HENRIVADX. — LABORATOIRES DE CHIMIE D AIX-LA-CHAPELLE
pour les appareils, on a mis à profit l’expérience acquise dans les laboratoires créés récemment; cependant on n’a adopté que les appareils usuels, et pour les appareils compliqués on s’est assuré à l’avance de ceux qui sont nécessaires aux manipulations. On a voulu ainsi éviter le reproche de donnet trop de facilité à des jeunes gens destinés à travailler ensuite dans des usines, dans des laboratoires montés d’une façon plus primitive, là où ils pourraient alors être embarrassés pour travailler avec moins d’appareils, ou avec des appareils moins perfectionnés.
Dans ce but, le laboratoire d’analyses qualitatives a été monté très simplement, et l’on a réservé pour le laboratoire des opérations organiques les appareils compliqués.
On a pris les dispositions générales suivantes :
Chaque place d’élève, sans exception, est munie d’une hotte de ventilation sous laquelle l’appel se fait comme il en a déjà été question dans ce travail : pour cela des tubes canaux aboutissent en tous les points convenables, et jusque sur la table, afin d’y enlever les vapeurs. Chaque place est en outre munie de gaz et d'eau, afin que la presque totalité des travaux chimiques puisse se faire à la place assignée à chaque élève, sans qu’il soit nécessaire d’aller à divers endroits du laboratoire, transportant ou empruntant les appareils des uns et des autres.
La présence d’une chaudière à vapeur, toujours chauffée, a permis en outre d’établir une canalisation de vapeur dans les laboratoires quantitatifs et organiques.
On se sert de cette vapeur pour chauffer les bains placés dans les niches qui servent à chauffer de grandes et de petites capsules, de sorte qu’un courant d’air plus actif hâte l’évaporation des liquides; on peut aussi par ce moyen chauffer les pièces, etc. La vapeur passe en outre dans une quantité d’autres tubes en cuivre, tubes sécheurs pour entonnoirs (ces entonnoirs, construits récemment et bien conçus, permettent, au moyen d’une aspiration spéciale, d’obtenir une dessiccation rapide des précipités). Les bains de sable sont chauffés à la vapeur, au lieu du gaz que l’on employait jusqu’ici ; ce chauffage est plus économique. (Tous ces petits appareils spéciaux à vapeur sont construits à l’usine d’appareils de chimie en métal de M. Hirzel à Leipzig).
Les hottes d’évaporation intercalées entre les fenêtres a...a...a...a (voy. planche II, rez-de-chaussée, et planche IV pour le détail d’un appareil), reçoivent des ventilateurs une aspiration énergique. La planche IV représente un plan, coupe, élévation de l’une de ces hottes (a) des laboratoires d’analyses du rez-de-chaussée.
Gomme on le voit, la hotte est séparée en deux: la première partie est formée d’une sorte d’armoire en bois à devanture mobile ; la deuxième partie est encastrée dans l’épaisseur du mur et fermée par une glace. Cette glace est scellée et est engagée à la partie inférieure dans une rainure de la pierre du seuil (1). Les deux parois de la hotte sont revêtues de carreaux de faïence. Au plafond de
(1) Nous devons le croquis de cette hotte à l’obligeance de M. E. Laugier, ingénieur, directeur de la station agronomique de Nice, qui a publié une étude sur les laboratoires d’Aixla-Chapelle, étude dont nous avons eu connaissance en corrigeant les épreuves de notre travail.
la niche s’ouvre une cheminée de tirage débouchant sur le toit. Cette cheminée ne doit être utilisée que dans le cas où la ventilation par aspiration ne pourrait fonctionner par suite d’un accident. En temps ordinaire son ouverture est obstruée par un registre.
Un tuyau d’aspiration de O™,17 de diamètre est raccordé par un joint avec l’ouverture pratiquée dans la plaque d’ardoise inclinée d’arrière en avant formant le plancher de la hotte. Un carreau d’ardoise mobile permet de fermer plus ou moins l’ouVerture et de régler l’aspiration. Ce tuyau d’aspiration est en communication directe avec la canalisation des ventilateurs aspirants.
La sole de la niche est formée d’une plaque d’ardoise de Westphalie résistant aux acides. Cette plaque est taillée de manière à ramener au centre les liquides renversés accidentellement et qui sont, en ce cas, évacués par un tuyau en plomb relié à la canalisation d’égout. Sous la plaque d’ardoise se trouve un tiroir mobile doublé de plomb pour les vieux filtres. Le dôme de la hotte d’évaporation est également mobile. Sur le rebord antérieur sont placés les robinets des conduites d’eau, de gaz, de vapeur. Des baguettes en bois appliquées contre les murs assurent la jonction entre la partie de la hotte construite en bois et faisant saillie à l’intérieur du laboratoire et celle qui est ménagée dans l’épaisseur du mur.
Ces hottes d’évaporation sont, parmi toutes celles que nous avons eu l’occasion d’étudier, celles qui nous paraissent les plus perfectionnées.
L’enlèvement des gaz et des vapeurs est assuré par une aspiration puissante exercée de haut en bas au point le plus rapproché possible de celui où l’évaporation se produit.
Les liquides à évaporer sont, autant que possible, préservés de la chute des poussières et des produits de condensation, même si l’on avait recours à l’appel du tuyau de tirage débouchant sur le toit.
Pour filtrer dans le vide, il y a une installation de quelques pompes à eau de divers modèles ; comme la disposition du bâtiment ne permettait pas de loger et de masquer un réservoir destiné à donner la pression et la vitesse d’écoulement nécessaires, on a dû employer une disposition spéciale, ce qui a nécessité une machine à vapeur et une transmission que celle-ci met en mouvement dans les caves du bâtiment central. Deux pompes à air se meuvent de la sorte, chacune communiquant avec un réservoir en fer. La première pompe donne dans le "éservoir correspondant une faible dépression d’une demi-atmosphère environ, qui se règle du reste à volonté, et de là, part un réseau de tuyaux de plomb terminés par des robinets placés aux endroits où se trouvent les élèves au laboratoire quantitatif. On y relie les fdtres et les appareils dans lesquels il s’agit de faire passer un courant d’air par aspiration. La seconde pompe est destinée à faire un vide plus considérable ; de son réservoir part une canalisation qui aboutit aux laboratoires quantitatifs et organiques, et permet de dessécher ou de distiller dans de l’air raréfié. Enfin, il y a une troisième pompe qui livre de l’air comprimé à différents endroits des laboratoires.
La machine actionne en outre deux appareils dynamo-électriques. Le premier est une machine magnéto-électrique d’« Hefner-Alteneck » pour la production de faibles courants destinés au dépôt électrolytique des métaux.