Tram. Roy. Soc. Edinburgh
G. Bischof, puis G. Rose et Siemens 1 ont vérifié l’exactitude des faits acquis à la science par J. Hall, lesquels avaient d’abord été mis en doute; ils ont déplus constaté la cristallisation du calcaire même dans des appareils à fermeture incomplète d’où une petite partie de l’acide carbonique avait pu se dégager.
L’explication de ces expériences ressort des travaux de Faraday et de Gay-Lussae et surtout du mémoire capital de M. II. Debray 2 sur la dissociation du carbonate de chaux. Ce mémoire, objet d'un rapport de H. Sainte-Claire Deville 3 à l’Académie des sciences, a été analysé avec de grands développements en divers points de Y Encyclopédie chimique, en sorte qu’il est superflu d’y revenir.
La plupart des expériences suivantes ont été faites, par voie humide ; le procédé principal mis en œuvre consiste à évaporer une dissolution de carbonate de chaux dans l’eau chargée d’acide carbonique ; cette méthode, très intéressante au point de vue géologique, puisqu’elle explique la formation de nombreuses roches calcaires (travertins, incrustations, etc.), a été suivie par G. Rose*.
Ce savant a reconnu que l’évaporation du bicarbonate de chaux à froid donne naissance à de la calcite en petits rhomboèdres basés p a 1 souvent mesurables ; la meilleure disposition à prendre est d’opérer dans un vase à fermeture incomplète. Si la décomposition se fait à chaud) il se forme, en outre de la calcite, une quantité variable d’aragonite.
G. Rose a aussi obtenu du calcaire mêlé d’aragonite par carbonatation lente à l’air de l’eau de chaux, ou du chlorure de calcium additionné d'ammoniaque.
G. Rose a encore reconnu que, le carbonate de chaux amorphe qui se précipite par double décomposition d'un sel de chaux et d’un carbonate soluble, se transforme spontanément en très petits rhomboèdres de calcite.
Dans une autre série d’expériences s , G. Rose opérait sur un mélange préalablement fondu de carbonate de soude et de chlorure de calcium ou de carbonate de chaux. La masse reprise par l’eau donnait un agrégat grenu qui, en présence de l’eau mère, se changeait, avec le temps, à froid en ealcite rhomboédrique.
Des actions lentes peuvent être mises à profit pour la reproduction de la calcite ; c’est ainsi que Becquerel 6 a fait réagir à la longue, sur un morceau de gypse, des dissolutions alcalines caustiques, silicatées ou bicarbonatées ; dans les deux premiers cas, l’aeide carbonique de l’air intervient. Le résultat de ces opérations est une pseudomorphose plus ou moins complète du gypse en petits cristaux de calcite. Par l’emploi de solutions concentrées, on voit apparaître de l’aragonite, surtout si l’on opère à chaud sous pression. ,
MM. Hautefeuille et Margottet 7 , en faisant circuler dans de longs tubes légère-
1. Pogg. Ann., t. CXIII, p. 565. — Ber. Berlin. Akad., 1862, p. 669. —Zeitsch. d. deutsch. geol. Gesellsch., 1863, p. 456. — Journ. f. prakt. Chem., 1863, t. LXXXYIII, p. 256.— J. f. Min., 1863, p. 464, et 1864, p. 364.