‹ Encyclopédie chimique. Tome Ier.- Introduction. 2e fasciculeChapitre 242 sur 259 · TRAITEMENT PAR LE SULFHYDRATE D’AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PAR LE SULFHYDRATE D’AMMONIAQUE

La liqueur mère qui a été traitée par de l’hydrogène sulfuré, et séparée par filtration des sulfures précédents, est soumise à l’action du sulfhydrate d’ammoniaque employé en petit excès. Il peut se précipiter alors les corps suivants : du soufre, des sulfures de fer, de manganèse, de cobalt, de nickel, de zinc et d'uranium, des oxydes de chrome et de cérium, de l’acide titanique, de ’ alumine , de la glucine, des phosphates, borates et oxalates terreux et alcalino-terreux.

Nickel, cobalt. — On lave le précipité avec de l’eau contenant un peu d’hydrogène sulfuré pour empêcher la sulfatisation, puis on le fait digérer à une douce chaleur dans l’acide chlorhydrique étendu de 7 à 8 fois son volume d’eau, qui dissout tout, à l’exception des sulfures de cobalt et de nickel, qui

ENCïCLOP. CH1M. S'y

restent mélangés avec le soufre. On filtre la liqueur acide, on lave le résidu insoluble qui reste sur le filtre, on le dessèche et on le calcine dans une capsule de porcelaine pour chasser le soufre qui brûle ou se volatilise ; puis, après avoir laissé refroidir la capsule, on traite le résidu par de l’eau régale, on évapore le plus possible l’excès d’acide et on reprend par l’eau. On verse alors dans la liqueur de l’ammoniaque qui redissout le précipité qui se forme d abord et qui colore le liquide soit en bleu violacé très beau quand il n’y a que du nickel, soit en brun clair, fonçant beaucoup à l’air, si c’est du .cobalt.

Pour s’assurer si la liqueur ammoniacale ne renferme pas les deux métaux à la fois, on y ajoute d’abord quelques gouttes de permanganate de potasse jusqu’à ce que la liqueur soit colorée en rose, puis on sursature par un excès d’acide chlorhydrique; ensuite, on additionne la liqueur d’un peu d’alcool. Dans ces conditions, si la liqueur contient une quantité sensible de cobalt, elle dépose immédiatement un précipité rose vif de chorhydrate roséocobaltique, précipité qui n’est complet qu’après vingt-quatre heures si le cobalt n’existe qu’en très petite quantité dans la dissolution. On caractérise ensuite le nickel en filtrant, puis on sature la liqueur par un léger excès d’ammoniaque, on y verse de nouveau du permanganate de potasse, qui précipite le manganèse ; on porte à l’ébullition pour décomposer l’excès de permanganate employé, on filtre et dans la liqueur filtrée on constate le nickel soit par le précipité noir que l’hydrogène sulfuré y détermine, soit par la couleur bleu violacé de la liqueur ammoniacale elle-même lorsque le nickel est abondant.

La liqueur chlorhydrique, qui a dissous les sulfures et les oxydes dont il est question dans ce deuxième traitement, est additionnée de quelques gouttes d’acide azotique, et portée à l’ébullition, opération qui a pour but de faire passer le fer au maximum d’oxydation, puis on y caractérise les métaux de la manière suivante :

On ajoute à la liqueur du chlorhydrate d’ammoniaque pour empêcher que l’ammoniaque ne précipite le manganèse, puis on y verse de l’ammoniaque ; il se fait alors un précipité d’un jaune pur avec l’urane, jaune rouille avec, le fer, gris verdâtre avec le chrome et blanc avec l’oxyde titanique, l’oxyde de cérium (celui-ci jaunit à l’air), la glucine, l’alumine et les phosphates, borates et oxalates terreux et alcalino-terreux, ou bien un mélange de tous ces corps.

Manganèse, zinc. — On jette le précipité sur un filtre et la liqueur ammoniacale qui filtre contient le manganèse et le zinc ; on s’assure que ces métaux existent dans la dissolution en versant du sulfhydrate d’ammoniaque dans quelques gouttes de la liqueur; s’il y a un précipité, on verse un excès de potasse dans le liquide ammoniacal et l’on fait bouillir tant qu’il se dégage de 1 ammoniaque ; on voit alors se former un précipité blanc qui brunit rapidement s’il y a du manganèse; ce précipité doit colorer les fondants en violet améthyste au feu d’oxydation. La liqueur potassique retient le zinc d’où on le précipite en blanc par le sulfhydrate d’ammoniaque.

Uranium. Le précipité obtenu avec l’ammoniaque est lavé avec soin sur le filtie avec de 1 eau distillée, puis on le fait digérer à une douce température

dans le bicarbonate d’ammoniaque qui dissout l’urane, la glucine et l’oxyde de cérium. On filtre, et la liqueur filtrée, portée à l’ébullition, abandonne, à l’état de carbonates, les oxydes qu’elle avait dissous ; les carbonates de glucine et de cérium sont blancs, le carbonate double d’urane et d’ammoniaque qui prend naissance dans cette réaction, est d’un beau jaune caractéristique ; la coloration plus ou moins jaune du précipité est donc un indice de la présence de l’urane ; ce précipité doit, du reste, colorer les fondants en vert émeraude au feu de réduction, et en vert jaunâtre au feu d’oxydation. Il ne faut point oublier que l’oxyde de fer se dissout un peu dans les carbonates alcalins.

Glucine. — On s’assure de la présence de la 'glucine en traitant le précipité par une dissolution de potasse qui dissout la glucine. On filtre, on sature la liqueur filtrée par l’acide chlorhydrique, et on précipite la glucine par l’ammoniaque.

Cérium. — On sépare le cérium de l’urane en dissolvant les deux carbonates séparés de la glucine, comme il vient d’être dit, dans l’acide chlorhydrique étendu ; on verse ensuite dans la liqueur de l’acide oxalique, qui forme immédiatement un précipité blanc d’oxalate de cérium lorsque ce métal existe dans la liqueur.

Chrome. — On lave de nouveau le précipité séparé des bases précédentes par le bicarbonate d’ammoniaque, puis on l’arrose sur le filtre avee de la potasse qui dissout Falumine et l’oxyde de chrome. Quand la liqueur potassique qui filtre est verte, c’est l’indice qu’elle renferme du chrome ; il suffit alors de la faire bouillir pour que l’oxyde de chrome se précipite entièrement avec sa teinte verdâtre.

Alumine. — La liqueur potassique, séparée de l’oxyde de chrome par filtration, peut renfermer de l’alumine dont on caractérise la présence en saturant la potasse par l’acide chlorhydrique, puis en y versant du carbonate d’ammoniaque qui précipite l’alumine.

Fer. — Après le traitement du précipité par la potasse, le fer et le titane restent sur le filtre avec les phosphates, les borates et les oxalates terreux et alcalino-terreux; on les lave à l’eau distillée pour enlever la potasse, puis on dissout une partie de ce résidu dans l’acide chlorhydrique étendu. Quelques gouttes de la liqueur donnent un précipité de bleu de Prusse avec le ferrocyanure de potassium, ce qui caractérise le fer.

Titane. — Bans une partie de la liqueur acide on plonge une lame de zinc qui détermine une coloration bleue, lorsque le titane existe dans la dissolution.

Oxalates. — Enfin, dans l’autre partie de la liqueur acide, on fait dissoudre de l’acide tartrique en excès, puis on y verse de l’ammoniaque qui détermine la précipitation des oxalates de chaux, de baryte et de strontiane s’il y en avait

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dans la matière. Les bases de ces oxalates se caractérisent en calcinant le précipité séparé par filtration ; le résidu de la calcination est repris par l’acide chlorhydrique étendu, et on opère la séparation des bases alcalino-terreuses et terreuses comme il va être dit plus loin.

Phosphates.— On verse dans la liqueur ammoniacale, séparée des oxalates, s’il y en a, du sulfate de magnésie saturé de sel ammoniac, de manière qu’il ne précipite point par l’ammoniaque, et on laisse la liqueur en repos après l’avoir agitée vivement ; s’il y a de l’acide phosphorique, il se précipite à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien cristallin, qui adhère fortement aux parois des vases où se fait la précipitation, et qui doit devenir jaune en présence de l’azotate d’argent.

Le précipité de phosphate ammoniaco-magnésien ne se forme quelquefois que vingt-quatre ou quarante-huit heures après.

Borates. — On caractérise les borates en desséchant l’autre partie du résidu laissée sur le filtre (voy. le fer), puis, après avoir mélangé ce résidu avec du bisulfate de potasse et du fluorure de calcium en poudre très fine, on chauffe le mélange au chalumeau sur le fil de platine ; s’il y a de l’acide borique dans le résidu, la flamme se colore en vert ; cette réaction est très sensible, et permet de retrouver des traces d’acide borique.

Vanadium. — La liqueur mère, précipitée par le sulfhydrate d’ammoniaque et séparée, par filtration, des sulfures et des oxydes dont il vient d’être parlé, est colorée en brun pourpre plus ou moins foncé lorsqu’elle renferme du vanadium dont le sulfure est soluble dans le sulfhydrate : on caractérise ce métal en versant dans la liqueur de l’acide chlorhydrique qui précipite du sulfure de vanadium brun mélangé avec un grand excès de soufre qui masque souvent sa présence; on filtre, on lave le précipité, on le dessèche, puis on le calcine dans une petite capsule de porcelaine; le soufre se volatilise et le sulfure de vanadium se grille ensuite et laisse un résidu brun très fusible d’acide vanadique très soluble dans l’ammoniaque, et les alcalis fixes.

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