Comptes rendue, t. LXXVIII, p
condensée autour de grains minimes d'une origine cosmique flottant dans l’air et que ce fer était de la même origine que le fer trouvé dans la neige par moi, à Stockholm, et par mon frère en Finlande; mais il y a toujours une grande différence entre une conviction personnelle et une conviction scientifique; je regarde cependant comme prouvée par toutes ces observations l’existence d’une poussière cosmique tombant imperceptiblement et continuellement , fait d’une importance immense non seulement pour la physiiiue du globe, mais encore pour la géologie et les questions pratiques, par exemple pour l’agriculture, en raison du phosphore. »
La poussière de la glace polaire au nord du Spitzberg offre une ressemblance intime avec le cryoconile, dont nous parlerons plus loin.
On a plusieurs fois constaté au Canada des chutes de poussières, accompagnées de circonstances analogues à celles que nous venons de décrire. C’est, par exemple, ce qu’on a observé les 3 et 4 juillet 1814 *, ainsi qu’en novembre 1819
Les poussières tombées dans ces deux circonstances étaient semblables et caractérisées par leur couleur noire. La pluie de 1819 est la mieux étudiée, et il est probable, d’après la description qu’on en a donnée, que sa composition était fort voisine de celle des météorites charbonneuses.
Pour qui a un peu étudié ces dernières et les a maniées, l’explication des pluies de poussières s’impose d’elle-même. Si, par exemple, le 14 mai 1864 au lieu de faire, dans Tarn-et-Garonne, un temps beau et sec, l’atmosphère eût été saturée d’humidité, ou eût contenu des nuages suffisamment épais, il est clair que les météorites, au lieu de tomber sous la forme de pierres, se fussent désagrégées pendant leur trajet, comme elles le font quand on les met dans l’eau, et fussent tombées à l’élat de poussière. C’est, à n’en pas douter, ce qui eut lieu lors de la pluie de 1819.
Le phénomène fut surtout sensible à Montréal ; le ciel s’obscurcit de plus eu plus jusqu’à ce que les ténèbres fussent complètes. On entendit dans les airs des détonations formidables, accompagnées de lueurs intenses que l’on prit pour des éclairs. L’opinion générale fut qu’un orage, remarquable par sa violence, coïncidait avec l’incendie d’une forêt voisine qui donnait naissance à la suie qui tombait. Ce n’est que plus tard, en discutant les circonstances du phénomène, que l’on arriva à reconnaître sa nature météoritique.
On peut sans doute expliquer les pluies de poussières non charbonneuses par l’arrivée de météorites minérales friables. Peut-être aussi certaines météorites existent-elles originairement à l’état incohérent. C’est la conclusion qu’il faudrait admettre, si l’on regardait comme météoritiques certaines poussières formées de fer magnétique analogues à celle qui tomba, dit-on, à Lœbeau, en Saxe, le 13 janvier 1835, et dont le Muséum possède un échantillon.
M. Yuiig® a entrepris pendant les hivers de 1874-1875 et 1875-1876 des analyses de résidus de neige, afin d’y déceler la présence du fer.
11 a recueilli la neige à plusieurs reprises, en diverses altitudes qui sont : Mon-
t. Philosopkical Magazine, t. XLIY.