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DES MOYENS D’ÉTUDE DES MINÉRAUX ARTIFICIELS

Nous terminerons ces généralités en rappelant aux lecteurs les procédés pratiques permettant d étudier le produit d’une opération synthétique.

Il y aura lieu d’abord d’effectuer l'analyse immédiate, autrement dit la séparation aussi parfaite que possible du produit principal et des substances accessoires. Le plus souvent il suffit d’épuiser la masse par l’eau chaude, parfois il convient de s’aider d’un acide approprié, plus rarement d’une lessive alcaline. L’examen microscopique sommaire permet de s’assurer de la pureté du produit obtenu ; on jugera ainsi si les inclusions sont abondantes, si une matière amorphe accompagne les cristaux. S’il existe deux ou plusieurs produits cristallisés différents, on pourra souvent' les séparer par la lévigation, par un triage mécanique ou encore par les procédés de 1 MM. Thoulet, D. Klein et Bréon.

Il n’y a rien de particulier à dire au sujet de l’analyse des substances obtenues ; ajoutons seulement que, pour les essais qualitatifs, il sera souvent très avantageux de faire usage de procédés micro-chimiques.

Les mesures goniométriques s’effectuent dé la manière ordinaire ; les images sont le plus souvent satisfaisantes, le seul obstacle est la petitesse des cristaux. S’il ne peut faire des mesures d’angles dièdres, le chimiste s’attachera à mesurer quelques angles plans par le moyen de la platine tournante du microscope.

L’examen microscopique et optique des cristaux libres se fait très aisément en les disposant sur une lame de verre, les noyant dans le baume de Canada et recouvrant le tout d’une lamelle.

Les minéraux artificiels, lorsqu'ils se présentent en masse cristalline ou enchâssés dans une gangue, se traitent à la façon des roches naturelles. On pourra les faire tailler en lames épaisses de quelques centièmes de millimètre que l’on dépose sur un verre avec du baume de Canada et une lamelle *. Il convient d’employer toujours comme support des verres en forme de rectangle peu allongé.

Si l’on veut faire une collection de préparations microscopiques, il sera commode de les conserver dans des tiroirs divisés par des lattes en compartiments de la dimension d’une préparation. Celle-ci reposera, par l’intermédiaire de deux tasseaux, au-dessus de l’échantillon renfermé dans un petit tube.

Les observations que permet de faire le microscope ont pris de nos jours une extension considérable. Sur les plus petits cristaux, l’œil armé de cet instrument distingue aisément les facettes dominantes, les macles, les clivages, les inclusions, etc. De plus, lorsque l’objet est transparent, le microscope fera reconnaître le relief, les couleurs propres par transmission. L’introduction d’ùn polariseur fait voir le dichroïsme s’il existe; l’appareil de polarisation complet avec la platine tournante fait reconnaître la double réfraction, la direction des extinctions.

Des dispositions additionnelles tout à fait ingénieuses permettent de mesurer sur le porte-objet les dimensions absolues, les angles dièdres, le degré de biréfringence 2 . Mais il y a lieu surtout de rappeler l’avantage considérable que l’on peut retirer de l’emploi de la lumière polarisée convergente. Les procédés de MM. Von LasaulxetEm. Bertrand s’appliquent sans difficulté aux microscopes ordinaires. Rien n’est plus aisé par ces moyens que de reconnaître si la double réfraction est uniaxe ou biaxe, et dans le second cas, quelle est la position du plan des axes optiques et leur écartement.

1. Voir Fouqué et Michel-Lévy, Minéralogie micrographique, p. 8. Paris, Ouantin. 1879.

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