C. il , 1855, t L,p
208 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQl®.
Clémandot. L’étude chimique de la dévitrification du verre a été développée avec grand soin par M. Henrivaux 1 , dans le cours même de cet ouvrage.
Nous ajouterons ici que Yogelsang 2 a appliqué l'analyse microscopique à l’examen des verres dévitrifiés, et qu’il a décrit avec soin les formes cristallines plus ou moins imparfaites qui s’y développent (globulites, trichites, crislallites, microlithes). Les espèces qui prennent naissance au sein des verres du commerce, sont à rapporter à des pyroxènes sodifères, calciques ou calcieo-magnésiens ; ce sont des microlithes fibreux souvent agrégés en sphérolithes, s’éteignant de travers ; ces espèces se pro- i duisent dans des verres acides; parfois surtout si la composition du magma est : plus basique, il se fait en outre des microlithes plus biréfringents à extinction longitudinale, très attaquables aux acides ; c’est du bisilicate de ehaux optiquement uniaxe. Enfin, si le verre est alumineux, on voit apparaître des microlithes d’anorthite.
On doit aussi diverses expériences sur la fusion des roches à Mitscberlich, G. Rose, Ch. Sainte-Claire Deville, Delesse, etc. Leurs recherches n’ont fourni qu’un petit nombre de résultats positifs ; on se trouva surtout amené, à la suite des essais infructueux de Mitscberlich, de Hayes, de G. Rose, et d’après l'autorité des savants les plus compétents comme von Leonhard (1858), à regarder la reproduction des feldspaths par fusion et recuit comme absolument impossible.
Aussi, en 1866, lorsque paraît le travail capital de M. Daubrée, ce savant n’aborde la reproduction que des roches non feldspathiques (péridotites ou dunites, lherzolites) ou des météorites similaires. Par fusion des roches naturelles suivie d’un recuit convenable, il a vu la roche se régénérer et donner un produit ne présentant, par rapport au produit initial, que des différences de détails. Ainsi il obtient 3 des échantillons visibles à l’œil nu de péridot, de pyroxène et d’enstatite. Les détails de structure se trouvent bien imités, seulement le fer métallique est plus globuleux dans les produits artificiels que dans les météorites, et l’enstatite se présente dans les premiers à l’état de longues aiguilles au lieu d’affecter, comme dans les météorites, la forme de cristaux raccourcis et de petits grains. Ces différences peu importantes proviennent, sans nul doute, de ce que la formation de la roche s’est effectuée dans des conditions thermiques différentes. On peut encorè remarquer que les météorites offrent très fréquemment une structure bréchiforme, due vraisemblablement aux actions mécaniques violentes quelles ont subies, ou à une agglutination postérieure de fragments hétérogènes; on comprend que cet état particulier ne se retrouve pas dans les produits artificiels. Il est donc permis de dire aujourd’hui que les expériences de M. Daubrée laissent présumer le mode de formation des météorites non feldspathiques et des roches similaires.
Mais à l’époque où ces expériences ont été publiées, on hésitait à rapporter à la voie purement ignée la condition de formation des roches basiques, même de celles que les volcans rejettent encore sous nos yeux; les géologues et pétrographes les plus compétents, particulièrement Delesse 4 , affirment hautement que des types tels que