DISPOSITION DES LABORATOIRES
La construction des laboratoires de l’École des mines a été commencée en 1861 et terminée en 1866 ; on y a fait, en 1878, quelques aménagements nouveaux; d’autres s’achèvent en cè moment même, nécessités par un changement d’affectation de différentes parties des bâtiments de l’École.
C’est le résultat final de ces remaniements successifs que nous allons indiquer brièvement, de manière à faire connaître les dispositions actuelles des laboratoires.
Le bâtiment, dans son ensemble, forme un vaste rectangle, dont deux côtés ont vue, à l’ouest et au nord, sur le jardin du Luxembourg, le troisième, au sud, sur le jardin de l’École des mines et le quatrième, à l’est, sur une large cour intérieure, qui le sépare du bâtiment de l’administration de l’École.
Il se compose d’un soubassement, de deux étages et de combles.
Dans le soubassement se trouvent des magasins pour la verrerie, la porcelaine, les produits chimiques, etc. , des salles destinées à la préparation des réactifs et de l’eau distillée, des laboratoires pour les professeurs de minéralogie et de métallurgie ; enfin, des magasins et des ateliers de menuiserie, de serrurerie et de peinture pour l’entretien des bâtiments et du matériel de l’École.
Le rez-de-chaussée comprend tous les laboratoires des élèves, celui du pré- . parateur de chimie et les pièces destinées au bureau d’essai. Il est représenté t
CARNOT. — LES LABORATOIRES DE L’ÉCOLE NATIONALE DES MINES. 791 par le dessin ci-joint (pl. VII) ; nous reviendrons tout à l’heure sur ses dispositions.
O y accède par deux escaliers en pierre, W, X, situés à l’extrémité de galeries vitrées, de part et d’autre de la cour d’entrée, tandis que deux escaliers intérieurs, Y, Z, symétriquement placés au milieu des bâtiments, servent aux communications entre les étages, du soubassement aux combles.
Le premier étage renferme, à l’ouest et au nord, les laboratoires et cabinets des professeurs de docimasie, de chimie générale, de métallurgie, de minéralogie et en outre un laboratoire mis à la disposition des ingénieurs des mines, qui ne sont pas professeurs à l’École. A l’est, se trouvent les salles de dessin des élèves ; au sud, les collections de physique et ne chimie, la bibliothèque et une salle destinée aux expériences de spectroscopie, de photographie, etc.
Le second étage est occupé par les logements du préparateur de chimie et du premier garçon des laboratoires, par des magasins, des salles de dessin destinées aux élèves des cours préparatoires, enfin par les bureaux de l’architecte de l’École. •
Revenons maintenant à la distribution du rez-de-chaussée, figurée sur la planche VII.
Au centre des bâtiments est une cour rectangulaire, dont le sol est en béton et qui s - couverte d’une toiture vitrée, en forme de lanterne pyramidale, portée par des colonnes de fonte et une charpente en fer. Sur les longs côtés de cette cour s’ouvrent huit laboratoires parquetés, tous semblables entre eux (A, B, G, D, E, F, G, H), et deux salles réservées, l’une (I) à l’emploi du gaz pour certaines opérations, l’autre (J) au soufflage du verre ; en K est un réservoir d’eau alimenté par les grands réservoirs du Panthéon ; un second réservoir situé audessus de la pièce N' permet de fournir l’eau aux laboratoires du premier étage.
Chacun des huit laboratoires d’élèves renferme quatre places, en sorte que trente-deux élèves peuvent travailler simultanément sans se gêner les uns les autres. Ces laboratoires sont allongés et éclairés à leurs deux extrémités par de très larges et hautes baies vitrées, prenant jour au dehors et sur la cour couverte.
Sur l’une des longues faces de la pièce on voit quatre tables fixes en chêne, avec des meubles à tiroirs, des étagères et, au milieu, le casier à réactifs. Le côté opposé est occupé par le bain de sable, surmonté d’un séchoir à air chaud, par le four à moufle et un four pour l’évaporation des acides, enfin par la paillasse en briques portant trois fourneaux de calcination de dimensions différentes. Un tuyau horizontal, avec des ajutages à robinets, amène le gaz le long de la paillasse; des tubes de caoutchouc peuvent le conduire à des fourneaux portatifs, dont se servent les élèves; mais il leur est recommandé d’employer le plus souvent possible le charbon ou le coke, parce que, une fois sortis de l’École, ils peuvent être appelés à travailler dans des laboratoires d’usines, où ils n’auront le plus souvent à leur disposition que les combustibles industriels.
La cour couverte des laboratoires ne contenait d’abord qu’une vaste paillasse en briques, destinée à servir aux expériences qui devaient dégager beaucoup de gaz odorants. Mais l’aérage de la eour était insuffisant pour évacuer rapidement ces gaz. On a cherché à remédier à set inconvénient par la construction de huit
cages vitrées (i) dans lesquelles se font les dégagements de chlore, d hydrogène sulfuré, etc. On évite ainsi la diffusion de ces gaz dans 1 atmosphère. Ils sont aspirés par les foyers de quatre bains de sable supplémentaires (b), dont les fumées vont se réunir, par des rampants inclinés, dans une cheminée centrale en tôle de cuivre (îw). Des tuyaux et des robinets à gaz donnent toute facilité pour chauffer les appareils â l’intérieur des cages vitrées. Les parois de ces cages sont, comme celles desbains.de sable, formées de plaques de lave émaillées, inaltérables et d’un nettoyage facile. De grandes tables de chêne, dont quelquesunes recouvertes de plaques d’ardoise, sont disposées dans la cour, de manière à permettre de monter des appareils volumineux, sans encombrer les paillasses des laboratoires.
Deux larges corridors donnent accès d’une part à la cour et de l’autre aux pièces dont il me reste à parler.
On trouve successivement à gauche: un laboratoire et un cabinet pour le préparateur de chimie (L, M) ; puis une salle de dépôt, où les garçons entretiennent un approvisionnement de verrerie, de porcelaine et de réactifs usuels pour la consommation journalière des élèves ; plus loin, une salle pour la préparation des cours de chimie (0) et un amphithéâtre (P) où se font tous les cours de l’année préparatoire.
Sur la façade opposée est située la forge (Q) ou, pour mieux dire, la salle destinée aux essais des minerais de fer par la voie sèche, avec un four à vent à tirage très énergique, un grand four à moufle et une paillasse, où se trouve installée une trompe soufflante.
On voit ensuite deux petites pièces (R, S), qui servent de vestiaire pour les professeurs et dont les murs sont garnis de meubles à tiroirs, affectés à la collection méthodique des échantillons qui ont été examinés au bureau d’essai.
Enfin, près de la porte d’entrée, se trouvent deux laboratoires (T, U), où travaillent les chimistes du bureau d’essai, et un cabinet (V), où sont rangés dans des armoires les balances de précision, les échantillons non encore analysés et les registres sur lesquels on inscrit l’origine de tous les échantillons admis au laboratoire et tous les résultats d’analyses.