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INSTRUMENTS

Chalumeau. — Le chalumeau le plus simple est un tube en métal ou en verre, recourbé et affilé à une de ses extrémités comme le montre la figure 1.

Fig. 1. Fig. 2.

Le chalumeau en usage aujourd’hui est en cuivre jaune, il se compose de quatre pièces (fig. 2) : un tube droit A légèrement conique portant un bout en corne ou en os, qui sert d’embouchure ; un réservoir B portant deux ouvertures dans lesquelles s’ajustent le tube A et le tube C, formant avec le premier un angle droit ; ce dernier petit tube est terminé par un bout de chalumeau D en cuivre rouge ou, ce qui est mieux, en platine.

Pour se servir du chalumeau, on sait qu’il ne s’agit que de souffler dedans, en dirigeant le bout de platine dans la flamme d’une bougie ou de tout autre combustible ; mais, ce qui paraît simple au premier abord devient très difficile

à exécuter pour les commençants, lorsqu’il faut maintenir lèvent pendant longtemps, attendu qu’il faut arriver à respirer en même temps que l’on souffle dans l’instrument, et cela sans qu’il y ait interruption dans le jet lumineux ; une longue habitude' peut seule faire acquérir cette faculté. Voici du reste comment on parvient à respirer tout en soufflant dans le chalumeau : on emplit la bouche d’air de manière que les joues soient bien gonflées, et l’on souffle dans l’instrument tout en respirant à la manière ordinaire, puis quand on veut remplir de nouveau la bouche avant qu’elle ne soit vide d’air, on fait un petit mouvement à l’arrière-gorge comme si l’on voulait avaler quelque chose; par ce mouvement la glotte s’ouvre et laisse arriver de l’air dans la bouche.

Pince à bouts de platine. — La pince à bouts de platine est un instrument destiné à tenir les corps qu’on veut chauffer seuls pour observer comment ils se comportent à la chaleur et s’ils colorent la flamme.

La forme qu’on donne à la pince à bouts de platine peut varier beaucoup; mais la plus usitée, comme la plus commode, est celle qui est représentée dans la figure 3. On doit nettoyer la pince après chaque expérience.

Fig# 3.

Lame de platine. — La lame de platine sert à chauffer les corps avec la soude et avec lenitre pour s’assurer de la présence du chrome et du manganèse; elle est employée aussi pour reconnaître si une liqueur laisse un résidu après l’évaporation de l’eau.

La lame de platine doit avoir environ 80 millimètres de longueur sur 25 millimètres de largeur.

Lame d argent. — La lame d’argent est employée pour constater la présence des sulfures et des sulfates après qu’ils ont été chauffés avec de la soude sur le

charbon. Cette lame doit être de la même grandeur que celle de la lame de platine.

Fil de platine. — Le fil de platine sert à caractériser les oxydes métalliques

Fie. 4.

au moyen des fondants. II doit être de la grosseur d’une aiguille à coudre ordinaire ; pour s’en servir, on lui fait un œil à une extrémité et comme le montre la figure 4 ; on chauffe cette extrémité au rouge et on la trempe vivement dans le fondant réduit en poudre, qui s’attache après et que l’on fait fondre ensuite, de manière à obtenir une perle transparente qui remplit l’œil du fil. Lorsque la perle est encore rouge, on la pose sur la matière à essayer et qui est réduite en poudre ; celle-ci adhère après la perle et l’on chauffe de nouveau pour fondre la matière avec le fondant ; on obtient alors des perles dont la coloration indique la présence de telle ou telle base.

Le fil de platine est aussi employé pour caractériser certains corps d’après la coloration qu’ils communiquent à la flamme; pour cela, on dissout le corps dans quelques gouttes d’eau lorsqu’il est soluble ; on trempe alors l’extrémité du fil de platine dans la dissolution, puis on la porte dans la flamme, on observe alors la teinte que prend celle-ci. Lorsque le corps est insoluble dans l’eau, on le fait adhérer au fil de platine en mouillant celui-ci avec de l’eau distillée. Enfin, pour obtenir certaines colorations, on est obligé de mouiller la matière avec de l’acide sulfurique concentré ; c’est ainsi que l’on caractérise l’acide phosphorique et l’acide borique. D’autres fois, on n’obtient des colorations de flamme qu’en chauffant la matière avec une perle de sel de phosphore saturée d’oxyde de cuivre sur le fil de platine ; on caractérise de cette manière les chlorures, les bromures et les iodures.

Il est urgent de nettoyer ave soin le fil de platine chaque fois qu’on veut s’en servir ; pour cela, on le chauffe au rouge et on le plonge vivement dans l’acide sulfurique concentré ; après quoi on le lave avec de l’eau distillée.

Enfin, lorsqu’il s’agit d’observer s’il y a coloration de la flamme avec le corps V qu’on essaye, il faut toujours essayer le fil de platine à blanc pour s’assurer 1 qu’il est propre et qu’il ne colore point lui-même la flamme.

Il faut se rappeler que les colorations de flamme sont souvent très fugitives; ' elles n’apparaissent quelquefois qu’au moment même où l’on plonge le fil dans la flamme; dans d’autres cas, elles n’apparaissent que lorsque le corps est porté à une très haute température.

Mortier d’agate. — Le mortier d’agate sert à déduire les substances en poudre ou à les mélanger intimement avec les réactifs; il ne doit pas être trop grand (de 5 à 6 centimètres de diamètre).

Tas d'acier. — Le tas d’acier sert à casser les minerais qu’on veut essayer. On l’emploie aussi à reconnaître la malléabilité ou la fragilité des culots métalliques qu’on obtient sur le charbon.

Le tas d’acier doit avoir environ de 40 à 45 millimètres de côté, et de 8 à 10 millimètres d’épaisseur (fig. 5).

Mortier d'acier. — :Le mortier d’acier connu sous le nom de mortier d’Abich est employé pour casser et pulvériser les minéraux précieux ou trop durs pour être cassés sur le tas d’acier, sans risquer de les perdre ; il sert aussi à essayer les culots métalliques, surtout lorsqu’ils sont très petits. Il suffit alors de faire tomber le petit culot dans l’anneau posé sur le tas et de frapper ensuite sur le pilon pour retrouver après le culot aplati ou brisé.

Le mortier d’Abich doit se composer de trois pièces (fig. 6) : un tas cylindrique en acier A, portant un évidement circulaire au centre ; un anneau en acier B

Fig. 6.

s’emboîtant dans l’évidement du tas, et un pilon également en acier C entrant à frottement dans l’anneau.

Marteau d'acier. — Le petit marteau d’acier sert à casser les minéraux, à pulvériser les matières dures ou à aplatir les culots métalliques, soit à la main, soit sur le tas d’acier, soit dans le mortier d’Abich.

Le marteau d’acier peut avoir une tranche comme le montre la figure 7 ou une pointe comme le porte la figure 8.

Brucelles (fig. 9). — Une brucelle en acier sert à saisir les parcelles de substance qu’on veut essayer, soit sur le charbon, soit sur tout autre support.

C’est avec les brucelles qu’on prend les petits grains métalliques sur le charbon lorsqu’ils sont trop petits pour être pris avec la main.

Fig. 9.

Barreau aimanté. — Le barreau aimanté est employé à caractériser le fer, le nickel et le cobalt, lorsqu’ils ont été réduits à l’état métallique sur le charbon.

Aiguille aimantée aoec son support (fig. 10). — L’aiguille aimantée sert à constater le magnétisme de certains minéraux.

JL

Fig. 10.

8Ut) ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

Aiguille à tricoter. — L’aiguille à tricoter sert à nettoyer les tubes après qu’on y a introduit les substances à essayer, de manière à enlever les poussières et l’humidité qui pourraient adhérer aux parois du tube ; pour cela, on enroule sur l’aiguille du papier à filtre.

Une paire de ciseaux.

Une forte loupe (fig. 11). — La loupe sert à examiner la structure des minéraux, à déterminer la forme cristalline des cristaux trop fins pour être vus à l’œil nu, à retrouver dans les fondants et dans le charbon sur lequel on a fait des réductions, les petits grains métalliques qu’on ne voit pas toujours avec les yeux seuls.

Fig. 11.

La meilleure forme qu’on doit choisir pour la loupe qui doit servir pour le chalumeau est celle que représente la figure 11.

Verres de montre. — Une douzaine de verres de montre est nécessaire pour contenir les matières pulvérisées et les réactifs qu’on doit employer.

Tubes bouchés. — Les tubes bouchés sont d’un grand usage dans les essais au chalumeau; ils ne doivent avoir que 2 ou 3 millimètres de diamètre et

Fig. 12.

50 millimètres de longueur; la partie bouchée doit être légèrement renflée

(fi*. 12).

Les tubes bouchés servent à chauffer les substances seules, ou avec de la soude, ou avec du bisulfate de petasse.

Quand on a introduit la matière dans le tube bouché, on doit nettoyer les parois du tube avec l’aiguille d’acier enroulée de papier à filtrer pour enlever la poussière et l’humidité, puis on y introduit des papiers de tournesol, bleu et rouge.

Tubes ouverts. — Les tubes ouverts aux deux bouts ont une de leurs extrémités légèrement coudée (fig. 13) ; ils doivent avoir le même diamètre que les

Fig. 13.

tubes bouchés (2 ou 3 millimètres), et GO ou 70 millimètres de longueur. Les tubes ouverts sont employés pour faire le grillage de certains minéraux sulfurés, arséniés, etc., pour constater la volatilité de certaines substances, pour rechercher le fluor, etc., etc.

Enfin, dans les essais au chalumeau, on emploie souvent d’autres instruments qui ne sont pas rigoureusement nécessaires, tels que couteau pour faire le* cavités dans le charbon, limes fines, pinces à main, porte-charbon, souche pour la bougie, etc., ètc.

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