CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES DE M. CLAUS1US ET DE M. DUPRÉ
141. M. Clausius, dans ses nombreux Mémoires sur la théorie mécanique de la chaleur, a presque complètement laissé de côté les réactions chimiques. Il a seulement émis les considérations suivantes qui ne sont pas sans importance pour le sujet qui nous occupe ( Théorie mécanique de la chaleur, par Clausius, traduction par Folie, lre partie, 6' Mémoire, § 9, p. 282).
«... La séparation des substances combinées chimiquement est aussi un accroissement de la disgrégation (1) de même que la combinaison chimique de substances auparavant séparées en est une diminution; on peut donc réduire ces phénomènes aux mêmes considérations que la formation et la' condensation de la vapeur.il résulte de plusieurs faits connus que dans ces cas, la chaleur opère aussi un accroissement de disgrégation, puisque beaucoup de combinaisons sont décomposées en leurs éléments par la chaleur, comme l’oxyde de mercure et même l’eau à une température très élevée. On pourrait peut-être objecter que,
(1) Cette quantité que M. Clausius appelle disgrégation et qui représente le degré de division d’un corps a été définie par lui dans la Théorie mécanique de la chaleur, traduite par Folie, 1" volume, 6e Mémoire, p . 258 et 266.
Soit Z la disgrégation d’un corps, dZ son accroissement infiniment petit, dl le travail infiniment petit correspondant. On pose:
dl = UTdZ
dl
ou : dl — Ft
et Ton: choisit l’unité de disgrégation de ' telle so l’équivalent mécanique de la chaleur, soit A = -
e que k ■= j, en appelant A l’inverse de Lr ; on a dès lors :
dans d’autres cas, une élévation de température sert à activer la combinaison de deux substances, que l’hydrogène et l’oxygène par exemple ne se combinent pas à une basse température, mais bien à une température élevée. Mais je croisqu’ici la chaleur n’exerce qu’une action secondaire, en contribuant à mettre 1er atomes dans des positions telles que les forces en vertu desquelles ils cherchent à s’unir puissent entrer en activité. D’après ma manière de voir, la chaleur ne peut jamais tendre à réunir les molécules : elle tend toujours, au contraire, à les séparer...
» ... Nous pouvons, au moyen du courant •galvanique, 'produire d’une manière simple des combinaisons et des décompositions chimiques: dans ce cas, la cellule dans laquelle s’effectue le phénomène chimique est elle-même un élément galvanique, dont la force électro-motrice contribue à Tortiller le courant, ou doit être vaincue par d’autres forces électro-motrices, de sorte que dans un cas il y a gain, dans l’autre consommation de travail. Je pense que nous pourrions d’une manière analogue diriger à notre gré, dans tous les cas, la combinaison ou la séparation des substances, en gagnant ou en consommant du travail, si nous possédions les moyens d’agir sur les atomes isolés, et de les placer l’un relativement à l’autre dans les positions voulues. Je crois aussi que la chaleur, abstraction faîte de ses effets secondaires, a dans tous les phénomènes chimiques, une tendance déterminée à s’opposer à l’union des atomes et à en activer la séparation, et que la puissance de cette action est également soumise à la loi générale énoncée plus haut. »
Dans les travaux de JM. Dupré sur la théorie mécanique de la chaleur, on trouve aussi quelques considérations sur les changements d’état chimique, mais les indications qui en résultent ne sont pas assez précises pour qu’il paraisse utile de les reproduire ici (H. Dupré, Annales de chimie et de physique, 4* série, tome III, 2e partie du 2e Mémoire, p. 86 à 90; tome IX, 5e Mémoire, p. 310 et suivantes; tome XIV, 7e 'Mémoire, p. 450 et 462).