‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 1er appendiceChapitre 214 sur 240 · C. R., 1881, t. XCIII, p · texte numérisé non relu

C. R., 1881, t. XCIII, p

houillers, a pu se changer en cette masse compacte, si parfaitement amorphe, que nous appelons la houille. Il faut dire que la question, quoique non encore pleinement résolue, a fait cependant un grand pas à la suite des recherches de M. Fremy 1 .

Ce savant, en effet, ayant été conduit à essayer l’action de la chaleur aidée de la pression sur les diverses substances végétales, a mis en lumière ce fait important que la formation de la houille a dû être précédée d’une transformation préliminaire, de l’ordre sans doute de la fermentation ulmique ou tourbeuse, laquelle a désorganisé entièrement les tissus des plantes houillères. La matière tourbeuse ou ligniteuse ayant ainsi pris naissance, s’est vue à son tour transformée en houille, sans doute sous l’influence de la pression et de la chaleur.

A l’appui de cette manière de voir, M. Fremy a chauffé à 300° au plus, dans des tubes scellés ou des autoclaves, d’une part dès organes végétaux intacts, ou des principes immédiats organisés, extraits des mêmes végétaux, d’autre part, des substances végétales solubles et non organisées; il a reconnu que dans le premier cas on recueille des produits carbonisés non fondus, et conservant l’apparence de l’organisation primitive, tandis que dans le second cas il se fait des matières noires, amorphes, ayant souvent l’aspect d'une matière fondue, insolubles dans tous les dissolvants, et se comportant comme la houille à la calcination. C’est particulièrement sur l’amidon, le sucre, les gommes, sur les acides ulmiques provenant des fermentations tourbeuses, ou de l’attaque de la vasculose, sur l’acide saccharhumique, que l’on peut observer la production artificielle d’une véritable houille.

Quant à la chlorophylle, aux matières colorantes, aux résines, aux corps gras, ils donnent dans les mêmes circonstances de véritables bitumes. C’est sans doute à leur proportion relative dans les organismes des végétaux houillers qu’est due la richesse plus ou moins grande des houilles en principes volatils.

Pour ce qui est de la genèse des roches métamorphiques ou cristallophylliennes (gneiss, micaschistes, amphibolites, schistes à séricite, schistes maclifères, cipolins, serpentines), nous ne pouvons qu’avouer une fois de plus le peu d’importance des inductions que fournit l’expérience relativement à leur mode de formation probable. 11 n’y a guère à citer que l’expérience de Hall (v. p. 141), laquelle reproduit dans une certaine mesure la genèse des marbres cristallins. Encore n’explique-t-elle pas la présence des minéraux qui se trouvent fréquemment inclus dans ces marbres (micas, quartz, feldspaths, talc, chlorite, graphite).

1. C. R., 1879, t. LXXXVIil, y, 1048. — Encyclopédie chimique, t, IX. 2« section. 1« fasc., p. 144.

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