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I. Note de M. Pisani, Comptes rendus , t. LXVH, p

Voici le résultat de l’analyse ;

Analyse totale:

Silice .

Alumine .

Oxyde ferreux. . . .

Oxyde de manganèse . .

Magnésie .

Chaux .

Soude, potasse .

Oxyde de nickel .

Fer nickélifère .

Soufre .

Fer .

Cuivre .

Fer chromé .

. . traces

. . traces

. , traces

Silicate attaquable :

Oxygène

Rapport

Silice .

Alumine .

Oxyde ferreux. . . .

Magnésie .

Chaux .

Oxyde de nickel. . .

Silicate inattaquable :

Oxygène

Silice .

Alumine .

Oxyde ferreux . . .

Chaux .

Soude, potasse. . .

Cette météorite est donc composée de :

Péridot .

Silice inattaquable. . .

Fer nickélifère . . . .

Pyrite magnétique, Fe'

2Sr.

On voit par ce résultat que, dans cette météorite, le péridot domine bien plus que dans la plupart des autres météorites connues, la quantité moyenne du péridot étant ordinairement de 50 p. 100, tandis qu’elle est ici de 75 p. 100. On a dû considérer le nickel comme étant à l’état d’oxyde dans le silicate attaquable et non combiné an fer et au soufre, d’abord parce que le volume d’hydrogène dégagé était insuffisant pour une telle quantité, ensuite parce que dans un essai fait par lévigation, il a trouvé du nickel dans les parties les plus légères comme dans les plus lourdes, ce qui, sans doute, n’aurait pas eu lieu, si ce nickel se fût trouvé à l’état de sulfure, dont la densité est plus grande que celle de la masse pierreuse.

La météorite d’Ornans‘ est si peu cohérente qu’elle se désagrège sous la simple pression des doigts; on ne peut même en toucher la cassure, sans qu’il en adhère aux doigts de la poussière. C’est un caractère extrêmement rare, qui suffirait déjà à la distinguer des météorites du type commun.

Si l’on examine la matière désagrégée, on reconnaît à l’œil nu, ou mieux à la loupe, qu’elle se compose d’innombrables petits globules, les uns sensiblement sphéroïdaux, les autres de formes diverses, mais toujours arrondis.

Ces globules ont un diamètre inférieur à ‘/s de millimètre (0““,o0). Il en est même beaucoup dont le plus grand diamètre n’est que de 0“”,20 à d'au-

t. Daubrée, Bulletin de la Société géologique de France. 2” série, t. XXVI, p. 95. séance Hu 2 novembre 1868.

très, enfin, sont encore moindres. La partie la plus ténue, examinée au microscope, paraît aussi globulaire pour la plus grande partie, si ce n’est même entièrement.

On sait que, pour la plupart, les météorites pierreuses présentent dans leur cassure des formes globulaires qui, dans la classification de M. Gustave Rose, ont valu au principal groupe le nom de chondrites. Mais la météorite d’Ornans diffère de celles qui ont été décrites par le développement dans toute la masse, par l’uniformité et par la finesse de la structure globulaire.

Parmi les roches tei’restres qui se rapprochent le plus, pour la structure, de la météorite d’Ornaiis, on peut citer le calcaire oolithique, si abondant dans certains étages du terrain jurassique, ainsi que dans certains quartz, comme on en trouve dans les terrains tertiaires du Berry, par exemple, et qui paraissent provenir d’une épigénie du calcaire oolithique sous-jacent. Quant aux roches terrestres formées de silicates, comme la partie oolithique des météorites, il en est beaucoup de globulaires, telles que les pyromérides de Corse, certaines roches feldspathiques de file d’Aran, les perlites, etc. Mais entre ces roches et la pierre d’Ornans, il existe des différences du même genre que celles qui séparent de cette dernière les autres météorites oolithiques.

Les globules qui constituent la météorite d’Ornans paraissent être à peu près dépoui-vus de ciment soumis à l’action de l’eau distillée, ils ne donnent que des traces de sel soluble consistant en sulfate de magnésie et d’alcali, sans fer.

Il n’est d’ailleurs pas besoin de cette petite quantité de substance saline pour expliquer la faible agglutination que présente la pierre; car il est remarquable que, quand les globules ont été désagrégés par la pression, on peut les réagglutiner, en leur apportant un peu d’eau, et on reconstitue ainsi, en quelque sorte, la météorite primitive.

Examinés au microscope, les globules d’Ornans sont opaques sur presque toute leur étendue. Ils perdent cette opacité quand on les traite par l’acide chlorhydrique, ce qui paraît résulter de la dissolution du fer métallique, qui forme comme un enduit à leur surface. Une fois décapés de cette manière, ils agissent sur la lumière polarisée.

Si l’on écrase les globules, on obtient un grand nombre de fragments transparents, qui agissent aussi très vivement sur la lumière polarisée et se comportent comme des fragments de cristaux. On peut alors reconnaître que leur structure ne présente pas de couches concentriques, ni de fibres rayonnants, à partir du centre, ainsi qu’on le trouve dans certains pisolithes terrestres, tels que ceux de Carlsbad, formés par des dépôts successifs.

Ces derniers caractères négatifs paraissent d’ailleurs se trouver en général dans les globules si fréquents dans les météorites, ainsi qu’il résulte de l’examen microscopique qui en a été fait par M. Gustave Rose*. Ce savant y a seulement constaté des faisceaux de lignes parallèles.

Warrenton. — La météorite de Warrenton est si semblable à la météorite tombée à Ornans le 11 juillet 1868, que ces deux météorites paraissent détachées du même bloc.

1. Beschreibuiuj und Einlheilung der Meteoriten, I8C4, p. 97).

La météorite de Warrenton est très friable, ce qui explique sa division en fragments lors de son arrivée sur le sol. D’après M. Smith, sa densité est 3,46 et la proportion de grains métalliques y est faible.

Sous l’influence de l’acide chorhydrique, la masse s’est scindée ‘ en :

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