‹ Encyclopédie chimique. Tome Ier.- Introduction. 2e fascicule (volume 2)Chapitre 3 sur 50 · HBNRIVAÜX. — LABORATOIRES DE CHIMIE D’AIX-LA-CHAPELLE · texte numérisé non relu

HBNRIVAÜX. — LABORATOIRES DE CHIMIE D’AIX-LA-CHAPELLE

toit. Les passages de la cour au dehors renouvellent constamment l’air. L’influence fâcheuse des courants de gaz ne peut s’y faire sentir, grâce à la communication des chambres avec la canalisation extérieure.

D. Toitures. — Les parties de bâtiment à un et à deux étages en arrière, et le milieu du bâtiment principal, ont des toits en planches recouvertes de zinc. Ces toits, dans toutes les parties habitées, sont protégés contre le froid et le chaud du dehors et contre les gaz des chambres par un revêtement qui sert d’ornementation.

Les bâtiments intermédiaires, les angles du bâtiment principal, les tours du milieu ont des toitnres en bois rainés. Il y a de petits tuyaux d’argile et de plomb pour la ventilation. Toute l’eau, grâce à l’inclinaison des toits, tombe dans les cours intérieures, de sorte que la façade principale n’est défigurée par aucun tuyau de descente.

Les planches de sapin du nord des toits sont par précaution injectées de chlorure de zinc.

E. Chauffage et ventilation. — D’après l’expérience acquise par Tétude de tous les laboratoires de chimie, on avait eu tout spécialement en vue d’établir un système bien pondéré de chauffage et de ventilation, qui fit de cet établissement un modèle ; on a réussi, et les manipulateurs comme les professeurs sont en sûreté contre les actions des gaz. Au lieu de 20 mètres carrés d’air par tête et par heure que l’on donne dans les laboratoires modernes, on a ménagé ici par tête et par heure 100 mètres carrés. Et encore a-t-on pris toutes les précautions pour enlever les gaz délétères de tous les endroits où ils se produisent.

Les gaz sont absorbés par deux grandes cheminées, qui ont 20 mètres de hauteur et qui envoient les gaz bien loin au-dessus des bâtiments.

Entre la chambre des générateurs et le laboratoire de derrière, il y a un ventilateur soufflant qui prend de l’air pur et le conduit par un canal sonterrain dans la chambre chaude. Cette chambre se trouve sous la grande chambre de pesage, et l’air y est chauffé en hiver par des tuyaux de vapeur qui ont environ 3000 mètres de longueur. La vapeur pour ce chauffage est fournie en partie par la machine à vapeur, mais en grande partie aussi par un générateur beaucoup plus grand de la chambre des générateurs. Du centre, l’air chaud est conduit dans les appartements et les salles par des canaux maçonnés et bien faits. Une combinaison spéciale permet d’introduire de l’air froid et de régler ainsi les températures des divers locaux.

Dix canaux principaux séparés et peu inclinés conduisent l’air chaud du centre aux divers locaux du laboratoire, et à chaque canal est adapté un anémomètre statique qui indique la vitesse de l’air; il y a aussi un thermomètre et un hygromètre. Le chauffeur est à même d’observer tous ces instruments, et de produire toutes les températures désirables. Il connaît l’effet du calorifère dans les chambres par six thermomètres avec conduites électriques, et il peut ainsi maintenir les chambres à la température voulue -flT degrés à-|-19 degrés centigrades.

Deux tableaux lui indiquent les variations de la température. Les signau.v

BNCYCLOP. CHIM.

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sont : « Trop froidŸ et trop chaud? » S’il ne reçoit pas de réponse, c’est que la température des chambres est moyenne, c’est-à-dire -j-lS degrés.

S’il y a réponse, le chauffeur envoie, selon les cas, plus d’air chaud ou plus d’air froid.

Les six thermomètres métalliques sont placés : 1“ dans le grand amphithéâtre; 2”dans le petit amphithéâtre; 3“ dans le laboratoire privé du bâtiment de devant, et 4” dans le laboratoire qualitatif; 5° dans le laboratoire quantitatif; 6° dans le local d’opération du bâtiment de derrière. On peut Iproduire en ces six locaux, toutes les températures voulues, et cela sans uniformité des températures entre elles.

Les chambres qui n’ont pas de thermomètre électrique se trouvent entre les chambres contrôlées, et elles en prennent la température.

Des sonneries attachées aux tableaux appellent l’attention du chauffeur et le tiennent en éveil.

L’enlèvement des gaz qui se produisent dans les laboratoires se fait au moyen d’un ensemble complet de tuyaux qui sont en communication avec deux ventilateurs et deux cheminées d’aspiration.

Chaque manipulateur reçoit en même temps que sa place une niche d’évaporation par laquelle le ventilateur envoie tous les gaz dans les canaux souterrains ; de plus, tous les bains de sable, les foyers, etc., sont munis de canaux d’aspiration. Enfin, sous les toits, il y a une aspiration générale.

Cette aspiration s’étend à tous les cabinets d’aisances. — En tout, il y a 126 ouvertures d’aspiration ; cette aspiration si désirable et si étendue a modifié la construction du mobilier d’une façon notable.

Le ventilateur, en plein travail, fournit au besoin 22 à 30000 mètres cubes d’air par heure. Les aspirateurs enlèvent 18 à 22000 mètres cubes d’air par heure, de sorte que le volume d’air refoulé est toujours supérieur au volume d’air aspiré. Les rentrées d’air par les portes et les fenêtres des salles chauffées peuvent ainsi être évitées. Les habitations des professeurs sont chauffées par l’air du calorifère, les autres chambres de service par des poêles.

Distribution d’eau et canalisation. — La quantité d’eau nécessaire par jour est d’environ 75 mètres cubes : elfe était fournie précédemment par une pompe à vapeur spécialement affectée à cet usage. Cette pompe puise l’eau à deux sources différentes et l’amène dans deux réservoirs de 20 mètres cubes de capacité. Pour obtenir la pression suffisante, ces réservoirs ont été placés sous les combles du bâtiment central dont les dimensions permettaient cette installation.

Le trop-plein et les conduits indiquant le niveau de l’eau partent des réser^ voirs et aboutissent à un tuyau placé verticalement le long du bâtiment des machines, ce tuyau est abordable de tous côtés, et est en fonte. Les tuyaux de distribution, depuis les réservoirs jusqu’au point de partage du rez-de-chaussée, sont également en fonte; au delà ils sont en plomb. La canalisation, dans l’intérieur du bâtiment, est en grande partie en asphalte, au dehors elle est en argile comprimée et vernissée. Toute la tuyauterie repose dans des canaux étanches, ayant une légère pente, pouvant être facilement visités.

HENRIVATJX. — LABORATOIRES DE CHIMIE D’AIX-LA-CHABELLE. ly

Il existe à chaque évier une fermeture hydraulique, et de nombreux regards, principalement aux embranchements, permettent un nettoyage facile.

Éclairage et assombrissement. — L’éclairage au gaz est généralement adopté ; cependant les études faites dans l’ancien laboratoire ayant prouvé la possibilité d’appliquer l’éclairage électrique, on l’a également employé dans certains cas, produisant l’électricité à l’aide d’une machine Siemens.

Cette machine Siemens, placée dans la salle de préparations, est mise en mouvement par une transmission établie pour plusieurs usages et qui reçoit elle-même son mouvement de la transmission principale traversant la cave.

En outre de l’éclairage du grand amphithéâtre, la lumière électrique sert encore pour les projections. A cet effet, suivant le grand axe de l’amphithéâtre, et derrière le tableau — mobile — se trouvent les portes du laboratoire de physique, derrière la salle de préparations et la grande salle des balances.

On peut, dans le grand amphithéâtre, supprimer à volonté la lumière du jour ou du gaz, à l’aide de deux rouleaux de toile opaque placés sous le châssis intérieur du plafond et sous les becs de gaz. Le mécanisme fonctionne à l’aide d’une manivelle placée^auprès de la table d’expériences.

La chambre photométrique etle laboratoire de physique possèdent de semblables rouleaux de toile opaque pour produire l’obscurité.

Exécution de la construction. — Pour arriver à l’exécution, à la construction de ce grand laboratoire, MM. les professeurs Ewerbeck — comme architecte — et Intze— comme ingénieur— entreprirent dès 1874 un voyage pendant lequel ils recueillirent de nombreux renseignements qui les aidèrent à exécuter le programme tracé par M. le professeur, conseiller de la direction, D' Landolt.

Pour la construction, le professeur Intze fut chargé de la direction spéciale en 1875. Le professeur Ewerbeck donna des avis et des dessins pour l’exécution des détails des façades, pour la partie architecturale. Après l’approbation de tous les plans, et après la création de laboratoires spéciaux provisoires, qui furent ensuite transformés en salles dépendantes de ce grand laboratoire, on commença l’exécution de cet important travail en avril 1877.

La façade principale est en pierres de taille ; la partie décorative est en tuff de (£ Weiber », les parties exposées en trachyte du « Vogelskauler » et du « Stenzelberg » et en excellent grès.

Les peintures grossières et fines, l’aménagement et l’ameublement intérieurs furent achevés en avril 1879 et l’ouverture du laboratoire eut lieu en octobre

La dépense pour la construction, l’achat de terrain, et une restauration peu importante de l’ancien laboratoire s’élevèrent comme il a été dit plus haut, à environ 1 million de marcs (1 250000 francs).

Composition architecturale des façades et de l’intérieur. — L’q^-chitecture de la façade est celle du bâtiment principal de l’École polytechnique voisine du grand laboratoire’: construction carrée avec fenêtres cintrées, moulures épaisses avec attiques. La hauteur des étages devait être inférieure à celle du bâtiment

principal. Le milieu devait présenter une riche colonnade avec fronton sur le portail principal. A cause du voisinage du chemin de fer, et des trépidations qui en résultent, on n’a pas pu placer le bâtiment là où on l’aurait désiré. On a donc sacrifié un peu l’élégance du corps principal (qui avance un peu trop sur les ailes des côtés) à la nécessité d’obtenir, dans ce corps de bâtiment, les capacités jugées nécessaires aux pièces prévues par le plan de détails.

La façade avancée est faite avec des matériaux de même espèce (tuff de « Weiber »); le portail et la colonnade sont en grès de « Kyllburg», le socle en basalte de « Médermeng », et quelques autres parties en pierre de « Cordel».

Comme décorations et symboles il y a sur la façade des bâtiments d’angles seize profils de femmes sur le pilastre, au-dessus de la corniche, avec différents emblèmes chimiques des artistes de Reth, Oprie, Evers, Pohl et Reiners, tandis que sur le fronton du milieu on a figuré deux allégories : les deux provinces du Rhin et de "Westphalie couchées et au-dessus une statue colossale de la chimie assise, ayant à côté deux figures d’enfants (toutes deux d’Oprie). Deux statues de grandeur naturelle de chimistes renommés doivent être placées dans les niches du premier étage. Sous la corniche du milieu il existe en outre deux rangs d’ornements de Reth et Fischer.

L’architecture des côtés du bâtiment de derrière et des deux cours est très simple : briques avec enduit de ciment. Toutes ces parties, sauf un étage, servent de logements aux domestiques.

L’architecture intérieure varie beaucoup avec la destination des pièces. Le bâtiment central comprend d’abord un petit vestibule desservi par un double escalier sur lequel on arrive aux places élevées de l’amphithéâtre ; sur le même palier, deux pièces plus petites, une loge de portier, et une cage d’escalier desservant les logements des préparateurs. Ces escaliers sont éclairés d’en haut par une coupole.

Le grand amphithéâtre — pièce principale de tout le bâtiment — se divise en deux ; une pièce avec les places disposées en gradins pour les auditeurs et l’espace réservé au professeur; ces deux parties sont divisées par un grand cintre partagé en caissons. Afin de faciliter l’accès de l’arrière de l’amphithéâtre, cette partie est couverte dans toute sa profondeur par une voûte en berceau divisée en caissons, dans laquelle deux berceaux plus petits conduisent aux pièces de réunion voisines, à droite et à gauche. La partie avancée est en arcade avec un socle élevé qui supporte un plafond circulaire en verres de couleurs par lesquels aiTive le jour. Au vestibule aboutissent, sur deux côtés, de longs couloirs conduisant : à gauche, au petit amphithéâtre et à la grande salle des manipulations; à droite, au laboratoire particulier du professeur et aux pièces qui en dépendent, puis, dans une autre direction, aux salles de manipulations. Le sol des corridors et du vestibule est en marbre, le vestibule est orné de riches peintures.

Les salles de manipulations sont éclairées par le haut; les pièces situées derrière le grand amphithéâtre sont éclairées par les côtés. Les autres pièces servent de logements aux professeurs, au premier, et dans l’aile du devant.

Aménagement mtérieur du nouveau laboratoire. — Pour l’ameublement,

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