‹ Encyclopédie chimique. Tome Ier.- Introduction. 2e fasciculeChapitre 22 sur 259 · Cette étude sera partagée entrois parties, comprenant · texte numérisé non relu

Cette étude sera partagée entrois parties, comprenant

1° L énoncé des questions relatives aux réactions des sels dissous:

2° L’examen des sels alcalins formés par les acides forts;

8° L’examen des sels alcalins formés par les acides faibles.

2. Nous allons préciser, par des expériences thermiques, les notions d’acides forts et à’ acides faibles, de bases fortes et de bases faibles, demeurées jusqu’ici assez vagues dans l’esprit des chimistes, bien qu’elles reposent sur les observations de déplacement réciproque et de double décomposition, dont il est impossible de méconnaître l’importance.

Ce qui jette quelque trouble dans l’esprit, c’est que, dans les cas où l’action réciproque est incontestable, elle se traduit en général par la séparation physique de l’un des composants du système : c’est-à-dire que l’un des acides se pécipite sous forme peu soluble (acides borique, benzoïque, déplacés par l’acide sulfurique);

Ou bien l’un des acides surnage à l’état liquide (acide butyrique) ;

Ou bien il se dégage à l’état gazeux (acide carbonique à froid; acide acétique à 120 degrés, etc.).

Tel est encore le déplacement de l’ammoniaque, corps gazeux, par la potasse, substance fixe;

Le déplacement des oxydes métalliques insolubles par les alcalis dissous.

Telles sont aussi les formations des sels volatils (chlorhydrate ou carbonate d’ammoniaque), ou insolubles (sulfate de baryte), que l’on peut isoler par double décomposition.

Dans toutes ces circonstances, il semble que l’action chimique soit déterminée par les caractères physiques du produit qui s’élimine (lois de Berthollet), et spécialement par sa cohésion, c’est-à-dire par une propriété indépendante de la force prétendue des acides et des bases.

3. Cependant, dès l’époque de Berthollet, les avis des savants sont demeurés partagés sur la véritable cause de ces phénomènes. En effet on conçoit très bien que la séparation physique de l’un des composants du système, par volatilité ou insolubilité, du moment qu’elle commence à s’effectuer, dirige la réaction dans un sens donné et l’oblige à se poursuivre jusqu’à l’élimination totale dudit composant. Mais le début même de la réaction et la cause qui la détermine demeurent inexpliqués.

4. Les uns, tels que Gay-Lussac (1), ont supposé qu’il existe dans les liqueurs un véritable •pêle-mêle, une sorte d’indifférence de permutation ou équipollence chimique entre les acides et les bases, l’état de combinaison ne devenant déterminé qu’au moment même où la précipitation s’effectue.

Mais il est difficile de concevoir que les acides et les bases puissent coexister, tout en étant séparés au sein d’une même liqueur. S’il en était ainsi d’ailleurs, et c’est là un argument capital, le mélange d’une base dissoute avec un acide dissous ne devrait pas dégager de chaleur : la chaleur se produirait seulement au moment de la constitution du composé salin, sous forme solide ou volatile.

5. D’autres savants, guidés plutôt par un certain sentiment des analogies que par des preuves certaines, ont pensé que les acides forts devaient prendre les bases fortes de préférence, même au sein des dissolutions; mais ils n’ont jamais

(1) Annales de chimie et de physique, 2“ série, t. LXX, p. 4-3L

réussir à indiquer d’une manière précise quels caractères définissent la force relative des acides et des bases.

D’autres enfin ont admis, d’après divers indices de coloration et autres signes analogues, que les bases et les acides se partagent réellement dans les dissolutions, suivant de certains rapports, mal connus d’ailleurs; mais on n’a pu jusqu’à présent fournir à l’appui de cette opinion des preuves bien catégoriques.

6 En résumé, l’état réel de distribution des acides et des bases dans une dissolution demeure inconnu et mal défini. Or tel est le problème que je me suis trouvé conduit à aborder, au début de mes recherches sur la statique chimique.

Ce sujet est traité dans les pages 207 à 275 du tome II de l’ouvrage.

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