Comptes rendus, sé.ince du 30 mars
La dureté de la météorite qui nous occupe est très grande ; cette pierre fait feu sous le choc du briquet et raye le verre avec la plus grande facilité.
Comme il est naturel en pareil cas, un examen microscopique attentif a précédé l'analyse chimique. La partie principale de la météorite pulvérisée est formée d’un minéral bien transparent et de nuance fauve ; de nombreux grains opaques, magnétiques, tuberculeux, qui ont les caractères du fer nickelé, y sont disséminés ; on y observe en outre, en très grande abondance, une substance noire tout à fait opaque. Les grains hyalins, dont il a été déjà question, apparaissent alors, mais sans qu’il soit possible d’apercevoir des formes cristallines. Ils n’ont paru avoir qu’une action assez faible sur la lumière polarisée. Par leur éclat et leur transparence, ils rappellent le quartz; mais leur action, d’ailleurs très nette, sur la lumière, est beaucoup moins énergique que pour le quartz et suffirait pour les en distinguer.
Une lame mince, étudiée au microscope, a servi à préciser davantage ceite constitution. La matière est très riche en grains opaques, ayant un éclat submétallique et une forme tuberculeuse dont toute la partie extérieure paraît altérée et est moins brillante que le centre : c’est du sulfure. Outre ces grains, on en voit d’autres beaucoup plus petits, très noirs et reconnaissables à première vue pour du fer chromé.
La matière pierreuse dans laquelle ces grains sont empâtés présente deux matières d’aspect différent. L’une d’elles, très transparente et d’un jaune fauve, offre les fendillements habituels à la partie sillcatée des météorites ; l’autre, beaucoup plus foncée, paraît moins homogène : sa nuance et sa structure varient d’un point à un autre. Çà et là brillent les petits grains hyalins qui viennent d’être décrits ; dans beaucoup de points de la masse on voit des taches oereuses.
L’échantillon destiné à l’analyse a été choisi dans la partie la plus noire de la météorite, c’est-à-dire dans celle que l’on peut regarder comme la moins altérée.
Le barreau aimanté en a séparé 14,990 pour 100 de matière magnétique formée de fer nickelé avec traces de phosphore.
Ce qui m’a frappé tout d’abord dans l’échantillon examiné, c’est la proportion très considérable de sulfure de fer, qui ne représente pas moins de 20.520 pour 100 de la masse : la pierre de Murcie se place au premier rang des météorites les plus sulfureuses.
La proportion de matière attaquable par l’acide chlorhydrique en y comprenant le fer nickelé, s’élève à 74,500 pour 100. Son analyse m’a donné les nombres suivants :
Silice .
Magnésie .
Soude .
Chaux .
Fer .
Nickel .
Sulfure de fer.
O.vygène.
252 ENCYCLOPÉDIE CimiIOUE.
La matière inattaquable ne représente que 25,700 pour 100. Voici les résultats (le son analyse :
Oxygène.
Magnésie .
Protoxyde de fer. .
Potasse .
traces
Alumine .
Fer chromé. . . .
Phosphore .
traces
La composition immédiate paraît devoir s’exprimer par :
Silicate attaquable voisin du péridot. . . .58,088
Silicate inattaquable voisin du pyroxène. 24,640
Fer nickelé . 14,990
Sulfure de fer (troïlite) . 20,520
Pbospbures métalliques . traces
Pultusk^. — Les échantillons de la météorite de Pultusk sont recouverts d’une couche vitrifiée d’un brun noirâtre de l’épaisseur de 5 millimètres en moyenne.
Le fer sur cette couche apparaît çà et là eu brillants tubercules métalliques de différentes grandeurs ; les uns presque imperceptibles à la loupe, les autres plus grands, plus ou moins sphériques, mamelonnés ou réniformes. Il s’en est trouvé qui pesaient jusqu’à 5®^2 et un entre autres jusqu’à 25»%86. Ces tubercules engagés dans la masse météorique s’élevaient à sa surface et étaient partiellement recouverts d’une même croûte enveloppant toute la météorite. Sur certains échantillons on pouvait apercevoir le fer en veinules d’une longueur d’environ 20 millimètres et de l’épaisseur de 2 à 5 millimètres.
Il y a des échantillons qui se présentent sous un aspect différent, comme s’ils avaient été cassés, et dont la cassure est couverte d’une même croûte, quoique d’une manière imparfaite.
Le poids spécifique de la météorite avec la croûte, déterminée sur sept échantillons de petite grandeur, est
Maximum . 5,722
Minimum. . . 5,691
et 5,7185 en moyenne. Le poids spécifique du fer météorique est de 6,915. t. Yi)ye7, la iYotrà puliliéc par La llaule-Ecole de Van-ovie.
La masse principale de la météorite présente une cassure grenue, d’un gris cendré avec une nuance jaunâtre. Sur quelques échantillons la couleur de la masse principale offre deux nuances de gris, notamment le gris clair et le gris foncé. Ces deux nuances parfois se marient de telle sorte que la surfime de la cassure est comme marbrée ; dans d’autres cas, la couleur grise plus foncée forme des parties plus grandes, environnées d’une masse plus claire, ce qui lui donne un aspect bréchoïde. Sur d’autres échantillons la nuance claire prédomine, tandis que sur d’autres c’est la nuance foncée, et sous ce rapport il y a une variahilité extrême.
La météorite se laisse facilement rayer par l’acier.
La masse intérieure eét en général poreuse, elle happe à la langue; une goutte d’eau mise sur sa surface fraîche, disparaît rapidement.
On remarque dans la masse des globules dont le nombre varie dans les différents échantillons ; mais en général ils sont peu nombreux. Ils sont de deux espèces : les uns assez friables sont les plus rares ; les autres, d’un gris foncé, parfois ellipsoïdaux, ont jusqu’à 3 millimètres de diamètre. Quelques-uns, notamment plus grands, se séparent quand on concasse la météorite, en laissant leur moule dans la masse de la pierre, les autres restent dans la cassure fraîche et se distinguent par leur couleur gris foncé dans la masse plus claire. Sur la surface de ces globules on aperçoit de petites excavations. Leur cassure est inégale ou fibreuse, excentriquement radiée. Ils sont infusibles au chalumeau, non attirables par l’aimant ; l’acide chlorhydrique n’a pas d’action sur eux.
La masse principale de la météorite présente aussi des veinules noires, très fines, disposées parallèlement ou hien sans une direction déterminée. En cassant la pierre, on y découvre souvent des surfaces (dont la section verticale forme les veinules sus- (htes), d’un gris d’acier, brillantes et ayant beaucoup de ressemblance avec le graphite. Ces surfaces de plusieurs centimètres carrés forment des lignes telluriques et cosmiques de M. Reichenbach.
Dans une cassure fraîche on a pu remarquer aussi, mais rarement, des points noirs veloutés, qui donnent avec du borax une perle verte de chrome.
Le fer nickelé de la météorite est disséminé en grains de différentes formes d’un gris d’acier et d’une grosseur très variable. Dans l’intérieur d’un échantillon on a trouvé un échantillon dn poids de 1 gramme, qui différait des autres par sa forme. C’était une plaque d’une épaisseur de 1 à 2 millimètres, d’une largeur de 5 à 10 millimètres, d’une forme très irrégulière, hérissée d’aspérités et couverte d’une couche de silicates, formant la masse de la météorite. Cette plaque se hrise facilement sous la main, et sa cassure est lamelleuse. Fixée dans une cire ramollie et passée au polissoir, elle offre une surface métallique d’un gris d’acier, criblée de petites cavités remplies de sulfure de fer (probablement de troïlite), se distinguant tout à fait du fer météorique ou des silicates.
Comme la grosseur des globules de fer météorique est très variable, le rapport de la quantité de fer à la masse totale de la météorite varie dans les différents échantillons et même dans les différentes parties d’un seul. Trois morceaux dont deux ont été pris dans le même échantillon ont donné :
Parties magnétiques
I II 111
-bi ËKCYCLOPÊDIË CllIJllQllË.
Les tubercules enlevés de la croûte superficielle ne contiennent pas de sulfure de 1er, car traités par l’acide chlorhydrique, ils ne donnent pas d’hydrogène sulfuré. Trois morceaux de ce fer, polis, ont offert les figures de Widnianslætten peu visibles.
Un échantillon pesant 5 grammes, analysé par M. le professeur Wawnikiewicz, a donné ;
Fer avec des traces de cuivre et de phosphore . 95,54
Nickel avec des traces de cobalt . 4,41
Le sulfure de fer (probablement la tro'ilite) se trouve constamment dans les météorites de Pultusk. Il est disséminé en parcelles très fines, et se remarque parfaitement bien surtout sur la surface de la pierre polie. Sa quantité est de 5,296 sur 100. Outre ce sulfure, on remarque çà et là de petites parcelles d’un brun de tombac ressemblant à la pyrite magnétique. L’analyse, sur 100, donne aussi 1,055 de fer chromé, invisible dans la masse de la météorite.
Une seconds partie de la masse pierreuse, non attirable par l’aimant, présente les propriétés suivantes :
Desséchée à 110'’, 6 pour chasser l’eau hygroscopique, ensuite chauffée à 270", elle ne perd rien de son poids : doue elle ne renferme pas d’eau de combinaison.
Traitée [lar l’eau distillée froide, elle donne une liqueur alcaline, qui, évaporée jusqu’à siccité, laisse un résidu peu volumineux, incomplètement soluble dans l’eau. Cette partie insoluble, c’est le carbonate de chaux et de magnésie, faisant effervescence avec l’acide chlorhydrique.
La solution reste alcaline et renferme de l’acide chlorhydrique et sulfurique, de la chaux, de la magnésie, de la soude et des traces de potasse.
La masse non magnétique, traitée par l’iode et puis par l’acide chlorhydrique, dégage de l’acide sulfhydrique ; une partie passe dans la solution et donne la silice gélatineuse, l’autre reste insoluble. Plusieurs expériences ont constaté qu’en traitant pendant quelques jours les différents poids de ces silicates avec de l’acide cblorhydrique de 20 pour 100, à la tempéi-ature de 70" C., on peut entièrement séparer ces silicates en silicates solubles et insolubles.
100 parties de la ma^se pierreuse renferment donc:
Silicates solubies dans l’acide chlorhydriifue . 47,014
Silicates insolubles. . . 52,986
En lavant dans le filtre cette partie insoluble, on remarque dans la liqueur agitée de petites lamelles d’un éclat adamantin, dont la présence a été déjà remarquée par M. G. Rose.
La partie soluble consiste principalement en silicate de magnésie et de for (péridot).
La partie insoluble renferme une quantité notable d’alumine.
En résumé la météorite contient :
ilÈTÉDKltËS,
Parties magnétiques . 24,790
Sulfure de fer . 5,296
Fer chromé. . d,055
Silicates solubles dans l’acide chlorhydrique . 52,574
Silicates insolubles dans l’acide chlorhydrique. . 56,485
Mexico. — La densité est de 5,010, d’après Stanislas Meunier.
Traitée par l'acide chlorhydrique bouillant, la météorite laisse 28,5 pour 100 d’un résidu qui jusqu’ici n’a pas été examiné ; la dissolution renferme, comme bases, de la magnésie, du protoxyde de fer, un peu d’oxyde de nickel et une très faible quantité d’alumine.
L’échantillon n’est pas assez volumineux pour qu’on ait cru devoir en séparer le poids nécessaire à une analyse quantitative *.
Alexandrie. — Analyse de Missaghi - :
Siliec .
Fer métallique .
Fer oxydé .
Magnésie .
.\lumim' .
Soufre .
Chaux .
Nickel .
Chrome .
Manganèse .
Cobalt .
Perte .
traces
STAWROPOLITE. (Stan. Meus.)
Fig. 61). — Stawropolite tombée le 24 mars 18o7 à Stawropol (Caucase). Gi'.mdeur naturelle.
Hoche d’un gris noirâtre compact, renfermant d’assez nombreux globules, les