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EMPLOYÉS EN CHIMIE

PAR M. TERREIL

Les appareils jouent un grand rôle dans l’étude de la chimie ; souvent la réussite d’une expérience dépend de la bonne disposition donnée à l’appareil.

Les alchimistes et les chimistes n’employaient dans leurs travaux qu’un très petit nombre d’ustensiles de chimie ; en dehors de la cornue, de son récipient et du pélican, ils ne faisaient pas usage de ce que nous appelons aujourd’hui les appareils montés.

Si on consulte à ce sujet le Dictionnaire de chimie, de Macquer, on voit à l’article Vaisseaux et ustensiles que les principaux vaisseaux et ustensiles employés à cette époque dans un laboratoire étaient les suivants :

Alambics de cuivre, de verre, de grès et de terre, avec leurs récipients.

Allonges de verre.

Aludels de terre et de faïence : espèces de pots pouvant s’emboîter les uns dans les autres et former ainsi un tuyau plus ou moins long.

Ballons de verre, ou matras à gros ventre et à col court.

Bouteilles, ou fioles à médecine.

Bocaux.

Bain-marie. — Bain de sable.

Capsules de verre, de cristal, de porcelaine, de grès et de fer.

Cornues ou retortes.

Creusets.

Entonnoirs.

Matras : bouteilles à long col, soit à panse sphérique, soit à panse aplatie, ou matras à cul plat, soit à panse en forme d’œuf, ou œuf philosophique.

Moufles.

Pélicans, ou alambics dé verre d’une seule pièce.

Vaisseaux de rencontre ou de circulation, se composant de deux matras, dont l’un, plus petit, sert de bouchon à l’autre, et où les vapeurs se condensent et retombent dans le plus grand.

Vaisseaux sublimatoires ou matras à long col, surmonté d’un chapiteau.

Iules : espèces de creusets à pattes, à ouverture étroite, le milieu est renflé et a partie intérieure et inférieure est en pointe.

Du temps de Macquer, le tube de verre à gaz ne paraît servir que comme agi»

tateur pour remuer les liquides corrosifs ; le tube de verre plein qui nous sert aujourd’hui à cet usage était inconnu, car on lit, à l’article Laboratoire du Dictionnaire de Macquer que parmi les objets faisant partie d’un laboratoire, le chimiste doit trouver une quantité suffisante de pailles nettes coupées de longueur, pour remuer les mélanges dans les verres, et pour soutenir les filtres en papier dans les entonnoirs de verre.

Nous diviserons en trois groupes les appareils et les ustensiles de chimie que nous allons décrire : le premier groupe comprendra les appareils en verre ou en cristal ; le deuxième groupe, les objets en porcelaine, en grès et en terre; le troisième groupe, les instruments métalliques.

Objets en verre ou en cristal. — On trouve, dans un laboratoire, le verre sous toutes sortes de formes, depuis la simple baguette pleine servant d’agitateur, jusqu’aux appareils les plus compliqués.

Les objets en verre exigent, dans leur emploi, des précautions particulières que nous allons indiquer.

Il faut éviter de tenir par la panse ou par le fond tout vase de verre auquel on veut ajuster un bouchon, car le verre, qui est souvent très mince, se brise dans les mains de l’opérateur : il faut toujours tenir le vase par le goulot qui doit recevoir le bouchon.

Lorsque les instruments en verre doivent être exposés au feu, il est préférable de les choisir en verre vert, qui est plus solide que le verre blanc, et de les prendre surtout en verre mince.

Le verre se brise lorsqu’on le chauffe trop rapidement ; il peut se casser également lorsqu’il est refroidi brusquement. Un courant d’air froid qui frappe le verre chauffé peut le faire casser.

Les objets en verre se brisent quelquefois spontanément lorsqu’ils ont été mal recuits.

On emploie divers procédés pour couper le verre : lorsqu’il s’agit d’un tube à gaz, on y fait, avec une lime trois-quart ou une lame d’acier bien trempé, un trait perpendiculaire à son axe, et on détermine la rupture, en faisant avec les mains un léger effort comme s’il s’agissait de courber le tube ; pour des tubes plus gros, après avoir fait le trait de lime, on y applique une gouttelette de verre fondu à la lampe d’émailleur qui détermine la rupture immédiate ; la goutte de verre fondu peut être remplacée, soit par une pointe de fer rougie aufeu, soit par un charbon pointu incandescent, ou mieux par un charbon particulier auquel on donne la forme de crayon et qui est, d’après Gahn, composé comme il suit ; 4 grammes de gomme arabique en dissolution dans la quantité d’eau nécessaire pour occuper 95 à 100 centimètres cubes, 16 grammes de gomme adragante avec un peu d’eau bouillante pour que la masse réduite en gelée occupe 125 à 130 centimètres cubes, 8 grammes de stirax calamite en dissolution dans 20 à 25 grammes d alcool à 0,83, 16 grammes de benjoin en dissolution dans 13 grammes d’alcool à 0,83. On mêle ces corps et on y ajoute 100 à 110 grammes de charbon de bois tendre pulvérisé et passé au tamis de soie. On forme une pâte homogène dans un mortier, puis on la fait sécher, après l’avoir roulée en bâtons de la grosseur d’un fort tuyau de plume.

Ces cylindres de charbon, une fois allumés, continuent à brûler régulièrement et la partie en combustion est toujours en pointe.

En employant ces charbons, on peut conduire une fente dans le verre avec .une grande régularité. Lorsque le verre qu’on veut couper ne présente pas de fêlure, on pratique avec la lime un trait qui, par l’application du charbon, produit une fente que l’on conduit alors facilement.

On parvient encore à séparer en deux parties un vase en verre, en entourant celui-ci d’un fil mouillé préalablement d’essence de térébenthine ou d’alcool, et en enflammant ensuite le liquide combustible ; après la combustion, on touche la partie chauffée du verre, avec un corps froid, et le verre se sépare immédiatement en deux.

Lorsqu’un tube de verre a été cassé en deux parties, il présente des arêtes tranchantes qu’il faut émousser ; car, sans cette précaution, il pourrait déchirer les bouchons ouïes tubes de caoutchouc dans lesquels on le fait entrer; le verre dont les arêtes sont vives peut blesser en outre l’opérateur.

On émousse le verre, soit à l’aide d’une lime douce qu’on passe légèrement sur les arêtes des tubes, soit en chauffant le verre jusqu’à ce que les bords tranchants s’arrondissent par un commencement de fusion. Lorsque le verre est épais, il peut arriver que la lime ne morde pas suffisamment ou que le verre se casse sous l’influence de la chaleur, par suite d’inégalité de dilatation dans la masse ; dans ce cas, on use les bords du verre sur un pavé de grès mouillé, en tenant l’objet verticalement et en lui imprimant un mouvement de rotation, jusqu’à ce que le verre soit dépoli sur toute la surface de la cassure.

Objets en porcelaine, en grès et en terre. — Les ustensiles en porcelaine sont moins fragiles que ceux en verre, cependant ils sont peut-être plus impressionnables aux changements de température ; il n’est pas rare de voir un tube, une cornue ou un creuset de porcelaine se casser à la première impression du feu ; le même accident peut se produire lorsque le charbon froid vient toucher la porcelaine déjà chauffée ; il est raye qu’un ustensile de porcelaine ayant été chauffé puisse, après le refroidissement, être chauffé de nouveau sans se casser dans ce cas, la scorie vitreuse produite par les cendres du combustible qui s’est fixé sur l’ustensile augmente la fragilité du tube ou du creuset.

On voit qu’il faut apporter de grands soins dans la manière de chauffer la porcelaine ; il est de règle de commencer par la chauffer graduellement en évitant d’abord le contact et l’action trop brusque des charbons incandescents ; puis, une fois la porcelaine portée au rouge, on ne doit ajouter dans le fourneau que du combustible déjà chaud, et éviter surtout le contact de la porcelaine avec le combustible froid.

Les ustensiles de porcelaine retirés des fourneaux, avant d’être entièrement refroidis, peuvent aussi se casser facilement.

On fabrique aujourd’hui de la porcelaine qui supporte facilement, sans se briser, les alternatives brusques de chaud et de froid ; mais on ne confectionne avec cette porcelaine que de petites capsules ou de petits creusets.

Les ustensiles de porcelaine doivent être choisis à parois bien égales dans toute leur étendue et plutôt minces qu’épaisses.

La porcelaine étant infusible et dure, ne se prête pas aux mêmes opérations que le verre ; il est difficile en effet de couper en deux un tube de porcelaine ou de raccourcir le col d’une cornue ; cette opération ne peut se faire qu’en brisant la porcelaine par petits fragments à l’aide de pinces d’acier; on peut encore user la porcelaine à la meule, la seier assez facilement et même percer dans cette matière dure des trous de toutes les formes.

La porcelaine est appelée biscuit lorsque sa surface ne porte pas de couverte ou vernis ; dans cet état, elle possède toujours une certaine porosité ; aussi peutelle, à de hautes températures, se laisser traverser par les gaz, absorber, à la température ordinaire, l’humidité et différents liquides : les tubes, les cornues et les creusets de porcelaine sont presque toujours cuits en biscuit, mais les tubes sont généralement vernissés à l’intérieur.

Les capsules sont également vernissées pour éviter l’infdtration des liquides dans leur pâte ; la couverte s’arrête sur la paroi extérieure de la capsule à une certaine distance, ce qui laisse à l’état de biscuit le fond de la capsule qui doit recevoir l’action du feu ; cette disposition a pour but de diminuer les chances de casse lorsqu’on soumet la capsule à l’action de la chaleur.

Les petites capsules qui ne sont pas vernissées sur toute leur surface, présentent l’inconvénient d’éclater en petits fragments, par endroit, lorsqu’on les soumet à une température élevée.

. Il est très difficile de dessécher entièrement ces capsules lorsqu’elles ont absorbé l’humidité par leur partie poreuse non vernissée. On devra donc choisir de préférence des capsules et des creusets entièrement vernissés.

Grès et terre. — Les ustensiles de grès ou de terre cuite se cassent quelqnefois au premier coup de feu ; cet accident arrive presque toujours aux petits fourneaux en terre employés dans le laboratoire. Pour parer à cet inconvénient on cercle de tôle ces fourneaux afin d’empêcher les morceaux de se séparer lorsque la terre est fendillée.

Les ustensiles en terre se laissent travailler à la lime et à la pince d’acier on peut les percer facilement avec- des mèches et à l’aide du vilebrequin. Le grès, qui est aussi dur que la porcelaine, ne se prête qu’imparfaitement à ce travail.

Ustensiles métalliques. — Les métaux qui entrent dans la confection d’un assez grand nombre d’ustensiles de chimie, sont les suivants :

Le platine, pour creusets, capsules, couteaux, spatules, cuillères, nacelles, bouts de chalumeau, fils et lames ;

L’or, employé rarement, pour creusets et capsules ;

h’ argent, pour bassines, capsules, creusets, spatules, lames, etc ;

Le cuivre, le bronze et le laiton pour bassines, bains-marie, capsules, alambics, étuves, chalumeaux, appareils à gaz, supports, entonnoirs à double paroi, gazomètres, lingotières, manchons réfrigérants, mortiers, robinets, etc. ;

L e plomb, employé sous la forme de cornue, pour la préparation de f acide fluorhydrique ;

Le fer, qui sert à la préparation de presque tous les ustensiles'métalliques d’un laboratoire;

La fonte , pour fourneaux, creusets, supports, bains de sablé, etc.

Parmi les ustensiles métalliques, ceux qui sont, en cuivre, en fer ou en fonte, s’altèrent assez rapidement au contact des vapeurs de toutes sortes qui se dégagent dans le laboratoire, en se recouvrant d’une couche d’oxyde. Pour prévenir l’oxydation des instruments de cuivre, de bronze et de laiton, qui ne doivent pas être chauffés, on les recouvre d’un vernis dur qu’on renouvelle de temps à autre.

On protège de la rouille les ustensiles en fer, en les recouvrant, par voie électrique, d’une couche de nickel. Pour préserver les vases en fer d’une altération profonde, on les chauffe au rouge et on les plonge dans l’eau ; dans ce cas, il se forme à leur surface une légère couche d’ oxydé de fer magnétique qui protège le métal. On garantit de la rouille les objets en fonte, en les recouvrant d’une couche de vernis noir qu’on renouvelle de temps en temps.

Ustensiles en platine et en argent. — L’usage des ustensiles en platine exige les précautions suivantes : le platine ne doit être chauffé que dans du gaz à flamme oxydante, car, lorsque le gaz brûle avec une flamme éclairante, il peut déposer sur le métal un noir de fumée qui l’altère et le rend cassant.

Dans les autres modes de chauffage, on doit éviter de mettre le platine en contact avec le charbon ; il faut le maintenir à distance, ou mieux le placer dans un creuset de terre.

On ne doit jamais calciner dans du platine, dès substances pouvant fournir des métaux fusibles, comme le plomb, l’étain, le bismuth, l’antimoine, etc., ou des métalloïdes à l’état de liberté, comme le soufre, le phosphore, l’arsenic, le bore, le silicium ou le chlore. La potasse et la soude en fusion attaquent le platine ; l’hydrate de baryte fondu ne l’attaque qu’au contact de l’air ; les creusets de platine sont rapidement attaqués par un mélange de silice et de charbon ou par une matière organique phosphorée, telle que la graisse cérébrale.

Un .creuset de platine perd toujours de son poids après la calcination du phosphate ammoniaco-magnésien, ou après l’évaporation des dissolutions de chlorures métalliques, principalement celle du biehlorure de platine.

Les instruments de platine doivent être entretenus dans un parfait état de propreté ; dans leur nettoyage il faut éviter l’emploi de corps durs qui puissent les rayer, comme le sable fin ou le papier de verre.

Pour nettoyer les ustensiles' de platine et principalement les creusets et les capsules, on emploie l’acide chlorhydrique quelquefois l’acide Sulfurique concentré et bouillant ; on peut remplacer l’acide chlorhydrique par l’acide azotique, à la condition d’éliminer les chlorures ; car ces derniers forment avec l’acide azotique de l’eau régale qui attaque le platine. Lorsque les matières qui adhèrent au'platine ont résisté aux acides, on a recours à l’action du carbonate de soude en fusion. On lave ensuite le creuset à l’eau ordinaire, puis à l’eau distillée et enfin on le chauffe au rouge pour le sécher.

Il faut également éviter autant que possible de déformer les instruments de platine dont les parois sont toujours très minces, et de chercher à détacher les niasses qu’on y a fondues, en frappant le métal avecnn marteau ou un corps dur.

Lorsqu’on veut redresser un ustensile de platine déformé, on ne doit pas

gl2 ENCYCLOPEDIE CHIMIQUE.

employer de marteau métallique, mais faire usage d un petit maillet en bois, ou à son défaut, d’un manche de lime.

Quant aux ustensiles en argent, ils réclament de grands soins de propreté, l’argent noircissant rapidement par les émanations sullurées qui se produisent dans un laboratoire ; on peut les nettoyer et les polir avec du papier émeri très fin ou avec du blanc d’Espagne.

Les acides attaquent l’argent, on ne peut donc pas s’en servir pour nettoyer les creusets d’argent; d’autre part, le carbonate de soude exigeant, pour fondre, une température qui atteint le point de fusion de l’argent, ne peut être également employé.

La potasse ou la soude en fusion peuvent seules servir à nettoyer l’intérieur des creusets ou des capsules en argent.

L’argent ne peut supporter qu’une température peu élevée, le rouge sombre, par exemple ; à une température supérieure il entre en fusion, principalement en présence de la potasse ou de la soude qui sont presque les seuls réactifs qu’on emploie pour faire des attaques dans ce métal. Au rouge sombre, ces alcalis attaquent l’argent qu’on retrouve à l’état de paillettes ou de poudre divisée dans les produits de l’attaque. L’hydrate de baryte fondu, qu’on substitue quelquefois à la potasse et à la soude pour faire les attaques au creuset d’argent, altère moins ce métal que les deux bases alcalines.

Après avoir donné les renseignements qui précèdent sur l’emploi des ustensiles de chimie, nous allons décrire les principaux ustensiles usités dans les manipulations chimiques, en suivant l’ordre alphabétique et en groupant ceux de même genre et qui servent aux mêmes usages :

Alambics. — Les alambics sont généralement en cuivre, à part le serpentin qui est en étain pur. Leur forme ordinaire est représentée dans la figure 1, planche XII (1).

Les alambics en verre, appelés anciennement pélicans, sont d’une seule pièce ou à chapiteau mobile (fïg. 2 et 3) ; ils ne sont plus employés aujourd’hui.

Allonges. — Les allonges sont destinées ordinairement à relier les tubes de porcelaine ou de terre ouïes cornues avec les récipients dans lesquels doivent se condenser les produits d’une réaction. Elles sont en verre et peuvent être droites ou courbes (fig. 4 et 5).

On emploie une allonge en cuivre pour la préparation du phosphore.

Appareils a doser l’acide carbonique. — Ces appareils servent à doser l’acide carbonique des carbonates par la perte de poids. Leurs formes sont très variées, mais leur principe est le même, qui est la décomposition lente du carbonate par un acide contenu dans une partie de l’appareil et qu’on fait arriver peu à peu sur le carbonate ; le gaz carbonique se dégage en se desséchant dans un petit tube contenant, soit du chlorure de calcium soit un autre corps absorbant.

(1) Les figures 1 à 18 inclusivement se trouvent dans la planche XII,

l’humidité. La perte de poids que Ton constate, dans l’appareil, après l’expérience, représente l’acide carbonique qui s’est dégagé ; avant de peser l’appareil, on aspire pendant une minute ou deux, par le tube desséchant, pour remplacer, par de l’air, l’acide carbonique qui le remplit.

Les principaux appareils à doser l’acide carbonique sont les suivants:

' Appareil de Berzélius et Rose (fig. 6) ;

i Appareil de Moride et Robierre (fig. 7). Cet appareil est celui dont l’usage est le plus répandu ;

Appareil de Mohr (fig. 8) ;

Appareils de Gessler (fig. 9 et 10) ;

Appareil de Rose (fig. 11) ;

Appareil de Kipp (fig. 12) ;

Appareil de Schrôtter (fig. 13) ;

Appareil de Gessler et Hermann (fig. 14).

Appareils de M. Berthelot, pour la synthèse de l’acétylène et pour la synthèse de l’acide formique. — Dans le premier de ces appareils (fig.15), du gaz hydrogène se combine avec le charbon qui constitue les conducteurs d’un courant électrique énergique.

Dans l’autre (fig. 16), du gaz oxyde de carbone s’unit à l’eau de la potasse caustique pour former du formiate de potasse.

Appareils a gaz. — Hydrogène. — Hydrogène sulfuré et acide carbonique. — Le plus simple de ces appareils est celui deM. Henri Sainte-Claire Deville (fig. 17) : le principe repose sur la différence de niveau qui existe entre deux flacons à tubulures inférieures réunies par un caoutchouc, dont l’un contient de l’acide plus ou moins étendu, et l’autre du zinc, du sulfure de fer ou du carbonate de chaux.

Lorsqu’on ferme le robinet de dégagement du flacon contenant la substance, le gaz qui se produit refoule, par sa pression, l’acide dans l’autre flacon, et la production du gaz cesse; puis lorsqu’on ouvre ce robinet, le liquide acide revient se mettre en contact avec le corps producteur du gaz, et le dégagement de celuici se manifeste aussitôt.

La disposition de l’appareil présenté dans la figure 18 repose sensiblement sur le même principe.

L’appareil étant monté comme l’indique la figure, an introduit d’abord la substance devant produire le gaz; par la tubulure latérale e de la boule B, on remet le tube de dégagement en place en laissant son robinet ouvert ; puis on verse par le tube en S de l’acide étendu, jusqu’à ce que cet acide soit en quantité suffisante pour arriver au contact de la substance dans la boule B, et environ à moitié de celle-ci. On ferme ensuite le robinet de dégagement, le gaz qui se produit comprime alors le liquide acide et le force à monter dans la boule A, par sa longue tubulure a, b. Aussitôt que le liquide s’est abaissé au-dessous du niveau f, le gaz cesse de se produire. Lorsqu’on ouvre ensuite le robinet de dégagement, le liquide revient se mettre en contact avec la substance et lé dégagement reprend son cours. Dans la panse inférieure G de l’appareil, se

trouve une tubulure latérale o, bouchée à l’émeri, qui permet de vider le liquide lorsque celui-ci est saturé.

Balances pour analyses. — La balance de précision est le principal instrument du chimiste. C’est également l’instrument qui exige le plus de soin.

Les balances doivent être tenues à l'abri des vapeurs du laboratoire, et qiioiqu’ellës soient toujours renfermées dans des cages vitrées, il est convenable de les installer dans une pièce à part, dite chambre des balances, où elles sont à l’abri de l’humidité, des vapeurs et de toute trépidation.

On doit toujours maintenir, dans l’intérieur de la cage d’une balance, un ou deux vases contenant du carbonate de potasse calciné. Ce sel, qui est très avide d’eau, absorbe continuellement l’humidité de l’atmosphère ambiante.

Pour maintenir les diverses parties d’une balance dans un parfait état d’équilibre, il faut que la température de l’atmosphère de la cage soit la même dans toute son étendue. On ne doit peser les corps qui ont été chauffés que lorsqu’ils sont tout à fait refroidis. •

Quand on veut ôter ou qu’on veut ajouter' un poids sur le plateau d’une balance, on doit rendre celle-ci immobile à l’aide de son système calant.

Pendant les pesées, les portes de la cage doivent être fermées.

Les petites balances qui sont représentées dans les figures 19, 20 et 21, planche XIII (1), portent le nom de trébucliets. Celle de la figure 22 est un petit trébuchet, dit de Platner, et qu’on emploie dans les essais d’or et d’argent faits au chalumeau.

Les figures 23, 24, 25 et 26 représentent des balances d’analyses de différentes grandeurs.

Depuis quelques années on a adapté aux balances de précision un système de cavaliers, destinés à remplacer les poids de milligrammes, et qui peuvent même indiquer les dixièmes de milligramme. Le cavalier est un fil fin de platine ayant ordinairement la forme représentée à part, figure 27 (pl. XIV (2), et qu’on peut poser à volonté sur un endroit quelconque d’une règle divisée, faisant partie des bras de leviers de la balance, et où il agit comme poids. Ce cavalier se manœuvre de l’extérieur de la balance à l’aide d’une tige métallique qui le porte à son extrémité.

Ballons. — Les ballons sont généralement en verre blanc ; il en existe cependant des petits en porcelaine, qui servent à prendre les densités de vapeurs à des températures très élevées.

Le col d’un ballon ordinaire, (fig. 28), a sensiblemeht la longueur du diamètre du ballon; lorsque cette limite est dépassée, le balion est dit à long col; quelquefois aussi on lui donne le nom de matras.

Le ballon est dit tubulé lorsqu’il porte une ouverture latérale comme en A et B de la figure 29. Cette tubulure peut être bouchée à l’émeri (fig, 30),, Un

.(1) Les figures 19 à 25 mclusivenlen (2) Les figures 26 à 40 inclusivemen

i trouvent dans la planche XIII, trouvent dans, la planche XIV.

ballon peut avoir plusieurs tubulures ou ouvertures, comme on le voit en A, B, C et D dans la figure 31 et dans la figure 32.

Le ballon dont le fond est aplati, prend le nom de fiole à fond plat.

Becs be gaz de Bunsen, fourneaux et appareils de chauffage au gaz. — Depuis que l’usage du gaz est devenu général dans les laboratoires, et que ce combustible a remplacé le charbon de bois, on a dû modifier profondément la disposition des appareils de chauffage.

C’est M. Bunsen qui a fait construire le premier bec de gaz approprié aux expériences de chimie, aussi ce bec de gaz porte-t-il son nom. Depuis, les constructeurs de tous les pays se sont ingéniés à trouver les meilleures dispositions à donner aux appareils de chauffage, et parmi ces constructeurs nous devons citer, entre tous, M. Wiesnegg, de Paris, qui a attaché son nom à un grand nombre de ces appareils.

Les deux planehes 10 et 11 de l’Atlas montrent dans leur ensemble tous les appareils à gaz construits par la maison Wiesnegg.

Le bec de Bunsen simple est représenté dans la figure 33 ; la figure 34 montre ce bec avec robinet à air, et la figure 35 ce bec en place sur un support. Le bec. Bunsen peut avoir une forme cintrée (fig. 36 et 37). Le bec Bunsen est ordinairement accompagné d’accessoires qui sont: un couronnement percé latéralement de trous, qui étale la surface de chauffe ; une cheminée à toile métallique, qu’on emploie lorsqu’on veut modérer l’action de la chaleur, et quelquefois un plateau en porcelaine pour les cendres (fig. 38).

A côté du bec Bunsen, vient se placer le bec Wiesnegg, à double robinet pour le gaz et pour l’air, et que la figure 39 représente avec son support en forme de réchaud.

La figure 40 montre un fourneau à gaz consistant en un groupe de becs Bunsen, dans une enveloppe de fonte, avec allonge mobile.

La figure 44, (pi. XY) (1) est le même fourneau à gaz, avec un brûleur de Wiesnegg.

La figure 42 est un fourneau à évaporation lente en tôle, dans lequel le gaz sortant par une triple couronne, brûle avec flamme éclairante.

La figure 43 montre la nouvelle grille à analyses chauffée au gaz, la figure 44 un fourneau à moufle pour incinération, la figure 45 le chalumeau dit lampe Drummond , fonctionnant à l’hydrogène ou au gaz d’éclairage avec l’oxygène. Ce chalumeau a été modifié par MM. Henri Sainte-Claire Deville et Debray, pour obtenir la fusion industrielle du platine. La figure 46 montre une étuve de Wiesnegg, chauffée au gaz.

Chalumeau. — Le chalumeau est l’instrument employé en chimie et en minéralogie pour faire les petits essais qualitatifs par voie sèche. Le chalumeau ' de Berzélius,- que l’on voit dans la figure 47, est en laiton, il se compose de quatre parties : 1° l’embouchure et son tube; 2° le petit tube formant angle droit avec le premier; 3° une chambre à air cylindrique sur laquelle viennent

(1) La planche XV contient les figures 41 à 52 -inclusivement.

s’ajuster les tubes précédents; 4° le bout de chalumeau en platine ou en cuivre rouge, qui s’ajuste à l’extrémité du petit tube.

La figure montre le chalumeau adapté à une petite lampe à alcool, mais qui n’est plus en usage aujourd’hui.

La figure 48 montre un chalumeau en tôle vernissée, fait d’une seule pièce ; le petit tube latéral est soudé sur le grand tube qui, étant conique, fait 1 office de chambre à air; un bout de chalumeau vient s’adapter à l’extrémité de 1 instrument.

Le bout d’un chalumeau est en quelque sorte la partie essentielle de l’instrument; il est préférable qu’il soit en platine, parce que le cuivre s’oxydant lorsqu’il est chauffé, le bout s’altère assez. rapidement. L’ouverture d’un bout de chalumeau doit être parfaitement cylindrique et peu large, à moins de cas spéciaux.

Cloches. — La cloche simple ou fermée, portant un bouton pour en faciliter la manipulation, est ordinairement en cristal, elle sert à recouvrir les substances pour les mettre à l’abri ou pour opérer des évaporations lentes, en présence de corps qui absorbent l’eau, soit par simple recouvrement (fig. 49), soit en faisant le vide sous la cloche (fig. 50) ; dans ce cas les bords de la cloche sont dressés et rodés.

La cloche dite à douille est en verre blanc, elle porte à sa partie supérieure une ouverture en forme de goulot de flacon, mais non bordé (fig 51). La douille peut être recouverte d’un appendice en cuivre scellé à la gomme laque, et muni d’un robinet ( robinet à douille ) qui peut permettre l’écoulement des gaz. Une de ces cloches se voit dans la figure 52. Quelquefois les cloches à robinet sont jaugées et portent une division en centimètres cubes; on trouve encore quelques-unes de ces cloches graduées en pouces cubes.

Les cloches à douille peuvent encore porter une ou plusieurs tubulures, comme on le voit dans la cloche qui sert à la préparation de l’acide phosphorique anhydre (fig. 53, pl. XVI) (1).

Cornues. — La cornue est un des principaux ustensiles du laboratoire. Elle est simple (fig. 54), ou tubulé, (fig. 55 et 56). Elle est en verre, en porcelaine ou en terre.

Certaines cornues de porcelaine ou de terre, ont une longue tubulure, plongeant, sous forme de tube, jusqu’à quelques centimètres du fond de la cornue.

Nous montrons dans la figure 57 la cornue en plomb qui sert à la préparation de l’acide fluorhydrique hydraté. Il existe également une petite cornue distillatoire en platine, analogue à la précédente, qui sert principalement à la préparation de l’acide fluorhydrique anhydre.

Creusets. — Les creusets sont des ustensiles de premier ordre pour le chimiste; on peut les partager en creusets destinés aux analyses, et en creusets destinés aux opérations de la voie sèche.

(I) La planche XVI contient les figures 53 à 67 inclusivement.

TERREIL. — APPAREILS ET USTENSILES EMPLOYÉS EN CHIMIE. St 7

Les creusets pour analyses sont ordinairement en platine et en argent. Leurs formes sont celles représentées en P, A et P f dans la figure 58 ; on voit par celte figure qu’il existe pour ces creusets deux espèces de couvercles: le couvercle recouvrant avec bouton rivé, P et A, et le couvercle plat, à fond bombé en forme de capsule, P f. Le premier de ces couvercles présente l’inconvénient de perdre trop facilement son bouton, qui se dérive à la moindre pression ; l’autre, au contraire, a l’avantage de pouvoir servir au besoin de petite capsule pour de petits essais.

Les creusets à analyses peuvent être en porcelaine, mais la porcelaine ordinaire présente l’inconvénient, comme nous l’avons déjà dit au commencement de cet article, de se casser avec facilité sous l’action de la chaleur ou d’un refroidissement trop brusque; quelquefois aussi, à des températures élevées, elle éclate par petits fragments qui peuvent être la cause d’erreurs dans les pesées.

Cependant on trouve aujourd’hui dans le commerce et venant d’Allemagne, des creusets pour analyses en porcelaine vernissée, qui résistent parfaitement aux changements brusques de température et qui ne s’éclatent pas. Ces creusets ont les formes représentées dans la figure 59. Quelques-uns de ces creusets ont leur couvercle percé d’une ouverture qui permet l’introduction d’un petit tube de porcelaine coudé à angle droit, et par lequel on peut diriger des courants de gaz (hydrogène, oxygène, etc.) sur la substance en expérience (fig. 60).

La forme des creusets destinés aux essais par voie sèche, est représentée dans la figure 58. Les creusets dits de Hesse sont quelquefois triangulaires.

On donne le nom de fromage à un petit cylindre plat de terre cuite, que l’on voit en F, figure 58, et qui est destiné à supporter le creuset; le fond du creuset ne serait pas chauffé suffisamment s’il reposait directement sur la grille du fourneau.

Cristallisoirs. — On nomme cristallisoirs des vases cylindriques en verre de différents diamètres, mais toujours à parois relativement peu élevées (fig. 61), dans lesquels on met les liqueurs qu’on veut faire cristalliser. Le cristallisoir se casse assez facilement sous l’influence de la chaleur, lorsqu’il est en verre blanc ordinaire, mais il en existe en verre de Bohême à parois minces, qui peuvent même aller au feu.

Cuves pneumatiques a recueillir les gaz. — Les cuves à recueillir les gaz peuvent être remplies d’eau ou de mercure.

Les grandes cuves à eau sont ordinairement en chêne doublé de plomb (fig. 52).

Les petites cuves sont en verre; elles ont la disposition que nous avons indiquée figure 62. Mais la cuve à eau la plus employée est une simple terrine en grès (fig. 63).

Les cuves à mercure sont en pierre dure ou en marbre (fig. 64). Elles sont évidées assez profondément dans l’intérieur, mais de manière à contenir le moins de mercure possible. Elles portent en outre des entailles destinées à recevoir les tubes abducleurs et de façon que les éprouvettes puissent reposer entic-

ENCYCI.OP. CIUM. 52

renient sur leur base; elles présentent en outre des trous cylindriques très profonds, dans lesquels on plonge les tubes gradués, afin de pouvoir, dans l’évaluation des volumes gazeux, amener au même niveau le mercure de la cuve et celui du tube. 11 existe une cuve à mercure en fonte, dite de Voyère, qui porte en contre-bas un long manchon étroit de même métal, qui permet, avec la plus grande facilité, la manipulation des gaz.

La petite cuve à mercure en porcelaine qui est représentée dans la figure 65 est employée principalement pour recueillir l’azote dans les analyses organiques.

La cuve à mercure en verre, dite de Bunsen, sert aux analyses eudiométriquès (fig. 66).

Dessiccateurs. — On donne le nom de dessiccateurs à des vases en verre, fermant hermétiquement., composés de deux compartiments, dont l’un contient un corps très avide d’eau, tel que l’acide sulfurique concentré, l’acide phosphorique anhydre, etc., et l’autre la substance à dessécher. La figure 67 représente la forme la plus ordinaire du dessiccateur.

Digestetjrs ou appareils a déplacement. — L’appareil à déplacement est destiné à épuiser une substance de ses principes immédiats solubles, à l’aide de dissolvants appropriés. Le digesteur le plus simple est l’appareil à déplacement de Robiquet (fig. 68, pl. XVII) (1); viennent ensuite celui de Payea (fig. 69); celui de Gerhardt (fig. 70), et celui de M. Cloëz (fig. 71). Dans ces divers digesteurs, à l’exception de celui de Robiquet, le dissolvant se volatilise constamment, et sa vapeur se condensant dans la partie refroidie de l’appareil, le liquide dissolvant retombe continuellement sur la substance que l’on veut épuiser.

Électricité (appareils d’). — En chimie on emploie l’étincelle électrique pour déterminer la combinaison des gaz dans les analyses eudiométriques, ou pour opérer la décomposition de certains corps.

Anciennement on tirait l’étincelle électrique d’une bouteille de Leyde (fig. 72), ou de l’électrophore (fig. 73). Aujourd’hui on se sert de la bobine d’induction de Ruhmkorff (fig. 74).

On emploie plus fréquemment, dans les opérations chimiques, l’électricité sous forme de courant, pour obtenir la décomposition des différents corps.

La figure 75 représente un élément de pile Bunsen, avec ses détails, et la figure 76 une pile montée, composée de six éléments de Bunsen.

La figure 77 montre un grand et un petit modèle de pile au bichromate de potasse.

Entonnoirs. — Les entonnoirs sont ordinairement en verre, il en existe en porcelaine, en grès, en métal, en fer-blanc, en cuivre, en plomb, en gutta-percha. a figure 78 (pl. XVIII) (2), montre la forme ordinaire de l’entonnoir.

iV iLaa P!anClîe contient les %ures 68 à 77 inclusivement.

2J La planche XVI il contient les figures 78 à 89 inclusivement.

La figure 79 montre la forme adoptée aujourd’hui pour les petits entonnoirs à analyses.

La figure 80 représente deux formes d’entonnoirs à robinet. La figure 81 montre un entonnoir métallique à double paroi, permettant de faire des filtrations chaudes, en entretenant autour du filtre de l’eau bouillante à l’aide d’un appendice soudé à l’entonnoir, et que l’on chauffe avec une lampe.

Éprouvettes.— Les éprouvettes sont toutes en verre, il en existe de divers grandeurs. On distingue les éprouvettes à gaz (fig. 82), les éprouvettes à pied, à bec ou sans bec (fig. 83), et les éprouvettes à dessécher les gaz (fig. 84),

Étuves. — Les principales étuves sont : l’étuve de Gay-Lussac (fig. 85), à simple ou à double porte à eau ou à huile. M. Cloëz a apporté à l’étuve de Gay- Lussac une heureuse modification, qui consiste dans l’addition d’un long cylindre à double paroi où l’on place de l’eau froide, qui condense la vapeur d’eau qui se volatise de l’étuve, et qui ainsi ne peut jamais être à sec. L’étuve de M. Cloëz est représentée dans la figure 86.

L’étuve à air de Wiesnegg est à double paroi en métal, formant cheminée (fig. 87). L’étuve à bain de sable, de M. Schlcesing, convient à l’évaporation des acides (fig. 88) ; l’étuve de M. Fremy est à bain de sable à deux prises d’air, avec cage vitrée à double paroi dans le fond, formant cheminée (fig. 89).

Eudiomètres. — La figure 90 (pl. XIX) (1) représente l’eudiomètre à mercure de Gay-Lussac, au moment où on le fait traverser par l’étincelle électrique. La figure 91 montre l’eudiomètre à eau, de Mitscherlich, pour la démonstration du principe eudiométrique, et la figure 92 l’eudiomètre à mercure de Bunsen.

Filtration. — La filtration des liquides se fait ordinairement sur des filtres en papier non collé, dit papier à filtre. Ge papier peut être gris ou blane, mais, dans les laboratoires, on emploie presque exclusivement le papier blanc.

Le papier à filtrer destiné aux analyses est fabriqué avec des matières cellulosiques très pures et ne laissant que peu de cendres après incinération; on le désigne sous le nom de papier Berzélius ou papier de Suède.

Les filtres peuvent être à plis ou sans plis ; ces derniers ne sont généralement employés que dans les analyses; ils permettent de laver plus facilement les précipités qu’on y recueille; mais ils filtrent plus lentement que les filtres à plis.

Les filtres à plis filtrent d’autant plus rapidement que leurs plis sont plus nombreux et plus réguliers. Les filtres sont sujets à se percer lorsqu’ils né sont pas suffisamment entrés dans les entonnoirs.

Lorsqu’on a de grandes quantités de liquide à filtrer ou des précipités volumineux à recueillir, on remplace le filtre en papier par des chausses en feutre ou en molleton (fig 94), ou par de simples toiles placées sur des châssis (fig. 95 et 96).

(1) La planche XIX contient les figures 90 à 109 inclusivement.

La figure 97 représente un flacon de Mariotte qui sert à laver, sans interruption, les précipités qui sont sur les filtres.

Flacons. — Les flacons sont en verre blanc, en verre vert (fioles à médecine) et en cristal.

Les flacons à petite ouverture portent le nom de goulots (fig. 98) ; les flacons à plus large ouverture s’appellent cols droits (fig. 99) et les flacons à très large ouverture se nomment bocaux (fig. 100).

Les flacons dont les ouvertures sont fermées par des bouchons en verre rodé . et usé à l’émeri, s’intitulent flacons bouchés ; certains de ces flacons, destinés pour les collections, sont quelquefois terminés par une base plus large, alors ils sont dits à pied (fig. 101).

existe des flacons à robinet, qui portent latéralement une tubulure rodée aans laquelle un robinet, en verre également rodé, vient s’ajuster (fig. 102).

Le flacon à tubulure ordinaire (fig. 103), fait partie d’un grand nombre d’appareils de chimie.

Le flacon devient un véritable appareil de chimie lorsqu’il porte deux ou trois tubulures (fig. 104 et 105) ; on le désigne alors sous le nom de flacon de Wolff.

Fourneaux. — On distingue dans les laboratoires de chimie des fourneaux à demeure et des fourneaux mobiles ; ces derniers seuls entrent dans le montage des appareils.

Les fourneaux à demeure sont: le fourneau de distillation, les fourneaux à évaporation et les divers fourneaux à vent pour les essais métallurgiques. Les fourneaux mobiles sont en terre cuite cerclée de fer ; on les divise en fourneaux ordinaires, en fourneaux à réverbères et en fourneaux à coupelles. Les fourneaux ordinaires comprennent le petit fourneau à queue que l’on voit dans la figure 106 ; le fourneau dit à bassines (fig. 107) et le bas de fourneau (fig. 108).

Il y a deux sortes de fourneaux à réverbère :

1° Le fourneau à réverbère ordinaire (fig. 109), qui se compose de trois parties : le bas de fourneau, le laboratoire qui se place au-dessus et le dôme qui recouvre le tout ;

2° Le fourneau à réverbère, dit à tubes, ou fourneau long (fig. 110, pl. XX) (1), qui n’est formé que du bas de laboratoire et du dôme.

Il n’existe qu’une seule forme du fourneau à coupelles ; elle est représentée dans la figure 111. Ce fourneau se compose de quatre parties: la base portegrille, le bas de fourneau, le laboratoire porte-moufle et le dôme, auxquels vient s’ajouter un long tuyau de tirage en tôle. ,

Gazomètre. — Le gazomètre que l’on emploie dans les laboratoires est dû à M. Régnault ; il se compose, comme le montre la figure 112, d’un gros cylindre métallique R, ordinairement en cuivre, muni de deux poignets pour faciliter son transport, et d’un niveau d’eau d et d' : ce cylindre est surmonté d’une cuvette G', qui communique avec lui par deux tubes à robinet, le tube T qui plonge presque

(1) La planche XX contient les figures 110 à 120 inclusivement.

jusqu’au fond du gazomètre et le tube t qui affleure sa partie supérieure ; le cylindre du gazomètre porte latéralement, en a, un robinet, et à sa base, en V, une ouverture se fermant avec un bouchon métallique à vis et par laquelle se fait l’introduction du gaz à recueillir. Pour faire usage de ce gazomètre, on ferme l’ouverture Y, on ouvre les robinets a, f etT, et on emplit la cuvette d’eau; cette dernière s’écoule dans le gazomètre par le tube T ; elle y déplace l’air qui sort par les robinets a et t; lorsque l’eau s’échappe par le robinet a, cela indique que le gazomètre est plein d’eau; on ferme alors ce robinet, puis ensuite les deux autres ; enfin on débouche l’ouverture V. Il s’écoule une certaine quantité d’eau par suite de l’équilibre qui s’établit entre l’eau du gazomètre et l’air atmosphérique : on peut alors recueillir le gaz ; pour cela, on introduit dans cette ouverture le tube à dégagement, comme on le voit dans la figure 113 (préparation de l’oxygène). Le gaz, en raison de sa légèreté, monte dans le gazomètre et y déplace un même volume d’eau qui s’écoule au dehors par l’ouverture V.

Lorsque le gazomètre est rempli, on ferme l’ouverture V, et lorsqu’on veut faire usage du gaz, on emplit d’eau la cuvette C, on ouvre le robinet T ; la pression de la colonne d’eau qui existe dans ce tube comprime le gaz et le force à sortir par les robinets a et t lorsqu’on vient à les ouvrir.

On doit, pendant toute la durée de l’écoulement du gaz, maintenir la cuvette C remplie d’eau. Cette cuvette sert de cuve pneumatique lorsqu’on veut recueillir du gaz dans des éprouvettes ; ces dernières étant pleines d’eau, on les plonge dans l’eau de la cuve et on les place au-dessus du tube t, dont on ouvre le robinet. Le robinet à sert à conduire le gaz dans les appareils.

Grilles. — On emploie dans les laboratoires plusieurs espèces de grilles :

4° Les simples grilles en fils de fer, sur lesquelles on place des charbons incandescents pour chauffer des tubes, comme on le voit dans la figure 114 ;

2° La grille à distiller l’acide sulfurique (fig. 115), dans laquelle la cornue n’est chauffée que latéralement pour éviter les soubresauts. On peut remplacer cette grille par une simple grille disposée dans des briques, comme le montre la figure 116 ; dans ce cas, on pose la cornue sur un cercle en tôle ayant la forme d’un cône tronqué, et qui met le fond de la cornue à l’abri de l’action du feu;

3° L’ancienne grille à analyses, en tôle, vue en T dans la figure 117 ;

4° La nouvelle grille à analyses, chauffée au gaz, dont nous avons donné le modèle, figure 43.

Lampes. — En dehors des lampes à gaz dont il a été parlé aux appareils de chauffage au gaz, on fait encore usage dans les laboratoires des lampes suivantes :

1° La lampe ordinaire à alcool (fig. 118);

2° La lampe à alcool, à double courant, de Berzélius (fig. 119) ;

3” La lampe à alcool, à niveau constant, de Berzélius (fig. 120) ;

4° La lampe-forge de M. Sainte-Glaire Deville (fig. 121, pl. XXI) (1), ayant de l'analogie avec la lampe précédente de Berzélius, mais qui est dis-

(1) La planche XXI contient les figures 121 à 129 inclusivement.

posée pour recevoir le courant d’air d’une soufflerie, et dans laquelle le combustible est de l’essence de térébenthine ou du pétrole ;

5° La lampe d’émailleur, (fig. 122), qui se compose d’une soufflerie et soit d’un chalumeau à gaz, comme dans la figure, soit d’une lampe plate à huile ou à graisse.

Laveurs ( tubes et flacons). — On donne le nom de laveurs à des tubes ou à des flacons contenant de l’eau ou tout autre liquide destiné à laver, à dessécher ou à absorber les gaz. Le plus simple des laveurs consiste en un flacon col droit portant un bouchon percé de deux trous par lesquels passent deux tubes dont l’un plonge presque jusqu’au fond du flacon et par lequel arrive le gaz. Les flacons de Wolf, à 2 ou 3 tubulures, sont de vrais flacons laveurs.

La figure 123 représente des flacons pouvant servir de laveurs ou de flacons de dégagement de gaz, dans lesquels les deux tubes de réception et de dégagement sont soudés sur un même tube central ; ce dernier peut être rodé et servir de fermeture au flacon, ce qui exclut les. bouchons de l’appareil. C’est dans cette idée que M. Cloëz a conslruit son flacon-laveur (fig. 124), dans lequel les tubes sont soudés directement sur le flacon.

Les figures 125, 126 et 127 présentent les différentes dispositions que MM. .41vergniat frères donnent à des tubes laveurs destinés pour l’absorption des gaz, et particulièrement de l’acide carbonique.

Machines a faire le vide. — La plus simple des machines à faire le vide est la pompe aspirante à main, dite de Gay-Lussac. Cette pompe peut être aspirante et foulante comme le montre la figure 128 ; on l’emploie principalement pour faire le vide dans les tubes à analyses organiques, lorsqu’on veut doser l’azote en volume. Viennent ensuite la machine pneumatique ordinaire, bien connue, mais que nous montrons dans la figure 129, avec une disposition qui permet de donner plus de développement au manomètre qui ne se trouve plus tronqué ; la machine pneumatique oscillante de Biànchi, (fig. 130, pl. XXII) (1), qui permet de faire, en quelques minutes et sans beaucoup d’efforts, le vide dans de grands espaces.

A côté de ces machines basées sur le jeu de corps de pompes, se placent la machine pneumatique à mercure de MM. Alvergniat frères et la trompe de Sprengel modifiée par MM. H. Sainte-Claire Deville et Alvergniat frères.

La machine pneumatique à mercure est représentée dans la figure 131 ; voici comment on fait le vide avec cet appareil : le robinet E étant ouvert, le robinet D étant en communication avec l’air extérieur, on remplit la capacité B de mercure bien sec ; puis, à l’aide de la manivelle G, on l’élève en haut du support, de façon que le mercure vienne remplir A et la partie du tube menant au robinet E. Cela fait, on ferme le robinet E et l’on abaisse le réservoir B jusqu’au bas du support; le vide se fait alors en A. A ce moment, on établit par le robinet D communication entre A et G, c’est-à-dire avec le récipient dans lequel on veut taire le vide ; une partie de l’air contenu dans ce dernier pénètre en A, on

(1) La planche XXII contient les figures 130 à 133 inclusivement.

rétablit la communication de A avec R, en maintenant le robinet E fermé, et on élève alors le réservoir B jusqu’en haut du support ; le mercure remonte en A, et l’air qui s’y trouvait vient se comprimer sous le robinet E ; on ouvre alors ce dernier et l’air comprimé s’échappe dans l’atmosphère ; on referme E et D et l’on opère de nouveau comme il vient d’être indiqué. A chaque opération, une certaine quantité d’air est extraite du récipient ; on répète ces manœuvres jusqu’à ce que le baromètre M n’indique plus de différence de niveau appréciable.

Quand on expulse l’air comprimé en ouvrant E, on entraîne toujours quelques gouttes de mercure qui viennent se déverser en R dans un entonnoir spécialement disposé ; on le recueille après l’opération. Au commencement de l’opération et pour aller plus vite, on peut, sans inconvénient, abaisser et relever précipitamment le réservoir B ; il n’en est plus de même quand on est arrivé à un certain degré de raréfaction ; on doit éviter que le mercure ne vienne se précipiter en A; on s’exposerait à un choc contre le robinet E, et par suite à une rupture ; il faut, dès lors, n’élever le récipient B qu’à un tiers du support, laisser le mercure monter de lui-même, et ensuite relever B au sommet du support.

Le réservoir H contient de l’acide sulfurique concentré destiné à dessécher les gaz; cet acide y est introduit par une pointe de verre effilée non visible dans la figure ; on plonge cette pointe dans l’acide sulfurique, et on aspire par un moyen quelconque, par le robinet G. Après on ferme la pointe à la lampe ; lorsqu’on veut changer cet acide, on casse la pointe et on souffle par G.

La figure 132 représente la pompe de Sprengel dans son ensemble, et la figure 133 les détails de cet instrument. Un vase cylindrique en verre AA porte à sa partie supérieure deux tubes de verre, l’un T, qui le fait communiquer avec l’atmosphère; l’autre J, qui s’ouvre à une petite distance de son extrémité inférieure, et par lequel s’écoule le mercure placé dans l’entonnoir E. Maintenu par la pression atmosphérique, ce liquide conserve dans A un niveau sensiblement constant a, monte dans le tube BB, s’écoule par le tube CC, remonte dans le tube D, dont le diamètre intérieur diminue brusquement vers le haut, et de là tombe goutte à goutte par F dans le réservoir T. A sa partie supérieure, le tube D communique au moyen de H et de l’un ou de l’autre des tubes RS, R'S', avec l’appareil qui contient le gaz à raréfier.

Par un phénomène tout à fait analogue à celui de la trompe, le gaz est entraîné par le mercure ; il est pour ainsi dire aspiré par ce liquide et s’écoule comme lui par le tube F ; quant à la pression du gaz dans H, elle est à chaque instant mesurée par la différence entre la hauteur du mercure dans G et dans le baromètre. La vitesse d’écoulement du mercure ayant été réglée convenablement au moyen des robinets, on voit qu’au bout de peu de temps le niveau du mercure devient stationnaire dans le tube G, et, par conséquent, la raréfaction du gaz a atteint sa limite. Il suffit alors de prendre garde que l’entonnoir E contienne toujours du mercure, pour que la pression demeure indéfiniment constante dans H.

Manchons réfrigérants. — Les manchons réfrigérants peuvent être con-

struits avec des tubes de verre, comme le montre la figure 134, (pl. XXIII) (1); mais ordinairement ils sont en cuivre, (fig. 135). Cet appareil se compose d’un long cylindre que traverse le tube de verre qui doit amener les vapeurs à condenser, et qui est maintenu à l’aide de bouchons. On fait arriver un filet d’eau froide par l’entonnoir qui termine un tube placé à la base de l’appareil, mais dont la hauteur dépasse le niveau de la partie supérieure du cylindre, et où se trouve un second tube, le trop plein, par lequel s’écoule l’excès d’eau

Mortiers. — Les mortiers sont des ustensiles fondamentaux du laboratoire. Leurs formes sont peu différentes, à part celle que l’on donne au mortier d’agate (fig. 136), et au mortier d’Abich, qui est en acier (fig. 137). Les mortiers sont en cristal (fig. 138 et 139) ; en porcelaine vernie ou non vernie (fig. 140) ; en bronze ou en fonte de fer (fig. 141), ou en marbre (fig. 142).

Nécessaire pour les essais au chalumeau. — Ce nécessaire contient tous les instruments et les réactifs employés dans les essais au chalumeau. Les ustensiles que renferme ce nécessaire sont décrits à part ; la figure 143 montre l’ensemble de ces ustensiles.

Optique ( instruments d’). — Les instruments d’optique employés dans les laboratoires sont :

La loupe ordinaire (fig. 144 et 145) ;

Le microscope (fig. 146);

Le saccharimètre-soleil (fig. 147, pl. XXIV) (2), et le saccharimètre à pénombre (fig. 148) ;

Le speclroscope (fig. 149) ;

Le cathêtomètre (fig. 150) ; cet instrument sert spécialement à viser les niveaux des colonnes de mercure dans les tubes ;

Le colorimètre de Dubosc (fig. 151), qui sert à la détermination du pouvoir décolorant des noirs d’os, et à mesurer l’intensité colorante des indigos et des autres matières colorantes.

Percerettes, queues de ratt, râpes, trois-quarts. — Les percerettes et les limes (fig. 152), sont des ustensiles indispensables pour percer les bouchons, les dégrossir et les parer. Les percerettes sont des tiges de fer emmanchées à une extrémité et effilées de l’autre. Les limes rondes qui servent à faire les trous dans les bouchons après que la percerette a transpercé ceux-ci, portent le nom de queues de rats. Les limes et les queues de rats sont dites râpes, demirâpes ou fines selon la grosseur de leur grain. Les limes sont plates ou demirondes. On donne le nom de trois-quarts à une lime triangulaire à grain très fin qui sert à faire des traits profonds dans le verre que l’on veut couper.

Pinces. — On emploie dans les laboratoires plusieurs espèces de pinces. La

(1) La planche XXIII contient les figures 134 à 140 inclusivement.

(2) La planche XXIV contient les figures 147 à 152 inclusivement.

plus grande partie de ces pinces est représentée dans la ligure 153, pl. XXV (1). A et B sont des pinces en bois qui servent à tenir à la main les tubes et les ballons que l’on chauffe. C est une pince à charbon en fer dont les deux bouts sont garnis de bouchons et qui sert aux mêmes usages que les précédentes. D est une petite pince à tubes et à cloches courbes. E est une pince à mâchoire pour gros tubes de fer et pour amollir les bouchons. F, G, H, I, J et K sont différentes pinces dites à charbon et à creusets.

Les figures 154 et 155 sont des pinces à ressort en acier dites de Mohr, qui servent à comprimer les caoutchoucs des appareils et des burettes graduées. Les figures 156 et 157 sont des pinces anglaises à vis pour le même usage.

Les figures 158 et 159 représentent des pinces dites brucelles, qui servent à saisir les corps d’un très petit volume.

La figure 160 montre les pinces à bouts de platine employées dans les essais au chalumeau.

Les figures 161 et 162 sont des pinces ordinaires en acier; pince plate et pince coupante.

Pipettes. — On donne le nom de pipettes à des tubes de verre dont une extrémité est effilée, et qui servent à prendre une certaine quantité de liquide, en aspirant par la partie supérieure, tandis que la pointe effilée trempe dans le liquide.

La pipette peut être jaugée ou divisée en centimètres cubes et en dixièmes de centimètre cube.

La forme la plus simple delà pipette est le tube droit, (fig. 163). On donne une plus grande contenance à la pipette en lui donnant les formes représentées dans les figures 164, 165 et 166.

La figure 167 montre une pipette à tube recourbé; cette disposilion permet d’introduire des liquides dans les éprouvettes à gaz sur le mercure. La pipette de la figure 168, dont le tube recourbé est plus long que le précédent, est employée pour remplir les tubes à gaz sans laisser de bulles d’air. Enfin, dans les analyses eudiométriques, on emploie la pipette de Doyère (fig. 169) ou la pipette de M. Berthelot (fig. 170).

Pissettes. — On donne le nom de pissettes à des flacons ou à des ballons fonds-plats, contenant de l’eau distillée destinée principalement à faire le lavage des précipités sur les filtres. Ces flacons ou ces fonds-plats doivent avoir deux tubulures ou un bouchon percé de deux trous par lesquels passent deux tubes courbés à angle plus ou moins ouvert, et dont l’un est effilé à son extrémité extérieure ; ordinairement ce dernier tube plonge presque jusqu’au fond de la pissette, de telle sorte qu’en soufflant avec la bouche par l’autre tube, la pression qui s’exerce sur le liquide force celui-ci à monter dans le tube et i sortir par sa pointe effilée.

La figure 171 (pl. XXVI) (2), montre une pissette faite avec un flacon à deu;

(1) La planche XXV contient les figures 153 à 170 inclusivement.

(2J La planche XXVI contient les figures 171 à 182 inclusivement.

tubulures, et une pissette faite avec un fond-plat. La première décès pissettesne peut être chauffée ; le liquide de l’autre, au contraire, peut être porté à l’ébullition ; dans' ce but le col de cette dernière est garni d’une substance non conductrice de la chaleur (corde, paille, bouchon) qui protège la main de l’opérateur.

La figure 172 montre une pissette destinée à faire des lavages continus; cette pissette fait fonction de flacon de Mariotte, et le liquide qu’elle contient ne peut s’écouler par le tube qui plonge dans l’entonnoir où se fait le lavage, que lorsque l’extrémité extérieure de ce tube se trouve découverte par le liquide de l’entonnoir.

Presses. — Quelques laboratoires possèdent encore de grandes presses en bois ou en fer, mais dans tous on fait usage aujourd’hui de la petite presse à main dont nous donnons le modèle dans la figure 173.

Récipients florentins. — Le récipient florentin est un vase en verre destiné à recueillir les huiles essentielles dans la distillation des substances végétales en présence de l’eau. C’est un fond-plat ou un bocal droit, portant à la base un tubulure en forme de tube allongé et recourbé en col de cygne (fig. 174 et 175). La vapeur d’eau qui entraîne les essences dans la distillation vient se condenser avec elles dans le vase, et eomme elle est plus lourde que les essences, elle se maintient au fond de l’appareil et finit par s’écouler peu à peu par le col de cygne, tandis que l’essence surnage dans le récipient et s’y concentre.

La figure 176 montre une nouvelle disposition que l’on donne au récipient florentin; - cet appareil se compose d’une allonge fermée à sa base et portant latéralement une tubulure munie d’un tube en col de cygne ; les produits de la distillation viennent d?abord se rendre dans un tube effilé dans lequel se concentre l’essence; celle-ci ne pouvant plus se répandre et occuper une grande surface comme cela a lieu dans le récipient florentin ordinaire, est plus facile à recueillir. Avant de recevoir les produits de la distillation, on doit remplir cet appareil d’eau jusqu’au-dessus de la pointe effilée du tube intérieur pour éviter que les premières portions d’essence ne se répandent dans l’allonge.

Régulateurs a gaz. — Depuis que l’usage du gaz est devenu général comme moyen de chauffage dans les laboratoires, on s’est préoccupé de trouver des appareils propres à régulariser l’écoulement du gaz, dont la pression, dans les conditions ordinaires, varie presque à chaque instant, ce qui nécessite une surveillance incessante lorsqu’il s’agit d’entretenir des températures constantes dans des milieux donnés.

On connaît aujourd’hui un grand nombre de régulateurs, mais nous ne mentionnerons ici que les plus nouveaux. En général, le jeu de ces régulateurs est basé, soit sur la compression qu’un liquide quelconque, mercure, eau, etc., vient exercer par suite de sa dilatation sous l’influence de la chaleur, sur des membranes de caoutchouc qui servent alors d’obturateurs à l’entrée du gaz; soit sur la simple dilatation du liquide qui vient lui-même fermer graduellement le tube d arrivée. Enfin on remplace dans quelques régulateurs la force de dila-

tation des liquides par une compression graduée exercée sur les membranes à l’aide de poids, de la vapeur d’eau ou de la dilatation des gaz.

La figure 177 représente le régulateur dont l’idée première est due à Bunsen. Dans cet instrument Une bulle d’air est emprisonnée dans du mercure ; cette bulle d’air, en se dilatant sous l’influence de la chaleur, soulève le mercure qui vient fermer l’ouverture du tube 0, et diminuer ainsi la quantité de gaz qui s’écoule ; ce tube étant mobile, on peut préalablement lui donner telle position correspondant à peu près aux températures qu’on désire atteindre. Ce régulateur est moins sensible que celui de la figure 178, que l’on doit à M. Sehlœsing, Le réservoir à mercure de cet instrument étant plongé dans l’enceinte chauffée, le mercure se dilate et s’élève verticalement dans le tube à entonnoir qui le surmonte et dont on maintient ouvert le robinet en verre ; lorsque la température qu’on désire atteindre est obtenue, on ferme le robinet ; à partir de ce moment, la dilatation du mercure se fait dans le tube latéral de l’instrument et la pression qui en résulte s’exerce sur une membrane de caoutchouc placée à l'extrémité de ce tube. Cette membrane se gonfle et vient diminuer peu à peu l’ouverture d’arrivée du gaz F, ce qui détermine bientôt un abaissement de la température et une contraction du mercure ; cétte dernière ramène la membrane dans sa première position, ce qui livre passage à une plus grande quantité ‘de gaz et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il y ait équilibre.

La figure 179 est un régulateur de M. d’Arsonval : la tubulure 1 de cet instrument est mise en relation avec le liquide dilatable d’un réservoir renfermé dans l’enceinte chauffée. Tant que le robinet 6 est ouvert, la température s’élève et le liquide vient s’accumuler dans l’entonnoir qui surmonte ce rôbinet, mais si l’on ferme ce dernier, le liquide dilaté vient exercer sa pression sur une membrane de caoutchouc et celle-ci diminue l’àfrîVée du gaz qui se fait par les tubes 3 et 4, ce dernier pouvant servir de tube de sûreté. Le gaz se rend au brûleur par la tubulure 5.

Le régulateur de la figure 180, dû également à M. d’Arsonval, est applicable aux générateurs de vapeur chauffés au gaz, et dans lesquels on veut, sans danger d’explosion, entretenir une pression constante.

Dans cet instrument, la membrane est recouverte par un galet, 2, qui glisse librement dans la boîte à gaz et que surmonte une tige, 5, qui lui Iransmet la pression exercée par le contrepoids 6, agissant par l’intermédiaire d’un levier articulé. La, membrane se trouve chargée de la sorte comme une véritable soupape de sûreté ; sa face inférieure est mise par le tube 1 en communication avec la vapeur. Le gaz arrive par le tube 3, et va au brûleur par le tube 4.

Le galet étant chargé pour se soulever à cinq atmosphères par exemple, tant que cette pression n’est pas atteinte, le gaz afflue au brûleur ; mais lorsqu’on arrive à cinq atmosphères, le galet est soulevé parla pression de la vapeur et règle alors l’éc.oulement du gaz.

Ce dernier régulateur ne pouvant servir à la régularisation des températures élevées, M. d’Arsonval a inventé le régulateur présenté dans la figure 181, qu’on peut appeler un thermo-régulateur, car cet instrument est en même temps un thermomètre à air qui indique la température obtenue tout en contrôlant sa marche à chaque instant.

Dans cet instrument, la masse régulatrice est un gaz ; l’air atmosphérique, la masse et le volume de l’air restent constants ; les variations de pression que lui font éprouver les changements de température, servent à la régularisation. L’instrument se compose de trois parties : 1° le réservoir à air destiné à plonger dans le milieu dont on veut régler la température ; 2° le manomètre, 8, qui indique la pression de l’air enfermé dans le réservoir, en même temps que la température ; 3° le régulateur proprement dit qui agit sur le passage du gaz se rendant au brûleur. Ce régulateur ressemble au précédent, avec cette seule différence qu’il obéit à des pressions d’air et non de vapeur.

Lorsque le manomètre montre qu’on a atteint la température désirée, il suffit de faire glisser le contrepoids 6, jusqu’à ce que la membrane se soulève sous la pression de l’air et réduise le feu.

Siphons. — On se sert dans les laboratoires des différents siphons en verre qui sont représentés dans la figure 182. A part le siphon simple A, tous les autres s’amorcent en aspirant par l’extrémité du tube latéral, et en bouchant avec le doigt la longue branche, sauf le siphon C qui porte un robinet à cet effet et qui peut, lorsque le robinet est fermé, rester ensuite indéfiniment amorcé.

Lorsque les liquides que l’on veut siphoner dégagent des vapeurs nuisibles à l’économie, au lieu d’aspirer avec la bouche pour amorcer, on ajuste au tube latéral une poire en caoutchouc à faire le vide.

Souffleries et trompes. — Dans certaines opérations, il est nécessaire d’activer la combustion, et anciennement on se servait à cet effet de soufflets de forges à demeure ; plus tard d’Enfer invente ses souffleries portatives, qui portent son nom et qui se manœuvrent à l’aide d’un levier ou d’une pédale comme on le voit dans la lampe d’émailleur (fig. 122, pl. XXI). De nos jours, ces souffleries sont remplacées avec avantage par la pompe foulante de Wiesnegg (fig. 183, pl. XXVII) (1). Dans cette pompe l’air, comprimé sous pression de 70 centimètres de mercure, est envoyé dans un réservoir d'une contenance d’environ 30 fois la capacité du corps de pompe. L’air ainsi régularisé dans son passage à travers ce matelas élastique, est envoyé dans les appareils.

Ces différentes souffleries ne peuvent être manœuvrées qu’à l’aide de bras d’hommes; il n’en est plus de même avec les trompes ou souffleries hydrauliques dont l’idée première, due à M. Sainte-Claire Deville, est empruntée à la trompe catalane, dans laquelle la soufflerie est produite par l’entraînement de l’air par une colonne d’eau déterminée. M. Damoiseau a réduit les dimensions delà trompe de M. Sainte-Claire Deville, en s’appuyant non plus sur le poids de la colonne liquide, mais sur sa vitesse d’écoulement se faisant par un ajutage conique sous sa pression inaxima. La trompe de M. Damoiseau est représentée dans la figure 184.

On doit à M. Wiesnegg une soufflerie (fig. 185) dans laquelle la colonne liquide est remplacée par un jet de vapeur, et avec laquelle on peut obtenir autant d air comprimé qu’on le désire sous pression absolument fixe. Cet instrument

(*) La planche XXVII contient les figures 183 à 193 inclusivement.

se compose d’un générateur à vapeur à circulation rapide, chauffé au gaz. La pression de la vapeur est rendue constante, et la combustion proportionnée à son débit par un régulateur de pression d’Arsonval, ou autre. Les cônes d’entraînement d’air de ce générateur sont de M. de Romilly.

Le condensateur de la vapeur est un serpentin ordinaire, muni d’un réservoir où s’accumule l’eau condensée qui servira de nouveau à garnir la chaudière, ce qui évite les incrustations. Enfin un régulateur à compression, adapté au condensateur, permet dérégler automatiquement le débit d’eau froide destiné à la condensation de la vapeur.

Supports. — Les supports employés dans les laboratoires sont en bois, en fer ou en cuivre ; leurs formes sont très variées.

Les plus simples supports sont les briques et les petits billots en bois comme on le voit, (fig. 186) dans l’appareil employé à préparer le phosphure d'hydrogène liquide.

Les figures 187, 188, 189 et 190 montrent les principaux supports en bois; les figures 191, 192, 193 et 194, les principaux supports métalliques, simples et articulés, et les figures 195, 196, 197 et 198, (pi. XXVIII) (1), des supports à tubes bouchés, à pipettes graduées et à égoutter la verrerie.

Triangles. — Les triangles sont destinés à mettre à l’abri du contact du feu les divers appareils et à faciliter le tirage des fourneaux : ces triangles sont en fer plat ou en fer rond (fig. 211).

On fabrique, avec du fil de fer ou du fil de cuivre, de petits triangles (fig. 212), qui servent à supporter des entonnoirs ou de petites capsules. On garnit souvent ces triangles avec des tuyaux de pipes, pour protéger le métal de l’action du feu, et aussi pour garantir les creusets de platine ou d’argent du contact du métal qui les supporte, lorsqu’on les chauffe ; mais ces triangles garnis ont l’inconvénient d’absorber trop de chaleur et de refroidir par conséquent la température. Il est préférable d’employer, pour la calcination des creusets métalliques, un triangle percé de petits trous dans lesquels entre un fil de platine croisé (fig. 213), ou le support ordinaire dont l’ânneau, percé également de trous, est garni d’un fil de platine qui forme triangle (fig. 214) ; des lames ou des fils de platine réunissent deux à deux les côtés du triangle, en forme d’anneaux à glissement libre, et permettent d’agrandir ou de rapetisser le triangle selon la grosseur des creusets.

Tubes. — Les tubes qu’on emploie dans les opérations de chimie sont très variés de formes ; il sont ordinairement en verre, en porcelaine, en terre ou en fer.

En dehors des tubes droits de verre blanc, de verre vert, de porcelaine et de terre, les principaux tubes sont :

Les tubes abducteurs (fig. 199).

Les tubes bouchés droits, représentés dans les figures 195 et 196 ; et les tubes bouchés doublement coudés (fig. 200).

(1) La planche XXVIII conlient les figures 194 à 216 inclusivement.

Les tubes de caoutctiouc ;

Les tubes à dessiccation (fig. 201) ;

Les tubes en fer à fermeture vissée pour le chauffage sous pression des matières organiques, soit dans un bain d’huile (fig. 202), soit dans un bain d air (fig. 203), soit directement et par rayonnement (fig. 204 et 205), et le long tube en fer de M. Gloëz, qui sert d’une manière permanente aux analyses organiques ;

Le tube à boule de Liebig (fig. 206) ;

Le tube pour la liquifaction du gaz sulfureux (fig. 207) ;

Les tubes de sûreté, droits, en S à boule et à cylindre et de Welter (fig. 208);

Les tubes en U et en V (fig. 209) ;

Le tube de Will et Warenlrapp pour le dosage de l’azote à l’état d’ammoniaque

Valets. — On donne le nom de valets à des couronnes tressées en paille ou en jonc, sur lesquelles on pose les ballons et les capsules (fig. 215). Pour les appareils de petite dimension on fait usage de ronds de serviettes.

Vases a filtration. — La figure 216 montre la forme des vases à filtration qu’on emploie pour recueillir les liquides filtrés. Ces vases se vendent par série ; ils sont ordinairement en verre de Bohême très mince, et pouvant aller au feu.

Vases gradués. — Tous les vases de verre peuvent être jaugés ou gradués, en litres, en centimètres cubes ou en dixièmes de centimètre cube. Ainsi nous avons mentionné déjà les ballons jaugés, les cloches divisées, les éprouvettes et les pipettes graduées, etc. ; il nous reste à parler des burettes graduées, qui sont des instruments de première importance pour exécuter les analyses dites par voie volumétrique.

C’est Descroizille qui le premier proposa de remplacer, dans l’analyse des alcalis, les poids par les volumes, et l’alcalimétrie a été le point de départ de la méthode volumétrique appliquée de nos jours à presque toutes les substances.

On doit à Gay-Lussac la première burette graduée, burette qui porte son nom (fig. 217, pi. XXIX) (1). Aujourd’hui il existe un grand nombre de burettes graduées qui ne varient que dans la forme (fig. 218, 219, 220); la burette droite de Mohr avec pince d’acier ou robinet maintenue par un support (fig. 221), et la burette de M. Mangon, (fig. 222). Cette dernière burette se manœuvre à l’aide d’une pression d’air qu’on détermine au moyen d’une poire de caoutchouc, et qui se transmet par le support creux AB, qui maintient la burette et avec laquelle il est relié par un tube de caoutchouc.

Vases a précipiter et a saturation. — Ces vases qui sont représentés dans la figure 223, sont en verre blanc ordinaire à bec ou sans bec, droits ou coniques; ils sont sujets à se casser sous l’influence de la chaleur ;

(1) La planche XXIX cônlient les figures 217 à 234 inclusivement.

Après avoir décrit presque tous les ustensiles et appareils d’un laboratoire, nous terminerons cette description en donnant ici les principaux appareils montés.

Figure 224. — Appareil à faire l’hydrogène ; le flacon contient de l’eau, du zinc et de l’acide sulfurique Cet appareil sert également pour la préparation du bioxyde d’azote, de l’hydrogène sulfuré et de l’acide carbonique.

Figure 225. — Même appareil disposé pour montrer que l’hydrogène, en brûlant, produit de l’eau.

Figure 226. — Appareil à hydrogène avec un tube effilé doublement coudé, servant à montrer que la flamme de l’hydrogène est peu, éclairante, et pour faire l’expérience de l’harmonica chimique.

Figure 22,7. — Appareil à hydrogène sec pour démontrer que sous l’influence de la chaleur ce gaz réduit les oxydes à l’état métallique avec dégagement de vapeur d’eau, et les chlorures avec production de gaz chlorhydrique.

Figure 228. — Appareil à hydrogène transformé en appareil de Marsh: le gros tube contient du coton ; une partie du tube de dégagement est entourée de clinquant pour être chauffée par une grille à analyse.

Figure 229. — Cet appareil sert à obtenir de l’hydrogène par la décomposition de la vapeur d’eau par du fer chauffé au rouge ; on retrouve dans le tube après l’expérience de l’oxyde de fer magnétique.

Le même appareil sert à démontrer que la vapeur d’eau est nécessaire, pour que la décomposition du carbonate de chaux chauffé en vase clos soit complète, l’acide carbonique étant entraîné par la vapeur au fur et à mesure qu’il se produit. Enfin on l’emploie aussi pour soumettre les corps à l’action de certaines vapeurs ; dans ce cas, l’eau de la cornue est remplacée par le liquide' qui doit fournir la vapeur.

Figure 230. — Appareil pour la préparation de l’oxygène par le chlorate de potasse ; on remplace souvent la cornue de cet appareil par un petit ballon.

On emploie ce même appareil pour préparer l’hydrogène protocarboné, en aisant réagir un excès d’alcali sur de l’acétate de soude desséché.

Figure 231. — Appareil pour la préparation de l’oxygène parla calcination du peroxyde de manganèse.

Figure 232. — Appareil pour la préparation ds l’oxygène par le peroxyde de manganèse et l’acide sulfurique.

Dans cette figure le gaz est reçu sous une cloche à robinet, qui permet de recueillir ce gaz dans une vessie également à robinet.

Figure 233. — Appareil à oxygène et à hydrogène pour obtenir la fusion du platine, et pour produire la lumière oxyhydrique.

Figure 234. — Le même appareil dans lequel l’hydrogène est remplacé par du gaz d’éclairage.

Figure 235, planche XXX (1). — Voltamètre disposé pour la décomposition de l’eau par la pile.

Figure 236. — Appareil pour recueillir l’air de l’eau.

Figure 237. — Appareil pour l’analyse de l’eau oxygénée.

•fl) La planche XXX contient les figures 235 à 255 inclusivement.

Figure 238. — Cloche disposée sur une cuve à eau pour la préparation de l’azote de l’air par le phosphore.

Figure 239. — Appareil pour préparer l’azote par le passage de 1 air purifié et desséché, sur du cuivre chauffé au rouge et qui retient l’oxygène.

Figure 240. — Appareil de Lavoisier pour déterminer la composition de l’air.

Figure 241. — Disposition de l’appareil qui sert à faire l’analyse de 1 air par le phosphore à froid, ou par le pyrogallate de potasse.

Figure 242. — Appareil pour l’analyse de l’air par le phosphore à chaud.

On emploie également cet appareil pour faire l’analyse des composés oxygénés de l’azote qui sont gazeux, et des gaz chlorhydrique, bromhydrique, iodhy. drique, sulfhydrique et cyanhydrique.

Figure 243. — Appareil pour la préparation de l’acide azotique fumant.

Figure 244. — Appareil pour la préparation de l’acide hypoazotique.

Figure 245. — Appareil de Kulmann pour démontrer la transformation d’un mélange de bioxyde d’azote et d’hydrogène en ammoniaque, sous l’influence de la mousse de platine légèrement chauffée.

On démontre la réaction inverse, c’est-à-dire la transformation de l’ammoniaque en eau et en acide azotique, en remplaçant l’hydrogène et le bioxyde d’azote par un courant d’oxygène passant dans le flacon laveur qui, au lieu d’eau pure, contient de l’eau ammoniacale.

Figure 246. — Appareil pour la préparation du protoxyde d’azote.

Figure 247. — Appareil servant à la préparation de l’ammoniaque. Le ballon contient un mélange de sel ammoniac et de chaux vive.

Cet appareil sert également pour préparer l’acide chlorhydrique ; on met du sel marin fondu et de l’acide sulfurique dans le ballon.

Figure 248. — Appareil pour la préparation du chlore gazeux. Le ballon contient du peroxyde de manganèse et de l’acide chlorhydrique.

Figure 249. — Appareil pour la préparation du chlore en dissolution. Cet appareil sert également à préparer l’acide chlorhydrique.

Figures 250 et 251. — Ces deux appareils servent à la préparation des chlorures volatils. Pour les chlorures qui se forment à des températures peu élevées, le corps à chlorurer est placé dans une cornue tubulée en verre ; dans le cas contraire, on emploie des cornues tubulées en terre ou en porcelaine.

Figure 252. — Appareil pour la préparation du gaz chlorhydrique, ou du gaz sulfureux.

Figure 253. — Appareil servant à la préparation de l’acide bromhydrique ; le premier coude du tube contient du brome qu’on volatilise, le second renferme des fragments de verre humides, et du phosphore ordinaire. Aujourd’hui on remplace cet appareil par un ballon contenant de l’eau, du brome et du phosphore rouge; la réaction ne se manifeste que lorsqu’on chauffe.

Figure 254. — Appareil pour la préparation de l’acide fluorhydrique. La cornue en plomb contient du spath fluor et de l’acide sulfurique.

Figures 255 et 256 (cette dernière figure dans la planche XXXI) (4). — Ces deux appareils sont employés pour obtenir, à l’aide d’un mélange réfrigérant, la

(1) La planche XXXI contient les figures 256 à 270 inclusivement.

condensation de vapeurs liquéfiables, et principalement du gaz acide sulfureux.

Figure 257: — Appareil pour la théorie de l’acide sulfurique, el la formation des cristaux des chambres de plomb.

Figure 258. — Appareil pour la préparation de l’hydrogène sulfuré par le sulfure d’antimoine et l’acide chlorhydrique.

Figure 259. — Appareil pour la préparation du phosphore.

Figure 260. — Appareil pour la préparation de l’acide phosphorique anhydre.

Figure 261. — Appareil pour la préparation de l’acide phosphorique hydraté ordinaire.

Figure 262. — Appareil pour préparer l’hydrogène phosphoré spontanément inflammable. Le petit ballon contient des boulettes de chaux éteinte renfermant chacune, un fragment de phosphore.

Figure 263. — Appareil pour la préparation de l’oxyde de carbone par l’action de l’acide sulfurique concentré sur l’acide oxalique cristallisé ; le flacon laveur contient une dissolution de potasse assez concentrée, pour retenir l’acide carbonique qui se forme en même temps que l’oxyde de carbone.

Figure 264. — Appareil pour démontrer la transformation de l’acide carbonique en oxyde de carbone, lorsqu’il est en contact avec du charbon porté au rouge.

Figure 265. — Appareil pour montrer l’action réductrice que l’oxyde de carbone exerce sur les oxydes métalliques, en se transformant en acide carbonique ; le tube chauffé contient de l’oxyde de fer.

Figure 266. — Appareil pour la préparation de l’hydrogène bicarboné, à l’aide de l’alcool et de l’acide sulfurique concentré employé en excès.

Figure 267. — Appareil pour la préparation du sulfure de carbone : le tube contient de la braise portée au rouge ; on introduit le soufre en petits fragments, par l’extrémité du tube, que l’on débouche et que l’on rebouche chaque fois.

Figure 268. — Appareil pour la préparation de l’acide cyanhydrique, au moyen du cyanure de mercure bien desséché et de l’acide chlorhydrique concentré. Le gros tube horizontal contient d’abord du marbre qui sature l’acide chlorhydrique entraîné, et qui n’agit point sur l’acide cyanhydrique, puis du chlorure de calcium destiné à dessécher l’acide cyanhydrique.

Figure 269. — Appareil pour préparer l’acide hvdrofluosilicique. Le ballon contient un mélange de spath fluor en poudre, de silice et d’acide sulfurique concentré employé en excès. Le fluorure de silicium qui se produit arrive parle tube abducteur bien sec, qu’on a préalablement plongé dans un peu de mercure placé au fond du verre, avant d’y verser l’eau destinée à transformer le fluorure de silicium, en silice gélatineuse et en acide hydrofluosilicique.

Figure 270. — Appareil de Gay-Lussac et de Thénard, pour la préparation du potassium, en faisant passer de la potasse fondue et en vapeur, sur du fer chauffé au rouge vif dans un canon de fusil. Le potassium vient se condenser dans de l’huile de naphte contenue dans le récipient en cuivre, placé à l’extrémité de l’appareil. L’éprouvette placée en avant du tube contient du mercure et le tube qui plonge dedans devient un tube de sûreté.

PAR M. TERREIL

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