colonies ? Il est à présumer que la France la défendra comme elle nous à défendus.

‘ Oserais-je prendre la liberté de vous prier de vouloir bien vous charger de m'acheter sept cartes, savoir : les quatre principales parties du monde, une mappemonde, la carte de la France dressée sur les mémoires de l’Académie, celle du Canada, et un plan de Paris, et de me les envoyer par duplicata. La personne qui veut faire cette emplette demande du beau et du bon ; ainsi je vous supplie de ne rien épargner. Le frère Duval qui demeure au collège Louis-le-Grand est chargé de vous remettre l'argent nécessaire pour cette emplette.

‘“ Mille pardons de la liberté que je prends d'en user ainsi: je me flatte que si vous me trouvez bon à quelque chose vous ne ferez pas difficulté de m'employer et j'ose vous assurer que j’en saisirais l’occasion avec bien du plaisir.

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& Permettez-moi de vous demander la continuation de votre amitié, et faites-moi l'honneur de me croire, avec le plus sincère et le plus respectueux attachement, monsieur, votre très humble, etc., DE BoNNÉCAMPS.

“ Je vous prie de vouloir bien dire cent choses de ma part à Madame de l'Isle.”

Le P. de Bonnécamps n'avait plus qu'une année à passer au Canada. Après la capitulation de Québec, dans l'automne de 1759, il retourna définitivement en France, et alla, comme je lai dit dans mon premier mémoire, résider à Caen. On l'y trouve du moins en 1761, enseignant les mathématiques au collège. C’est là qu'il était probablement encore lorsque survinrent les décrets de 1762 supprimant la Compagnie de Jésus et enlevant aux jésuites le droit d'enseigner en France.

J'écrivais dans mon premier mémoire, d’après les notes que m'avait obligeamment fournies l'archiviste du collège Sainte-Marie de Montréal : “ À partir de cette date (1762), on ne retrouve nulle part le nom du P. de Bonnécamps..., et l'on ne connaît ni l'endroit ni la date de la mort de cet homme de bien...”

Je viens de trouver son nom là où je ne m'attendais guère de le rencontrer. En feuilletant des documents absolument inédits, que l’archevéché de Québec a eu l’heureuse pensée de faire copier aux archives maintenant ouvertes du Vatican, j'ai trouvé à ma grande surprise, dans la correspondance de l'abbé de L'Isle-Dieu, non seulement le nom du P. de Bonnécamps mentionné plusieurs fois, mais la copie d’une lettre qu'il écrivit à ce vénérable prêtre quelques années après la suppression de la Compagnie en France. Cette lettre nous permet de retracer une partie jusqu'ici inconnue de la carrière du P. de Bonnécamps ; elle nous peint aussi très bien son caractère.

Avant de la citer, cependant, faisons connaître le personnage éminemment distingué et vertueux auquel elle était adressée,

Picrre de Larue, abbé de l’Ile-Dicu,' demeurait à Paris, et y exerça durant près d’un demi siècle les fonctions de vicaire général des évêques de Québec. Il était leur agent auprès du saint-siège et de la cour de France. C’est lui qui recevait ordinairement leur correspondance, écrivait en leur nom à la propagande ou au ministère de Ja Marine, pressait

1 Abbaye de l’'Isle-Dieu, Insula Dei. Abbaye de l’ordre des Prémontrés, diocèse de Rouen, à 4 lieues de la ville, dans une île de la rivière d'Andèle. Elle était fille de l’abbaye de Silly et fut fondée par Réginald, seigneur de Pouilly, et Gilbert de Vacueil, châtelain de Beauvais. La fondation remonte à 1187. Pierre de Larue, abbé commendataire de l’Isle-Dieu, fut nommé en 1722: il était le trente-sixième abbé. Les revenus de l’abbaye, au XVII siècle, se montaient à 3,500 francs. L'abbaye était sous le patronage de la sainte Vierge. Nous sommes obligé à M. l'abbé Verreau pour ces renseignements.

le règlement de leurs affaires, et leur transmettait les réponses à leurs demandes.

On s’adre;ssait à lui “des différentes colonies du diocèse de Québec”, comme on disait alors : de Acadie, de la Louisiane, des Tameroiïs, du Détroit, de Montréal, de Québec ; il faisait des extraits des lettres qui lui étaient adressées, notait avec ordre les demandes et les raisons qui les appuyaient, puis soumettait le tout au Ministre. Celui-ci mettait ordinairement en apostille sa réponse où sa décision, que l'abbé de l’Isle-Dieu se hâtait de faire connaître à ses correspondants.

Ses fonctions de vicaire général de Québec datent de 1730, sous M®" Dosquet, qui n'était encore que coadjuteur de M de Mornay ; et il les exerça sans interruption jusqu'en 1777. Il fut alors remplacé par M. de Villars, qui reçut de M Briand des lettres de vicaire général et s’occupa à son tour de la correspondance de Québec, M. de Villars écrivait au ardinal Castelli, préfet de la propagande, le 9 novembre 1778 : ‘“ M. l’abbé de l’Isle-Dieu n’est plus en état de pouvoir suivre cette correspondance à cause de ses infirmités et de son grand âge, qui est de près de 91 ans” Parlant ensuite de lui-même : ‘ J'ai passé, disait-il, douze années révolues dans le séminaire des Missions étrangères de Québec,” et depuis plus de vingt ans je suis chargé du soin de ses affaires en France. Il y a un an que M® de Québec m'a confié les siennes?”

On aura une idée du désintéressement de ces hommes apostoliques et de la reconnaissance que leur doit l'Eglise du Canada, lorsqu'on saura qu'ils exerçaient gratuitement toutes ces fonctions, et qu'ils prenaient même la plupart du temps à leur charge les frais de port de la correspondance, qui étaient pourtant considérables. M. de Villars écrivant un jour au cardinal préfet de la propagande : “Je supplie Votre Eminence, dit-il, de me faire passer ses réponses sous l'enveloppe de M® le Nonce ; je fais la guerre à mes dépens depuis six ans que je suis chargé des affaires de M*"' de Québec, et les seuls ports de lettres sont un objet.*”

L'abbé de l’Isle-Dieu ne vint jamais au Canada. Nous voyons cependant par sa correspondance, spécialement par ses lettres à M. Rouillé et au duc de. Choiïiseul,t qu'il connaissait parfaitement et dans toutes ses parties l'immense diocèse de Québec, ses communautés, ses principales missions. Il s’intéressait vivement à tout ce qui pouvait procurer le bien de l’église du Canada. Voyons, par exemple, comme il souhaite, avec M* de Pontbriand, que l'Hôpital général de Montréal

! M. de Villars fut supérieur du séminaire de Québec, de 1750 à 1756.

2 Archives de la propagande.

3 Archives de la propagande, Lettre de M. de Villars au card. Castelli, 12 août

# Archives de M. l'abbé Verreau, MS Viger, Correspondance inédite de l’abbé de l’Isle-Dieu avec M. Rouillé et le duc de Choiseul sur les affaires du diocèse de Québec.—M. Viger nous apprend dans une note que c’est M. Holmes qui fit faire une copie de cette correspondance et l’apporta de Paris en 1837.

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