‹ Encyclopédie chimique. Tome Ier.- Introduction. 2e fascicule (volume 2)Chapitre 47 sur 50 · GIRARD ET PABST. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

GIRARD ET PABST. — RÉSUMÉ

après avoir visité plusieurs des grands laboratoires étrangers, a bien voulu nous communiquer ses impressions à ce sujet. Nous n’entrerons pas dans le détail des dispositions spéciales, ce qui est l’affaire de l’architecte, du constructeur ‘ ou de l’ingénieur; nous étudierons seulement quelques cas où ces principes peuvent être appliqués.

Les amphithéâtres doivent être ventilés par aspiration au sonimet de la salle en utilisant pour cela le lustre, et en même temps par insufflation mécanique d’air pur, chauffé en hiver, arrivant aussi près que possible des élèves ; le grand amphithéâtre de Gratz nous paraît sous ce rapport un modèle à imiter, et sa division en deux parties par une sorte de manteau d’arlequin, analogue à ceux des théâtres, nous semble parfaite; elle a d’ailleurs été suivie à Genève.

Pour les amphithéâtres l’insufflation doit être prépondérante; dans les salles au contraire il faut faire dominer l’aspiration.

Nous ferons remarquer, par exemple, que ce qui manque à Buda-Pesth, c’est l’absence de l’insufflation, avec l’aspiration particulière à chaque hotte ou groupe de hottes : les défauts de ce système ont été évités à Munich en centralisant l’aspiration dans une chambre commune. D’ailleurs il paraît que M. von Than, trouvant son installation insuffisante, se déciderait à adopter un système plus complet pour Buda-Pesth.

En adoptant le système de salles plus petites, comme nous te faisons remarquer, par exemple des salles de 10 à 12 travailleurs, l’insufflation mécanique devient inutile et trop coûteuse; on peut se contenter de disposer sur te trajet de l’air puisé à l’extérieur un simple bec de gaz qui lui donnera toute la vitesse nécessaire. C’est le système qui a été adopté au Laboratoire municipal, où l’air, arrivant des caves dans les pieds-droits des paillasses, est chauffé par un bec de gaz et débouche violemment sur la table ou à la base des hottes, tandis que l’air vicié est appelé au sommet de la hotte par un brûleur de gaz, placé à l’ouverture d’une cheminée spéciale qui monte jusqu’au toit et ne dessert que cette hotte. On obtient ainsi un très bon tirage, qui permet de faire sous les hottes toutes les opérations possibles sans en être incommodé dans les salles.

Enfin il existe un autre système pour se débarrasser des gaz qui se dégagent d’un appareil ; il consiste à disposer dans les murs des tuyaux de grès de 10 à 12 centimètres de diamètre partant de la cave et montant jusqu’au toit; à la hauteur de la paillasse, ces tuyaux présentent des tubulures que l’on peut fermer par des bouchons; un trou livre passage à uu bec de gaz disposé à peu près comme uu bec de Bunsen sans pied. En allumant le gaz il se produit un courant d’air chaud très rapide, qui entraîne tous les produits volatils.

En fait, la ventilation, dans ces cheminées ou dans ces tuyaux, est due bien plus à un point chaud qu’à un courant d’air chaud ; aussi on peut déterminer le tirage au moyen d’un cône, sorte d’entonnoir fixé au tuyau par trois tiges, et dont la pointe est chauffée par un bec de gaz; on arrive ainsi, même en diminuant la hauteur de la cheminée, à un tirage énergique.

Le grand défaut qui a présidé à l’installation des laboratoires, surtout de ceux que l’on construit en France, est la prépondérance de l’architecte sur le professeur : il en résulte des bâtiments très beaux à l’extérieur, mais mal distribués et désastreux pour y faire de la chimie : chaque fenêtre est à sa

place exacte pour la symétrie, mais la salle annexe du laboratoire est, par suite de la distribution vicieuse ou du caprice de l’architecte, reléguée à l’autre bout du bâtiment ou à un autre étage, si elle n’est pas tout simplement supprimée. Un laboratoire, une caserne et une maison d’habitation sont trois choses différentes, et il ne faut pas les construire sur le même plan. Si l’enseignement de la chimie a fait tant de progrès en Allemagne, cela vient surtout de ce que les professeurs sont les maîtres chez eux, qu’on leur accorde libéralement les fonds pour se construire les laboratoires, qu’ils dictent les plans à l’architecte, et que celui-ci sj’étudie ses façades que lorsque les dispositions intérieures sont décidées; tel est surtout l’enseignement que nous devons tirer de cette notice sur les laboratoires étrangers.

ENCYCLOPÉDIE CHMOUE LABORATOIRES SUPPLÉMENT

Légende de la Pi^.l

ipe des Salles de manipulation.

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