‹ Encyclopédie chimique. Tome Ier.- Introduction. 2e fasciculeChapitre 183 sur 259 · RAPPORTS · texte numérisé non relu

RAPPORTS

Acide chlorhydrique .

Chlorure de sodium .

Sulfate de magnésie .

Albumine .

Caramel .

Acide tannique .

Gomme arabique .

(1) Ce sont approximativement les temps d’égale diffusion.

Les nombres déduits par Stéfan des expériences de Graham montrent que la méthode employée par ce dernier était loin d’être rigoureuse, au point de vue quantitatif.

Pour le sel marin à diverses températures, Stéfan donne la formule K = K0 (1 + 0,429*).

, Graham avait en outre démontré : que la quantité diffusée augmente avec la concentration de la liqueur primitive, quoiqu’il n’y ait pas rigoureusement proportionnalité d’après la théorie; que deux substances différentes dissoutes ensemble se séparent plus ou moins par la diffusion. M. Stéfan a fait voir qu’un mélange de chlorure de potassium et de sodium se comporte pour l’ensemble des deux sels comme une substance unique, ce qui n’est pas vrai pour chacun des sels séparément, le chlorure de potassium dominant dans les couches supérieures, et le chlorure de sodium dans les couches inférieures; ceci s’applique également aux autres mélanges. Quoique la substance la plus diffusible s’avance plus rapidement que l’autre, la loi de la diffusion de chaque substance est, ici plus compliquée que pour les substances séparées. Graham a même constaté que des combinaisons faibles, telles que celles qui existent dans les sels dçmbles, peuvent être détruites par la diffusion.

Par divers procédés on a essayé d’étudier la constitution de la colonne diffu-

santé sans être obligé de mettre fin à l’expérience. Simmler et Wild ont proposé de prendre un vase en forme de prisme triangulaire et de déterminer les indices de réfraction du liquide à diverses hauteurs, procédé délicat et critiqué par M. Stéfan, à cause du défaut d’homogénéité du liquide. M. Voite a déduit le pouvoir diffusif du sucre de canne et du sucre de raisin dans l’eau de la déter- : mination du pouvoir rotatoire de la dissolution à diverses hauteurs ; les résultats n’ont été concordants avec la loi de Fick, que quand la dissolution s’est trouvée être suffisamment étendue. Il trouva ainsi pour le coefficient de diffusion de ces substances à 14°,

Sucre de canne . 0,3144

Sucre de raisin . 0,3180

nombres qui concordent avec ceux qu’avait déterminés Stéfan.

M. William Thomson a indiqué une méthode très simple pour étudier la diffusion, dont le principe avait été donné par Faraday qui l’avait employée pour déterminer la densité des gaz liquéfiés ; elle consiste à placer un certain nombre de petites boules de verre ou de perles de poids différents dans le flacon à diffusion. A l’origine, toutes les perles doivent flotter à la surface de séparation de l’eau et du liquide, mais elles se séparent peu à peu et indiquent, par leur position, le poids spécifique de chaque couche ; il faut, pour que l’expérience réussisse bien, que les deux liquides soient et restent parfaitement exempts d’air ; il suffit donc d’avoir déterminé la relation qui existe entre la densité du liquide et sa concentration pour connaître sa constitution à diverses hauteurs, et quelques perles de poids différents suffiraient pour permettre de déterminer rapidement la diffusion d’un corps quelconque. Par le procédé de Thomson on pourrait vérifier une loi approximative énoncée par Maxwell, que la distance de deux couches ayant la même différence de densité croît sensiblement en raison inverse de la racine carrée du temps, à partir du commencement de la diffusion.

Quoique Graham, faute d’une méthode de calcul appropriée, n’ait pu déduire de ses expériences la valeur exacte des coefficients de diffusion, il est arrivé cependant à quelques résultats importants relativement à la constitution moléculaire des corps. Il reconnut ainsi que les corps peuvent, au point de vue de leur diffusion, être divisés en deux classes :

1” Les cristalloïdes, ou corps cristallisés, tels que les sels, le sucre, les acides minéraux, ayant un coefficient de diffusion assez élevé ;

2° Les colloïdes, ou corps composés n’ayant pas de forme déterminée tels que les composés albuminoïdes, la gomme et certains composés inorganiques habituellement gélatineux, tels que la silice, l’alumine, . ayant un très faible

coefficient de diffusion.

Les colloïdes sont, d’après cette définition, des corps solubles dans l’eau, mais ayant la propriété de fixer cette dernière en quantité variable dans leur substance, de manière à former des gelées, qui passent par tous les états intermédiaires, depuis l’eau pure, jusqu’à la gelée la plus résistante. Il n’existe pas pour ces corps, à proprement parler, de maximum de solubilité dans l’eau, comme pour les cristalloïdes. De plus, les colloïdes solubles subissent très facilement

T ER Qll EM. - CAPILLARITÉ. CÔI

des modifications isomériques qui les font passer à l’état de colloïdes insolubles, ou comme le dit Graham, à l’état pecteux, dans lequel le corps peut encore retenir fixé une grande quantité d’eau.

Le second point capital qu’a démontré Graham, c’est qu’à l’intérieur d’un colloïde soluble, la diffusion d’un cristalloïde se fait presque avec la même rapidité que dans l’eau pure. Ainsi ayant pris 10 grammes de chlorure de sodium et 2 grammes de gélose japonnaise, il en fit une gelée qui fut placée au fond d’une éprouvette ; au-dessus il plaça une dissolution de gélose pure à 2 % également, et que l’on fit prendre également en gelée par le refroidissement. La diffusion dans toute la masse fut trouvée à peu près la même que dans l’eau pure. La séparation de diverses substances inégalement diffusibles s’accomplit dans un colloïde tout aussi facilement que dans l’eau surtout, si l’on prend un mélange de cristalloïde et de colloïde ; car le septum colloïdal paraît arrêter presque complètement tout autre colloïde, tandis qu’il donne libre accès à un cristalloïde.

Voici mises en regard les propriétés des cristalloïdes et des colloïdes.

CRISTALLOÏDES. COLLOÏDES SOLUBLES.

1. Solubilité limitée dans Peau, dépen- Solubles dans l’eau en toute proportion,

dant de la température, forment avec l’eau des gelées plus ou

moins solides suivant la température et la quantité d’eau employée.

2. Forme polyédrique à l’état solide. Forme indéterminée, à l’état anhydre,

dépendant de la forme du vase dans lequel le corps a été desséché.

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