Bull. Soc. Géol., 1857-58, t. XV, p
le basalte, doivent leur origine à une action hydro-thermique; en d’autres termes, on pourrait saisir tous les passages entre les laves proprement dites et les laves boueuses.
M. Daubrée 1 * 3 , invoquant le résultat de ses expériences relatives à l’action de l’eau surchauffée sur les silicates, se trouvait naturellement amené à expliquer par la voie semi-aqueuse, la genèse de presque toutes les roches.
Plus récemment encore, un savant pétrographe anglais, M. Sorby s , était conduit à formuler des conclusions analogues. Il avait étudié les formes que prennent divers oxydes métalliques lorsqu’on les fond au chalumeau avec du borax, et constaté que ces oxydes prennent toujours des formes cristallitiques très arborisées, bien différentes des contours nets et bien arrêtés des cristaux des roches. Il avançait que l’inlluence de la masse ou le refroidissement trop rapide, le recuit trop peu prolongé, ne suffisent pas pour expliquer ces différences; il croyait que l’action de la vapeur d'eau devait forcément être invoquée comme ayant pris une part capitale à toutes les éruptions rocheuses.
Nous verrons plus loin, par les expériences de MM. Fouqué et Michel Lévy, que l’expérience a démontré qu’un certain nombre de roches volcaniques peuvent être synthétiquement reproduites avec tous leurs détails de structure intime, par voie de fusion i°née, sans intervention d’aucune substance volatile. Avant de résumer ces recherches d’un intérêt capital, nous dirons quelques mots des essais de reproduction des éléments des roches avec l’aide de dissolvants chimiques appropriés ou de matières volatiles.
M. Stanislas Meunier 5 s’est efforcé de reproduire ee qui a dû se passer lors de la consolidation des masses planétaires, alors qu’un mélange d’éléments divers gazéifiés et complètement dissociés par une très haute température, a vu son état thermique s’abaisser assez pour permettre la combinaison partielle des éléments, et la précipitation d’une sorte de neige formée de minéraux cristallisés et donnant lieu à la production d’une photosphère. C’est par un mécanisme de ce genre, d’après lui, que sont constituées les couches les plus profondes de l’écorce terrestre, assises situées au-dessous des gneiss et possédant une composition très basique (péridotites). Les météorites devraient leur origine à une réaction de ce genre. Aussi M. Stanislas Meunier s’est-il préoccupé d'imiter cette brusque réaction mutuelle de vapeurs diverses. On ne peut malheureusement pousser assez loin la température, pour avoir des éléments entièrement dissociés; il a cependant fait réagir des vapeurs de chlorure de silicium ou d’aluminium sur du magnésium ou de l’aluminium métallique, additionnés ou non d’alcalis. Diverses espèces cristallines, corindon, pénclase, pyroxène . magnésien, péridot, leucitc, etc., ont pris ainsi naissance, mais la réaction est si brusque que la perfection des formes laisse beaucoup à désirer. De plus, les cristaux sont incohérents et non intimement agrégés comme dans les météorites.
M. Stanislas Meunier a imité avec succès la production des fers natifs terrestres ou météoriques en réduisant au rouge par l'hydrogène du chlorure ferreux additionne ou non de chlorure de nickel.
1. Rapport sur les progrès de la géologie expérimentale, 1867, p. 63 et 84.
2 B ,,„/»./<, JsMI — <>' oh,ii, al Magazine, 1880, p. 4bS.