Ann. dp, phys. et de chim., 1851, t. XXXIII, p. 34.
2. C. R., 1858 t. XLVI, p. 764. — L'InsL, 1858, p. 133. — Ann. Chem. Pharm., t. CVIII, P- 55. — Dingl. pot. J., t. CXLVIII, p. 372 . - J. pr. Chem., t. LXXIV, p. 157.
3. C. R., 1861, t. LU, p. 985. — L'inst., 1861, p. 165. — Ann. Chem. Pharm., t. GXX, p. 18-i.
— Jahrb. f. Min., 1861, p. 702. — Bull. Soc. Chim., 1865.
64 ENCXCLOI’ËDIE CHIMIQUE.
d’alumine avec trois ou quatre fois son poids de sulfate de potasse ou de soude • un phosphate alcalin prend naissance.
Tout récemment, M. H. Grandeau 1 a eu l’occasion d’appliquer la méthode précédente à divers oxydes et a reconnu qu’en particulier avec l’alumine, après plusieurs heures de chauffe, on recueille en même temps que du corindon, du phosphate double d’alumine et de potasse cristallisé.
L’action minéralisatrice de l’acide fluorhydrique a été mise à profit vis-à-vis de l’alumine par M. Hautefeuille 2 , il suffit de faire passer lentement ses vapeurs sur de l’alumine amorphe chauffée au rouge vif dans un tube de platine; il convient de diluer la vapeur fluorhydrique dans de l’azote et dans de la vapeur d’eau. 11 se fait à la partie la plus chaude du tube des lamelles hexagonales trémiées de corindon, ressemblant tout à fait au fer spéculaire des volcans ; elles sont d’autant plus belles que l’opération est plus prolongée, car les petits cristaux se détruisent aux dépens des grands.
M. Gaudin 3 a donné en 1869 une seconde méthode pour obtenir du corindon ; il suffit d’exposer l’alumine amorphe à la flamme d’un chalumeau oxhydrique. Cet oxyde fond en verre limpide et très fluide, et par refroidissement se concrète en un globule cristallin aussi dur que le corindon.
MM. Fremy et Feil 4 sont parvenus à produire des échantillons de corindon remarquable par la grandeur des individus et le poids considérable qu’atteignent les masses cristallines, en faisant une double décomposition par voie sèche. Les auteurs fondent au rouge vif dans un grand creuset de terre très siliceuse, des poids égaux d’alumine et de minium; un aluminate de plomb fusible prend naissance. Mais il ne tarde pas à être détruit par la silice du creuset en donnant un silicate encore plus fusible et mettant en liberté l’alumine, qui cristallise au sein du fondant. Une partie du plomb est d’ailleurs volatilisée ou réduite par les gaz du foyer. En cassant le creuset, on trouve une couche superficielle vitreuse de silicate de plomb et au-dessous un agrégat de cristaux de corindon groupés en magnifiques géodes.
L’addition d’un peu de bichromate de potasse permet d’obtenir le rubis ; le saphir prend naissance si l’on ajoute en outre un peu d’oxyde de cobalt.
Ces cristaux sont les plus beaux échantillons de rubis ou de saphir qui aient été obtenus; cependant leur forme de tables hexagonales les rend peu propres à la taille. Toutes les propriétés sont d’ailleurs celles du corindon : D = 4,0 à 4,1. Les rubis se décolorent temporairement, comme ceux de la nature, par le chauffage.
MMremy et Feil ont substitué dans l’expérience précédente le fluorure de baryum à l’aluminate de plomb. Les deux substances réagissantes étaient mélangées par parties égales, additionnées d’un peu de bichromate de potasse et chauffées dans un creuset siliceux, surmonté d’un autre creuset renversé. On obtient ainsi dans le creuset inférieur une géode de rubis avec inclusions vitreuses, tandis que le chapiteau se tapisse de longues aiguilles d’un silicate d’alumine et de baryte; d’après l’analyse de M. Terreil, ce produit est probablement de l’anorthite de baryte (voir Feldspaths).