‹ Encore un albumChapitre 1 sur 3 · RUE DE RIVOLI · texte numérisé non relu

RUE DE RIVOLI

Paris — Imprimerie J. Voisvenel, rue du Croissant, 16.

— Comment, monsieur Pacot, vous allez en mer?

— Oui, m’amselle Françoise, à la pêche aux sardines; vous verrez ça à mes manches!

— Sergent-mojor, ousqu’est indiquée ma iila' e à bord ?

— Mais c’est bien simple; comme sapeur, vous êtes à la sainte-barbe !

— Il s’eu moque pas mal d’aller en Chine, le lapin ! N’y a que lui qui pourra y manger la soupe; ça se mange avec des baguettes, dans ce pays-là !

— AUention, Dumanet, vodà les grandes manœuvres de l’estomac qui vont commencer. AUention ! Cœur à droite! cœur à gauche ! cœur sur la main!

— Mais, factionnaire, faites donc votre service! Vous voyez que les vagues elles entrent dans le bâtiment !...

— Ah ben ! merci... si ce n’est qu’un grain, comment donc que c’est la chose tout entière!

— Imbécile! tu m’avais dit que c’était là le capitaine ; tu vois bien que c’est qu’un trompette!

— Ça mange des hommes, les requinsV II a d’avoir joliment faim, celui-là ?

— Dame! pourquoi que vous le faites attendre aussi?

Excusez ! en v’ià un drôle de tête à tête ! — Tùclie z’un peu, conscrit, d’avoir un air trou¬

pier z’en chine, car si t’as l’air pékin, c’est passer à l’ennemi dont auquel c’est la capitale et je te fais fusiller.

— Dites donc, tambour-major , vous n’avez donc lias d’influence par ici avec votre canne ; vous ne pouvez donc pas faire cesser ce roulement? Roule l’y ce brigand de vaisseau !

l’exercice a bord.

— Nom d une pipe! il nous embête, le caporal, il ne crie pas halte !

— C’est joliment commode tout de même : le sel qui vient se mettre tout seul de lui-même dans la soupe !

LE oüARTiEit-M.viTRE. — C’cst embêtant, nom d'un sabord ! Je ne peux pas me servir de mon ^fflet de commandement sans que le chien du régimênt ne prenne ça pour lui !

— Caporal, v’ià une gueuse de lame qui vient de me jeter par terre avec ma guérite ! Relevez-moi, caporal.

— Impossible! le règlement s’y oppose. Le caporal ne doit relever le factionnaire que toutes les deux heures, et je ne fais que de te poser ; je te relèverai dans deux heures.

— Troupier, voilà un aspirant qui passe; levezvous vite et tenez-vous debout sur la vergue, c’est plus poli.

— Eh bien, franchement 1 j’aime mieux passer pour un malhonnête.

Dites donc, matelot, vous n’en voyez pas souvent des sapeurs en mer?

— Allons donc ! dans la mer on voit à chaque instant des barbues.

— C’est t’y bête ! m’envoyer travailler la voilure, sous prétexte que je suis voltigeur !

— Nom d’un tonnerre ! Jean Pacot, fais attention ! voilà le caporal d’ordinaire du père Neptune qui' va aux provisions!

— Us m’embêtei’.t , ces crapauds-là! ils sont toujours à faire l’école des mousses le long de ma canne !

— Donnez-vous la peine de monter; vous nous excuserez si nous n’avons pas encore fait mettre de tapis dans les escaliers.

— Le colonel désire cjueses soldats soient bien avec l’équipage; il espère les voir toujours avec les matelots.

— Merci! j’ai pas envie de me casser le cou!

— yu’est-ce que vous faites là-liaut , tambourmajor ?

— Dame ! si je ne suis pas bien sur le tambour qu’est ma partie, je me suis dit que je ne serai bien nulle part.

— Attention! troupiers, le tropique z’a beau vous mettre sous la ligne, le règlement exige nonobstant que vous vous mettiez au contraire dessus la même ligne pour l’alignement.

— Tambom-niajor, pourquoi avez-vous votre bonnet à poil sous le bras?

— Commandant, c’est qu’il paraît que nous allons passer sous la ligne; j’ai présupposé que j’aurais de la difficulté z’avec ma taille, si je gardasse mon bonnet sur la tête.

— Vois-tu, Pacot, le tropique, c’est comme qui dirait le mardi gras des marins.

— Tiens ! et moi qu'ai pas acheté l’ordre et la marche de votre bœuf gras ! A quelle heure qu’il part du baril de salaison?

— Nom d’un chien ! il ne sait pas baptiser le père Tropique; c’est pas de ce coté-là!

— Eh bien, monsieur Dumanet, comment que vous la trouvez la fête du père Tropique ?

— Mais je préférerais (pTelle fusse plus simple; il y a trop de pompes!

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