C. B., 1883, t. XCYI, p
SILIOO-TITANÀTES
SPHÈNE.
Ca0,Si0 s ,Ti0 4 . CaSiTiO\
Gisement. — Ce minéral se présente dans certains filons, et quelquefois dans les produits de sublimation des volcans ; il a une assez grande importance pétrographique, car il existe en cristaux de première consolidation dans les roches granitoïdes ou gneissiques amphiboliques ainsi que dans les roches traehytiques.
Méthodes de reproduction. — Ebelmen (collection de l’Ecole des Mines) a reproduit le sphène en cristaux prismatiques d’un jaune verdâtre, très allongés, et à terminaison rectangulaire, souvent arborisés, mais il n’a pas donné d’indications sur les détails de son expérience.
M. Hautefeuille 1 a obtenu des cristaux mesurables (mm= 113° 30') de sphène par fusion de trois parties de silice et de quatre parties d’acide titanique avec un excès de chlorure de calcium. Toutes les propriétés sont celles du sphène naturel, Il = 3,45, mais les cristaux (m b 1 / i ) sont extrêmement allongés. Il se fait aussi un peu de rutile. La réaction s’explique par une formation transitoire de chlorure de titane et de silicate de chaux.
L’introduction d’un peu de chlorure de manganèse a donné un sphène rose ou greenovite.
M. Hautefeuille n’a pas réussi a obtenir par le même procédé des sphènes M0,Si0 2 ,Ti0* à base de magnésie, manganèse, fer, etc.
MM. Fouqué et Michel Lévy ont essayé de faire cristalliser le sphène par fusion de ses éléments avec ceux de l’oligoclase, afin d’imiter le sphène des andésites; ils n ont obtenu ainsi le sphène qu’en mierolithes presque indéterminables.D e même la fusion suivie de recuit des éléments du sphène n’a produit qu’une masse blanchâtre entièrement composée de fins cristallites.
M. L. Bourgeois 2 , qui a répété ces expériences, a observé que, dans ces derniers
1. Ann. de pkys. et de chim., 4* série. 1865, t. IV, p. 154. — C. R., t. LIX, p. 698. — Vlnst.. 1864, p. 337. — Bull. Soc. Chim.. t. LXIV, p. 66. — Ann. Chem. Pharm., I. CXXXIV, p. 165.
2. Ann. de phys. et de chim., 1883, 5 e série, t. XIX, et thèse.
cas, il y a prise en masse excessivement brusque, l’état vitreux étant tout à fait instable pour le sphène : c’est ce qui fait que cette espèce s’obtient si difficilement dans ces circonstances sous forme déterminable. Cependant l’examen du culot en lumière polarisée convergente, permet d’apercevoir nettement sur certaines sections des figures d’interférences identiques à celle que donne le sphène.
Le même auteur a en outre remarqué que, dans le cas où la cristallisation a lieu au sein d’autres silicates, il faut que l’acidité de ceux-ci atteigne une certaine limite, pour que le sphène prenne naissance, sans quoi il se fait de la pérowskite.
CARBOMTES
CARBONATES RHOMBOÉDRIQUES
CALCITF.
CaO.CO 3 . CaCO\
Gisement. — Ce minéral, un des plus importants de la nature, se présente â profusion dans une foule de roches sédimentaires de tous les âges géologiques. On le rencontre dans un grand nombre de filons, ainsi que dans les roches métamorphiques, comme les cipolins. Enfin on le trouve comme produit secondaire, par exemple, dans les fentes et les vacuoles des roches. Il se fait encore des incrusta^ tions calcaires de nos jours, dans les pétrifications des sources, dans les dépôts accidentels des conduites d’eau. - Les cristaux sont ordinairement microscopiques.
Nous renvoyons à des ouvrages spéciaux pour ce qui est de la formation du calcaire et de l’aragonite dans les organismes 1 2 .
Méthodes de reproduction. — Les plus anciens travaux relatifs à la reproduction du- calcaire sont ceux de James Hall 3 , qui s’y livra eu vue d’appuyer de données expérimentales les doctrines géogéniques du D 1 ’Hutton,son maître : ces recherches, qui durèrentde 1798 à 18(11, conduisirent leur auteurà la mémorable transformation de la craie en calcaire saccharoïdê. 11 est superflu de donner de grands détails sur cette opération, connue de tous les chimistes ; il suffit de rappeler quelle avait lieu au fond d’un long tube de fer forgé ou de porcelaine que l'on chauffait au rouge vif, tandis que l’autre extrémité située hors des fourneaux restait froide et pouvait être hermétiquement fermée. Quelques heures de chauffe suffisent pour transformer la craie ou d’autres variétés de calcaire amorphe en un agrégat translucide formé de petits rhomboèdres, absolument identiques au calcaire cristallin de la nature. James Hall a répété l’expérience avec le même succès en adjoignant quelques gouttes d’eau au calcaire employé, afin d’accroître la pression.