ROCHES SËDIMENTAIRES ET MÉTAMORPHIQUES
Nous n’avons qu’un petit nombre de documents à citer pour ce qui concerne les roches sédimentaires; comme l’on sait, l’originalité de ces roches réside moins dans leur composition chimique et dans leur état plus ou moins cristallin, que dans les débris organisés qu’elles nous transmettent et dans la trace des actions mécaniques qu’elles ont subies.
Il n’entre pas dans le cadre de cet ouvrage, consacré à l’exposé d’une application particulière de la chimie, de donner des détails sur les procédés qui ont permis de reproduire et d’imiter dans les laboratoires quelques-uns des accidents de structure qu’on remarque fréquemment dans les roches sédimentaires, comme la schistosité, le longrain, les plissements de couches, les fractures de différents ordres, les failles.
Nous renverrons le lecteur, pour l’étude de cet ordre de choses, au beau livre de M. Daubrée, intitulé Études synthétiques de géologie expérimentale *.
Depuis la publication de cet ouvrage, plusieurs travaux ont eu lieu sur l’imitation des actions mécaniques auxquelles les roches ont été soumises dans la nature. Nous citerons un mémoire étendu de M. W. Spring 2 , dans lequel ce savant décrit la propriété que possèdent les corps de se souder sous l’action de la pression. L’auteur plaçait des matières pulvérulentes dans un instrument formé essentiellement d’une sorte de mortier d’Abich, sur le piston duquel s’appuyait un levier semblable à ceux des soupapes de sûreté des chaudières à vapeur. Cet appareil fort simple, et qui fournit de bons résultats, a permis à M. Spring d’exercer des pressions variables suivant la position du poids mobile et s’élevant jusqu’à 5000 atmosphères; sous l’influence de ces compressions énormes, l’auteur a vu s’effectuer la cristallisation en masse de différentes substances pulvérulentes sur lesquelles il expérimentait.
Les résultats obtenus par M. W. Spring ont été contestés par MM. Jannettaz,
t. Paris, Dunod, 1879.