RÈGLES A SUIVRE DANS L’ÉTUDE DE L’ANALYSE QUALITATIVE
L’élève doit commencer par étudier les caractères distinctifs des métaux et des acides tels qu’ils sont indiqués dans les tableaux ; en les prenant les uns après les autres, et d’après l’ordre dans lequel ils sont placés, il devra répéter plusieurs fois chaque caractère pour bien se le rappeler. 11 est bien entendu que les corps qui sont marqués d’un astérisque ne sont indiqués que pour mémoire, vu qu’ils sont rares, mais l’élève devra vérifier leurs caractères distinctifs lorsqu’il pourra se les procurer.
Lorsque l’élève aura étudié une classe de métaux ou une classe d’acides, il essayera de caractériser des dissolutions renfermant des sels qu’il ne connaîtra pas, mais qui seront formées par les métaux ou par les acides de la classe qu’il aura étudiée; puis, lorsqu’il sera sûr qu’il ne se trompe point, il passera à une nouvelle clase; il recommencera de nouveau à caractériser des dissolutions des sels de cette nouvelle classe, puis il s’essayera sur des liqueurs contenant à la fois les bases ou les acides des deux classes étudiées, et ainsi de suite.
L’élève s’exercera ensuite à séparer les uns des autres des métaux ou des acides des différentes classes qu’il aura mélangés dans une même dissolution ; puis lorsqu’il sera certain qu’il arrive sans se tromper à faire ces séparations, il s’exercera sur des liqueurs dont la composition ne lui sera point connue, en s’aidant des marches à suivre qui sont placées après les tableaux.
Le premier réactif qu’on emploie pour caractériser un métal est l’hydrogène sulfuré; lorsqu’il y a précipité, on le recueille sur un filtre, on le lave avec de l’eau contenant de l’hydrogène sulfuré, puis on s’assure si le précipité est soluble dans le sulfhydrate d’ammoniaque.
Lorsque la liqueur ne précipite point par l’hydrogène sulfuré, on y verse du sulfhydrate d’ammoniaque, qui est le deuxième réactif dont on doit faire usage; lorsqu’il y a précipité, on le sépare de la liqueur par filtration, puis on verse dans ladite liqueur le troisième réactif principal, qui est le carbonate de soude. Enfin lorsque la dissolution saline ne précipite par aucun des réactifs dont il vient d’être parlé, l’élève doit y rechercher les métaux alcalins.
L’élève doit ne .point négliger les caractères au chalumeau, il est même bon qu’il ne commence l’analyse qualitative, qu’après s’être exercé longtemps à se servir de cet instrument indispensable à l’analyse chimique.
Enfin un élève, doit avoir un cahier où il rédige au fur et à mesure tout ce qu’il fait, sans omettre même les incidents qui se produisent souvent sans qu’on s’y attende et qui sont dus quelquefois à l’impureté des sels qu’on emploie, ou aux réactifs mêmes dont on fait usage.