Pogg. Ann., 1859, t. CYII, p
0. C. 'R., 1861, t. LU, p. 1264. — J. pr. Chem., t. XXXIV, p. 122. — L'Insl., 1861, p. 200.
agent minéralisateur. Il suffit de faire passer un courant d’acide chlorhydrique sur de l’oxyde ferrique amorphe chauffé au rouge, pour voir celui-ci prendre l’état cristallin. Il faut pour cela que le courant soit très lent, sans quoi la réaetion inverse (eau et perchlorure de fer) se produit. On voit que cette expérience est la contre-partie de celle de Gay-Lussae et qu’elle la complète de la manière la plus heureuse. L’auteur a, dans une expérience, remplacé l’oxyde de fer par une lave du Vésuve, il a obtenu du fer spéculaire.
Les cristaux obtenus par cette méthode sont très beaux. Au rouge sombre, ils affectent la forme tabulaire a 1 p de ceux des volcans ; si la température monte au rouge cerise, on a des rhomboèdres de 86° avec le prisme hexagonal, p e 2 . C’est une forme qu’affectionnent les échantillons de l’île d’Elbe ; les cristaux artificiels préparés par Sainte-Claire Deville sont irisés comme ceux-ci. Au rouge cerise, il y a un léger dégagement de chlore et formation d’oxyde magnétique en petite quantité, lequel suffit à rendre les cristaux attirables à l’aimant.
M. Debray l , en fondant du phosphate de fer avec un sulfate alcalin, a obtenu des cristaux d’oligiste.
MM. Fouqué et Michel-Lévy 2 , dans leurs expériences deÿynthèse des roches, ont plusieurs fois constaté la formation au sein du magma de lamelles hexagonales d’oligiste ; celles-ci étaient rougeâtres par transparence, non dichroïques ; elles se produisent lorsqu’un verre très siliceux et chargé de fer est soumis au recuit. Avec mie composition plus basique, on obtiendrait surtout du fer oxydulé.
Enfin M. Parmentier 3 a fait cristalliser le sesquioxyde de fer en le fondant et le recuisant avec du bimolybdate de potasse ; on opère comme pour l’alumine.
Ici viennent prendre place deux composés très intéressants par leur isomorphisme avec le corindon et l’oligiste, quoiqu’ils n’existent point dans la nature.
SESQUIOXYDE DE CHROME.
Cr 2 0 3 Cr ! 0 3
L 'oxyde de chrome Cr 2 0 3 a été trouvé à l’état de cristallisation accidentelle sur les parois d’un four à réverbère où l’on fabriquait à la manière ordinaire du ehromate de potasse en partant du fer chromé (Blake) 4 . Il a été signalé dans des circonstances identiques à l’usine Clouet au Havre.
La reproduction méthodique de l’oxyde chromique cristallisé a été faite pour la première fois par Wôhler 5 . Ce savant faisait passer de l’acide chlorochromiquc Cr0 2 Cl dans un tube de porcelaine chauffé au rouge sombre. Il se dégage du chlore et de l’oxygène et l’on recueille de beaux rhomboèdres d’un noir métallique, plus durs que le quartz. Leur poussière est verte, leur densité 5,2. Les macles suivant p sont très fréquentes. Les cristaux sont allongés suivant la diagonale obtuse des faces du rhomboèdre ; le clivage est rhomboédrique.