‹ Encyclopédie chimique. Tome Ier.- Introduction. 2e fasciculeChapitre 241 sur 259 · SULFURES INSOLUBLES DANS LE SULFHYDRATE D’AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

SULFURES INSOLUBLES DANS LE SULFHYDRATE D’AMMONIAQUE

Les métaux précipités par l’hydrogène sulfuré, et dont les sulfures ne se sont point dissous dans le sulfhydrate d’ammoniaque, sont caractérisés de la manière suivante :

Osmium. — On traite ces sulfures par l’acide azotique concentré et bouillant, dans une capsule de porcelaine ; s’ils contiennent de l’osmium, il se dé-

gage à l’état d’acide osmique, facile à reconnaître à son odeur particulière et à l’irritation qu’il produit sur les yeux. On évapore le plus possible l’excès d’acide azotique, puis on reprend par de l’eau distillée : il est bon d’observer ici si l’eau que l’on ajoute ne détermine point de précipité comme il a déjà été dit plus haut, ce qui serait l’indice de la présence du bismuth ; dans ce cas on ferait disparaître le précipité au moyen de quelques gouttes d’acide azotique.

Plomb. — Le plomb reste à l’état de sulfate de plomb qui est blanc, le mercure, le rhodium, le ruthénium, et souvent le platine à l’état de sulfures non attaqués, le tout mélangé à du soufre mou. On décante la liqueur acide, on lave le résidu à plusieurs reprises avec de l’eau distillée, et on y caractérise le plomb en versant dessus de la potasse qui dissout le sulfate de plomb, on décante la potasse, et on y verse de l’hydrogène sulfuré, qui détermine un précipité noir de sulfure de plomb.

Mercure. — Les sulfures de mercure, de ruthénium et de platine lorsqu’il y en a, sont lavés de nouveau à l’eau distillée pour enlever la potasse qui les mouille, puis on les fait sécher. Enfin, on les introduit dans un petit tube bouché et on les chauffe fortement; s’il y a du mercure son sulfure se volatilise complètement et se condense dans la partie froide du tube, sous forme d’enduit couleur de cinabre et cristallin ; comme de petites quantités de sulfure de mercure pourraient être masquées par du soufre qui se volatilise ; en même temps, il est bon de caractériser le mercure en faisant dissoudre la partie volatilisée dans de l’eau régale : la dissolution filtrée doit précipiter en jaune par la potasse.

Platine. — Lorsque le sulfure de platine ne s’est pas dissous dans le suifhydrate, il reste à l’état de sulfure noir, non volatil; on le traite par l’eau régale, on évapore à sec, on reprend par une goutte d’eau, puis on ajoute du sel ammoniac qui détermine la précipitation du chloroplatinate d’ammoniaque qui est caractéristique.

Rhodium. — Le résidu non volatil est fondu avec du bisulfate de potasse qui n’attaque que le rhodium en prenant une teinte rose, qu’il communique à la liqueur lorsqu’on reprend par l’eau.

Ruthénium. — Le ruthénium reste insoluble à l’état d’oxyde brun; cet oxyde se dissout dans la potasse en fusion en formant un ruthéniate de potasse qui colore l’eau en brun.

Argent. — On verse quelques goûtes d’acide chlorhydrique dans la liqueur acide séparée du sulfate de plomb et des sulfures de mercure, de rhodium et de ruthénium ; s’il se forme un précipité blanc cailleboté, soluble dans 1 ammoniaque, on est assuré de la présence de l’argent.

Cuivre. — La liqueur est bleue lorsqu’elle renferme du cuivre ; elle devient verte lorsqu’on y ajoute l’acide chlorhydrique pour caractériser l’argent; enfin, lorsqu’on a séparé, par décantation, le chlorure d’argent quand il y en a, on reconnaît le cuivre à la teinte bleue très intense que prend le liquide lorsqu’on y verse de l’ammoniaque en excès. Lorsque la liqueur ne contient pas assez de cuivre pour être colorée en bleu, on s’assure quand même de la présence de ce métal en versant, dans quelques gouttes de la liqueur, du ferrocyanure de potassium qui colore la dissolution en rose pourpre.

Bismuth. — Sil’ammoniaque que l’on a versée dans le liquide pour y caractériser le cuivre, y détermine un précipité blanc insoluble dans un excès d’ammoniaque et insoluble dans la potasse, c’est l’indice de la présence du bismuth; si le précipité se dissolvait dans la potasse, il serait dû à du plomb, car le sulfate de plomb n’étant pas tout à fait insoluble dans les liqueurs acides, il en reste souvent en dissolution; il est donc important de s’assurer si le précipité obtenu par l’ammoniaque est soluble ou non dans la potasse.

Palladium. — Le cadmium et le palladium restent en dissolution dans la liqueur ammoniacale, et, lorsque celle-ci est incolore, on s’assure de la présence de ces métaux en y versant de l’iodure de potassium, qui précipite tout le palladium à l’état d’iodure ammoniacal jaune orangé lorsqu’on sature l’excès d’ammoniaque par l’acide chlorhydrique.

Cadmium. — Lorsqu’on a séparé l’iodure de palladium ammoniacal par filtration, on verse dans la liqueur de l’hydrogène sulfuré, qui précipite alors du sulfure de cadmium, dont la couleur jaune est caractéristique.

Lorsque le cuivre existe dans la liqueur, il faut, avant d’y verser l’hydrogène sulfuré, y ajouter du cyanure de potassium en quantité suffisante pour décolorer le liquide ; on peut alors y verser l’hydrogène sulfuré, qui précipite le sulfure jaune de cadmium sans agir sur le cuivre.

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