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SOMOHO .
Si l’on a égard à l’incertitude qui règne sur les déterminations calorimétriques et sur la mesure des forces électromotrices* on voit que la vérification précédente est très satisfaisante.
L’ensemble des considérations que nous Venons de développer démontre donc que les forces électromotrices développées au contact de deux corps capables de se combiner chimiquement, sont proportionnelles aux quantités de chaleur que dégagent les combinaisons chimiques.
On sait que les quantités de chaleur mises en jeu dans une réaction chimique sont équivalentes aux travaux moléculaires qui S’effectuent dans cette réaction. Nous venons donc de démontrer que la force électromotrice, qui résulte d’une action chimique, est proportionnelle au travail moléculaire qui s’accomplit.
Les remarques qui ont été faites plus haut à propos des amalgames confirment ces conclusions de la manière la plus complète et la plus curieuse.
Lorsqu’un métal se combine avec le mercure, la combinaison dégage une certaine quantité de chaleur, là liquéfaction du métal absorbe au contraire de la chaleur. Pour le zinc, cette seconde quantité est plus grande que la première, de sorte que finalement lâ réaction absorbe de la chaleur. L’amalgame contient donc un certain travail emmagasiné, et lorsque le zinc amalgamé se dissout, la chaleur absorbée pendant l’amalgamation est rendue ; à cette restitution correspond l’augmentation de force électromotrice que nous avons signalée. La restitution de chaleur est du reste vérifiée expérimentalement ; MM. Favre et Silbermann ont trouvé que la dissolution du zinc amal-
gamé dans l’acide sulfurique dégage 18796 calories tandis que celle du zinc pur n’en dégage que 18444.
Pour le cadmium les phénomènes calorifiques qui accompagnent l’amalgamation sont inverses de ceux que nous venons de citer, aussi la force électromotrice de l’amalgame de cadmium dans l’acide sulfurique est-elle moindre que celle du métal pur.
M. J. Regnauld a observé' que les divers métaux qu’il a étudiés à ce point de vue se comportent soit comme le zinc, soit comme le cadmium ; lorsque l’amalgamation a absorbé de la chaleur, la force électromotrice de l’amalgame est supérieure à celle du métal ; si l’amalgamation a dégagé de la chaleur, la force électromotrice de l’amalgame est moindre que celle du métal.
Cette discussion montre de la manière la plus nette la liaison intime entre le dégagement d’électricité et les phénomènes calorifiques qui accompagnent les réactions chimiques et par conséquent entre le travail moléculaire qui s’effectue.
Nous verrons plus loin que la quantité d’électricité produite par un travail chimique déterminé donne naissance à un travail moléculaire rigoureusement équivalent.