‹ Encore un Pourceaugnac, folie-vaudeville en un acteChapitre 12 sur 29 · LE BRI GABIER · texte numérisé non relu

LE BRI GABIER

Oui , mon colonel. . .

LE C OLONEL.

Une revue î quel bonheur !

Air : Ça fait toujours plaisir*

Que je trouve de charmes A voir tous mes guerriers Ranges et sous les armes, Lancer leurs fiers coursiers!

Ainsi sous la mitraille Je les voyais courir...

C'est presque une bataille j Ça fait toujours plaisir.

Toi, ma fille... si M. de Roufignac arrivait... tu lui diras qu'un dé jeûner de cérémonie m'a forcé de m'absenter pour quelques heures. . . mais que tu t'es chargée de le recevoir . . .

NINA

Mon père. . . je n'oserai jamais. . »

LE COLONEL

Comment... tu n'oseras jamais !.. Le fils d*un ancien, ami î. . un jeune homme qui, j'en suis sûr , doit être fort bien ! . .

NINA

Mais je ne le connais pas.

LE COLONEL

Qu'est-ce que ça fait ? vous ferez connaissance ? Ecoute* moi : j'ai ià-dessus un système.

Air : Ces postillons sont d'une maladresse.

Oui, sans amour je veux qu'on se marie ; Ainsi jadis ta mère m'e'pousa.

Quand l'amour vient à la cére'monie , Le lendemain bien souvent il s'en va.

Mais quand ce dieu ne parut pas d'avance, On n'a pas peur qu'il vienne à s'esquiver j Même , au contraire , on garde l'espérance De le voir arriver.

Aussi arriva-t-il ? et tu l'éprouveras ainsi.

NINA

Je suis bien sûre que non.

L E CO L ONEL.

Allons , tu as des préventions contre lui... Non , parle franchement... Il est impossible qu'il ait du mérite parce u'il est de Limoges. . . Voilà comme vous êtes , vous , gens e Paris.

Air : Le briquet frappe la pierre.

Ton erreur est excusable j

A Paris , tous les amans

Sont plus vifs et plus galans ;

Leur ton est plus agréable.

Mais , je le dis entre nous ,

En province , les époux

Sont plus empressés , plus doux*

If I N A.

Oui , j'obéirai , mon père.

Pourtant , malgré vos avis , Si j'en crois maints beaux esprits , Chacun prétend au contraire Que c'est toujours à Paris Qu'on trouve les bons maris...

LE COLONEL

Chimères que tout cela ! . . . Tû sais d'ailleurs que ma parole est engagée, et quand j'ai une fois promis. Allons, rentre.

NINA

Non , mon père , je veux vous reconduire et vous voir monter à cheval.

LE COLONEL

Air : Ah ! quel plaisir !

Du déjeuner J'entends l'heure qui m'appelle;

Sans raisonner Je me rends au déjeûner.

Près de sa belle Le futur Peut attendre , le fait est sûr.

Avec moi, mon père, je sens Qu'il pourrait attendre long-temps»

LE COLONEL

Du déjeûner , etc4

[Ils sortent. Jules, Léon et Théodore entrent de Vautré côté avec ■précaution*}

Page 1